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Récit d'Afrique, 2010

 

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À, pour Fabienne uniquement.

 

 

Vendredi 1er octobre 2010

J'ai froid et reste au lit pour boire le thé et manger du pain. Puis avant de partir, c'est de la banane cuite. Célestin me dit qu'elle est sourde par traumatisme de la guerre en 1993, où elle a passé un an et demi en hôpital psychiatrique, et elle est "diagnostiquée" d'un sida depuis quatre ans, ce qui lui fait obtenir des aides, des gens voulant "s'injecter le sida" pour obtenir ces aides...

Son fils Bob est venu nous chercher avec sa moto-taxi et nous amène chez lui où je retrouve le van tout brillant, lavé par un gars. Son épouse, Mamie, est mignonne, ils ont deux enfants. Nous commençons les rangements. J'améliore la cachette pour ne pas avoir besoin d'un tournevis, ajuste la fermeture du placard à côté du lit et m'apprête à couvrir d'un film teinté le haut du pare-brise entre les parasoleil lorsque la police arrive et demande que nous les suivions avec le van. Je refuse, demande des explications, et parviens à laisser le van avant de monter dans leur pick-up. Célestin me dit que c'est parce que la police a vu son pantalon aux motifs de camouflage. Sur la colline où il y a la vue sur le lac, je suis laissé dans une pièce avec juste un étroit banc où je suis surveillé, tandis que Célestin est emmené avec le pickup sans qu'on me réponde où. Je m'allonge pour me reposer, puis insiste pour obtenir de l'eau, ce qui se réalise enfin.

Ca dure longtemps, et Célestin revient enfin. Ils ont fouillé de fond en comble le van, sauf le WC et la cachette qu'ils n'ont pas trouvée.

Les commissaires veulent voir mes photos, puis dans mon sac photo puis dans mon téléphone puis nous sommes reconduits au van, le pantalon, selon eux de l'armée somalienne, étant confisqué. Nous rangeons le van. Le menuisier à qui nous avons commandé des planches pour faire des étagères entre celle sur le pare-brise et le placard du haut les installe. Je colle la le cache du passage de roue de la portière avant droite et nous prenons une douche. Nous mangeons ce qu'a préparé Mamie et nous partons à l'école de Célestin où les enfants font des ameutements autour de moi comme si j'étais une vedette. Puis nous nous baladons en ville, mangeons de la brochette et allons chez la mère avant de revenir nous coucher dans le van., où Célestin me raconte qu'une de ses amantes, Kelly, qui avait durant deux ans et qui avait d'autres amants l'avait choisi et fait exprès d'être enceinte de lui malgré lui. La fillette était née il y a cinq mois,

 

Samedi 2 octobre 2010

Nous partons vers la capitale avec Bob et un de ses deux fils. Nous sommes souvent arrêtés par des barrages en ficelle car le samedi matin, tout le monde doit participer à des travaux communautaires. Nous faisons une balade à Ngozi, la troisième ville du pays, où les gens brûlent en plein centre les ordures dans les caniveaux, causant des fumées toxiques.

Puis nous allons 4 km plus loin à son lycée où il était interne et trouvons son professeur de sport qui lui donne des nouvelles de ses condisciples, en particulier de celles qui sont devenues basketteuses au Kenya. Le professeur nous emmène dans  la maison de la famille de son professeur de mathématiques dont il connait les filles qui ont bien grandi depuis quatre ans.

Après m'être arrêté pour me reposer, nous allons jusqu'au carrefour routier où il y a beaucoup de boutiques et vendeurs pour manger des brochettes. Célestin a la bonne idée d'acheter des fraises. Après, c'est une longue descente de la montagne, où les cyclistes s'accrochent aux camions pour remonter, jusqu'à voir apparaître dans la plaine les reflets des toits en tôle et du lac.

Nous allons chez la sœur de Bob, où nous mangeons dur riz avec des petits pois et de la viande. Puis nous allons chez Kelly. Bob et sa sœur viennent aussi  avec deux enfants. Là, Célestin voit Kelly et découvre la fillette. Il y a de sa famille, et plus tard d'autres membres arrivent, le mari de la sœur de Bob, la mère de Kelly. Nous buvons des sodas ou des bières. A un moment, Kelly me présente sa famille et se présente comme la femme de Célestin... Je regarde mes photos et somnole un peu. Ils prennent des photos et avec Bob et le mari de sa sœur, nous allons enfin chez un garagiste qui s'appelle Peau-Rouge pour le parallélisme des roues.  Puis nous allons chez le frère du mari de la sœur de Bob qui nous parle de quelqu'un de sa famille où nous pouvons laisser le van en sécurité. Il serait malheureusement trop tard pour se baigner dans le lac qui est une zone dangereuse. Nous attendons ces gens puis partons avec ce couple, en passant par un supermarché où j'achète du chocolat onéreux et du pain, puis arrivons chez ces gens, dans un quartier résidentiel de "standing" en construction qu'ils habitent depuis quatre mois. Il y a un gardien et je me gare dans la cour de leurs voisins. L'homme qui nous emmène là est l'architecte de cette maison et de la sienne voisine et symétrique. Chez ces gens, nous buvons et mangeons, eux à la main, moi à la fourchette, et je discute avec l'architecte géographie, politique internationale. Puis nous allons nous laver et nous coucher dans une chambre avec un petit lit pour deux  surmonté d'une moustiquaire peu efficace car pendue à un unique anneau. Célestin me raconte que Kelly avait montré la fillette à "sa" famille en son absence, et que lors de cette réunion on lui avait demandé de faire un discours et il a dit: "Mesdames et messieurs, nous avons traversé beaucoup de pays avec ce van, il est en panne et nous devons trouver un mécanicien pour le réparer.". Ca me fait rire. Les gens espéraient qu'il paye. Je lui parle d'érotomanie à propos de Kelly. Puis je suis réveillé par le gardien qui dit de fermer la porte. Célestin me dit avoir entendu des coups de feu dans le quartier.

 

Dimanche 3 octobre

Vers 4h, je me lève et écris harcelé par les moustiques. Nous mangeons du chocolat avec du pain et buvons le verre de jus de fruit offert par les propriétaires. Puis nous partons pour le rendez-vous avec le garagiste. Il est en retard et le démontage de la direction commence. Il faut remplacer plusieurs pièces usées ou rouillées et nous partons longuement et vainement à la recherche d'un distributeur de monnaie à travers la ville, rejoints par le meilleur ami de Célestin, Honoré. Je finis par changer toute ma monnaie tanzanienne et  nous revenons chez le garagiste pour manger une salade et je veux assister au changement de courroie de distribution? Je parle de divers thèmes à Honoré (11 septembre 2001, sida, monnaie) et nous partons changer cinquante euros pour pouvoir tout payer. Nous retombons sur les mêmes changeurs dans la rue, et on nous redemande 10.000 francs car le changeur s'était trompé et dit nous avoir cherché dans toute la ville...

Après nous allons chez Kelly, nous y mangeons du riz, des patates frites, des feuilles de manioc avec des petits poissons du lac et de l'oignon et après une trop longue attente, nous partons pour le lac, qui ressemble à un bord de mer, avec des vagues, du sable clair, un horizon ouvert. Je vais me baigner longuement, suivi par le frère de Kelly, Irénée, qui se présente comme le beau-frère de Célestin.... Après, nous partons nous promener sur la plage avec Honoré tandis que Célestin et Kelly discutent. Il y a beaucoup de blancs. Au retour, ils sont toujours en train de siscuter et nous partons vers le van, enfin rejoints par le "couple". Arrivés chez Kelly, celle-ci a fait promettre à Célestin de revenir dormir chez elle, et me fait la même proposition et je refuse de m'engager, arguant ma volonté de trouver une connexion wifi. Elle dit pour Célestin qu'il revient ce soir, "obligé"...

Avec Honoré, nous allons dans le restaurant au centre avec wifi que j'ai repéré et je ne parviens à me connecter qu'avec le smartphone. Finalement Célestin "décide" de ne pas retourner chez Kelly qui voulait qu'il reste, menaçait de se suicider... et juste après le départ d'Honoré, arrive un autre ami, Gibs, avec qui, comme il étudie l'économie, je parle de monnaie puis sur le sida, l'Afrique et la pollution.

Nous partons nous coucher juste à côté du restaurant.

 

Lundi 4 octobre 2010

Je suis réveillé vers 2h30 par les démangeaisons des piqures de moustique de la veille. Je vais sur l'ordinateur sans parvenir à me connecter à internet, et mange du chocolat et du pain, écoute Coluche puis RFI.

En fait il y a plein de moustiques que nous zigouillons.

Célestin constate une grosse fuite d'huile: nous allons devoir retourner chez Peau Rouge qui avaient constaté notre réparation du carter et avait proposé une soudure et une protection pour 40.000 francs burundais. Nous allons d'abord pour prolonger mon visa à la PAFE qui est encore fermée, puis allons loin vers l'ambassade de Tanzanie qui a déménagé depuis. Nous retournons à la PAFE qui ouvre plus tard qu'annoncé comme l'avait prédit Célestin. La prolongation du visa ne coûte pas un dollar par jour comme on nous l'avait dit à l'entrée, mais le double avec un. Minimum de cinq jours, et il faut joindre des photocopies, des photos et la facture du visa. Comme sur mon passeport, il n'est pas précisé que mon visa dure trois jours, je pense renoncer à cette formalité. Nous faisons encore une longue marche pour trouver l'ambassade de Tanzanie mais la personne pour les visas est sortie pour une durée indéterminée et comme ca ferme à 15h30, je décide d'achever de faire des marches pour ces démarches en allant porter le van chez les mécaniciens. Nous attendons Peau Rouge puis un de ces mécaniciens œuvre. Célestin communique avec une amie Mona, qui cherche un blanc et qu'il voulait me présenter, mais elle regrette d'être à Ngozi pour les vacances et lui écris qu'il l'aurait su s'il avait lu son mail... Un prédicateur musulman, rwandais, Éric Marcel Ali, reste longtemps avec moi, me parle de Dieu, du péché, qu'il avait été témoin de Jéhovah, qu'il avait une fille dont s'occupait sa mère à lui au Congo, qu'il vivait depuis 9 ou 10 ans à Bujumbura, et espérait aller au Canada, et habitait dans la mosquée. Il me faisait penser à John. Célestin lui empreinte son coran pour le lire et je lui empreinte le Nouveau Testament pour chercher en vain un passage dans l'Évangile de Marc puis un peu lire l'Apocalypse de Jean. Comme les travaux durent, Célestin propose d'aller à la plage. C'est à 2km à pied et le chemin me semble long sous le Soleil et le vent ensablé, entre les boutiques et la foule. Vers la fin, deux hommes dans une voiture veulent nous prendre en photo et je leur demande de nous déposer. L'un est un Indien de Tanzanie et l'autre se présente comme un musulman et demande s'il peut payer pour venir voyager avec nous en camping-car. Au sud du port que nous avons contourné, je me baigne brièvement dans l'eau peu profonde puis ôte mon slip pour ne pas avoir d'irritations à l'aine. Nous revenons par un chemin plus désert et la moindre chaleur me rend le retour plus court. Le carter est enfin rebouché, en trois fois l'heure et demie annoncée, et nous partons chez la sœur de Bob pour récupérer l'appareil photo. Nous avons la surprise de voir Kelly, mais ce n'est pas trop long. L'appareil est avec un autre membre de la famille que nous cherchons devant son université et ramenons chez lui pour le récupérer. Puis nous arrivons à 15h à l'ambassade de Tanzanie où je n'obtiens rien pour éviter de repayer 75 dollars. Nous prenons la route vers le sud, longeant le lac avec au loin les montagnes du Congo-Zaïre, me faisant penser à la côte croate et ses iles que j'ai parcourue avec toi Fabienne, et ca me remplit du regret de ne pas partager ce voyage avec toi, et de nostalgie. Je fais deux arrêts pour photographier des gens à des rivières. Nous ne repérons pas la pierre de la rencontre de Livingstone et Stanley ni même Mugere, le village du lieu. Nous dépensons nos derniers francs dans une brochette de viande épicée dont l'attente de la préparation me fut longue. Au crépuscule, je photographie de jeunes pêcheurs en ombre chinoise, seuls sur leur pirogue, et me font penser à la pirogue noire avec pêcheurs chez mes grands-parents, ramenée d'Afrique par mon oncle.

Dans la nuit, la route s'éloigne du lac et monte dans la montagne. On nous dit de prendre une route en terre, le poste de douane est dans le village une quinzaine de kilomètres avant la frontière. Célestin n'y croit pas et au bout d'une douzaine de kilomètres, nous sommes arrêtés par un barrage ficelle Où on nous dit que les tampons ne sont pas faits à la frontière à 1 km mais au village à 13km. Nous discutons pour savoir si nous avons une chance de passer et alors un policier me redemande nos passeports et les garde. Il veut que les policiers montent dans le van. Célestin ne veut pas, n'acceptant que des civils, il craint que nous ne fassions voler, voire tuer par ces zigotos qui sentent l'alcool. Le chef de zone, civil, ne veut pas non plus et propose qu'un civil monte avec nous, mais les policiers ne veulent pas. Il y a une dispute entre les personnes. Les policiers prennent leurs fusils. Je fais demi-tour et nous attendons. Puis le chef de zone donne le téléphone de l'administrateur à Célestin et nous partons vite vers le village où Célestin explique la situation à un civil avec des policiers qui nous emmènent à la PAFE où le chef nous interroge, insistant pour moi sur le fait que j'avais un appareil photo ou une caméra, et pour Célestin sur ses études au Soudan. Il propose que nous allions à l'hôtel mais je refuse et nous nous couchons sur le parking et discutons. Je suis excité comme lors de la veille des cadeaux de Noel mais parviens à m'endormir après avoir commencé à écrire sur le smartphone.

 

Mardi 5 octobre 2010

Je suis Célestin qui se lève, plus vaillant que moi. Après avoir contrôlé les niveaux du moteur, je m'assois pour écrire, mangeant la mangue puis la salade d'avocat, carottes et oignons préparées par Célestin. Il feuillette "Argumenter en situation difficile": c'est de circonstance...

Nous faisons un tour dans le village et au retour, nous rencontrons un douanier qui a nos passeports. Plutôt que de payer les dix dollars pour le retard, il prendrait cinq dollars. Je ne peux que lui donner plus: cinq euros. Il demande à Célestin ce que je dois bien pourvoir penser de cette pratique...

A la frontière tanzanienne, en plus du visa de 50 dollars, je dois repayer la taxe de carburant de cinq dollars. Je donne mon dernier billet de 10 dollars et le douanier ne me rend que 5.000 shillings alors qu'à la première frontière, le douanier m'avait rendu la moitié en plus. Je n'accepte pas cette différence, nous essayons de changer la monnaie en vain, je montre le papier de l'autre douanier. Ce douanier menace d'annuler notre entrée du véhicule et je refuse de lui donner le carnet de passage. Finalement, nous obtenons 6.000 shillings, ce qui nous permet d'acheter trois litres de gazole à un vendeur qui n'a que des bidons. J'hésite entre aller directement à Kisumu directement à 45 km sur une piste ou à Kigoma au bord du lac et dont parle le guide, à 60 km et sur une route asphaltée, et choisis Kigoma où j'ai aussi plus de probabilité de trouver une machine à sous pour ma carte bancaire. Nous sommes arrêtés par des policiers qui nous demandent nos carnets de vaccination. Célestin n'a pas le sien, qu'il a soudoyé une dizaine de dollars en Ouganda pour ne pas attendre un mois et qu'il a laissé à Khartoum car il le jugeait inutile. En discutant avec lui, je découvre qu'il croit qu'être avec moi va lui faciliter le passage des frontières.... Nous nous garons près du port, qui barre avec la voie ferrée l''accès au lac. 400.000 shillings retirés, nous faisons un tour en ville, achetons des ananas, bananes et avocats et cherchons difficilement un accès au lac où je me baigne brièvement tout habillé pour me rafraîchir. Puis nous partons vers Kisumu qui est au bout d'une route difficile, à plus de 80 km maintenant. Après une balade et un passage par le marché avec achat de cacahuètes, et de beignets aux œufs, nous reprenons la piste où nous frôlons l'accident lorsque nous croisons et véhicule tout terrain qui fonce sans beaucoup s'écarter sur la piste étroite et bombée. Je ne retrouve l'équilibre qu'après plusieurs contre-braquages. Puis nous traversons une forêt dont les rochers me rappellent celle de Fontainebleau, ma préférée, jusqu'à nous arrêter près d'un des nombreux feux de broussailles, ) côté d'un peu d'eau le long de pierres. Je me fais piquer par des mouches à vaches et nous nous réfugions dans le van où je m'endors sans manger.

Réflexion du jour: si en Europe, les femmes ont des sacs à main; en Afrique, elles ont des sacs à tête.

 

Mercredi 6 octobre 2010

Je me réveille avec un mal de ventre qui me dissuade d'écrire. J'émets des pets et des rots parfumés à l'œuf qui me font accuser les beignets de la veille. Autre indice, ma diarrhée jaune comme une omelette crue... Je prends une gélule de lactiane.

Nous partons sur la route pénible. Je ne peux pas avaler la salade d'avocats et oignons préparée sans mon avis par Célestin. Je veux de l'ananas et ne finirais la salade que bien plus tard.

Nous voyons un groupe de babouins sur des rochers. Célestin croit que ce sont des chimpanzés ou des gorilles. Je les photographie et le plus proche me crie dessus lorsque je sors du van, pour détaler comme les autres

Après plus de 170 km, nous arrivons en vue de Mpanda en début d'après-midi. Je m'arrête sous l'ombre des arbres et des dizaines d'enfants sortis de l'école nous entourent. Un raconte qu'il vit avec sa mère chassée par son père qui a une autre femme. Puis je vais me coucher derrière et lire Argumenter... Je pense que ma maladie est aussi le désir d'être ailleurs.

A presque 17h, je me lève. Le même gamin est revenu de chez sa grand-mère et noous l'emportons vers le centre ville où nous nous baladons et achetons des oranges. Une fois au lit, je lui demande d'acheter un grand cola pour mon ventre, du chocolat, snicker ou twix, et du jus de fruits. Il me donne une canette d'un tiers de litre de coca cola, un snicker et des patates à l'omelette trop salée.

 

Jeudi 7 octobre 2010

Avant 2h du matin, je suis réveillé par mes maux de ventre et ma diarrhée et m'installe devant pour sortir souvent. Je bois du jus de fruits que Célestin a ramené.

Je somnole un peu à l'avant lors d'une pause à ma crise excrémentielle.

Lorsque Célestin se lève, je retourne à l'arrière profiter du lit et des toilettes, et prendre des médicaments. Puis je démarre mais passant devant une boutique, je demande à Célestin d'aller acheter du riz. Il ne revient qu'après un long temps où je me suis fait contrôler par un officier de l'immigration, mais sans riz et avec deux ananas. Je m'arrête. Tous les 7 km et à presque 21 km, je m'arrête à l'ombre de grands arbres et vais à l'arrière. J'ai aussi la nausée, peut-être à cause des médicaments. Célestin part acheter du riz dans un village puis en cuit 200 g que je mets des heures à manger. Je lui demande deux fois de faire chauffer de l'eau pour me préparer du thé avec du miel. Un camionneur qui pompait l'eau de la rivière nous vend 20 litres de gazole pour 30.000 shillings. Discutant avec CRlestin, il me confirme que c'est volé à son employeur qui ne paie pas assez. Je change tous kmes vètements pour me sentir frais et porter des manches longues et nous partons sur une route pénible, à 14h24. Un. Camionneur nous fait signe d'arrêter et nous lui donnons deux litres d'eau pour son moteur. Il y a des mouches qagressives dont une pique Célestin à la paume. Puis un babouin traverse la route puis nous montre les dents. Je m'arrête mais repars très vite à cause des mouches dont une pique Célestin au cou... Un autre camionneur nous fait signe de nous arrêter car il ne peut plus avancer dans la montée ensablée. Nous prenons son collègue pour aller chercher à manger dans un village où commence un grand chantier routier dirigé par des Chinois. Avec la nuit, je voudrais arriver en ville, manger de la viande grillée mais je suis trop fatigué par cette route, ses vaguelettes, et m'endors dans un village après avoir joué à Bubble Breake.

 

Vendredi 8 octobre 2010

Je me réveille après avoir rêvr que j'étais dans un train où je sortais de mon compartiment puis croisais une femme qui allait dans le mien comme je le pensais, voyais un bistro cossy où le serveur se précipite trop sur moi, puis un restaurant spacieux avec des chaises en bois, et voulant voir les tarifs, je trouve celui des fraises à 4,40€. Je me réveille au côté de Corine dans unje chambre à la belle lumière ensoleilléee. Je lui en parle aisi que de mon rêve. Elle a la main sur ma bite. Je veux l'embrasser mais elle s'écarte et j'ai très soif et bois. Demain, c'est son anniversaire.

Nous partons peu après le lever du Soleil rouge et arrivons à Sumbawanga ou après le plein de gazole, je veux refaire le parallélisme car le volant vibre à nouveau. Ici, pas de ficelle, mais une machine avec un viseur. Le mécanicien demande 25.000 et Célestin demande un reçu. Ils partent vers le bureau puis reviennent: il n'y a personne. Le mécanicien dit qu'il faut attendre, puis qu'on marquera que 20.000; 5000, c'est pour le savon... Alors je dis 20.000 sans reçu et il nous les rend. Mais ça vibre autant... Nous achetons des fruits au marché avant de repartir après un petit contrôle de passeport pendant lequel je vais pisser contre un arbre.

Encore de la poussière, des vibrations; je récupère des vis du van qui se disloque.

Dans le village de Laela, je vois de la viande cuire et Célestin revient avec la casserole remplie, mais il y a des patates frites dessous: c'est quand même beaucoup pour seulement 6000 pour la viande et 1000 pour les patates.

A Tunduma, je fais un tour. Lorsque je photographie deux gars qui tirent une charrette de cageots de bouteille Coca Cola devant d'autres cageots identiques, ils m'insultent, prennent une pierre. Je les insulte aussi, chacun son langage. Célestin les regarde, prêt sous le chapeau vietnamien à faire Kung Fu Panda. A la fin de la ville, il y a encore plus de camions devant la frontière zambienne puis une route asphaltée qui me donne l'impression d'être dans un autre pays. Nous arrivons dans la nuit à Mbeya dont nous avons du mal à trouver le centre pour de l'internet.

J'écris la suite de mon récit mais mon ordinateur tombe en panne lorsque je veux copier les fichiers pour les envoyer sur envoyer sur mon site ou à Fabienne. Nous allons sur internet pour une demi-heure. Les messages de Fabienne me dissuadent de lui répondre et leur système de sécurité fait que je ne peux répondre à aucun message, dont celui d'Augustin de Kabale. Je vois que le 28 septembre à 17h, le Rwanda a répondu favorablement à ma demande d'entrée, mais trop tard. Je pars vite d'internet pour aller chier et dans le bosquet où je me prépare malgré trop de gens, j'entends une voix: il y a un homme allongé à mes pieds. Je décide de rentrer dans le van.

Nous discutons avec Célestin. Je suis assez triste d'être aussi seul. Je pleure un tout petit peu. Je dois me débrouiller seul, et basta ceux qui ne veulent pas m'aider.

 

Samedi 9 octobre 2010

Réveillé peut-être par la musique trop forte ou la fraicheur, je rumine mes pensées avant d'éjaculer pour la première fois dans mon poing dont je lèche la cavité.
Comme je suis déprimé, je décide de me lever après Célestin et somnole, m'endors.
Je me réveille alors qu'il fait soleil et je vois Célestin au lit qui se délecte du livre de Coluche qui avait disparu. Finalement, je lui dis que je dois chier et vais le faire dans le van, et il se prépare pour sortir.

Puis j'ajuste le gonflement des pneus pour savoir si ca cause les vibrations du véhicule, tandis que Célestin dépoussière le van à ma demande. Je l'attends et nous partons faire un tour dans cette ville qui ressemble à un village alors que c'est la plus grande du sud.
En partant vers le Malawi, nous nous arrêtons à une station-service où le parallélisme est contrôlé mais comme il est bon, un essai routier permet de comprendre que c'est à cause du pneu avant-droit qui est déchiré à trois endroits du côté intérieur. Avec un mécanicien, nous cherchons en vain un pneu équivalent dans trois magasins et faisons alors mettre la roue de secours à l'arrière puis il nous emmène dans un endroit pour la radio où le sympathique expert, la démarche handicapée par la poliomyélite, met beaucoup de temps à réparer. Alors que nous attendions à plus, il ne demandait que 15.000 et Célestin l'a quand même fait descendre à 10.000 en argumentant que nous voyagions... Nous partons encore et je vois un magasin de pneus où Célestin achète un pneu à 30.000 au lieu de 70.000 en disant que son patron ne lui avait donné que cela... Puis une station-service nous indique un petit atelier où ils mettent beaucoup de temps car le pneu est déformé par le stockage au Soleil et il faut mettre une chambre à air. Un homme en robe rouge avec un sac en plastique rose nous propose des médicaments pour la force sexuelle, puis pour attirer les femmes. Nous partons enfin. Je ne m'arrête pas à Tukuyu malgré son joli nom testostéroné mais un peu plus loin pour des champs de thé, et puis dans un village car j'ai trop faim et nous commandons de la viande, du riz et des patates frites. Célestin est un peu malade. Je vois un texto de Fabienne qui me rassure. Nous arrivons à la frontière malawienne où une employée nous demande nos carnets de vaccination et dit donc à Célestin de retourner à Tanzanie. Puis il me dit qu'elle lui demande de faire quelque chose pour lui. Puis les officiers lui disent qu'il fallait acheter un visa à Dar-es-Salam. Puis il lui demande s'il parle swahili et le fait suivre. Je me prépare avec angoisse à être seul. Ils lui proposent de lui vendre un laissez-passer une vingtaine de dollars. On veut aussi me vendre une assurance et nous arrivons à passer en invoquant le carnet de passage. On ne contrôle rien au passage du van et fatigué, je m'arrête sous un grand arbre mais près d'une maison pour dormir.

 

Dimanche 10 octobre 2010

Réveillé vers 4h30, mon ordinateur fonctionne et je peux écrire.

Au petit matin, je vois une femme partir de la maison et plus tard il y a cette femme et une quinte d'enfants dont la plupart nous observe. Puis un homme apparait. Nous partons bientôt et nous arrêtons dans un village de pêcheurs avec une grande activité sur la plage autour des pirogues qui rentrent chargés de petits poissons argentés. Je me baigne à moitié habillé, suivi de Célestin à qui parle un autre baigneur, Evans qui nous emmène chez lui et nous présente sa mère chez qui il est revenu de Zambie à la mort de son père. Il me parle d'un voyageur australien qui est resté un mois. Puis je prends la route vers Livingstonia dont parle le guide. Je vois que c'est une piste caillouteuse et je découvre sur le guide que ce n'est conseillé qu'aux véhicules tout terrain. Au bout de 2 km et demi, je fais demi-tour et demande à Célestin d'anticiper avec le guide, car il ne faisait que lire le livre de Coluche. Puis nous quittons la côte pour la montagne et stoppons devant un groupe de babouins que je photographie et à qui nous donnons de la banane. Me garant mieux, je constate qu'il y a beaucoup d'huile sur la route. Ca fuit et Célestin commence à colmater, puis nous vidons l'huile pour mieux coller. Ce n'est pas probant et je décide d'aller jusqu'à la plus grande ville du nord, Mzuzu, trouver un garagiste. En panne de carburant, nous mettons un bidon de gazole et j'en profite pour ajouter de l'huile et fixer les indications vitrées du tableau de bord qui dansaient sur les pistes, car je viens de comprendre d'où venaient les vis que je trouvais à mes pieds.

Nous trouvons un mécanicien et je trouve pourquoi la porte arrière ne ferme plus depuis ces nouveaux problèmes... Le mécanicien trouve le trou qu'il fait souder avant de remonter. Comme l'huile a été renversée sur la terre par quelqu'un, nous devons acheter six bidons d'un demi-litre avec ce qui nous reste et puis partir avec le mécanicien en centre-ville pour trouver un distributeur et le payer 3500 au lieu de 7000, grâce à la négociation de Célestin. Puis nous le raccompagnons et allons acheter du jus de fruits et des gâteaux avant de nous coucher.

 

Lundi 11 octobre

Je rêve qu'il y a un match de tennis entre Roger Federer et Rafael Nadal qui découvre que la balle est déviée car elle est aimantée par un dispositif de triche de Federer; puis que je suis avec Jean-Michel Oughourlian, peut-être chez des amis de Fabienne.

L'ordinateur ne fonctionne pas. Je vais chercher le contrôleur dans le coffre et je comprends que c'est l'alimentation qui a des chutes de tension.

Nous repartons vers le lac mais sommes tout de suite arrêtés par des policiers qui remarquent l'absence d'assurance. Nous devrions payer 5000 mais Célestin va discuter, avancer que nous avons 1500 pour payer 500 chaque policier et nous pouvons y aller. À un carrefour, une nouvelle arrestation où ma carte verte d'assurance internationale suffit. La route me fait penser aux routes normandes. Nous arrivons à Nkhata Bay qui est assez décevant par rapport au guide. Je me baigne habillé des pieds à la tête et Célestin en caleçon et nous achetons six œufs avant de partir. Nous prenons la route qui devrait suivre la côte mais qui s'en éloigne assez souvent. Rien de folichon. À un barrage, le policier, Rafael, après avoir discuté de l'assurance, veut nous faire payer 8000, 2000 par infraction: l'absence d'adhésifs fluorescents dont nous ignorions l'existence et trois cabochons cassés. Alors qu'il yen a deux. Célestin discute avec eux sur le banc puis je dois venir m'excuser et Rafael nous pardonne et nous laisse partir. Célestin me raconte ce qu'il a dit, que nous n'avions que 5000, que nous n'avons pas mangé, que c'est un bon policier qui a vu des choses que les autres n'ont pas vu, et il me fait bien rire. Après d'autres contrôles, nous arrivons par un si long chemin à la capitale Lilongwe où nous sommes vite arrêtés par des policiers qui gardent ma carte verte et mon carnet de passage en douane, et nous enjoignent de suivre leur voiture jusqu'au poste où je devine que le chef, d'emblée sympathique, est gentil. Je l'oriente plus sur Célestin en faignant un mauvais anglais, et argumente que nous dormons dans le van car nous avons peu d'argent, s'ils gardent le van jusqu'à ce qu'on paie une assurance. Il nous dit finalement de retourner au van et d'attendre qu'on trouve une solution. Puis il rappelle. Célestin qui revient en me disant qu'on part. Le chef a demandé comment on faisait pour les toilettes et Célestin a montré autour, et a dit qu'on serait bien en sécurité dans le parking de la police. Célestin a dit qu'il était protestant comme lui, que le Malawi était un pays sûr. Il me faisait rire et on s'est garé au centre pour appeler un ami que nous allons attendre, en buvant en jus de litchis, et en m'assoupissant un peu pour moi, car je suis déjà ensommeillé à 18h. Robert arrive en retard, doit voir des amis burundais, et nous emmène brièvement dans un bistro burundais puis fais des achats culinaires pendant lesquels je fais la connaissance d'Angela, une jolie prostituée qui me disait de son banc alors que j'étais dans le van qu'elle voulait fuck ou suck, je ne sais pas. Lorsqu'elle s'approche du van, elle est plus timorée. Puis nous allons chez Robert qui nous montre notre jolie chambrette et les deux Burundais qui ne s'étaient pas vus depuis six ans évoquent leurs souvenirs d'école. Nous mangeons tard ce qu'a préparé l'amie rwandaise de Robert, Anita: des nouilles et des patates frites avec du poulet, et nous couchons à plus de minuit.

 

Mardi 12 octobre 2010

Je n'ai pas eu assez de place tête-bêche avec Célestin dans le petit lit à moustiquaire et me réveille bien raide entre les jambes et plein d'idées sexuelles.

Lorsque je vais au van, Célestin est déjà en train de le dépoussiérer. La roue arrière gauche est dégonflée et nous ne parvenons pas à enlever la roue. Un homme avec plus de muscles  y parvient, à moins qu'il ne récolte les fruits glorieux de nos efforts... Je vois que nous allons partir avec le van mais Anita nous fait prendre le bus avec elle jusqu'à la vieille ville où elle travaille dans un salon de coiffure. Elle nous accompagne vers l'office d'immigration et nous met dans un taxi collectif vers l'ambassade de Zambie au centre-ville. Nous devons repasser dans une heure, et allons nous informer à l'ambassade du Zimbabwe où nous apprenons qu'il faut sept jours pour un Burundais afin d'obtenir un visa, et à l'ambassade d'Afrique du Sud où nous apprenons que Célestin aurait dû faire sa demande depuis Bujumbura ou Khartoum. Nous retournons à l'ambassade de Zambie où nous apprenons qu'il vaut mieux que Célestin fasse sa demande à l'ambassade, puis à l'ambassade du Mozambique où il y a trop de monde, et faisons les photocopies pour le visa de Zambie de Célestin. Nous allons au supermarché acheter du jus de fruits, du pain, des pilchards d'Indonésie et du miel, et allons sur l'herbe. La boîte n'a pas d'ouverture facile, mon couteau a disparu de son étui et Célestin parvient avec son petit couteau à ouvrir et nous déjeunons. Je cherche en vain à retirer directement des dollars avec ma carte bancaire, les boutiques internet ne fonctionnent pas et nous allons une quatrième fois à l'ambassade de Zambie pour vérifier que tout est correct. Puis nous prenons la direction de la vieille ville à pied, traversant une sorte de campagne par un chemin de terre.  En fait, le centre-ville est excentré et la vielle ville pas très vieille, et Lilongwe ne fait pas très ville non plus. J'ai des douleurs stomacales, ma diarrhée recommence. Nous traversons le marché, puis un pont en bois digne des films d'aventure, et au supermarché j'achète deux jus de fruits et un cola. Nous arrivons au salon de coiffure et attendons Anita puis allons sur internet où Célestin demande à ses amis de Khartoum de lui envoyer son carnet de vaccination à la poste restante de Lusaka, et nous tentons de faire une réservation dans un hôtel de Harare. Nous revenons chez Robert qui arrive en même temps que nous. Sur mon ordinateur, ils regardent un DVD de dessins animés de la Panthère rose que je ne trouve pas drôles et je m'endors sur le siège, puis vais au lit sous la lumière de l'ampoule. Célestin m'apporte du riz jaune avec des haricots et c'est un long marathon pour finir l'assiette. Je me couche dans le van et Célestin dans la chambrette.

 

Mercredi 13 octobre 2010

Mes douleurs m'ont contraint à aller aux toilettes plusieurs fois dans la nuit. Je souffre tant que j'envisage de rester à la maison la journée; mais ça s'arrange et nous partons à pied vers le "centre-ville" à travers les ruelles en terre du village. A l'ambassade de Zambie, on nous dit qu'il faut attendre le lendemain pour le visa car l'ambassadeur a une réunion. A la banque, j'attends longtemps pour ne pas parvenir à retirer de la monnaie. Nous tentons de nous connecter en vain à internet puis je somnole dans le hall de la Bibliothèque nationale avant que nous mangions des tartines de miel et retournions longuement à la banque en vain. Alors je vais au distributeur et vais au bureau de change pour avoir des dollars. Nous prenons un minibus jusqu'à la vieille ville où nous prévenons Anita que nous allons sur internet puis rentrons avec elle. Je me couche assez tôt dans le van sous la couette sans manger ni voir Robert. Plus tard, Célestin me met heureusement la moustiquaire.

 

Jeudi 14 octobre 2010

Une rapide petite branlette.

Avant de partir au travail, Robert tient à ce qu'on fasse une photo, puis Anita nous sert à chacun une assiette pleine de patates frites, de nouilles et de haricots. Puis nous allons en van à l'ambassade de Zambie où après une certaine attente, nous pouvons partir avec le visa. Célestin téléphone à Robert qui voulait nous voir une dernière fois mais la communication passe mal et nous partons vers la frontière. Nous somnolons et je comprends que c'est le copieux "petit"-déjeuner. Nous avons de la chance d'arriver à un poste de contrôle où il n"y a personne pour nous contrôler puis avant la frontière, une policière nous fait un vague signe de nous arrêter que j'outrepasse, la laissant pantoise.

Nous faisons un tour au marché de Mchinji sans rien acheter puis au poste-frontière, je fais les formalités pour sortir tandis que Célestin essaie de passer sans visa. Je le reprends dans le van plus loin et Célestin a ensuite le problème du carnet de vaccination mais ça s'arrange. Je devrais payer une taxe pour le moteur de 100.000 k. Nous essayons de changer mes derniers dollars mais un changeur essaie de nous passer 103.500 au lieu des 135.000 calculés, et Célestin retourne au guichet où le douanier marque de payer la taxe à la sortie. Nous partons sans problème sans avoir non plus payé d'assurance.

A Chipata, je ne trouve que des distributeurs qui n'acceptent pas ma carte mais parvient à retirer 200.000 k à l'intérieur d'une banque, en ayant mal calculé, ne prenant qu'une trentaine d'euros. Nous retournons au supermarché où nous nous étions déjà arrêtés et achetons des jus de fruits, des fruits, du chocolat et du pain.

Une bonne route droite, avec peu de véhicules, qui va vers le Soleil qui lentement se couche bien rouge.

Je voudrais m'arrêter dans une ville avec internet pour continuer à contacter des couchsurfeuses de Lusaka mais nous continuons longtemps dans la nuit pour rien, avec ma diarrhée qui revient. Pas d'internet; que des huttes, et je ne cherche pas interne-hutte.

Finalement, je m'arrête après un pont dans un village animé par l'arrêt de nombreux camions et vais dormir alors que Célestin mange.

 

Vendredi 14 octobre

A 2h, les gargouillements dans mon ventre me contraignent à me lever plusieurs fois.

Après un tour dans le village déjà animé au Soleil levant, nous partons. Fatigué, je m'arrête pour me reposer derrière puis j'accepte la propositon de Célestin de conduire puisqu'il n'y a pas de policiers. Nous tombons en panne d'essence. Célestin part à pied avec un autochtone qui dit qu'il y a une station à 5 km. Il revient au bout de deux heures en ayant acheté 20 litres dans un village à 6 km où le carburant est vendu dans des bidons, et où nous allons chercher les trois quarts restants.

A Lusaka, nous allons d'abord à l'Hypermarché après que j'ai retiré 2 millions de k.

Puis, je connecte mon ordinateur dans une boutique internet, ce qui me permet de constater que je n'ai pas de réponse sur Couchsurfing converser avec Agata et Luc-Laurent sur Skype.

Nous allons ensuite à l'ambassade du Zimbabwe où nous entendons la m^me chose qu'à celle de Lilongwe: que si mon visa peut être fait à la frontière, celui de Célestin prend sept jours ouvrés... Puis, en tournant vers le centre, je trouve une place sous un arbre. Dans le centre-ville, presque pas de blancs mais quelques Chinois et Indiens. Dans les boutiques, je cherche une tondeuse et en trouve une à 29500, loin des 180.000 que me proposait un biffin...

Un gars me propose de me vendre des sacs en plastique. Je plaisante avec Célestin sur le fait qu'il veut surtout le contenu de mon sac ou échanger avec mon sac. Plus loin, il réapparait face à moi et là je sens qu'il touche mon sac dont la fermeture éclair de la pochette des batteries est ouverte. Je suis tenté de lui foutre une baffe et il fait semblant de parler à une personne qui serait derrière moi. Lorsque je veux retrouver le magasin pour la tondeuse, la plupart sont déjà fermés avant 18h. Et nous ne trouvons pas non plus de boutique internet ouverte. Au van, je me couche vite tandis que Célestin mange et trouve RFI.

 

Samedi 16 octobre 2010

Je suis réveillé par la diarrhée qui me sort de la moustiquaire et m'installe devant, peu efficace car harcelé en calecon par des moustiques.

Nous allons au centre-villle, où les boutiques sont encore fermées, puis dans le marché qui m'écoeure un peu. Je retrouve la boutique oùf je peux acheter la tondeuse au vendeur indien, puis je change un demi-million en une cedntaine de dollars et nous allons sur internet où je contacte des couchsurfeurs à Harare.
Nous retournons au van où nous mangeons. Célestin reste passif. Je dis on y va? Nous partons. Il y a quelques contrôles où je déjoue l'absence d'assurance. Puis Célestin me dit qu'il va mieux, qu'il est confiant pour la frontière.

À la frontière zambienne, nous apprenons que tout se passe de l'autre côté du pont, à la frontière zimbabwéienne. Nous arrachons la feuille sur le carnet de passage où il y a marqué que je dois payer 100.000 de taxe moteur en Zambie. Je vais seul dans les bureaux, suivi par deux hommes qui espèrent que je les paie alors que leur présence constante me dérange. Je paie le visa 30 dollars, puis 51 dollars pour la taxe carbone, l'accès à la route et l'assurance. Célestin se présente à l'immigration, puis me dit de venir et ils lui refusent le passage. Ilvient prendre de ses affaires dans le van, je lui donne plus de la moitié de la monnaie zambienne, soit une centaine de dollars.et rendez-vous à la frontière botswanienne. Je pars sans payer les deux gars qui me suivaient, m'arrête à une station où je change mes derniers 500.000 contre 102 dollars. Juste après, il y a une troupe de macaques puis c'est une route avec de rares véhicules, surtout des camions, et des arbres sans feuilles et un soleil bas qui me font penser à un automne en Europe soviétique. À une barrière, il y a un homme avec un filet à papillon qui projette une pichenette d'aérosol au-dessus du tableau de bord. Chose rare en Afrique, il y a des aires de repos mais aux bancs cassés. Je m'arrête photographier quelques baobabs. Je voudrais atteindre Karoi pour avoir internet mais ne vois qu'un restaurant et une station-service. La ville était peut-être sur le côté. Je décide de dormir à la campagne, prends un premier chemin et tombe sur un village. Je crois que les villages sont à l'écart de la route et c'est pourquoi le pays semble si désert. Je vais dormir finalement près d'un croisement, en étant sur mes gardes.

 

Dimanche 17 octobre 2010

Arrivé à Harare, je cherche à me garer entre les deux boutiques internet mentionnées sur le plan. Je n'en trouve aucune mais une autre où je reste une demi-heure, constatant l'absence de réponse des couchsurfeurs de la ville, et vais me promener vers le palais présidentiel. Je fais une photo de plots colorés devant le parlement et suis sifflé par un policier qui me fais rentrer dans sa guérite car c'est interdit. Je converse, surtout à la policière qui dit qu'elle va m'envoyer un texto. J'arrive près d'un grand mur et vois un grand panneau d'interdiction de photographier et uniquement après le militaire en camouflage bien armé. Je retourne vers le van pour me restaurer, en traversant un parc où mes pieds s'enfoncent dans l'herbe marécageuse. Puis je fais une seconde ballade dans cette ville qui pourrait être canadienne, vers la gare jusqu'au crépuscule où je m'assois dans un jardin près du van, constatant qu'il y a de la wifi. Je reviens m'y garer, me connecte mais ne peux accéder à mes mails ni charger mon site.

 

Lundi 18 octobre

Je lis des récits érotiques sur internet pour me masturber puis pars vers les ruines du Grand Zimbabwe, la plus grande construction en pierre au sud des pyramides d'Égypte en Afrique. Je suis arrêté par une policière qui voudrait que je paie 10 dollars pour ne pas avoir de réflecteurs. Elle se fait rire en faisant prononcer mon nom. Je parviens à partir sans payer. Je m'arrête faire un tour à Chuvah et après mon unique photo, d'une église devenue atelier, suis abordé par un homme puis ses amis qui me posent beaucoup de questions.

Puis je suis arrêté par des policiers qui disent m'avoir piégé à 71 km/h alors que c'était limité à 60, qu'il y avait un signe, un village. Ils veulent que je paie 15 ou 110 dollars. Je montre que je n'ai que 9, que j'ai vu le village, les animaux, mais qu'on en est sortis, et ils me laissent partir.
Je vois de grands rochers au bord de la route dont un vertical sur une colline et vais m'approcher. Je me défie de monter près du rocher vertical à travers les fougères séchées, pour le toucher. Il y a des petits murets en pierre. Ca semble magique. En repartant vers le van, je retraverse le village dont j'apprends par deux femmes, Mary et Grace, qu'il s'appelle Telos. Je ramasse un fruit jaune à l'écorce jaune. Avant de démarrer, je suis abordé par un homme avec son fils qui veut me demander plein de choses. Il obtient des cacahuètes. J'essaie en vain de couper l'écorce, puis suis arrêté par une policière qui voudrait que je paie 10 dollars pour ne pas avoir de disque collé au pare-brise. Je parviens à partir sans payer encore après qu'elle m'ait montré qu'il faut briser le fruit contre le sol. Il y a dedans une pâte marron collée à de grosses graines plates, au goût comme des pommes acides. Je m'arrête à Mavingo où il y a beaucoup de supermarchés et ce n'est qu'en repartant avec le van que je vois le restaurant rapide annoncé à l'entrée de la ville. Je pensais prendre des patates frites mais je commande une pizza végétarienne medium. J'arrive à l'entrée du Grand Zimbabwe et me gare à l'ombre dans un petit chemin en terre. J'accède en gravissant un rocher pieds nus à quatre pattes pour ne pas glisser, puis en traversant de hautes fougères, arrivant à un village de huttes. Je visite la construction de l'est puis, en croisant deux groupes de singes qui me fuient, vais vers l'enclosure principale, impressionnante, haute et. Ronde, comme les ouvertures des murs son arrondies. Il y a aussi cette sorte de tour ou cheminée ronde sans ouverture. Je suis seul au soleil couchant, avec la Lune presque pleine. Je pense à Selcuk. J'écoute Hallo Space Boy de David Bowie et les Pet Shop Boys. En repartant, je. Vois. Le chemin vers la construction sur la colline, dont descend un blanc, et où on entend les singes s'agresser sur le rocher comme à Gibraltar. Je monte l'escalier escarpé, qui me fait penser au Machu Pichu, et qui passe par la fente entre deux rochers. J'entre par la petite ouverture dans l'enclosure où il y a une hutte. L'étagement des constructions me fait penser à Mythra en Grèce. J'ai soif, je crains de me perdre dans la nuit, et aimerais que mon van s'illumine... Je redescends par un autre escalier aux murets escarpés, prends le chemin en terre à l'opposé de la sortie et tombe sur un chemin bitumé qui est celui de l'entrée. Sur la route déserte, je retrouve le chemin du van fidèle. Une orange et au lit.

 

Mardi 19 octobre 2010

Avec le froid, j'ai du mal à me lever pour retourner sur le site avant le lever du Soleil. J'enfile deux chemises, prends une petite bouteille d'eau et deux oranges et suis le chemin où est garé mon van, parallèle à la route. J'arrive au dernier escalier de la veille et parviens au sommet lorsque les rayons atteignent les pierres. J'ai déjà chaud et ôte une chemise. Je redescends par l'escalier entre les rochers et passe par les fougères pour éviter les bâtiments touristiques du site.

Je tourne longtemps dans les ruines car j'ai du mal à les quitter, comme je ne les reverrai pas de sitôt.

Alors que j'allais partir, je vois une pancarte indiquant Mujejeje à 395 mètres. Je ne sais pas ce que c'est mais j'y vais. Je ne trouve rien à part une troupe de singes qui crient et courent devant moi. Je prends un chemin à gauche, trouve une hutte au toit à moitié arraché, dans laquelle il y a des poteries. En en ressortant, je reconnais que je ne suis qu'à quelques mètres du van. Je prends la route vers l'ouest, m'arrête dans une petite ville où j'achète des oranges et du pain. Encore une fois, on me rend la monnaie en bonbons... Sur la route, je me fais plusieurs fois arrêter par la police. Je m'en tire à chaque fois en parlant de mon voyage, et lorsqu'une policière voulait que je sorte pour aller au poste, je reste dans le van jusqu'à. Ce qu'on me rende mes papiers.

J'arrive à Bulawayo, la deuxième ville du pays, avec des rues perpendiculaires et des bâtiments coloniaux. Je cherche deux lieux indiqués sur le guide pour des gâteaux ou une glace, mais ils sont fermés, puis prends le van pour aller sans mon sac à l'hypermarché, où il n'y a pas tant de choix, surtout en qualité, et ne prends que des haricots, des nouilles, des bananes et des oranges. De retour au van, un gars me propose de DVD pornos. Je vais m'acheter des patates frites, mange une orange puis déménage vers un coin plus tranquille car il ya trop de biffins là.

 

Mercredi 20 octobre 2010

Je rêve qu'on utilise une Volkswagen Coccinelle pour observer les fonds marins. Le moteur à l'arrière permet d'avoir de l'adhérence pour reculer lorsqu'on est mal embarqué. Il y a deux tuyaux, un pour l'évacuation des gaz, l'autre pour l'arrivée d'air avec une pompe en surface. Je rêve que je suis avec une femme brune aux yeux bleus, comme ou Claire de Pernetti.

À l'aube nuageuse, je fais un tour en ville avant de prendre la direction de la frontière botswanienne. Je suis encore arrêté deux fois par la police sur une centaine de kilomètres. Ils inspectent mon véhicule et demandent si ce de l'art qu'il soit aussi sale. Je dis que c'est contre les voleurs.

À la frontière zimbabwéenne, une femme me demande de l'emmener au à Francistown, la deuxième ville du Botswana.

Comme je m'y attendais car je n'ai pas de nouvelles de lui, Célestin n'est pas au lieu de rendez-vous et je me demande ce qui lui est advenu, surtout que j'ai sa valise.
Pour entrer au Botswana, je dois marcher sur une sorte de bac avec une serpillère et rouler dans un liquide, et un douanier regarde les photos sur mon appareil.

Un homme s'invite alors que je ne veux qu'un passager et c'est un parcours caniculaire même pour eux. Francistown n'est que moderne, avec un nombre de sémaphores comme jamais en Afrique. On se croirait aux USA. J'achète une glace, des patates frites puis des jus de fruits, du chocolat et une autre glace. Je pars vers la capitale, pensant m'arrêter dans les villages mais ils sont invisibles. Je m'enfonce dans un, Palapye, étendu et sans intérêt. Sans jamais me faire arrêter par la police, je poursuis la longue route droite bordée de haies et d'arbustes arides jusqu'à arriver de nuit à Mochudi, un village indiqué par le guide, et dont je ne trouve pas le centre historique avant de m'arrêter entre des arbres.

J'écoute David Bowie, surtout I would be your slave dont je découvre la superbe musique. Je me sens seul et je pleure.

J'entends mon autre téléphone, le cherche longtemps, coincé près du siège passager, et découvre avec plaisir un message de Fabienne alors que je croyais que ma ligne était coupée. J'ai une insomnie.

 

Jeudi 21 octobre 2010

Un écolier me guide vers la colline du musée Phuthadikobo et me demande de l'argent. Là, il y a quelques vieilleries et une troupe de rongeurs trapus qui gambadent et fuient dans les rochers. Le lieu me rappelle Gaiman, le village gallois en Argentine.

À Gaborone, je vais d'abord comme la veille dans un restaurant KFC commander des patates frites et une glace au brownies qu'ils n'avaient plus la veille; pas si bonne que ca. Puis je vais dans une boutique internet où.je ne parviens pas à me connecter avec mon ordinateur. Je vais vers le musée, suis une asiatique aux beaux cheveux et en minijupe lorsque je suis abordé par un gars qui fait des efforts pour parler français. Il me dit s'appeler Lio, être artiste, être allé à Mayotte et la Réunion. Il m'accompagne au musée qui est ethnographique.  Il voit que j'ai comme lui au poignet du cuivre pour la santé.
Après, je vois que j'ai reçu un appel que je devine de Célestin. Je rappelle et il me dit qu'il est à Lusaka, sans monnaie, ennuyé par la police, des voleurs, et ca coupe et je ne parviens pas à le rejoindre.

Puis comme je cherche un restaurant ou un bistro avec internet, il m'emmène dans un restaurant asiatique qui sent fort le piment et où on nous dit qu'il n'y a pas de prise, puis dans un autre restaurant où il y a des prises spéciales. Il m'emmène dans un supermarché où j'achète un adaptateur et un jus de fruits et nous retournons dans le restaurant of je commande des foies de poulet, et lui aussi. Comme je m'en doutais, il n'ya pas d'internet mais je travaille un peu sur l'ordinateur. Je le ramène au centre-ville, il me montre les peintures qui sont de styles différents et que je ne crois pas de lui, comme le gars de Kampala. Il voudrait que j'en achète une, puis je crois qu'il veut que je l'emmène dans son village dans ma direction, ce que j'accepte, mais il veut que je lui donne de la monnaie. Ne trouvant aucun intérêt dans cette capitale récente et faite de centres commerciaux, je pars pour la Namibie. À la station-service, comme je veux remplir les bidons, le pompiste ne répète plusieurs fois la même chose, que c'est interdit mais qu'il va le faire, que c'€est bien 115 litres que je veux. En fait il a remis les compteurs à zéro après avoir rempli mon réservoir et il essaie de me faire croire que c'était 300 pulas, alors que je me souviens que c'était 194,50. Ses collègues parlent des reçus et j'attends et obtiens ma monnaie. Un de ses collègues monte dans le van pour que je l'emmène avec moi en Namibie, mais je ne le ramènerai pas ni ne le "sponsoriserai". Comme il ne sort pas, je fais quelques mètres et il ressort en disant qu'il plaisantait. Alors c'est une longue route dans la plaine, avec une steppe d'arbustes et des km de barrière. Au crépuscule, j'évite de justesse un ânon puis un oiseau au milieu de la route. Rien de particulier ne m'incite à m'arrêter. Sur cette route où j'ai l'impression d'être dans un train et je vais dormir finalement dormir au bord de la route près de la ville sur mon plan, Kang.

 

Vendredi 22 octobre 2010

Réveillé par un moustique, je me masturbe en lisant une histoire.

Je me masturbe en lisant une histoire puis m'arrête dans une station-service où une prise électrique et un lavabo me permettent de me tondre enfin le crane.

Je poursuis la longue route sous un ciel nuageux avec parfois des gouttes de pluie sur le pare-brise, mais il fait quand même 32 degrés. Pour le première fois depuis le nord du Kenya, je vois deux autruches, puis une autre.

Le passage de la frontière est rapide. Je crois que je ne paie rien pour la première fois depuis l'Europe lorsqu'une voiture de douane me rattrape pour inspecter mon van et me faire revenir payer une taxe routière.

Le paysage semble encore plus aride jusqu'à ce que je m'arrête à Bigogas changer, mes pulas et me promener dans une petite ville avec des églises aux clochers surmontés de girouettes en coq, avec des clotures électriques comme au Brésil, et un peu de blancheur, de blondeur germanique et de minijupes. J'achète de l'huile pour le moteur, un paquet de gateaux et fais une seconde fois de la journée le plein de carburant pour arriver à la capitale.

Je m'arrête une famille de trois phacochères, aussi les premiers depuis le Kenya, les petits étant les plus peureux. Un drôle d'animal. Il y en a d'autres à plusieurs endroits, beaucoup d'oiseaux et une petite gazelle ou antilope à grandes oreilles.

J'arrive à Windhoek quand le Soleil est déjà bas et je renonce à me garer près de la boutique internet indiquée sur le guide car elle semble excentrée et me gare sur un grand terrain en bordure des tours du centre vers lesquelles je vais vite avec le Soleil déclinant dans mon dos; puis je gravis une colline en écoutant RFI, puis comme c'est la nuit essaie en vain de trouver la boutique internet avant de revenir préparer enfin cette omelette aux oignons avec les derniers oeufs achetés au nord du Malawi.

 

 

Samedi 23 octobre

Je prends mon temps car il fait frais et que le ciel est nuageux. Je me promène dans la ville, surpris de voir sur un marché d'artisanat une ou deux femmes aux seins nus. KFC n'est pas prêt pour me fournir des patates frites, ainsi qu'un autre restaurant rapide où j'achète un friand au poulet et aux champignons. Je renonce à remonter vers la colline de la veille et vais vers la gare entourée de vieux engins ferroviaires et retourne au van proche en achetant seize bananes que je mange en route. Je prends la direction de Swakopmund au bord de l'océan atlantique, en prenant une petite route qui me fait passer devant un township aux cabanes métalliques carrées assez espacées. Au bout d'une trentaine de kilomètres d'un paysage d'herbe jaune sur des collines qui me font penser à l'Espagne méditerranéenne, la route n'est plus asphaltée et comme je ne veux pas continuer ainsi plus de 300 km, je reviens trouver difficilement la grande route qui traverse un paysage de plus en plus désertique jusqu'à la ville où je finis droit au bord de l'océan avec joie. Il y a tant de vent que je rentre mon chapeau et j'ai froid. Les vagues sont puissantes et personne ne se baigne. Je parcours la ville aux beaux bâtiments germaniques, renonce deux fois à aller sur la jetée à cause des projections d'eau. Plusieurs vendeurs noirs m'abordent pour je crois une sorte de porteclé. Le premier me dit son prénom et commence à graver le mien, ce qui me fait rire. Après un marché d'artisanat touristique et un phare, il y a une plage plus calme où des enfants font trempette. Je trempe mes jambes et mes mains que je décrasse. J'hésite à entrer dans une boutique internet, et repars bientôt. Je vois des robinets sur des éviers et remplis mes bouteilles. Le Soleil est déjà très bas mais je décide d'aller jusqu'à Walvis Bay. La route longe entre l'océan et les dunes de sable. Le Soleil se couche encore jaune. Il ne fait que 18 degrés et je mets le chauffage. J'arrive dans une grande zone portuaire aux larges rues désertées que je traverse avant de pouvoir atteindre le rivage. Je prépare une soupe de nouilles avec des oignons puis de l'huile d'olive. Je mets mon pull noir et sors un peu m'approcher des flamants et autres oiseaux. Je décide de dormir tout habillé car je devine qu'il va faire froid.
Réveillé à 23h24, peut-être par la radio que j'avais pourtant programmé pour s'éteindre, je souffre à l'estomac et j'ai la nausée. Je vomis dans la casserole et m'endors plus vite que je ne l'aurais cru.

 

Dimanche 24 octobre

Lorsque je me réveille, le thermomètre aimanté contre la porte coulissante indique 11 degrés et il y a de la buée sur les vitres. Des Blancs observent les oiseaux avec des instruments. Un problème informatique me fait perdre le récit de la veille, que je vais devoir réécrire. Je fais une longue marche le long de la plage. Il y a sur la plage des méduses gélatineuses rouges échouées comme des pots de confiture renversés. Lorsque je suis le même chemin avec le van, je m'aperçois que je suis allé à 2,6 km. Je suis un chemin dans les marais salants jusqu'à m'enliser dans le sable, et je ne parviens pas à me dégager avec la pelle. Un jeune homme dans une voiture tout-terrain, avec une jeune femme qui promène un gros chien, m'aide. Il tire mon van avec ma lanière dont l'anneau, mal accroché à mon van, casse. J'accroche ce bout à l'autre anneau. Il me dégage et j'apprends qu'après il n'y a pas de route. Je fais demi-tour et m'enlise au même endroit avant qu'il ne me redégage. Je tourne en vain dans la ville pour la direction de Solitaire, prends finalement celle de l'aéroport et Windhoek est indiqué plus loin. La route n'est plus asphaltée au bout d'une vingtaine de kilomètres et ce n'est qu'au bout de 120 km que solitaire est indiqué. Je suis à la même vitesse qu'un camping sud-africain qui s'arrête comme moi prendre des photos du désert. À 50 km de Solitaire, le van peine bizarrement. Je sors et m'apercois que le pneu avant-droit est crevé. Le camping-car s'arrête et la femme me parle en français, car le couple est belge d'Anvers. Ce que je crains se réalise: ma roue de secours est inutilisable. Les Flamands me disent que je devrais trouver une autre voiture et un grand van occupé par deux couples italiens de Gênes avec deux étudiantes me prend avec mes deux roues. Ils parlent français, surtout l'étudiante en médecine à qui je parle médecine. L'autre étudie le droit. Ca fait plaisir de voir un peu de beauté féminine. À Solitaire, le spécialiste du pneu me répare ma roue de secours et remplace le pneu déchiré par un pneu de secours plus petit. Il m'avait dit que ca couterait 350 dollars namibiens, et je n'ai que 110 à lui donner et il me fait payer 220 dans la boutique avec ma carte bancaire. Je fais plusieurs voyages pour transporter les deux roues jusqu'au croisement vers Walvis Bay. Les véhicules qui passent ne vont pas loin, un autre est plein. Le Soleil se couche.

Je m'aperçois que ca fait deux mois que Fabienne est partie et que ce n'est pas mon jour de chance.

Il y a du vent et je me protège du vent en m'asseyant devant les pneus dans le creux du bord de la route, et j'écris. Je vois une lumière projetée comme des phares mais c'est un homme qui vient vers moi. C'est un vigile qui me parle du froid, des serpents, des scorpions et même des hyènes qui viennent jusqu'ici. Alors il m'emmène à l'ouvrier que j'ai vu passer et qui travaille à aplanir la route avec son engin comme j'en avais un en Meccano lorsque j'avais huit ans. Willem allume un feu et j'attends de pouvoir m'allonger dans sa remorque. Une voiture passe qui ne s'arrête pas, puis une autre mais c'est un homme qui venait me voir. Il parle à Willem qui me passe une veste et nous attendons devant le feu où j'écris. Il se décide enfin à rentrer dans la remorque et je lui propose de dormir par terre mais il me propose de dormir avec lui et se met en caleçon, alors moi aussi. Il est contre moi et j'essaie de prendre le moins de place possible sur le côté, au point d'en avoir des fourmillements. Je mets ma tête sous la couverture car l'air est froid. Je m'attendais à une nuit plus solitaire...

 

Lundi 25 octobre 2010

Je rêve qu'un ami de Corine, qui fait pourtant 1m90, parait tout petit sur le téléviseur en se confessant à l'émission de Mireille Dumas.

Je me réveille à l'aube et attends. Une voiture passe. Je vois les premiers rayons du Soleil entrer par des fentes de la remorque. Willem se réveille et je me lève et m'habille vite pour transporter mes affaires au carrefour. Je vois que Willem allume un feu. Une voiture arrive avec deux ouvriers de la route qui vont à 70 km. Je m'assois entre eux et nous roulons jusqu'à 110 km, malgré tout dépassés par une voiture plus rapide. Je demande ce qu'ils écoutent comme musique et il allume son transmetteur FM, avec de la chanson anglophone pas bonne. Nous voyons un groupe d'antilopes, kudus, puis un beau mâle isolé puis un autre. Nous arrivons à mon van et je leur montre mon parcours sur la carte avant qu'ils repartent au travail. Le cric ne reste pas haut et je mets des pierres sous le van. Le cric bascule car j'avais oublié de caler le van. Je parviens à monter assez haut le van pour mettre la roue et je dégonfle les roues car le réparateur trouvait que je gonflais trop mes pneus. Je démarre mais au bout de 3 km je m'aperçois que le coffre s'est ouvert et des affaires sont tombées le dernier km et demi et je retourne les chercher. À mon retour vers Solitaire, les antilopes ont disparu et je ne vois qu'un écureuil traverser la route. Je photographie les carcasses de voitures décoratives puis fais le plein de carburant, attendant longtemps la connexion pour payer avec la carte bancaire. Je suis tenté de prendre une barquette de viandes diverses mais je crains pour ma santé, surtout. Que je ne les cuirais que le soir. Je revois une jolie blonde qui travaille à la boutique. Comme la veille, je ne mange que les graines de Wadi Halfa et les quelques cacahuètes qu'il me reste. Un homme me fait signe et je l'emmène avec sa femme et leur fils de 2 ans à l'hôpital de Maltahöhe qui est malade à l'estomac. Ils attendaient depuis tôt ce matin le passage d'une voiture. Nous voyons deux kudus femelles traverser la route et sauter par-dessus la barrière. Peut-être des kudus goudous. En les questionnant, j'apprends qu'il n'a plus voulu de lait maternel à neuf mois, puis a pris du lait industriel ensuite et mange maintenant, alors que leur autre fils de neuf ans, qui a tété jusqu'à quatre ans, n'a pas eu de problème... Dans leur village, ils ont de l'eau grâce à des puits de 5 mètres fonctionnant au diesel, sauf deux fonctionnant au vent. Je les dépose dans une maison qui ne semble pas un hôpital, photographie une école avec de gros signes sur le sida. Je repars dans le paysage désertique. Je vois un texto de Célestin reçu quatre heures plus tôt. Il est sans monnaie à Windhoek. Je réponds où je suis. J'espère arriver à Lüderitz au bord de la mer avant le crépuscule mais le chemin est long et je m'arrête souvent pour le paysage, et longtemps pour une maison abandonnée près de la voie ferrée. Puis je reçois un appel de Célestin qui veut me rejoindre. Le Soleil se couche encore jaune, le vent fait glisser le sable en travers de la route, et au début de la nuit, je vois pour la première fois un panneau pour faire attention avec une silhouette de chien et un peu plus loin, je vois sur la route une silhouette de chien que je poursuis avec mes phares alors qu'il trotte sur le côté dans la même direction. Je m'arrête, enfile mon pull noir à capuche a cause du vent et le poursuis. L'arrière me semble bas, les oreilles rondes: c'est peut-être une hyène. Lorsqu'il me voit réapparaitre en haut la dune derrière laquelle il avait disparu, il court au loin. J'arrive à Lüderitz, tourne pour trouver une place au bord de l'océan, cherche les radios, nettoie la casserole avec du brulé au fond, prépare une soupe de nouilles au curry en ajoutant des oignons et de l'huile d'olive.

 

Mardi 26 octobre

Je me promène tôt pour profiter d'une belle lumière et rentre affamé. Je commence à ranger, trouve une orange que je mange, ferme les stores car il y a beaucoup de curieux, puis commence à faire cuire du riz avec des oignons. Des policiers viennent me contrôler et je reçois un appel de Célestin qui est encore à Windhoek et me demande d'être à l'arrivée du bus pour le payer. Alors je lui dis de n'aller que jusqu'à Keetmanshoop, la grande ville jonction du sud, et de se retrouver près de la plus grande église. Les policiers me disent de me garer dans l'autre sens et je leur dis que je vais sur un parking proche où j'ai trouvé la wifi. Ils ne veulent que je le fasse après la fin de la cuisson. Je déménage, termine la cuisson, ajoute l'huile d'olive et des épices du Brésil, et tente en vain de me connecter à internet avec l'ordi. Je fais un second tour, retire le maximum de monnaie à cause de Célestin, 2000 dollars namibiens suis abordé par un noir qui me dit qu'il est musicien, guitariste, qu'il veut faire des films, des comédies dramatiques, si je veux être son sponsor, qu'il a faim, si je peux lui donner 10 dollars pour acheter du pain, me demande mon mail. Il me laisse et m'aborde plus tard, en me donnant son mail. Je vais au supermarché proche du van, achète quatre tablettes de chocolat, des oranges, des bananes, 2 litres de jus de fruits, trois boites de pilchards et de la colle silicone. Je vais me connecter avec mon smartphone et ne réponds qu'au mail de Fabienne. Je voudrais trouver le village fantôme de Panoma mentionné dans le guide et m'arrête devant le village fantôme de Kolmanskop qui appartient aux mines de diamant, qu'on ne peut visiter que jusqu'à 13h, heure déjà dépassée de trois quarts d'heure. De toute façon, la gardienne blanche et édentée me dit que le permis coûte 160 dollars et j'ai déjà fait quelques photos.

Je m'arrête photographier un kudu mâle qui s'éloigne de moi, puis m'arrête photographier la même maison que la veille. Depuis l'intérieur, par les fenêtres, j'ai la surprise d'entrapercevoir des chevaux rassemblés contre l'arrière de la maison. Ils sont douze, dont deux poulains. J'essaie en vain d'approcher surtout le poulain, mais, sans risquer de recevoir de coup, je peux par la fenêtre caresser un cheval qui se laisse faire. Je vais m'arrêter au village d'Aus, et m'aperçois que les clignotants et des indicateurs du tableau de bord ne fonctionnent plus, alors que les warnings si. Je suis abordé par un couple d'alcooliques édentés, qui veulent d'abord me vendre cette sorte de boulette porteclé. Si je ne devais pas retrouver Célestin, j'aurais aimé aller au plus court à droite vers la frontière. Je m'arrête photographier un arbre étonnant et unique, en passant par-dessus une barrière déjà déformée: je ne suis probablement pas le premier admirateur. Après, je vois passer un écureuil que ne retrouve pas. Je suis informé que je reçois des tentatives d'appels, mais que mon crédit trop bas ne me permet de répondre. Je m'arrête au crépuscule photographier une maison abandonnée sans vitres et au toit végétal, franchissant encore une barrière. J'arrive à Keetmanshoop, me gare près d'une église, marche dans le quartier, trouve une seconde église proche et me gare entre les deux. Je refais une marche et semble de loin voir une personne tourner autour du van. C'est Célestin qui trouve que j'ai rajeuni, parce que j'ai tondu mes cheveux. Il me raconte ses aventures jusqu'à tard. Il a d'abord marché jusqu'à un poste de police à une trentaine de kilomètres, et on lui a dit qu'il avait risqué de se faire attaquer dans la nuit par des éléphants qui n'aiment pas l'odeur humaine. À Lusaka, il a pris que le visa botswanien prenait une semaine. Il a essayé de traverser la frontière mais c'est une rivière et il ne sait pas nager. Il m'envoyait des textos que je ne recevais pas, des mails que je n'ai pas vus. Dans une boutique internet, il a rencontré un homme à qui il a demandé s'il connaissait des Burundais ou des Rwandais. Ainsi, par un Rwandais qui disait ne pas pouvoir l'héberge mais qui a pu le faire héberger par un autre qui dormait dans sa boutique, il a aussi rencontré sa fille, jolie Rwandaise de 22 ans, mariée, avec un enfant de cinq ans et qui essaie d'en avoir un autre, et l'a aidée dans son entreprise de beignets. Il jouait au touriste. Lorsqu'il a eu mon appel de Gaborone et a pris le vissa pour la Namibie, elle a emprunté de la monnaie à plusieurs personnes pour qu'il puisse acheter le ticket pour Windhoek. Une journée de bus, stoppé la nuit par le passage d'une cinquantaine d'éléphants. Il a aussi vu des rhinocéros. À Windhoek, il a pu dormir avec un médecin congolais qui arrivait pour travailler là et louait une maison. Et ici, le chauffeur de bus, à qui il devait 250 dollars namibiens, lui a dit d'attendre dans la station-service pendant qu'il préférait raccompagner seul la dernière passagère...

 

Mercredi 27 octobre 2010

Quoique nous nous soyons couchés bien plus tard que je l'escomptais, je me réveille vers 3h et demi. Lorsque le Soleil atteint les maisons, je réveille Célestin pour faire un tour en ville, où les rares passants sont surtout des écoliers. Puis nous parcourons les 300 km vers la frontière sud-africaine. Je dis à Célestin que j'ai aimé ma solitude et ma liberté, et que je l'ai trouvé de plus en plus négligent, peut-être aussi parce qu'il était plus stressé. Je pense aussi que je gravissais une montagne, et que maintenant je suis dans la descente. Je m'arrête souvent afin de photographier les aires de repos, souvent sous trois angles, et j'ai l'idée de triptyques en triangle autour desquels il faut tourner comme autour de ce qu'ils représentent. Je m'aperçois que le fusible des lumières, que j'avais mal vu hier, est à remplacer, et ca refonctionne. Célestin tente en vain de téléphoner à son cousin à Durban. La frontière sud-africaine est la mieux organisée, avec des bureaux numérotés et alignés dans l'ordre à suivre. Célestin est refusé et je devrai le raccompagner à la frontière namibienne. Mon van couvert de poussière est fouillé, surtout par une douanière qui me fait payer une taxe car j'ai 20 litres de gazole. Elle me dit que je vais passer la nuit ici. Je fais rire un collègue en disant qu'elle veut rester avec moi. Je raccompagne Célestin, lui donne le dernier millier de dollars namibiens et retraverse sans que le van soit réexaminé. Je retire le maximum de rands au premier distributeur et pars, joyeux car j'ai atteint l'Afrique du Sud, le pays au bout de l'Afrique. Pensée du jour: On a tout le temps pour être mort, alors autant ne pas l'être de son vivant. Je vois que je suis sur la Nationale 7, la route vers la côte méridionale...

J'arrive à Springbok lorsque les mêmes lumières du van ne fonctionnent plus. Je me dépêche de prendre des photos car la ville tombe dans l'ombre d'une colline. Pour la première fois depuis longtemps, je vois des clochards dormir dans le square central, ce que je n'avais pas vu depuis l'Europe, et deux gros matous, dont un est si poilu qu'on dirait un tube de la tête à la queue, et que je poursuis en vain. Bien que j'ai mis mon pull, j'ai froid, surtout aux mains. Je cherche de la wifi, achète deux barquettes de fraises onéreuses à un biffin édenté et des patates frites à KFC.

 

Jeudi 28 octobre

À 4h, deux sympathiques policiers viennent me contrôler, me demander si j'ai une arme à feu, combien j'en ai, si j'ai peur des fois, si j'ai peur des serpents.. Il ne fait que 10 degrés.

Je commence à me masturber pour me distraire (et me traire) mais je ne trouve pas Lila dit ça pour me décorer l'imaginaire, alors je lis Le Tour du monde à vélo. À l'aube, je prends le risque remplace le fusible grillé de 10 ampères des lumières par un de 15, puis me promène dans la ville. La plupart des gens sont des métis très clairs.

Puis je prends la route; deux belettes traversent et après je vois plusieurs fois des rongeurs comme à Mochudi. Le paysage est une succession de collines rocheuses et vertes. Je sors de la route à Bitterfontein qui est la ville suivante sur la carte mais je ne m'arrête pas car je ne vois qu'un village étalé. Je voudrais atteindre et longer la côte, hésite puis tourne dans Vanrhynsdorp et voit un panneau "route du vin" vers l'ouest et la suis. Je visite Vredendal où il fait chaud et où il y a beaucoup de magasins, dont un où j'achète des gants pour la conduite afin de remplacer ceux laissés chez Bob, et des crochets pour le rideau de la cabine. C'est après qu'il y a beaucoup de vignes. Fabienne m'écrit qu'elle boit du vin sud-africain, je vois la vigne sud-africaine, sa mère. De nombreux canaux d'irrigation serpentent sur les collines. Un policier me poursuit et me contrôle surtout pour mes cabochons cassés mais je parviens à éviter une amende. Je suis plus angoissé qu'hier, peut-être parce que les poissons ne font plus leur effet, que la joie d'avoir atteint le pays le plus au sud est passée, aussi parce que je suis fatigué, réveillé tôt par la police, et avec de la toux et de la fièvre. La route suit une belle rivière. Je n'ai pas trouvé de panneau vers la seule ville au bord de la mer sur ma carte avant Le Cap. Comme notre Nationale 7 nationale, leur Nationale 7 n'atteint la mer qu'en son sud. Alors que je sors prendre une photo, une voiture de patrouille de la route que j'avais repérée me rejoint au moment où je vois avec horreur mon van traverser la route: je m'étais arrêté en roue libre. Je cours vers le van, passant devant leur voiture et m'écriant: "Mon dieu! J'ai oublié de mettre le frein. J'étais concentré sur ma photo." je gare mon van, retourne vers eux puis prendre ma photo, car ils ne me disent rien, puis repartent. Plus tard, une voiture s'arrête brusquement devant moi et le conducteur ne sait où tourner, alors qu'il y a un minibus Toyota Hiace juste derrière qui me rappelle l'accident en Égypte... J'ai juste le temps de freiner et de passer sur le bas-côté et le minibus s'arrête juste derrière la voiture et klaxonne. La route passe un col et descend vers une grande et belle plaine agricole beige. Je me dépêche pour arriver au Cap car le Soleil est déjà bas. Je vois enfin, alors que le reste du ciel est bleu, des nuages qui touchent l'horizon et dont se détachent une montagne au sommet plat et un pic à droite: c'est Le Cap. Il y a toujours beaucoup de vent qui me déporte et les voitures vont très vite. Je me dépêche d'arriver au bord de la mer vers l'ouest, là où le Soleil est encore présent, et marche près d'une petite plage sur une promenade avec des joggeurs. Il y a surtout des Blancs et c'est chic; ça me rappelle Miraflores à Lima. Je ris avec des larmes en voyant un tout petit chiot. Le Soleil se dissout dans la mer qui sent très bon l'iode. Je reviens par la plage, et me gare mieux face à l'eau. Je pense me faire cuire du riz et reçois un appel de Célestin qui me demande où je suis pour me rejoindre. Il me rappelle car son chauffeur ne l'emmène pas. Jusqu'ici mais à un lieu dont je ne retiens pas le nom. Je refuse d'y aller, et lui explique que je me suis fais contrôler. En plus je suis fatigué et je crois que c'est plus facile de me retrouver sur le rivage. Je ne suis pas réjoui, mange finalement des haricots et des pilchards en écoutant à la radio les inepties habituelles sur le sida

 

Vendredi 29 octobre 2010

Je prends un litre d'eau et trois pommes et pars à 6h40 vers Waterfront, quartier portuaire transformé pour le tourisme et me rappelle Gênes. D'une boutique pour des tours en hélicoptère, une femme me propose de rentrer et me dit qu'en français, elle ne connaît que "Je vous aime.". Je lui dis que c'est suffisant. Puis on me propose un tour en bateau vers l'ile des prisonniers politiques, alors que je vois aller vers le bateau la petite blonde en minijupe que je zyeutais. J'entraperçois d'autres beautés. Je n'aurais pas pu être concentré sur la visite... Je vais vers le centre-ville, prends des patates frites à KFC et me repose un peu. Je prends plus loin un cône glacé, monte vers la colline mais je souffre de la hanche. Je m'allonge dans un parc, lis deux messages de Fabienne et redescends, vois le fort de trois siècles puis vais dans la gare ferroviaire où tous les stores des boutiques sont fermés et il n'y a que des Noirs, puis passe dans un centre commercial où j'achète un jus de fruits puis passe dans la gare routière. Pour rentrer, je retourne vers Waterfront, le quartier que j'ai préféré. Je vois des ailerons qui semblent appartenir à quatre dauphins, puis un gros poisson de plus d'un mètre, et enfin un phoque ou éléphant de mer qui se frotte sur les planches du quai, et deux autres qui font la sieste. Comme je m'y attendais, Célestin attend près du van. Il a trouvé un Namibien chez qui il a dormi et qui connaissait un passeur qui lui a fait traverser la rivière à la nage, puis un camionneur qui l'a emmené jusqu'à un hangar où il a dormi à 10 km du Cap avant de prendre le train.
Nous partons suivre les plages et je me perds en voulant ne pas repasser par le Cap. Nous arrivons au crépuscule à Stellenbosch aux maisons blanches et où je me gare près de la rivière pleine de cailloux, et demande à Célestin de préparer du riz pendant que j'écris.

 

Samedi 30 octobre 2010

Je rêve qu'un martinet me pique plusieurs fois avec son bec effilé. Je le rattrape et le mets dans une cage.

Le ciel est tout gris. Je tousse et suis enrhumé. Je vois un écureuil qui part se réfugier dans un arbre lorsque j'approche. Je pars me promener seul dans la ville qui semble néerlandaise. Lorsque c'est moins joli, il y a plus de Noirs. Nous partons vers Outshoorn, capitale de l'autruche, et je m'arrête à Swallendam où il y aurait une bifurcation. Nous nous retrouvons dans un dédale de chemins en terre et retombons sur la route nationale. Je renonce à faire le détour après avoir un peu plus lu le guide. Et puis, nous voyons déjà des troupeaux d'autruches dans les prés, parmi ces collines agricoles. Nous atteignons l'Océan Indien à Mossel Bay, qui semble bien sinistre sous la grisaille. Je fais un autre détour pour George, une grande étendue de magasins fermés sous la pluie, sans m'arrêter non pus. Ensuite, le paysage est plus forestier, les villages plus touristiques. L'absence de Soleil ne pas fait estimer qu'il était si tard et nous arrivons au crépuscule à Knysna, avec son front de mer très touristique, ses restaurants remplis malgré la basse saison et ses voiliers luxueux. Célestin prépare des nouilles.

 

Dimanche 31 octobre 2010

Je fais une promenade à l'aube puis nous nous arrêtons à une autre station balnéaire chicsur une colline qui tombe dans la mer, Plettenberg Bay. La route nationale longe une zone avec des failles et nous voyons un groupe de babouins. Je m'arr ête mais un bruit les fait fuir: de l'autre côté un homme a arrêté sa voiture et a fait claqué un fouet et est reparti aussitôt. Je m'arrête pour chier puis repars. Au bout de plusieurs kilomètres, je m'aperçois que Célestin n'est pas derrière. Je reviens et le retrouve. Il était aussi sorti chier en mon absence. Après un court passage dans un petit village, Storm's River, nous nous arrêtons à Jeffrey's Bay, un lieu réputé pour les surfeurs où Célestin va se baigner habillé et où je fais un petit tour.

Je roule pour arriver au centre de Port Elizabeth, la plus grande ville de la région, et il faut longtemps pour arriver au centre, près d'une autoroute en hauteur, parallèle à la rue piétonnière. Célestin reste se sécher et je vois quelques beaux bâtiments concentrés, et une colline avec un phare. Je m'achète un muffin et Célestin a préparé une soupe. J'aimerais suivre la côte mais j'ignore s'il y a une route. Alors je m'arrête à Grahamstown sous la pluie. Il y a aussi de jolis bâtiments au centre et e vais au supermarché acheter des oranges, des bananes, des oignons, un cône glacé et du chocolat. La route de nuit devient dangereuse et je m'arrête fatigué dans un village, Peddie.

 

Lundi 1er novembre

Je fais un petit tour dans le village puis dans les villes suivantes, King William's Town, et East London où nous rejoignons la mer. Je fais des détours pour arriver dans les deux parties d'un village près de la mer avec une jolie plage, Cintsa, où je m'aperçois que le pneu avant-gauche est crevé. Ensuite la route quitte la mer et tourne dans des collines verdoyantes habitées par des Noirs. Le paysage et des maisons rondes avec des toits coniques me rappellent la Mongolie. Je fais changer le pneu qui est trop abimé. Trois des ouvriers cherchent dans l'amoncellement de pneus sur la butte celui qui correspondrait le mieux. Célestin prépare du riz avec des nouilles et la boîte de haricots et maïs achetée la veille. Pour la deuxième fois de la journée, nous sommes arrêtés par un policer noir mais qui est intrigué par mon voyage et redemande à revoir la carte.

Je fais un tour dans la grande ville, Mthatha, où il n'y a que des Noirs, puis avec la nuit qui vient, nous nous arrêtons à Mount Frere et je demande à Célestin de préparer une soupe de nouilles avec des oignons. Un gars veut garer son pick up là où je me suis garé. Il dit qu'il n'a ni première vitesse, ni marche arrière. Un autre homme vient et ils nous parlent tous les deux en même temps et je me demande ce qu'ils ont pris, alcool ou autre. Le second parle d'acheter de la boisson mais demande dix rands.. Il dit être le fils du chef. Il me dit qu'il va dormir dans le pick up et le premier dit de bien fermer.

 

Mardi 2 novembre 2010

Je vais faire un petit tour lorsque je me vois apparaître dans les vitres du pick up les deux têtes des deux gars qui ont dormi dedans.

Je m'arrête ensuite dans la ville de Kokstad où une lycéenne me montre la seule chose "intéressante" de la ville: une sorte de parc avec des bancs... Au retour, j'achète un chapeau puis des bananes, puis un grand filet d'oranges et du pain. Nous arrivons enfin au bord de la mer à Port Shepstone. Je prends des petites routes pour éviter la route nationale 2 qui devient payante. Je me trempe un peu à  Sunwich Port Beach mais les vagues sont fortes. Célestin revient éraflé par les rochers. Nous arrivons à Durban où je me gare près de la mer pas loin de la mairie. Célestin parvient à joindre son cousin qui lui dit où il travaille. Arrivés sur les lieux, son cousin nous interpelle. Il vend des sacs dans un des stands sur le trottoir. Nous retournons chercher le van et je vais me balader une demi-heure avant qu'il ne ferme boutique à 17h. J'en profite pour m'acheter des patates frites chez KFC puis je cherche en vain un cône glacé. Il fait chaud et humide lorsque le ciel et gris, puis il fait Soleil et pleut en même temps: le climat est plus tropical. Amis habite tout près. Je commence à me tondre tandis qu'Amis et Célestin vont se renseigner pour le parking et acheter à boire et manger. Je prends une douche chaude jouissive lorsqu'ils rentrent. Nous buvons du jus de fruits, mangeons du chocolat et une pomme, et j'utilise l'ordinateur.

Nous mangeons de la pâte de maïs, eux qu'ils roulent avec leurs doigts, moi à la cuillère, avec du poulet. Après il y a du football et je vais dans le van, accompagné de Célestin et Amis. Je tente en vain de me connecter à internet; alors je me masturbe en lisant une histoire.

 

Mercredi 3 novembre 2010

Fatigué, je traîne un peu avant de remonter à l'appartement à 6h. Nouus mangeons de l'omelette et j'ai de la difficulté à finir un thé trop chaud avant que nous allions au Yacht Club mais il est trop tôt. On m'indique une société de transport par bateau. Il est 8h et il fait très chaud au Soleil. A la réception, un homme me renseigne par téléphone et me connecte à une femme, qui fait l'effort de venir me rencontrer. Daniela me dit que ça me couterait 1000 dollars pour leur transport mais qu'il me faut un agent pour le reste. Elle me donne deux adresses et regrette que je parte le lendemain, sinon elle me montrerait la ville. Nous marchons longtemps encore et arrivé à l'adresse, je veux me renseigner dans une boutique mais si le vendeur ne connait pas, le client qui me précédait est un Réunionnais qui travaille dans cette firme. Il m'emmène dans ses bureaux sur le toit et me présente à ses deux collaboratrices. Un autre Réunionnais arrive ensuite. Ils ne sont pas spécialistes mais me renseignent sympathiquement. Nous allons à l'autre adresse, encore plus loin. C'est une plus grosse firme et une femme vient me renseigner à la réception en français, car c'est une (jolie) Mauricienne. Elle me donne les coordonnées d'un agent. Nous retournons vers le Yacht Club et je me repose dans un jardin. Je vois qu'il y a un réseau wifi nommé "Alliance" et lorsque nous partons, Célestin voit l'Alliance française. Nous y entrons et l'homme à la réception à qui je parle me dit que la personne à la médiathèque, Aurélie, est une Réunionnaise. Je vais lui parler de mes projets puis je m'installe durant quatre heures pour utiliser enfin internet. Je suis étonné de voir une réponse à mon mail de Corine d'il y a un mois. Sur Skype, je discute avec Agata et Luc-Laurent qui a parié une bouteille de champagne pour l'pocalypse ce 31 octobre... Le 13 octobre, il est resté sagement chez son amie et rien ne s'est passé. J'écris à Daniela pour la voir après son travail. Aurélie m'apporte un thé et à Célestin un café avant que nous allions enfin vers le Yacht Club. Nous n'avons mangé que des oranges et j'achète des bananes et deux brochettes de viande comme du plastique. Au Yacht Club, il est trop tard et on me dit que c'est la saison des cyclones. Je demande à Célestin de prendre ses affaires du van et Amis vient nous chercher. En allumant l'ordinateur, je m'aperçois que Corine et Daniela m'ont répondu et que je n'ai malheureusement pas lu leur message.

Nous mangeons du riz avec du poisson séché trop salé. Je n'ai guère faim, je suis éreinté, les jambes douloureuses, et vais me coucher dans le van alors qu'ils vont regarder du football.

 

Jeudi 4 novembre 2010

Je range un peu le van où j'ai plus de place et je vais monter dans l'appartement, rencontrant Amis venu me chercher. Je mange un peu de riz et bois un thé.

Nous allons vers le van déposer les affaires puis aux deux Yacht Club où un homme me dit qu'il y a souvent des bateaux (un vient de partir il y a deux semaines...) et où je dépose mes annonces pour trouver un bateau vers les iles. Nous allons vers le stand d'Amis mais il est absent. Alors nous retournons au van et cherchons difficilement l'Alliance française. La connexion est mauvaise à cause de la distance, ce qui me fait rester longtemps. Les réponses de Corine et Daniela sont décevantes. Je lis que Georges et Claire viennent de passer à Zanzibar. Les vols les moins onéreux que je trouve sont entre Johannesburg et La Réunion (336 euros). Ensuite nous allons vers les plages. La première où je m'arrête est interdite à la baignade, puis j'en vois une avec des baigneurs. Les vagues puissantes nous fouettent. Puis je longe la côte jusqu'au stand d'Amis que je salue. La voiture de police me fait partir et Célestin remonte. En fait il veut que je lui fasse un "crédit" de 2500 rands. Je lui passe plus de la moitié de ce que j'ai, 1000 rands, et je cherche Cargo Form, la firme indiquée la veille pour expédier le van. C'est une sorte d'entrepôt où je m'entretiens avec un jeune Indien avant qu'il ne me guide vers un plus âgé qui a visité Paris, la Belgique et les Pays-Bas il y a seize ou dix-sept ans pour son travail, et a apprécié les bâtiments anciens, alors qu'ici il n'y en a pas. La facture qu'il me donne avoisine les 1800 euros. Je lui demande le chemin de Pietermaritzburg où je parviens par l'autoroute payante, et qui me déçoit par sa relative laideur. J'achète du chocolat au lait puis des patates frites extra large chez Hungry Lion plutôt qu'au KFC voisin, mais je suis déçu car elles sont grasses et molles, et je ne les finis pas. Je repars vers le Lesotho et le Drakensberg, tourne dans une jolie banlieue cossue où je vois un capucin qui ,e regarde sur le bord de la route, retombe sur l'autoroute que je quitte au plus vite et trouve enfin une route vers Unterberg, au sud du Drakensberg et près du Lesotho. Le paysage et l'habitat est celui du Transkei que j'avais traversé pour aller à Durban. La nuit tombée, je m'arrête au bord de la route dans un village.

 

Vendredi 5 novembre

Réveillé à 2h et demie, j'écoute la radio puis m'occupe de la rédaction du Virus Bouc-Emissaire. Dans la brume, je photographie des oies sous un panneau avec trois autres  oiseaux au-dessus avant de voir en m'approchant que ces perroquets font partie du panneau..., puis vais photographier les bâtiments abandonnés qui m'ont fait m'arrêter ici.

Je pars dans le brouillard et continue à manger les patates frites de la veille, sans parvenir  les finir. Le brouillard se dissipe avant que j'arrive à Unterberg, plaisant village selon le Lonely Planet... Je fais des achats à Spar, dont du^pâté de crocodile, du pâté d'autruche, un gâteau à la mousse de chocolat pas très bon, deux grosses boîtes de pilchards, trois tablettes de chocolat, des gâteaux et cinq bons petits pains aux céréales. Je m'arrête au très proche village d'Himeville, tout aussi plaisant selon le guide... puis vais le passage de Sani, la plus haute montagne d'Afrique du Sud, à la frontière du Lesotho. La route est en travaux, puis, à un arrêt pour photographier un bâtiment en ruine, un homme du Lesotho me dit qu'il est fier d'être d'un pays aussi pacifique, après m'avoir dit qu'il pensait que je ne pourrai pas passer la frontière à cause de la route. Je suis plus optimiste, mais peu après, je vois un panneau comme quoi le passage de la frontière est interdit aux véhicules qui ne sont pas à quatre roues motrices. Comme quoi le Lesotho n'est pas pour toutes les autos.... Encore une information importante pour ls automobilistes qui n'est pas dans le Lonely Planet... Je m'arrête, hésite et décide de continuer. Je m'arrête près d'un convoi d'excursionnistes. Un Sud-Africain vient me parler et me dit que ma voiture ne passera pas. J'arrive à la frontière. On me dit que la route monte à 26 degrés ou pourcents et qu'il y a comme des marches. Je vais aux toilettes et après qu'il n'y ait plus personne à la douane, je demande au douanier si ma voiture peut passer. Il me répond sympathiquement que non et m'indique quelle frontière je peux traverser. Je repars, fais un arrêt pour rincer quelques affaires à une cascade puis deux hommes me font un signe pour mon pneu. Je m'arrête, craignant un piège. Mon pneu avant-droit, le dernier homologué qui me reste, est plat et je tente en vain de le regonfler. Je remplace assez vite la roue, dont le pneu est boursouflé, avec des fils qui sortent, sous les yeux des deux gardes forestiers avec scie et pistolets, qui ne partent que lorsque j'ai redescendu le van, voyant que ça allait. J'arrive à Swartberg, où un conducteur me demande si je suis de Finlande, et me dit bonne chance pour le Lesotho avec ma voiture... Ensuite la route n'est plus asphaltée et est pénible. Il y a de drôles d'oiseaux noirs à la langue queue panachée qui ont l'air de poissons exotiques dans un aquarium. J'embarque jusqu'à Matatiele un homme avec sa roue crevée, qui passe son temps sur ses deux téléphones, y compris pour me renseigner sur l'heure de fermeture de la frontière. Il me montre le chemin mais auparavant, je fais des photos de la ville joliment éclairée sous un ciel orageux. Je ne prends pas de monnaie aux distributeurs car je trouve leur limite trop basse.

La route redevient terreuse et alors qu'il fait déjà nuit et que la route me semble longue et déserte, j'arrive enfin au poste-frontière. C'est rapide en Afrique du Sud, où on me tamponne mon carnet de passage en douane contrairement à ce que je croyais, puis au Lesotho, un policier me questionne, puis me guide vers les bureaux, où je paie une toute petite taxe de 4 rands pour la route à une douanière qui me parle avec le peu de français qu'elle a appris, et je dois les guider pour remplir le carnet. Le policier me demande de suivre sa voiture et j'ai le tort de ne pas lui demander pourquoi, croyant que c'est pour la sécurité. nous arrivons au village proche de Mpiti et à un rond-point, son passager qui sort me dit de continuer à le suivre. Je demande pour où, pour quoi, et j'apprends qu'il m'emmène à un Lodge. je refuse, puis discute avec le policier qui me laisse partir et je me gare juste après.

Alors que je travaille efficacement sur l'ordinateur en écoutant la radio, un homme vient me questionner et je lui demande qui il est. Il me dit être le gardien.

Je me rends compte que ça a été une bonne/ journée photographique /prolixe, contrairement aux derniers jours.

Je me couche tard, vers 23h30.

 

Samedi 6 novembre 2010

Je lis un peu Nescio puis me masturbe en lisant des histoires.

Je fais un petit tour puis vers l'est à travers un beau paysage montagneux. Je crains d'être à court de carburant mais trouve enfin une pompe. A Mont???,  je m'aperçois que je n'ai pas pris la route centrale qui allait vers la capitale, car ce n'est pas la principale. Alors, je continue jusqu'à Quthing, la ville la plus au sud du pays. Je m'arrête photographier un panneau sur le sida et commande des côtelettes de porc avec de la pâte de maïs et des feuilles de manioc. Je vais en haut du village, avec des bâtiments coloniaux, puis retourne en bas, où des adolescentes m'abordent, et une me suit un peu dans ma balade.

Je pars vers la capitale, fais un tour à Morija. Alors que je fais une photo, un homme m'aborde, me parle d'un lodge tenu par une Française, Brigitte, ce qui me fait le laisser poursuivre. Il me parle de me montrer le village, de rester plus longtemps ici, d'amitié. Je lui dis de ne pas confondre travail et amitié. Je lui dis qu'il voudra de la monnaie. Il me dit qu'on paie ce qu'on veut, qu'il ne demande pas une somme, ça ne se passe pas comme ça. Lorsque je me prépare à démarrer, il me demande des sweets, 10 rands. Je rigole en lui disant que deux minutes avant, il disait qu'il ne demandait pas une somme de monnaie. Il me dit que ce n'est pas la même chose...

J'ai de la difficulté à trouver le centre de Maseru, m'arrête près du marché que je parcours, me repère et m'y gare, fais un tour au crépuscule puis tente en vain de me connecter à internet. Je suis fatigué et dors longtemps..

 

Dimanche 7 novembre

Je fais un tour dans le centre puis vers le marché, et vais traverser la frontière, ce qui prend un peu de temps car il y a beaucoup de gens.

Je vais à Bloemfontein, capitale judiciaire de l'Afrique du Sud et capitale de la province Free State. Elle me rappelle un peu Brasilia, d'autant plus que c'est aussi un dimanche. Dans un grand centre commercial, je cherche en vain la glace que je voudrais et dans une boutique tenue par des Chinois, je prends une glace au toffee que j'apprécie. Je vais vers Kimberley, où il y a un grand trou minier près du centre. Il y a un mélange de bâtiments anciens et récents. Je ne rentre pas dans une sympathique boulangerie à cause d'un mendiant et achète un cône glacé à travers la grille d'une autre boutique beaucoup moins sympathique. Je vais vers le musée du trou, et en faisant des photos sur le parking, je vois que l'entrée se fait par un tunnel sous la route. Un gardien me dit que c'est fermé mais que je peux aller autour du musée. C'est une reconstitution de la ville ancienne, très bien faite et qui me rappelle le musée que j'avais visité à Ottawa avec Luc-Laurent. Je pars pour m'arrêter au crépuscule dans une petite ville près d'une église.

 

Lundi 8 novembre

Je fais un tour puis pars, fais un tour à Wolmaransstad, petite ville sans intérêt. En partant, je ne trouve plus mon téléphone et il m'a semblé entendre un bruit métallique lorsque j'étais sorti du van. Je reviens vite, ne vois rien, regarde mieux dans le van et le retrouve coincé dans le siège passager. A Bloemhof, je suis tenté par des côtelettes qui grillent mais ça prendrait du temps et j'achète la même glace au toffee que la veille mais elle est moins bonne. J'achète des pommes, une citrouille, des biscottes et un cône glacé. Je fais un tour à Klerksdorp, ville plus grande où je profite de la fraîcheur et des toilettes d'un grand centre commercial. Puis à Potchefstroom, je commande une côtelette qu'ils réchauffent et des patates frites à emporter, que je ne parviens pas à finir immédiatement tellement c'est gras, Je cherche le chemin de Sun City, et alors que je ne suis qu'à 87 km de Soweto, tourne dans un chemin en terre où je dois m'arrêter car pour la première fois depuis que j'ai le van, le témoin du radiateur s'allume. J'ajoute du liquide de refroidissement dont le niveau n'est pourtant pas si bas. J'arrive dans la nuit à Sun City où il y a un péage de 45 rand par personne à l'entrée. Je m'enfonce dans les allées et trouve un parking vite où j'ouvre les portes pour rafraichir le van avant de me coucher vite.

Je me réveille à 1h et demie, me masturbe en lisant une histoire mais ne parviens guère à travailler sur L'ordinateur. À 3h, j'essaie de me rendormir lorsqu'une voiture s'approche. Je ferme vite les derniers rideaux et des lampes sont braquées vers moi avant qu'ils ne repartent.

 

 

Mardi 9 novembre

Je me réveille avec un ciel gris peu en adéquation avec le nom de la ville, et me prélasse encore jusqu'à 6h et demie.

Il pleut et je prends le parapluie. Je me promène vers le golf, y vois des singe courir et sauter sur les rochers pour traverser l'eau. J'arrive vers le palace, y entre, puis retourne au van. La ville m'angoisse avec ses barrières, son luxe, et je pars vers Pretoria. Je prends plus de précautions pour cacher mes affaires précieuses. Je suis près de Church Square, la place centrale avec quelques bâtiments anciens. Il se met à pleuvoir et je vais dans une boutique où je commande une côtelette avec des patates frites que je mange sur place. C'est pire que la veille: la viande est du carton desséchée par la cuisson et les patates sont écœurantes, trop salées. Je vais jusque dans la gare, puis il repleut et je passe dans un jardin où je songe retourner chercher le parapluie, d'autant plus que je me rends compte sur la carte que je suis garé dans la zone réputée dangereuse, mais ça cesse. Je me promène encore, puis retourne vers Church Square, et au van où je prends le chemin de Johannesburg. Je me pers en évitant le péage autoroutier, et un jeune homme à qui je demande le chemin me demande de l'y emmener. J'ai un peu peur, surtout qu'il a une petite sacoche. Je lui dis que des amis m'attendent à la gare jusqu'où il me guide et je trouve des places gratuites, sors pour me repérer et prépare une soupe de nouilles avec des oignons, que je ne parviens pas à finir avent de me coucher.

 

Mercredi 10 novembre

Rêvant de météo, de mois d'avril froid à Paris, je me réveille à 3h car j'ai froid. Je m'habille, tente en vain de me connecter à internet et rattrape trois jours de récit, difficilement car je suis toujours en petite forme, avec la toux qui reprend.

Il fait soleil à l'aube alors je ne traine pas trop. Mais il ne fait pas chaud alors je vais vers un parc pour recevoir plus de soleil, et monte ensuite vers la colline constitutionnelle après avoir acheté un cône glacé. Il y a des nuages et du vent alors je retourne au van mettre mon pullover noir à capuche, puis vais vers le quartier de Newton. En rentrant, je trouve un joli square avec des sculptures contemporaines qui n'est pas dans le guide.

Je cherche le chemin de Soweto. Un policier m'arrête puis me montre le chemin, J'y arrive après m'être fait arrêter par un autre policier et vois surtout un quartier résidentiel avec des maisons basses, rénové.

Je reprends l'autoroute vers l'est et parviens difficilement à trouver mon chemin.

Sur l'autoroute, je suis arrêté par une policière qui voudrait me faire payer une amande, peut-être pour mon rétroviseur, et je lui demande le chemin. Je quitte l'autoroute lorsque je vois Bethal mais ne l'atteins j'amais: c'est trop loin au sud et je m'oriente avec le Soleil derrière et m'arrête au crépuscule à Carolina dans un supermarché où je prends du chocolat mais pas le filet d'oranges car la vendeuse ne trouve pas le prix, puis dans un autre supermarché où je prends des chips allégés en sel et deux paquets de gâteaux. Je me fais encore arrêter par un policier puis prends la route de la frontière dans le brouillard puis la pluie.

A la frontière du Swaziland, la douanière donne à deux Italiens et à moi une couverture pour le passeport puis demande 20 rands. L'Italien en prend un en disant que c'est pour lui et que c'est l'autre qui paie. Je dis que c'est la combinazione. Je vais à la capitale par une autoroute éclairée, tourne pour trouver internet et me couche.

 

Jeudi 11 novembre

J'ai une douleur stomacale. Je vais faire un tour alors que le Soleil frappe le van. Des nuages le cachent et j'ai un peu froid. Je retourne au van mettre mon pullover et rechier. Le pneu arrière gauche est crevé. Je demande à un homme qui me conduit à un réparateur proche puis m'indique le chemin de l'ambassade du Mozambique. J'ai le tort de demander à un autre sur le chemin qui me fait aller vers l'ambassade d'Afrique du sud et je dois repartir. Là, je rencontre trois Canadiens blonds de Vancouver. Je vais avec eux à la banque payer 85 rands de visa, car ils seraient intéressés par partir avec moi si j'y allais maintenant. Nous montons sur la plateforme d'un pick up d'une connaissance à eux. La fille parle français, a étudié le journalisme et aimerait étudier les droits de l'homme. Ils ont passé dix mois en Afrique, deux mois ici où elle a travaillé comme journalisme sur la santé surtout. Je lui parle du sida, du cancer, du 11 septembre. Il fait chaud et je me sens suant. Je n'ai plus envie de partir avec eux, surtout qu'il faudrait que ej range mon van. Ils sont allés la veille à la frontière où le visa coûte 600 rands. Ils sont pressés car l'un d'eux ne vient que pour deux semaines. Il travaillait en Espagne et va travailler ensuite dans une boutique de snow-board en Autriche. Ils attendent leur visa pour 11h et moi pour 14h et je les quitte. Je vais changer de slip car celui-ci me brûle les aines, puis vais au restaurant proche La Casserole qui est recommandé par le guide et dont j'ai vu les bas prix affichés. Je commande au snack du bœuf avec du riz pour 19,50 rands. Il y a aussi de la betterave et c'est bon. Je demande un samossa et la serveuse me dit qu'il fallait le demander avant. Je ne sais pas si ele va me le servir et en attendant, je mange debout car les deux chaises sont prises. Le samossa n'arrive pas et je pars, me repose un peu dans le jardin. Je pourrais y rester longtemps. Je change la roue du van pour ne pas abimer celle-ci, et vais chez le réparateur où ils veulent changer le pneu, me demandent combien j'ai. Je menace de partir. Ils changent finalement la chambre à air et utilisent l'ancienne pour renforcer et je fais diminuer le prix de 120 à 100 rands. Je récupère mon passeport après avoir demandé mon chemin à un conducteur qui me dit être chauffeur de taxi et me colle jusqu'à l'ambassade pour me demander en vain de la monnaie pour une boisson fraîche. Je vais à Manzini, la plus grande ville du pays, où je trouve une place gratuite, fais une ballade, puis suis arrêté par la police qui me dit que je devrais contrôler mon pneu arrière-gauche à la station en face. Je dis que c'est normal, que je l'ai réparé la veille. Je fais quelques kilomètres. C'est vrai que comme hier soir, Le véhicule tire à gauche. Je m'arrête et le pneu est crevé. On m'indique un réparateur à deux kilomètres et demi. A deux kilomètres, je redemande et on me dit qu'il a fermé et de retourner 7 km en arrière. J'y vais mais le pneu fait du bruit. Je change pour le plus mauvais et repars. Un peu plus loin, je m'arrête près d'un homme en voiture. Il me dit que je ne pourrai pas y arriver. Sa roue aussi est crevée et il utilise mes outils pour en changer. Il me propose d'utiliser sa roue mais ses trous sont moins écartés. Alors j'embarque ma roue la plus abimée et mes sacs dans sa voiture. Il me dit être à son compte, avoir deux épouses, une enseignante au village, l'autre à Manzini. On peut avoir autant d'épouses qu'on peut en nourrir et le roi en a treize. Le premier réparateur est fermé, le second ne peut rien faire et l'homme me trouve un pick up chargé de bois qui me prend. L'homme, sympathique, Masu, est enseignant en histoire, géographie, psychologie et directeur d'école et n'a qu'une épouse. Il me trouve un réparateur à Manzini qui me fait acheter une valve pour treize rands et j'ai la chance qu'il ait un pneu de 14 pouces qu'il me met pour 50 rands. Masu m'emmène à la station-service où il me trouve une jeune femme qui m'embarque dans sa voiture avec le pneu sur les genoux pour ne pas la salir. Gema travaille pour une organisation gouvernementale à Manzini. Nous discutons et je ne reconnais plus le paysage. Je crains d'avoir dépassé le van alors qu'on arrive presque chez elle. mais je reconnais un portail et vois mon van alors qu'elle arrive chez elle par le petit chemin proche. Je change la roue, accompagné par un jeune de 19 ans, Lindra, qui me demande comment il peut trouver du travail. Je repars et cherche un village, mais dès que je m'approche de lumières, elles semblent plus éparpillées. Je trouve finalement un croisement près d'un village, dévore deux tiers de la pastèque et me couche.

 

Vendredi 12 novembre

Je rêve que la sœur de Fabienne (mais ce n'est pas sa sœur réelle) nous empêche de copuler chaque fois qu'on s'écarte du groupe pour s'isoler.

Je me réveille avec une belle érection et décide de me masturber en lisant des histoires et regardant des vidéos. J'éjacule densément.

Je fais un petit tour autour du croisement puis un jeune homme veut que je l'emmène dans un village et disparait alors que je range un peu le van. Je fais un plein de carburant, me lave les mains puis m'arrête peu avant la frontière à l'ombre pour faire du rangement et me tondre la barbe. A la frontière du Swaziland, les douanières sont sympathiques. A celle du Mozambique où je vais d'abord à droite mais on roule aussi à gauche ici, trois douaniers me questionnent, dont un en français, avant de laisser rentrer mon van. Je remplis une fiche pour mon van, un désaccord entre deux douaniers me fait reremplir une fiche. J'évite d'utiliser mon carnet de dédouanement et je paie 15 rands. Je retourne au van et des personnes insistent pour que je paie une assurance au tiers, dont je vois une pancarte comme quoi c'est obligatoire. Je vais quand même vers la barrière, parle en français avec un autre douanier et passe. Il fait trop chaud pour que je m'arrête à la ville frontière où je vois deux blancs, et je m'arrête dans un village car sur la place centrale, je vois une propagande sur le sida que je veux photographier. Il y a un marché actif et j'achète un chapeau avec un couvre-chef en filet qui me tiendra moins chaud. J'évite la route principale avec péage vers Maputo, surtout que je n'ai pas de monnaie locale, puis découvre que je suis dans la rue qui m'emmène vers le port où je veux me garer afin de trouver les firmes pour envoyer mon van. Je trouve une place un peu à l'ombre d'arbres et découvre que j'ai une connexion internet. Je reste plus de deux heures, à discuter avec Agata et Luc-Laurent, répondre à des mails, et arrête difficilement pour aller voir les firmes avant leur fermeture. Je demande au Ministère des Transports proche où on m'indique un endroit sur le port où avant d'arriver, le trouve une firme de cargos qui me renseigne un peu mais me dit surtout de revenir lundi, puis ce lieu indiqué où il y a quelques hommes en uniforme de marin mais où ils ne font pas ces transactions. On m'y indique la Place des Travailleurs où je trouve une autre firme où un homme me renseigne en français mais me dit aussi de revenir lundi, puis celle qu'on m'a indiqué mais où on ne fait pas La Réunion mais on m'y indique sur ma carte deux lieux que je ne trouve pas. Maputo est une ville à la fois africaine, portugaise et soviétique, avec non seulement l'architecture mais aussi des noms de rues comme Karl Marx, Friedrich Engels, Lénine, Mao Tse Tung. Il commence à être trop tard, je suis épuisé et assoiffé et retourne au van. Je bois puis  me mets sur internet, contacte des couchsurfeurs de Maputo. Je reçois une réponse de Dalila qui me dit qu'elle passera à mon van. Je fatigue et me couche, écoutant RFI, puis je bande et reprends l'ordinateur pour me masturber: Agata m'a excité à me raconter qu'elle voudrait une grosse bite comme la mienne, du sexe fort et être passive, mais un couple s'appuie sur mon van pour s'embrasser. Des policiers arrivent, ça discute et une lampe est braquée vers l'intérieur du van. Je ne réagis pas. L'ordinateur s'éteint. Des policiers braquent encore une lampe dans mon van. Je ne réponds pas lorsqu'on frappe à la vitre et m'endors à plus de deux heures et demi.

 

Samedi 13 novembre

Réveillé vers six heures, j'essaie en vain d'allumer l'ordinateur et me connecte avec mon smartphone lorsque je suis habillé et sorti du van car de l'intérieur, il se connecte mal. Kristie, une États-Unienne blonde de 38 ans qui travaille dans la santé et qui est la première à qui j'ai écrit, me répond que je peux passer chez elle cet après-midi. J'accepte. Je prépare le van et moi-même pour que nous soyons plus présentables. Des travailleurs viennent me parler. Je fais un tour, retire de la monnaie, passe à au centre culturel franco-mozambicain qu'une femme parmi les travailleurs m'avait indiqué  et que je découvre aussi sur la carte, vais vers la bibliothèque, m'assois un peu regarder une émission sur TV5 sur la vie sur Titan, puis retourne au van. Un policier m'arrête, contrôle mon passeport puis mes photos et dit que j'ai photographié une banque et que je vais devoir le suivre au poste/ Je dis d'accord, puis que je n'ai pas photographié de banque, juste fait des photos artistiques. Il me rend mon passeport, me demande de la monnaie pour une boisson fraîche et je lui dis que je n'en ai pas, lui serre la main et pars. Un gars reste près du van. Je n'ai plus assez d'électricité pour démarrer. Nous poussons le van en vain. Je fais demi-tour car ça me semble plus en pente dans l'autre sens et un autre homme pousse aussi et je démarre, et donne 20 rands du Swaziland. Je cherche en vain le supermarché que j'ai cru voir la veille, tourne beaucoup, au bord de la mer, à l'intérieur, demande à une femme puis un petit homme qui monte dans le van car il me dit qu'il va dans la même direction. En fait c'est loin et hier, j'ai dû confondre avec une publicité. J'ai déjà fait 20 km et je prends le risque de couper le moteur. L'homme me suit jusques dans le magasin et lorsque je lui demande pourquoi, il dit pour m'aider, et je décline l'offre. J'achète des fruits et légumes, deux bouteilles de vin, trois tablettes de chocolat, des boîtes de poisson et d'haricots, dépensant plus de la moitié de la monnaie que je suis parvenu à retirer. Je démarre bien, me guide au Soleil et m'engage dans une route où il y a un embouteillage, fais vite demi-tour car il est 16h15 et Kristie m'a dit entre 14h et 17h? Je tombe sur la mer que je relonge, cette fois-ci en trouvant le night-club Coconuts où elle m'a écrit habiter la maison derrière. Je cherche un peu, trouve et le jardin me laisse entrer dans le jardin de la grande maison. Kristie m'accueille, mes rêveries érotiques s'effondrent un peu. Elle a la légère obésité et la peau de la mauvaise alimentation. Je lui propose du chocolat, du vin, et elle choisit une tablette, car elle ne peut résister au chocolat comme moi, mais n'en mange pas alors que c'était pour tout de suite. Nous discutons un peu de voyages sur les sofas et elle me montre sa salle de bain où je prends une douche, redescends pendant qu'elle fait ses rangements. Je l'attends en écoutant Amélie Nothomb sur sa correspondance sur RFI. Puis nous discutons de son travail et autres choses. Elle part bientôt dormir chez des amis car le gouvernement des USA pour lequel elle travaille lui interdit de dormir dans sa nouvelle maison tant que ne sont pas installées des barreaux aux fenêtres, et ce sera lundi. Je rentre mon van à la place de la voiture qu'elle prend, immatriculée Corps Diplomatique, puis le nouveau gardien, qui parle moins anglais que e premier et semble homosexuel, porte avec moi la table près de la prise électrique à l'extérieur où je m'installe, cherche en vain à me connecter à internet et écris jusques dans la nuit, harcelé par des moustiques.

 

Dimanche 14 novembre

Il y a eu de la "musique" toute la nuit au Coconuts. Je mange un peu des fruits et légumes dans le van puis vais écrire alors qu'il y a un changement de gardien. Le ciel est gris et il pluviote un peu. Je pars chercher le café Sol où Kristie doit aller avec une couchsurfeuse. Je les trouve alors que je viens de le dépasser en mésinterprétant la flèche d'un panneau le signalant. La couchsurfeuse est une Hongroise vivant à Amsterdam, avec la main gauche atrophiée, et qui étudie l'économétrie. Dans cette cafétéria chic où il n'y a presque que des Blancs, nous sommes rejoints par une jeune femme qui travaille pour le Center of Disease Control, sur le sida. Elle me dit qu'il y a assez de preuves que le VIH cause le sida, comme la cigarette le cancer, que Peter Duesberg est fou ("crazy"). Je n'insiste pas sur tous les autres. Elle dit à Kristie que la circoncision explique la transmission élevée. J'aurais dû dire que les musulmans, arabes ou autres, devraient être beaucoup atteints alors. Elle part avant les autres. Je reste pour me connecter à internet car il y a la wifi. Dalila et une autre couchsurfeuse m'ont répondu.

Je pars après 17h de la cafétéria car j'en ai marre et que je veux éviter la nuit. Arrivé dans le jardin, je renomme des photos puis les moustiques du crépuscule me contraignent à m'enfermer à 19h dans le van, malheureusement suivi par quelques moustiques. Je m'ennuie un peu et allume l'ordinateur le temps de me masturber en lisant une histoire que j'avais trouvée sur internet.

 

Lundi 15 novembre

Réveillé vers 4h et demie, je mange et me masturbe encore, un peu à cause du stress. Puis vers 7h et demie, je fais la tournée des compagnies de transport de fret. Maersk me ne fait pas La Réunion et me fait un devis de 2900 dollars vers Madagascar. J'aurai la réponse de Mocargo demain et chez SDV, un Français pressé me dit que ça me coûtera cher, environ 1800 dollars en passant par Singapour, et de revenir après-demain après-midi.

Je vais au centre culturel français où j'ai rendez-vous avec une couchsurfeuse à 13h. Elle m'appelle juste avant pour me demander où je suis mais je ne la vois pas arriver. Je me repose, les jambes douloureuses, somnole, et à 15h arrive Herrica, une couchsurfeuse qui n'est pas parvenue à mettre sa photo sur son profil. Elle parle parfaitement français car son père est français, étudie, travaille comme manucure, et dans une radio, et comme modèle photo. Elle me dit qu'elle est viciée, peut faire 2000 photos un jour, et 2000 le lendemain. Elle me dit qu'elle va devoir travailler à la radio, qu'on vient la chercher, me demande de l'accompagner dans une boutique et un jeune homme blanc arrive avec qui elle va dans la boutique du centre culturel. Je retourne me connecter là où j'avais été garé. Bizarrement, Dalila ne m'a pas trouvé au centre culturel et Diana a. Cherché en vain à 8h30 mon van au même lieu. Je rentre par l'intérieur. En traversant une rue, je croise une jeune femme blanche qui me regarde et me trouble. J'arrive au crépuscule, mange des oranges et m'enferme à cause des moustiques car ça me démange déjà.

 

Mardi 16 novembre

Après une nuit très perturbée par les moustiques (j'aurais dû mettre la moustiquaire), je me lève assez tard, vers 6h et demie, mais il n'y a pas d'électricité pour que je travaille sur l'ordinateur. Alors je m'occupe du van, et à 8h et quart on me dit que l'électricité est revenue. Après avoir fini mes sauvegardes, je pars pour me garer là où j'avais internet. Je suis étonné de faire 7 kilomètres et demi, ce qui indique que j'ai marché une vingtaine de kilomètres hier avec tout mon barda.

Je vais à la bibliothèque du centre culturel français, feuillette des magazines, puis à la fermeture entre 13h et 14h, je vais voir les firmes de fret; Je m'achète une vingtaine de petits beignets pour 20 ???, comme hier une trentaine. Le vendeur dort toujours lorsque j'arrive.

L'après-midi, après avoir feuilleté des magazines Photo qui m'écœurent par leur aspect putassier, je trouve des livres que j'utilise pour écrire mon livre.

A la fermeture à 19h, je vais assister à un concert d'une chanteuse française à l'accordéon avec un guitariste, en mangeant mes derniers beignets et une orange, puis rentre au van en mangeant toute une tablette de chocolat aux noisettes, amandes et raisins. Près du van, il y a toute une flopée de prostituées en mini-minijupe dont une m'accroche le bras. Je tue quelques moustiques avant de me coucher. La police vient me visiter mais je ne réponds pas.

 

Mercredi 17 novembre

Je me réveille sous la pluie avant 6h, ce qui est une bonne chose contre la chaleur. Comme je ne parviens pas à charger mon téléphone, j'allume l'ordinateur pour me connecter à internet, réponds à un mail de Fabienne et me masturbe en lisant une nouvelle histoire. Luc-Laurent est connecté sur Skype. Comme j'ai du temps, je me cuits une soupe de nouilles avec deux gros oignons, en ajoutant de l'huile d'olive bio.

J'arrive au centre culturel français avant l'ouverture de la bibliothèque à 10h. Je continue à travailler jusqu'à 13h, passe au van me connecter à internet et, fatigué, repars difficilement aux deux firmes où je vais depuis vendredi, en vain; puis dans la firme de Bolloré, où le Français Guénolé et son collègue m"offrent un café et me conseillent d'envoyer mon van depuis Durban sans container, en me donnant deux contacts. Je retourne au centre culturel et parle à la Française que je voyais souvent, lui explique mon cas et elle me dit que je peux me connecter avec le câble éthernet entre deux ordinateurs. Je n'y parviens pas, la bibliothécaire vient me dire que c'est interdit et je dis que la femme m'a autorisé. J'allume un des ordinateurs et y obtiens une connexion lente. Une couchsurfeuse mozambicaine vient me parler. Elle travaille dans un centre d'appel et étudie la traduction. Elle a faim mais je préfère rester ici, à envoyer quelques messages pour les bateaux et travailler jusqu'à la fermeture. Je rentre et m'endors vite.
Soudain, j'ai l'impression qu'un rodeur touche le véhicule. Je m'aperçois que c'est le vent qui projette de nombreux détritus sur le van. À minuit puis une heure, la police vient inspecter avec une lampe et taper. Je me cache sous le drap et ne réponds pas. Je répare un chargeur pour mon smartphone et écouter la radio puis continue à lire Le Tour du Monde à Vélo. À 4h et demie, à l'aube, je me rendors jusqu'à sept heures et demie.

 

Jeudi 18 novembre 2010

Il refait soleil aujourd'hui. Sur le smartphone, je vois deux mails d'un des contacts aue m'a donné Guénolé mais ne peux lire l'image. Je lis aussi un mail de Fabienne où elle me dit qu'elle m'a envoyé beaucoup de textos cette nuit mais j'ai encore égaré l'autre téléphone. Je me masturbe en relisant une bonne histoire sur internet.

Je retourne aux deux firmes de vendredi. À la première, José Antonio me donnera une réponse avant midi, mais que vers Madagascar. Pour la seconde, j'attends en écrivant puis pars pour la bibliothèque qui est fermée temporairement, et j'attends sur les marches avec l'ordinateur.

J'ai reçu une réponse et je crois que je dois retourner à Durban pour envoyer mon van hors container, mais il n'y a peut-être pas de bateau avant le 6 décembre.

J'hésite à partir maintenant où demain et ma décision prise, je vais dans un restaurant manger du poisson avec du riz et du céleris avant de retourner à la bibliothèque.

Je passe un peu trop de temps sur internet puis lis un livre sur Duchamp et le dadaïsme. Marrant, son obsession sexuelle, sa propension aux jeux de mots et son refus de la monogamie et d'avoir un enfant... Puis je feuillette des magazines Photo: Depardon qui parcourt seul 70.000 km en camping-car pour photographier la France, les Michaud qui ont 80 ans et qui depuis 50 ans vivent de leurs photos de voyage...

Je rentre en mangeant le même chocolat acheté aux même magasin puis en étant sollicité par les prostituées.

 

Vendredi 19 novembre 2010

Je me réveille assez tard, retrouve mon téléphone et pars à 7h sous la pluie. A Matola, en attendant l'ouverture du supermarché Spar, un jeune homme me parle et me dis que je peux passer par la route directe vers l'Afrique du Sud, sans repasser par le Swaziland, alors qu'il faut un tout-terrain selon le guide. Je repasse par Boane, où je photographie le restaurant alors que la chaleur à l'aller m'avait dissuadé de m'arrêter, puis je prends la bifurcation vers la route en terre. Arrivé après un barrage policier à Salamanga, je fais réparer ma roue de secours. Le réparateur me dit que je ne pourrai pas passer car c'est humide. Comme quoi, le van serait à l'opposé de ma bite. Je vois un groupe de Blancs avec appareil photo puis pour la première fois une famille d'éléphants chez eux. Je m'approche lorsque les gens sont partis, mais les éléphants se sont éloignés. Il y a aussi plusieurs fois des singes. La route devient sablonneuse et il y a des chemins parallèles entre lesquels j'hésite. Je fais un mauvais choix et m'enlise. Avec la pelle, je me dégage plusieurs fois en allant vers l'arrière, bientôt torse nu. Trois minibus passent, puis un camion qui s'arrête et repart. Finalement, d'un dernier minibus Toyota Hiace à quatre roues motrices, le conducteur me demande si j'ai un câble. La seconde boucle métallique de mon câble casse et il fait un nœud et parvient à me tirer et me demande de le suivre. C'est beaucoup plus facile. Je trouve m^me qu'il va parfois trop lentement alors que j'irais plus vite pour ne pas risquer de m'enliser. J'arrive à la frontière où du côté de l'Afrique du Sud, la douanière me fait abandonner aux douaniers mozambicains mes derniers oignons, les fruits achetés à un gamin sur la route en terre et les poires de Spar. La route est toute neuve. J'arrive dans une petite ville où je fais un tour et vais à Spar refaire des achats alimentaires. Je continue. Les gens ont l'air particulièrement gais dans la région. On me signale que mon pneu avant-gauche est à plat et je m'arrête changer la roue plus loin. J'aimerais atteindre la mer et suis Sodwana Bay. Ne trouvant pas l'accès indiqué par un homme, je prends un petit chemin sablonneux où je questionne un homme ivre qui monte dans le van et me parle d'une barrière au bout de la route. Effectivement, il y a une barrière et un péage, et après il faut revenir. Alors je retourne au village. Fatigué mais tendu, je me masturbe en lisant une histoire. Quelqu'un essaie d'ouvrir les portes et je m'endors.

 

Samedi 20 novembre 2010

Je suis réveillé par quelqu'un qui essaie d'ouvrir les portes, à qui je dis de partir et qui me parle. Je ne sais pas si c'est une femme qui dit "Baby". Je n'en suis certain que lorsqu'elle s'éloigne. Il est trois heures et demie. Je vais devant en slip sur l'ordinateur et elle revient me harceler pendant une demi-heure, ivre, essayant d'ouvrir en vain et me répétant d'ouvrir sans parvenir à argumenter. Elle part finalement en me disant qu'on se voit demain et c'est l'aube.

Je fais quelques rangements sous le ciel gris puis prends la route. Je ne parviens à m'arrêter à Hluhluwe puis le Soleil apparaît avant que je fasse un tour à Mtubatuba. Le pneu avant-gauche me semble dégonflé et le volant vibre. Je vais à Sant Lucia. Sur un pont, je vois des gens qui regardent en contrebas. Je m'arrête, crois voir une tête en m'approchant, mais le temps de chercher mon appareil photo, j'ai perdu la tête. Des gamins me montrent un crocodile endormi dans l'eau. J'arrive au village, cherche la mer. Je marche le sur un chemin de planches le long de la baie et vois des hippopotames dans l'eau. Après qu'un autre soit allé dans l'eau, je vois des crocodiles, dont l'un est sur une photo sans que je l'ai vue. Je marche vers la mer marron, sur la plage déserte et très venteuse, puis retourne vers la baie où il y a des pêcheurs. Je retourne voir les crocodiles immobiles et les hippopotames qui restent très longtemps sous l'eau. Ils me font rire, laids avec leurs yeux au-dessus de la tête comme certains poissons. Il y a des gens sous un arbre qui regardent un animal vert. Je pense à un caméléon ou un lézard. Ils regardent plusieurs minutes et je ne vois jamais rien en me mettant près d'eux et suivant leur regard. J'ai l'impression d'être dans l'histoire du roi nu. Un homme, à qui je dis que je suis daltonien, le photographie avec mon appareil est je vois que c'est un serpent. Je le vois enfin plus tard. En partant, je préfère m'arrêter dans un garage où je fais réparer une chambre à air. Des policiers m'arrêtent et me disent que ma voiture ne devrait pas rouler, me demandent ce que je mange, me trouvent étrange... J'arrive dans une ville où je fais une ballade et achète deux brochettes. Plus tard, j'arrive enfin à rejoindre une plage où je me baigne dans une sorte de piscine protégée des vagues. Un peu plus loin, j'arrive à me garer près d'une plage et me tonds la tête, mais la puissance vertigineuse des vagues m'empêche de me baigner. Je trempe mes mains pour rincer ma tête. Je chante à tue-tête "Nous ne faisons que passer entre l'ombre et la lumière. Nous ne faisons que traverser les océans, les déserts.".  Je fais un tour dans une cité moderne près de la mer, une odeur me fait acheter des patates frites chez KFC et j'arrive à Durban où je tourne encore sans trouver l'Alliance française. Je m'arrête boire un peu de la liqueur africaine au goût de Bayleys, tourne encore. Des prostituées qui me voient repasser m'interpellent. Je vois enfin le parc près de l'Alliance française vers 21h20, me gare et ne parviens pas à me connecter à internet. Je me couche épuisé.

 

Dimanche 21 novembre 2010

Réveillé vers 5h, je parviens à me connecter avec mon smartphone et me masturbe en lisant des histoires. Le Soleil rend vite la chaleur insupportable. Je me réfugie d'abord dans le bas du van que je dégage, puis m'habille et sors pour décider de me garer de l'autre côté de la rue, à l'ombre des arbres du parc. J'ai une bosse sur la tête, probablement à cause d'un insecte. J'écris sur l'ordinateur car je ne parviens pas à charger le smartphone, mais ne parviens plus à me connecter. Il fait moins soleil, je parviens à charger le téléphone mais j'ai décidé d'aller chez Amis. Je me gare juste devant et monte. Il y a Amis et Célestin, qui suivait mon parcours et m'avait envoyé un message. Ils allaient prendre le petit déjeuner et je mange de l'omelette avec du pain et bois une boisson africaine épaisse avec du sorgho et de l'ananas. Je suis exténué. Je vais chercher avec Célestin mon ordinateur et des vêtements que je lave en même temps que lui dans la salle de bain, et nous les étendons sur le toit. Les autres vont à un truc musulman. Célestin prépare à manger: riz, haricots rouges et viande. Nous regardons des films avec Jackie Chan. Autour du Monde en 80 jours, avec Cécile de France, me rend larmoyant. C'est le manque affectif.

Le soir, il y a trop à manger et je suis ensommeillé. Je vais dormir sur le lit alors que les autres regardent le football.

 

Lundi 22 novembre 2010

Je me réveille vers 4h, un peu déprimé car je ne peux pas faire grand chose coincé contre le mur. Finalement, je vais sur l'ordinateur, écris.

J'accompagne Amis et Célestin qui installent le stand de vente de sacs, puis Célestin m'accompagne à la lointaine firme de transport par bateau, puis à l'Alliance française où il doit faire traduire un diplôme. Je me repose dans le parc pendant la fermeture de 12h30 à 14h, puis pendant les 4h d'ouverture, je lutte contre les problèmes informatiques, ne parvenant à me connecter que quelques minutes, échangeant quelques phrases avec Agata mais échouant à envoyer le mail que j'avais préparé pour Fabienne. Pendant ce temps, Célestin discute avec un Sud-Africain aux cheveux teints en blond et aux parents grec et espagnol. Comme pour un gars qui nous a montré chemin vers l'Alliance et un personnage avec un fichu sur la tête (qu(il comparait aux bikers), il ne voit pas que c'est un homosexuel. Nous rentrons sous une pluie fine et je mange du beurre de cacahuète et du poisson avec du pain.

 

Mardi 23 novembre 2010

Je me lève à 5h et écoute et classe de la musique, découvrant Jamil et ses chansons rigolotes, surtout Je pète au lit. Je vais vers l'Alliance française, N'ayant mangé qu'une pomme et une orange, après avoir vu des conducteurs de bus manger une assiette dans le minibus, je suis un homme avec une assiette vide jusques sous une tente où je mange une bonne assiettée de légumes et viande. Après, je reconnais l'immeuble des gens de La Réunion que j'avais visités il y a quelques semaines et où on m'avait promis de m'informer. L'accueil est toujours sympathique et on me dit qu'on va m'envoyer un mail dans l'après-midi.

Je me connecte miraculeusement et fais ce que j'ai à faire sur l'ordinateur, en conversant pas mal avec Agata.

A la fermeture du midi, on m'oublie bizarrement à l'intérieur. Comme je l'écris à Agata, excité, je vais aux toilettes après avoir commencé à lire des histoires sur le smartphone, finir en éjaculant puissamment dans la cuvette. Dans la journée, il y a quelques étudiantes qui viennent passer un examen de français. Je parle à la première. Je contacte plusieurs couchsurfeuses au profil intéressant, à la face aussi souvent; dont une à qui je crois avoir parlé il y a plusieurs semaines en cherchant un bateau pour mon van. Je pars à la fermeture sous la pluie, achète du pain et du chocolat. Rentré, je m'aperçois que la couchsurfeuse que je crois avoir rencontré, Katherine, m'a répondu sans que je le vois avant de partir.

 

Mercredi 24 novembre

Je me réveille en bandant, me lève le premier, vais sur l'ordinateur. En partant, j'essaie en vain d'activer une carte téléphonique locale dans les boutiques mais il est trop tôt. Après avoir fait le tour des gargotes mais de la station de minibus, où je suis plutôt mal accueilli et où on me demande 25 rands pour l'assiette, je retourne à celle de la veille où je demande du riz à la place de leur pâtée africaine. Puis je passe la journée sur le fauteuil et sur internet. Je converse avec une Sud-Africaine qui donne des cours de français ici et part avec son mari en vacances à La Réunion, qui est paradisiaque pour elle. La France leur a imposé d'aller à Johannesburg pour obtenir le visa. Et le soir, je revois Aurélie qui prend l'avion du 12, peut-être comme moi. Je pars à presque 19h, et arrive affamé, enchaînant les tartines de beurre de cacahuète avant que n'arrive la pâtée avec du poulet. Je me couche et m'endors juste après.

 

Jeudi 25 novembre

Je vais à ma cantine où je varie avec des haricots et une saucisse, et vais sur internet jusqu'à ce que cela coupe et la directrice me demande en vain de réparer. Cette interruption me permet de travailler sur mes deux projets de livres. Puis je retourne sur internet et rentre, mange des tartines de beurre de cacahuète. Je suis ensommeillé lors qu'arrive le dîner. Je ne mange pas de la pâtée mais que du poulet, et rit en regardant Mr Bean devant lequel je m'endors quand même.

 

Vendredi 26 novembre

Je prends ma copieuse assiettée à ma "cantine" puis vais sur internet. Après le déjeuner, la directrice me découvre étonnée et me dit que c'est fermé, et que j'étais enfermée. Je vais alors sur la pelouse du parc voisin et profite de la connexion internet pour lire des histoires en me masturbant caché par mes sacs et éjacule dans l'herbe. Je marche vers la plage autorisée à la baignade. Je suis le plus dénudé dans les vagues puissantes. Je me douche pour éviter les irritations de l'aine avec ce slip, m'achète une glace et vais au supermarché acheter oranges, pommes, bananes, beurre de cacahuète, petits pains, chocolat soi-disant suisse mais pas bon. Mes camarades ne sont pas dans l'appartement alors je passe par la fenêtre de la cuisine. Le voisin de la chambre voisine sort bientôt et me montre après qu'il avait pris une planche car il croyait à un voleur. Célestin et Amis arrivent bientôt. La télévision sud africaine est bien mauvaise et je demande une vidéo. C'est un film de Jackie Chan, très violent, et nous mangeons du riz avec du poisson. Le disque enchaîne sur Autour du monde en 80 jours que Célestin regarde comme s'il ne l'avait pas vu il y a quelques jours, et je vais me coucher.

 

Samedi 27 novembre

Je me lève en premier et en érection. Alors que je pensais descendre au van, je préfère rester dans l'appartement. Il y a un colocataire gardien de nuit qui est aussi là. Je me masturbe en lisant des histoires, éjacule densément, puis lis un peu du récit ou roman que j'avais écrit il y a plus de vingt ans, Les Pupilles dilatées, et suis étonné de ne pas trouver ça trop mauvais. Ensuite, je lis du Nescio puis de La Déliée. Elle me manque. Je pleure un peu. Je lis. Je bande. Je ne sais pas quoi faire, mets de la musique, cherche Debussy, trouve Satie, continue à lire. "La mère qui me préfère fauchée et désarmée, n’accepte pas de me voir libre et heureuse". Une histoire de suicide d'adolescentes me fait penser au début des Frères Karamazov et je vais sur mon anthologie sur laquelle je commence à travailler. Le colocataire m'invite à partager son repas de pâte de maïs ou de manioc, avec des bouts de viande, en regardant des clips de mauvaise musique, puis c'est le football avec de plus en plus de voisins qui arrivent. Nous mangeons du riz avec des haricots et des pilchards, et je me couche tard.

 

Dimanche 28 novembre 2010

Je continue à travailler sur mon site. Célestin et moi allons sur internet et je n'ai qu'un message d'une couchsurfeuse, puis je vais prendre des vêtements et les disques durs dans le van, dont nous dépoussiérons la cabine. Nous lavons mes vêtements, puis je commence à manger avec le colocataire, et finis avec Célestin et Amis. Je vais étendre mon linge sur le toit, travaille sur le lit tandis que Célestin dort. Au dîner que je mange dans la chambre avec deux gamins frère et sœur, le frère me harcèle à vouloir écouter du Michael Jackson puis appuie sur les touches de l'ordi, me lance des nouilles.

 

Lundi 29 novembre 2010

Le linge sur le toit est humide, certaines pièces sont tombées dans des flaques. Comme la météo est pluvieuse, Amis et Célestin partent plus tard vers le stand. Je vais à ma cantine, puis sur internet qui fonctionne mal. J'attends des précisions pour le bateau, ça me stresse. Je discute avec deux adopteuses de mec. A l'Alliance française, il y a une réunion avec les résidents français. Ils parlent de suicides.

Je rentre, mange des fruits. Le gamin me harcèle. Je mange un peu de pâte avec de la viande avec eux et me couche. Alors qu'ils vont regarder le football, je m'endors habillé.

 

Mardi 30 novembre 2010

Je me réveille avant l'aube et gamberge, puis je me lève, mange une orange et me masturbe un peu en lisant des histoires.

Je vais vers le centre culturel bien habillé et assez stressé. Je vais à ma cantine où la dame me propose de changer, avec un riz jaune et de la viande très osseuse. C'est plus onéreux et moins copieux. J'ai des échanges de messages pour l'envoi de mon van, et avec des adopteuses. Gulshan de l'Alliance française m'écrit pour la journée de demain sur le sida et me téléphoner. Comme je soupçonne depuis le début que c'est la bibliothécaire indienne, je vais lui parler. Elle va parler à Sara et lui dire: "Tu sais qui c'est Luca?" Après elle me rejoint sur les fauteuils et je lui expose les choses.

Je rentre plus tôt, vais au supermarché Spar acheter pommes, bananes, oranges, pain et chocolat. C'est le voisin de chambre qui me fait rentrer car il n'y a personne. Je mange un peu lorsque Célestin arrive. Je regarde Sida, le doute pour sélectionner des passages. Je me tonds, me douche et mange un peu du riz avec eux, sans toucher au poisson, puis me couche.

 

Mercredi 1er décembre 2010

Je me réveille encore avant l'aube et somnole, stressé. Je me lève à 5h, me masturbe allongé dans le salon en lisant des histoires et Amis se lève d'un coup et je rentre ma bite dans mon slip en marmonnant "Pardon." Tu ne dors pas?, me demande-t-il. Alors j'écris sur l'ordinateur.

Je mange beaucoup de fruits, me fais conseiller par Célestin pour être chic mais ne suis pas satisfait de son choix. Il dit que ça fait artiste, ce n'est pas ce que je lui demandais. Amis choisit les vêtements de la veille avec lesquels ses amis m'avaient trouvé chic hier soir. Je pars à 7h sans Célestin qui avait manifesté hier le désir de me suivre. Je marche en contournant le port plus d'une dizaine de kilomètres pour arriver chez l'agent. Je suis accueilli par de sympathiques jack russel et je dis à l'Indien qui vient m'ouvrir la porte que je viens de la rue Russell. L'agent Sean n'est pas là. Je lui parle au téléphone et la femme m'indique comment aller chez l'agent de clarification. A force de demander à des passants, je trouve sa rue. C'est un Indien qui appelle la compagnie de bateau et me passe une de mes interlocutrices sur internet à propos des affaires dans le van. L'Indien qui m'a fait rentrer va enfermer quatre ou cinq chiens-loups pour que je puisse ressortir, sans que je puisse reremplir ma bouteille d'eau, faute d'eau au robinet. Je prends un autre chemin, me souviens qu'il me reste du chocolat puis peu après mange aussi une baquette de semoule que je trouve. J'arrive au van à 14h45, les jambes douloureuses, bois, échange mes sacs ventraux contre mon sac à dos et repars après avoir conversé avec le gardien de l'immeuble. Je me connecte difficilement à internet, y découvre que mon intervention est annulée "faute de temps", ce qui ne m'étonne pas. J'arrive néanmoins à répondre à une autre demande de précision d'un autre employé de la compagnie de bateau, puis à un mail de Philippe Pierre qui a été viré d'Artame. Je dois changer de place en éteignant l'ordinateur car ils aménagent l'espace pour la soirée su le sida. Un homme que j'ai vu plusieurs fois s'assied à côté de moi. J'apprends qu'il est ici depuis dix ans à donner des cours de français, et à essayer d'écrire des romans. Mais il se dit découragé car les éditeurs reçoivent 700 romans par mois en France et ils choisissent le thème qui sera à la mode. Avant, c'était les tueurs en série. A moins d'être un grand, c'est difficile d'être publié, à moins d'avoir un bureau d'études pour déterminer ce qui va marcher comme Dan Brown. Il me parle d'énergie, la spintronique, et je lui parle du sida. Il me dit qu'il n'a jamais entendu cela; pourtant il a eu quatre étudiants travaillant sur le sida.

Une dame intervient, présente des guérisseurs. Mon voisin me pousse à intervenir alors je pose des questions sur ce que disent des scientifiques. Elle me répond bien. Après, il y a une pièce de théâtre affligeante où un Africain francophone émigre en Afrique du Sud, copule une fois avec une femme dont on dit qu'elle est séropositive, est lui-même diagnostiqué séropositif, ce qui le fait sangloter, puis sa mère apprend qu'il est mort. Quelle propagande!

Mon voisin disparaît aussitôt et la femme, qui s'occupe de Aids Fondation, vient me parler. Déborah est très ouverte mais ne sait pas tout ce que je lui dis. Elle invoque la PCR sans savoir que Kary Mullis, qui a eu le prix Nobel pour cette découverte, dit que c'est une utilisation frauduleuse pour le sida. Elle dit que les traitements améliorent l'état des gens, et c'est ce qui compte pour elle, mais ça n'empêche pas que les tests ne déterminent pas du tout si on a un virus, mais un état du système immunitaire. Je bois un verre de vin rouge. Je lui parle de Beljanski, de J-P Willem et des médecins aux pieds nus, puis de René Girard, du 11 septembre. Elle me parle des industriels qui paient des études en Grande-Bretagne pour "prouver" que la nourriture bio n'a pas d'intérêt. La directrice nous rejoint et je parle avec elle lorsque Débora parle, en buvant un verre de vin blanc. Elle a travaillé à l'Alliance française de Bombay et j'apprends que les Alliances françaises sont des associations locales alors que les Centres Culturels Français appartiennent à l'Etat. Je rentre dans la nuit, mange avec mes camarades, converse avec un Congolais, me lave car mes pieds sont noirs des 35 km que j'ai parcourus, puis vais me coucher après Amis.

 

Jeudi 2 décembre 2010

Sans doute réveillé par des rêves intenses liés à la veille, je me lève avant 4h et vais sur l'ordinateur. Je pars tôt, avant que Célestin ne soit prêt pour venir avec moi chercher sa traduction de diplôme. Après mon passage à ma "cantine", j'arrive à 8h40. Je demande à la directrice le diplôme de Célestin qu'elle me dit vérifier d'ici 10 minutes. Je ne parviens pas à me connecter à internet avec mon ordinateur. J'utilise mon smartphone pour répondre à des précisions pour le bateau, et à Fabienne. Célestin arrive. Il a son diplôme que je n'ai pas réussi à récupérer en une semaine... Je déprime un peu, n'ayant pas de précisions pour payer le bateau. L'après-midi, j'envoie des mails à mes trois contacts de la compagnie maritime, sans réponse. L'agent m'appelle pour que je sois à la douane demain matin avec le van et me demande si j'ai payé... Je lis une histoire d'amour de lesbiennes qui me rend larmoyant. Je réponds à mes cinq messages d'adopteuses et converse avec une. Je pars sous la pluie, avec un désir du même chocolat noir aux amandes, et prends avec des petits pains durs à l'anis, goût qui m'est lointain, et vais faire un peu de rangement avant de monter. Amis me dit que Célestin a rendez-vous avec Daniela, de la première compagnie maritime que j'ai visitée.

Célestin ne revient pas très tard. Il pensait ne pas revenir de la nuit mais Daniela a été rejointe par son petit ami indien, sur la plage du nord, au KFC.

Nous discutons du sida.

Les autres mangent vite avant de partir veiller un ami dont le père est mort dimanche au Congo. Dans ces cas, on veille deux semaines, on arrête de travailler, on est rejoint pour des veillées, pas comme en Europe ou ici.

Je m'efforce de regarder une comédie, The Looser, et m'endors habillé sur le lit du colocataire. Réveillé, j'enlève ma chemise humectée de ma sueur. Puis je me réveille vers 4h, stressé, fatigué, me masturbe en lisant une histoire et regardant des vidéos. C'est trop abondant pour ma main.

 

Vendredi 3 décembre 2010

Je descends nettoyer et ranger le van, rejoint par Célestin. Puis nous allons sous la pluie à l'adresse de la douane communiquée par l'agent de clarification dont l'assistant nous attend, et un fonctionnaire vient contrôler le numéro de châssis, mais rien à l'intérieur, et le carnet de passage en douane est tamponné pour la sortie du pays. Il me dit que je dois amener le van le lundi pour le bateau. Nous allons dans une boutique internet pour contrôler mes mails, pour le paiement, mais il doit s'effectuer après que le van est sur le bateau. Nous retournons à l'appartement car Célestin veut récupérer ses diplômes pour faire un CV que lui ont demandé Daniela et son copain, pour travailler comme lui chez Toyota. Nous prenons les deux parapluies, allons à ma cantine en ayant de la difficulté à la retrouver, puis à l'Alliance française où je continue à répondre à mes messages sur le smartphone et aide Célestin à composer son cv. La directrice nous demande de les aider pour l'installation des livres qu'ils veulent vendre, La directrice nous remercie en nous proposant une boisson et de prendre des livres. Des gens affluent. Je photographie les panneaux sur le sida. Je converse avec un horloger à la retraite, et avec la bibliothécaire Gushlan et Célestin. L'agent de clarification m'appelle pour que  je paie demain plus de 2800 rands. A la fin, nous participons au barbecue en mangeant de la saucisse avec de la salade et du vin, et nous rentrons. Je parle avec les autres, mets de la musique. Je mange un tout petit peu, sans appétit. Nous regardons Frantic et je m'endors devant.

 

Samedi 4 décembre 2010

Je rêve que je retourne vers Corine, qui s'enduit le corps de crème, ce qui rend sa peau très douce à caresser. A la fin, son fils dort dans un lit jumeau et je crains qu'il soit réveillé par les bruits qu'elle fait.

J'oublie qu'Amis et Célestin vont travailler. Je reste. Le colocataire est rentré dormir. Je suis dans la chambre à travailler sur l'ordinateur, puis me masturbe en regardant des vidéos et lisant des histoires.

Vers 11h, l'agent, Danny, m'appelle et nous nous donnons rendez-vous en bas de mon immeuble une demi-heure plus tard. Je me prépare vite, et en bas je demande au gardien où est le distributeur de monnaie le plus proche. Il me dit d'aller jusqu'au stand d'Amis, mais tout près, un panneau signale un distributeur au milieu d'un bistro où il y a du monde. Il n'est pas protégé et le clavier est vertical. Après que j'ai mis le code, je lis "carte invalide". Un homme me dit qu'il travaille ici, prend ma carte, la remet (ou pas...). Je refais mon code en cachant encore autant que je peux mes appuis. Je ne vois pas la carte sortir, l'homme s'éloigne, et il y a à côté un autre homme, j'imagine son complice. Je ne sais pas où est la carte entre les trois. Lorsque je sors, je ne vois plus l'homme. Je reviens, parle au second homme, vais vers les serveuses qui me disent de contacter la police. Je vais vite au stand d'Amis. Célestin vient avec moi à la police où l'accueil est mauvais. Danny m'appelle, me dit qu'il est au 36. En fait, notre immeuble n'est pas au 35 comme je le croyais mais au 45. Je lui dis où je suis. La police nous dit d'aller à la police touristique. Nous y allons alors que Danny appelle, arrivé. Je lui passe Célestin. A la police touristique, l'employé nous dit de nous connecter à internet pour nous renseigner pour bloquer la carte. Nous allons dans une boutique internet où je trouve les informations et appelle pour bloquer la carte, et mon interlocutrice me dit de contacter le consulat. Ensuite je parviens à échanger 55 dollars en démarchant avec Amis mais pas à vendre une ou deux de mes pièces en or, dont la femme dit d'ailleurs de celle que je lui montre n'est pas en or pur. Je dispose d'environ 1600 rands. Célestin appelle Danny et il lui demande de venir. Nous allons au van. Célestin reste assis sur un rebord de vitrine et je suis au van. Il rappelle Danny qui ne vient pas, car nous n'avons pas la monnaie. Danny me demande ce que j'aurais fait, alors que je vais partir. Pas forcément la même chose. Je ne parviens pas à joindre le consulat français. Nous allons à la police où il est difficile de faire une déclaration, dont le policier ne garde aucune copie: je soupçonne que la police veut diminuer les statistiques...Je vais sur internet, lis la ligne de réponse de Fabienne qui me dit si elle peut m'aider, écris à Aurélie, à Luc-Laurent, et réponds à trois messages d'adopteuses. Je transfère de la monnaie sur mon compte d'épargne dont j'ai la carte que je pourrai utiliser en arrivant à La Réunion. Je rentre à l'appartement et écris dans la chambre où Célestin est sur internet avec son téléphone, ce que je ne parviens pas à faire. Ils regardent intensément le football. J'ai faim, mais lorsque Célestin me dit si je viens manger, je dis oui, mais ne réussis pas à les rejoindre, aussi ensommeillé. Je ne me lève que lorsqu'Amis se couche sans éteindre la lumière, et éteins la lumière, vais uriner, mange une pomme. Célestin laisse la télévision allumée très tard sur le football. Je crois qu'il s'est endormi. Moi j'ai du mal, mis sous des coussins.

 

Dimanche 5 décembre 2010

Je me réveille avant 4h, angoissé. Je me  lève enfin, écris sur le VBE, sélectionne les affaires à remettre dans le van. Après avoir mangé du citron et du beurre de cacahuète, fait une dernière sauvegarde sur le gros disque dur, je descends, fais des rangements, en me mettant torse nu à cause de la chaleur, jusqu'à ce que le van soit au Soleil. Je vais sur internet. Aucune réponse Luc-Laurent, qui n'a sans doute pas lu, ni d'Aurélie, ni de Fabienne qui est au courant. Je demande à Luc-Laurent de me transférer de la monnaie par Western Union. Je retourne à l'appartement, où je bois comme eux la boisson au sorgho.

Célestin met un film d'action avec Don Seagal, où je reconnais Bucarest.

Je reçois des textos de Fabienne. Je me demande de quand ils datent car elle ne réagit pas à ma situation, à mon dernier mail. Puis deux textos de Luc-Laurent qui essaie de me joindre depuis un quart d'heure. Je me précipite à la boutique internet et nous discutons. Je dois revenir dans trois heures car il veut être sûr.

Je me remonte et, fatigué, mets un peu de temps avant de me mettre su l'ordinateur, tandis que Célestin enchaîne sur un film d'horreur, La Colline Silencieuse., puis une parodie comique.

Je retourne sur internet,  Luc-Laurent effectue le virement, Fabienne m'a envoyé ses numéros de carte bancaire.

Après, je travaille à l'ordinateur sur le lit, en regardant des films. Un voisin burundais, Coco, vient. Je fais une photo de nous. Comme il me l'avait demandé, je lui parle du sida. Il ne comprenait pas les gens qui sont séropositifs puis trois mois plus tard séronégatifs. Il évite de manger beaucoup de pâte au maïs, préférant le traditionnel manioc, et le riz. Nous mangeons. Pour la première fois, il y a des patates frites dont j'abuse, mais aussi du riz, des haricots, du manioc. Je me couche juste après Amis, tirant la fenêtre contre le bruit et me mettant sous un drap pour bien dormir.

 

Lundi 6 décembre 2010

Je me réveille avant 4h, me lève enfin et vais sur l'ordinateur. Je regarde des vidéos porno, lis ma vie sexuelle en 1996-1997, puis finis de me masturber sur des histoires.

Célestin prend de mes boîtes de converse pour les descendre. Je mets ses chaussures fermées pour accéder au port. Je lui demande de remettre les couettes dans la housse. La poste qui ouvre à 8h ne délivre pas les services de Western Union, et nous attendons devant une banque qui ouvre à 8h30. Danny me téléphone. La transaction prend une demi-heure. Nous allons au port. Avec l'assistant de Danny je vais aller chercher une accréditation pour entrer dans le port, et lui payer 2963 rands. Je mets un gilet jaune et laissons Célestin pour entrer dans le port. On me demande mon permis de conduire et d'ouvrir la porte coulissante, et ce qu'il y a dans une des boîtes: des vitamines pour moi. Je me gare et l'assistant va dans un bureau. Je parle en français à un responsable d'origine mauricienne, Louis. J'évoque comme avec l'assistant la possibilité de rester dans le bateau. Lorsque je me gare de l'autre côté de la grille, il y a quatre personnes. Je prends mes sacs et nous retournons vers Célestin. L'assistant nous dépose à Russell street. Je prépare mon sac et suis Célestin là où ils achètent des chapatis, puis vais manger au stand avec eux. Je vais avec Amis me renseigner sur les bus de nuit, car on m'a déconseillé les trains de nuit et les minibus, puis à l'Alliance française où j'arrive à 13h, heure où l'accueil est fermé, ce que j'avais oublié. Je me connecte depuis le jardin mais ne peux tout afficher pour acheter un billet d'avion.

Je retourne chercher une boutique internet jusques notre quartier, et parviens difficilement en deux heures à réserver un vol le 9, car il n'y a que quatre euros de différence avec le 12 et je veux partir d'ici. Je rejoins Amis et Célestin au stand. Il y a un vent frais. Puis, lorsque le livreur vient charger tous les sacs de leur marchandise, nous accompagnons Amis qui va chercher une pièce pour réparer un téléphone. A l'appartement, je montre des extraits de film sur le sida à Coco, et lui copie des documents. Il y a encore des patates frites à manger.

Pendant le foot, je regarde un film d'horreur, Mauvais Tour(nant), puis le second.

 

Mardi 7 décembre 2010

Je me réveille plus tard, 5h et demie, après m'être endormi tout habillé à la place d'Amis au bord du lit. Je vais me laver en même temps qu'une de mes deux chemises. Je sors avec Amis et Célestin et vais à ma cantine, puis à l'Alliance française où je trouve le moyen de reconnecter l'ordinateur en restaurant l'ordinateur à un stade antérieur. Je vois que j'ai bien mon billet d'avion. J'écris à des couchsurfeurs. Je trouve le Guide du Routard de La Réunion que je prends. Des Francophones arrivent pour l'assemblée générale, dont l'horloger qui me reparle du livre du prêtre de sa connaissance qui a traversé l'Afrique. Puis je pars, lassé. Je m'achète du chocolat, une tartelette et des oranges pour tout le monde.

J'essaie en vain de fournir une copie utilisable des fichiers pour Coco. Sissoko m'embête encore. Je regarde des films d'horreur avec Célestin, en mangeant le riz et la viande qu'il a préparé.. Je suis joyeux, danse dans la soirée. Lorsque Célestin et Chafii s'endorment avec le foot à la télé et de la musique et la lumière, je crains une insomnie mais l'ensommeillement vient et je me couche.

 

Mercredi 8 décembre 2010

Je me réveille le slip bien rempli de mes désirs exacerbés. Une douche puis je vois que je me suis réveillé à la même heure qu'hier.

Comme la vente des billets de bus ne commence qu'à huit heures, je laisse deux cents rands à Amis et Célestin, et vais
une dernière fois à ma cantine et à l'Alliance française, où je filme mal un de ces oiseaux marron au bec crochu et au
cri de menace ridicule.

Mon ordinateur bogue pendant presque deux heures où je feuillette une autobiographie d"Haroun Tazieff, et je polémique
avec une phytothérapeute qui se sent agressée. Je converse avec Gushlan, la bibliothécaire, dont l'unique frère, d'un
an son ainé, est mort deux mois auparavant d'un accident de kayak. Elle a entendu Girard et je lui en conseille des
lectures, ainsi de John Perkins comme elle s'occupe du néocolonialisme, et de Salvador en anglais.
Je n'ai aucune réponse de couchsurfeur, mais une adopteuse gastro-entérologue me donne le mail d'une femme à St-Denis.
Je converse plaisamment avec Lou, adopteuse qui est ma moitié, en âge uniquement... Célestin m'appelle pour changer de
la monnaie avec mon passeport mais je suis trop agréablement occupé, puis pour me dire que mon bus n'est pas à 21h mais
à 20h, et que tout le monde m'attend. Alors je pars à 17h30, en saluant Pétroc, le Congolais à l'accueil. Je me dépêche
de faire des sauvegardes, de me tondre, aidé par Coco, de me laver, de ranger mes affaires, et nous mangeons dans un
grand plat métallique du riz avec de la viande après avoir trinqué au Fanta, ce qui me fait raconter l'histoire de
l'homme qui se masturbe puis boit un Perrier en disant: "Après l'amour, champagne!". Il est 19h30, et nous partons sous
la pluie, en taxi comme je ne l'avais pas envisagé. C'est un bus à étages qui me fait penser à mon Amérique du Sud.
Célestin est autorisé à monter mais pas Amis. J'aimerais être à l'avant mais je préfère avoir deux places pour dormir.
Je remarque par la fenêtre une jeune femme avec un sacré décolleté. Mon voisin de couloir francophone comprend.
Célestin me quitte au bord avec l'envie de pleurer, me dit-il. Pas moi qui vais vers du meilleur. Je converse avec
Hervé, mon voisin congolais, qui va faire des études d'informatique. La jolie jeune femme s'installe à côté de moi.
Trop consciente de sa beauté, elle est orgueilleuse. Elle veut utiliser notre téléphone. Elle me dit être modèle depuis
cinq mois. Elle me demande qui je connais de célèbre, Paris Hilton? Puis elle veut dormir. Elle pose son cul un peu sur
le bord de mon siège où j'avais mis exprès ma main. Elle semble dormir profondément car elle ne réagit pas lorsque je
la caresse de plus en plus, jusqu'à son entrejambe à travers son pantalon moulant, ou le doigt le long de sa raie
culière sous son pantalon. Puis elle bouge, semble s'éloigner, pas intéressée; alors j'arrête. À un arrêt, elle me
demande cinq rands et m'en dépensera dix.

 

Jeudi 9 décembre 2010

Lorsque le bus arrive à 4h moins le quart, je reste assis avec Hervé dans la salle d'attente avant de commencer ma
marche avec lui les premières rues. Heureusement, il fait soleil. La troisième ville d'Afrique devient plus vite
résidentielle et blanche que je ne l'imaginais, et je parcours près de 30 km, arrivant à l'aéroport à 11h49, après que
la dernière personne à qui j'ai demandé mon chemin m'ait baisé la main. Je retrouve la professeure de français avec son
mari, ayant oublié qu'elle m'avait dit qu'elle prenait l'avion ce jour. Je lui dis que je vais aller manger, commande
au KFC des patates frites et une glace aux brownies au chocolat. Je tente en vain de me connecter, là puis dans une
autre cafétéria qui a pourtant son réseau, et où je commande à cause de la connexion un muffin au chocolat plus onéreux
que ma cantine. Je vais me faire enregistrer, passe la douane, et ne trouvant pas internet, finis la monnaie dans des
M&Ms et des Twix qui me font penser à Fabienne, qui préfère quand il y a du biscuit, la coquine... La professeure
m'ignore dans la salle d'attente, puis je m'installe à la place vers l'arrière près de la fenêtre comme demandé. Je
feuillette un journal quotidien réunionnais, vraiment provincial et médiocre. Au bout de presqu'une heure, nous
quittons le continent. Presque deux heures et nous abordons Madagascar humainement désert, et nous entrons dans la
turbulence nuageuse. La nourriture est relativement abondante, et de qualité.

 

> Fin >