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Récit d'Afrique, 2010

 

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À, pour Fabienne uniquement.

 

24 août: Beni Suef

Je me sens bien en retournant au van, près pour l'aventure: traverser le continent africain.

Je prends en autostop un policier ou soldat en uniforme blanc. Il me demande où je vais: au Caire, Saqqarah. Je suis ses indications et passe un autre péage alors que je viens de payer dix livres la sortie de l'aéroport. Il me fait signe de rattraper ses amis en motocyclette puis sort vite du van. Il ne répond pas lorsque je demande ma direction. Son ami répond vaguement. Je dois repayer dix livres pour sortir de l'aéroport. Il m'aura passé le désir de prendre des autostoppeurs...

Je décide d'aller au centre me connecter à internet. Sur le chemin, je trouve par hasard la citadelle que je photographie derrière un panneau publicitaire. Je me rends compte à quel point il est difficile et dangereux seul de conduire, se guider, etc... Dans les embouteillages, place Tahir, je reconnais le bonhomme rond à la tête et aux lunettes rondes qui me faisait penser à Himmler lorsqu'il nous criait presque quel parfum on préférait. Je crois qu'il m'a reconnu. Rien d'urgent sur internet et je règle quelques problèmes. En six jours au Caire, je ne serai parvenu à voir aucun couchsurfeur.

Je repars vers Saqqarah, suivant les indications du guide. Aucun panneau sur la route. Au bout d'une trentaine de kilomètres, au crépuscule, je comprends que j'ai loupé Saqqarah et avant Memphis où je pensais dormir. Je voulais revoir la pyramide de Saqqarah, la plus ancienne œuvre dont on connaisse l'artiste, Imhotep. Pourtant, il y a treize ans et demi, nous étions tombés dessus facilement, malgré la nuit. Je n'en garderai donc qu'un souvenir nocturne et ancien...

Après, le van fait des siennes et je roule au ralenti. Je maudis le garagiste Assan Elme qui m'a soutiré 225 livres sans résultat probant. Je m'arrête une première fois mais au crépuscule, personne dans le garage pour le ramadan. Plus loin, ça s'améliore encore après que je me sois arrêté.

Je décide de pousser jusqu'à la prochaine grande ville, Beni Suef, pour m'endormir facilement sans gamberger.

Je passe à l'arrière et me fais une place dans le bazar pour m'endormir en sueur.

 

Mercredi 25 août

Le lendemain, il ne fait que 26 degrés lorsque je me réveille à l'aube.

Je range le bazar, accompagné d'une petite chatte blanche, beige et noire qui me miaule dessus et se frotte à moi. Je peux la prendre mais chaque fois que je la pose dans le van, elle en saute. Elle disparaît peu avant mon départ. Ainsi, la chatte me facilite la tâche.

2 km plus loin, j'atteins le centre marqué par une grande place plutôt sympathique et fais un tour, devant faire des photos d'un groupe d'ados et d'enfants. Je récupère un porte-manteaux à pince qui sera parfait pour tenir le rideau de douche qui sépare l'habitacle.

Je repars et le van ralentit encore, je me retrouve en 5e à 30 km/h.

Je fais le plein de gazole, le pompiste me rend 45 livres sur cinquante avant de m'en reprendre 40 et m'indique un mécanicien où je ne vais pas, le van réaccélérant.

A Minya, je fais des photos du centre empli d'une vie de marché.

Je trouve un garagiste qui voit que ça vient de la pompe sur le filtre à gazole, qui ne fonctionne plus. Il ne fait pas grand chose et je le paie trente livres.

A Ayut, la multitude d'immeubles récents et l'absence de centre marqué me dissuade de m'arrêter.

A un barrage, un policier m'arrête en invoquant le port de la ceinture. J'explique à son collègue qui parle anglais que c'est la première fois qu'on me parle de ça en Egypte, et il me laisse repartir.

Guère plus loin, je vois deux véhicules dont l'un tire l'autre qui bloquent la route et des hommes qui me font signe d'arrêter. En face, un minibus passe quand même. Puis j'entends un grand bruit de freinage derrière moi. J'espère que ce n'est pas pour moi, pensant la percussion que j'ai subi il y a seize ans, et juste après je suis percuté. Je me retourne et ne vois rien de cassé et sors. Un minibus a cassé mon cabochon gauche et enfoncé la porte du coffre. Il y a une altercation entre des hommes et le conducteur et celui-ci prend la fuite sans que je pense à photographier son minibus pour la police. Je ramasse les morceaux de cabochon pour les scotcher. J'aurais dû scotcher les cabochons arrière comme je l'ai fait pour l'avant par précaution à Reims. Difficilement, je parviens à ouvrir la porte du coffre. Les hommes ne s'intéressent à moi que pour me faire dégager du chemin pour tirer leur véhicule dont je m'aperçois que c'est un tout terrain aussi accidenté... Je scotche une partie du cabochon et pars. J'essaie de rattraper et de repérer le minibus blanc que je crois être un Toyota Hiace, en vain.

J'arrive à Sohag dont je repère mal le centre, achète un jus de pomme, une boisson à la mangue et une grande bouteille de Seven Up et repars le long du Nil. Je m'arrête sur un parking après la bifurcation très surveillée vers un  barrage et commence à écrire le récit. A 23h30, le moteur frigorifique d'un camion tout aussi frigorifique me réveille, et je ressens dans mon insomnie la douleur des morsures des moustiques. Je ferme les fenêtres et les rouvre au départ du camion une demi-heure plus tard. Insomnie active jusqu'à 3h.

 

Jeudi 26 août

Réveil peu après l'aube vers 6h15. En plein soleil, j'écourte certains préparatifs.

Je traverse le barrage pour trouver le site d'Abydos indiqué sur la carte du guide qui n'en parle pas mais sans réussite, ça me fait trop retourner en arrière. Je me branle un peu en conduisant. Arrivé à Qena, rien ne m'incite à m'y arrêter. Je vais au temple de Dendara que je visite durant deux heures et demie. Au début, il n'y a que deux autres visiteuses, deux Françaises du sud d'une quarantaine d'années teintes en blondes.

Un gars me fait signe de le suivre parmi les échafaudages, ce qui est tentant pour moi. Il me montre certains angles et me répète Good? Very good? pour avoir son bakchich. Après, il veut m'emmener dans la crypte mais je veux être tranquille et ne lui donnerai plus rien, en y allant seul.

Vers la fin, à midi et quart, le Soleil illumine simultanément les deux murs latéraux car ils sont inclinés: le temple est orienté vers le nord. Je suis épuisé par la soif.

Malgré les indications d'un policier, j'évite de changer de rive du Nil pour arriver à Louxor, car je préfère visiter les sites sur la rive occidentale avant d'aller en ville au crépuscule pour trouver une connexion wifi.

J'ai plus de trois heures. Le guide indique qu'à tout visiter, on en a pour plus de 500 livres (donc 600 maintenant) et plusieurs jours, et que les photographies des tombes sont interdites sous peine de se faire confisquer sa carte mémoire....  Je décide de voir tout ce que je peux gratuitement, me garant un peu à l'ombre avant le parking et marchant sur les sentiers. Un homme veut me montrer les momies à travers un grillage. Je ne vois rien et il voudrait de la monnaie... Puis son camarade me dit que cet accès n'est pas autorisé. Je rejoins la route, l'entrée officielle et m'éloigne du "centre des visiteurs" vers tes tombes? Un homme me demande si j'ai un billet, si je veux voir à l'intérieur et me fait repartir. Je vais dans l'autre sens, lorsqu'une famille en tricycle me fait monter dans sa benne. On passe devant mon van et après un site, je descends alors qu'ils me demandent un bakchich. J'en ai assez de ces propositions de services qu'on ne sollicite pas pour demander de la monnaie après. Puis deux gars en mobylette s'arrêtent. le conducteur à la dentition inquiétante veut que je monte, me montrer les sites, boire le thé, mais je refuse tout risque de piège. Je monte une colline mais ça ne me mène à rien, vu la distance. Je décide de continuer avec le van, maintenant que je me suis repéré sur le plan. Je vais vers la Chambre des rois. Avant le parking, un homme voudrait que je lui paie 20, 10, 5 livres l'entrée, ou mon paquet de chewing-gum, pour aller faire un panorama, maintenant que le site est fermé, les visites s'arrêtant à 17h. Je refuse et il me laisse entrer faire quelques photos.

Puis je retourne vers le tempos dont le guide écrit qu'il est à photographier en fin d'après-midi, faisant un détour vers la chambre des reines où un policier m'interpelle alors que je photographie et que je lis que l'entrée ainsi que la photographie sont interdites sans ticket. Deux barrages de policiers m'empêchent d'arriver au temple mais j'y parviens par le village que je traverse ensuite pour m'acheminer vers Louxor ville où près du temple, je trouve à côté du McDonalds un Snaketime de meilleure qualité avec wifi près duquel je me gare et où je commande mon repas. Je profite peu de la wifi, mon ordinateur boguant, je m'endors à 21h alors qu'il tourne et me réveille à 1h. De toute façon, à 3h et demie puis à 4h, les mezzouins des mosquées proches ont rivalisé de beugleries. Et à 5h et quart, une dizaine de policiers et autres vient me contrôler et me demander pourquoi je suis garé là.

Après une branlette inspirée par internet, je commence à tourner autour du temple de Louxor alors que le Soleil monte déjà à 6h30, puis suis la rive vers le nord, bondée de gros bateaux touristiques, pour aller au temple de Karnak. Je commence à en faire le tour, longeant un quartier délabré, lorsque trois ados me harcèlent pour obtenir quelque chose de moi, jusqu'à devenir menaçants alors qu'il n'y a personne d'autre. l'un se permet de me toucher, de regarder ce que j'ai dans ma poche de chemise puis me dit qu'il est fort. Ils lancent des pierres sur un chien puis sur moi en me traitant d'âne. Plus loin, c'est deux autres ados à bicyclette qui m'ennuient. A un moment, je passe par une porte non verrouillée et des gardiens me chassent. Le site est immense, et je ne rentre au van que plus de trois heures après. Il est encore à l'ombre pour longtemps et j'en profite pour essayer d'aller sur internet et me reposer, mais les bogues me ralentissent. Je reste deux heures et demi, à un moment harcelé par deux gamins qui tapent aux vitres pour mendier ; et la demande d'un commerçant d'avancer de deux mètres pour ouvrir sa boutique est le signal du départ. Je traverse le Nil pour trouver le temple de Khnum à Esna sans succès. Je photographie des piliers en béton et pense qu'on pourrait systématiquement photographier près des lieux des sites touristiques quelque chose qui ressemble à l'attraction mais n'est pas elle. Je continue vers Edfu qui est bien indiqué, traverse un grand marché puis revient vers le temple par des ruelles où des hordes d'enfants me harcèlent en criant "Bakchich! bakchich" avant d'être enfin arrêtés par des adultes, avant de reprendre ma route vers le temple de Kom Ombo avant le crépuscule. L'imprécision du guide et les indications des autochtones me font croire qu'il est sur la même rive occidentale, à tort, et je suis des routes poussiéreuses, désertiques et désertées sans trouver de pont, jusqu'à ce qu'on m'invite à prendre le thé et que je discute avec un "conducteur" de felouque à Assouan, Mohamed Ali, et je fais les derniers kilomètres vers le pont et Assouan où, me garant de façon à être longtemps à l'ombre le lendemain, je me couche vite sur le lit trempé par le flacon de savon qui s'y est renversé.

 

Samedi 28 août 2010

Après une nuit tranquille, je m'occupe des photos et du récit en écoutant Julien Baer puis Julien Doré (pas trop clair) et prépare un taboulé et en cherchant l'huile d'olive en vain, je trouve mon vieil extincteur que j'avais cru volé en Bosnie, ce qui m'en avait fait racheter un autre à la frontière égyptienne..., et la pochette des couverts égarée depuis le début du voyage... et l'ouvre-boîte... Alors j'ajoute un peu de mes épices du Brésil. La nouvelle boîte à pipi Cyprina s'est renversée sur le marchepieds...

Après de longs préparatifs, je vais vers le sud, l'église copte où il y a foule, puis je traverse le cimetière, guidé par un gardien qui veut son bakchich alors que je lui ai dit que je voulais être seul, pour arriver surtout à la plus grande obélisque commencée, 42 mètres, mais restée couchée car fissurée. Je fais le tour du site et un ouvrier me fait signe d'entrée dans la maison où il travaille. Je vois Jésus Christ gravé sur une porte et il me montre l'autre côté où il y a un pope, et le tatouage de sa croix sur son bras. il m'offre un thé salvateur et je continue, un peu harcelé par des enfants. Ne trouvant pas de jus de fruits pur, j'achète une pastèque à un gamin qui parle un peu français et qui essaie de me la vendre 40 livres avant de la descendre à 10. Je lui offre le livre de français que j'ai trouvé près la maison copte. Je suis pressé d'arriver au van et trouve enfin du jus de pomme pur dont je prends trois litres.

Après, je vais vers la gare dont les alentours étaient jolis de nuit mais ce n'est plus le cas en plein soleil, et je redescends pour aller vers l'Ile Eléphantine. Sur la rive, un homme me montre cinq pièces de 2 euros et me propose de les échanger contre 50 livres. J'accepte mais il touche mon porte-monnaie. Il veut m'offrir une cigarette et je vois qu'il m'extirpe un billet de 50 euros. C'est un prestidigitateur et il utilise le paquet de cigarette ainsi. Je lui demande de me le rendre et commence à appeler les policiers sur la rive. Il me rend vite mon billet et on finit la transaction, sans que je sache s'il m'a volé autrement.

Après la traversée sur le ferry, en fait une grande barque couverte, je me promène dans les villages nubiens, aux habitants à la peau sombre, et aussi un peu sur un site archéologique, avant de me baigner habillé des pieds à la tête. Je sèche très vite et arrivé au van vers 16h30, je pars vers Abou Simbel.

En traversant le barrage d'Assouan, je vois le temple de Philae qui a été reconstruit sur une ile du bassin de retenue, et dont les indications du guide m'ont découragé d'y aller, avec une mafia pour traverser l'eau, puis je commence la traversée du désert de 280 km et du tropique du Cancer. C'est tellement isolé que j'ai un peu peur lorsque je m'éloigne du van pour prendre une photo et qu'un véhicule passe. Il y a des abribus loin de tout. Dans cette chaleur, heureusement qu'il y un fort vent d'ouest. Un village nommé Toshkey que je suis curieux de voir avant le crépuscule mais je n'y parviens que de nuit, faisant le plein de carburant et découvrant qu'il ne me reste plus de monnaie égyptienne, mes billets de 50 étant en piastres et non en livres... Il y a un point de contrôle après lequel je vois la bifurcation vers Wadi Halfa au Soudan. Comme j'ai dit que j'allais au Soudan, on me parle d'aller voir le général et le policier que je croyais ramener chez lui m'amène dans une administration où on me fait attendre l'arrivée du général. Ils contactent l'armée qui refuse mon passage par la route. Je devrais retourner à Assouan prendre le bateau, ce qui me surprend car je n'avais pas vu que les bateaux partaient d'aussi loin. On me fait dormir sur le parking à côté et personne ne comprend lorsque je demande où le Soleil se lève pour me garer à l'ombre. Un jeune homme qui travaille à la cafétéria se frotte un peu trop à moi puis arrivent trois hommes dont un semble politicien, et un autre qui parle un peu français critique Moubarak par rapport à la restriction du passage sur route.

 

Dimanche 29 août 2010

Réveillé à l'aube, je me dépêche pour faire le tour du site et me baigner.

Alors qu'on me laisse partir du parking et que je demande à un balayeur la direction de Wadi Halfa, car une autre route m'intrigue, les policiers me ramènent vers le parking et je dois attendre le convoi en conversant au général, aujourd'hui en uniforme blanc, à qui je dis que c'est pour la monnaie qu'il y a cette situation, ce à quoi il répond oui d'un air absent. Je lui parle des risques de guerre prochaine. Il doute que je parvienne à traverser l'Afrique avec mon véhicule dont il est curieux de voir l'aménagement, et me dit qu'il est content de me rencontrer.

Les bus me dépassent sauf un jusqu'au point de contrôle de la bifurcation vers Wadi Halfa: il devait y avoir un policier dedans.

La traversée du désert est plus ennuyeuse. Je vais devoir traverser trois fois le tropique du Cancer. Le cancer me poursuit dans ce voyage.. La chaleur du vent m'incite à fermer ma fenêtre, celle de droite créant une dépression qui me rafraichit. Je vois à l'horizon des mirages produits par la chaleur. Je vais vers le Haut Barrage où le général m'a indiqué le port et on me fournit une adresse à Assouan pour acheter les billets. Je trouve enfin et le vendeur m'indique les procédures administratives à faire le lendemain.

Je m'achète deux melons d'eau et deux mangues que je savoure, étant rentré assez tôt me reposer dans le van.

 

Lundi 30 août 2010

Réveillé à l'aube, je prends mon temps pour les préparatifs car les formalités administratives ne peuvent commencer qu'à 9h. Je scotche les morceaux du cabochon cassé, peint la tôle à nu.

Je fais le plein des bidons en carburant et à la première administration, la "traffic court", on me fait attendre plus de deux heures, d'abord sur le trottoir, puis dans une salle d'attente. Je commence à insister pour accélérer les choses car le vendeur de tickets m'a dit d'être là avant 14h, et obtiens un petit papier enfin tamponné... A la sortie, l'employé me demande 50 livres que j'ai le tort de lui donner...

Après je vais ensuite à la "traffic police" où j'obtiens contre toute attente un papier rapidement parmi la foule et vais au port où je vois le véhicule de Georges et Claire sans eux et sans plaque d'immatriculation égyptienne. Là, j'apprends que j'aurais dû donner un autre papier et déposer les plaques d'immatriculation. Je me dépêche pour faire les douze ou quinze kilomètres et parviens à faire l'opération rapidement. Je retrouve Georges et Claire qui ont fait les démarches en taxi.

Je fais avec eux toutes les démarches administratives dans ce labyrinthe, avec bakchichs. Ils ont rencontré ce matin un couple d'Allemands en tout terrain Land Rover qui leur ont dit que c'était le dernier bateau avant un mois, alors qu'ils pensaient prendre leur temps à Assouan.

Alors que j'ai quarante ans aujourd'hui, la mère de Georges, qu'il appelle avec mon téléphone, en a 80!

Je rencontre l'Allemand, Wolfgang, sur le port, un journaliste de 57 ans (à qui je donnais plus), qui faisait des reportages à l'étranger. Son épouse, Brigitte, est sur le bateau et elle en revient plus tard. Elle a tout d'une fable de La Fontaine, avec une tête de tortue et un bec de lièvre: d'ailleurs, elle est dentiste.

Après, arrive un Britannique en moto BMW, qui a passé 38 jours en Egypte et dit que c'est son second pire pays après l'Australie.

Il y a aussi déjà dans le bateau un couple voyageant en bicyclette.

Le chargement dure toute l'après-midi, et en fait, le bateau de passagers nous attendait des heures, le temps qu'on charge les véhicules sur une barge qui aurait pu les charger en premier...

Le bateau part enfin avec nous vers 19h. Je suis le seul à utiliser mon ticket de nourriture, dans la salle de seconde classe qui est en soute et sent le fuel.

Les Allemands ont pris des billets de première classe et ont donc une cabine pour deux qui ferme à clé et où on laisse nos affaires.

Georges fait beaucoup de blagues joyeuses qui ne font pas rire mais amusent beaucoup Brigitte.

Avec Georges et Claire, nous sommes sur le pont avant, avec des gilets de sauvetage en guise de coussins mais dans la nuit, l'eau des soutes est déchargée sur ce pont. On se déplace vers le pont supérieur.

 

Mardi 31 août 2010

Les Allemands ont mal dormi: trop froid dans leur cabine climatisée...

Avec Wolfgang, je parle des attentats du 11 septembre. Il connaît certains des éléments qui ne collent pas avec la version officielle, mais à propos du complot interne, il dit qu'il ne peut pas y croire, ce serait trop terrible...

Après, nous passons devant Abou Simbel et le Soleil nous fait nous réfugier dans la cabine des Allemands.

A l'arrivée au milieu de la journée, un local mentionné dans le guide nous guide... Après avoir rempli quelques papiers sur le bateau, on monte sur un camion bondé puis dans un tout terrain Land Rover qui nous amène à l'hôtel où je partage une des chambres sans fenêtres avec le Britannique. Avec lui et le couple de cyclistes, je fais des courses (oranges onéreuses et pastèques fort peu) avant que Georges et Claire et les Allemands soient prêts. Nous rentrons tôt alors qu'eux qui ont trouvé internet, ne rentrent au crépuscule. Je m'ennuie un peu, en consultant le guide, et nous allons tous prendre un sympathique repas dehors (poisson, riz, thés, salade de fruits pour moi)

 

Mercredi 1er septembre 2010.

Dans la nuit, on est venu chercher le troisième lit de notre chambre. Le Britannique s'est écrié "Jesus Christ!" et j'ai dit "Pas exactement.". Le matin, je me suis difficilement tondu et je suis allé boire des thés à la menthe avec Georges et Claire dans une échoppe discrète tenue par une catholique du sud, Teresa.

Nous attendons toute la journée à l'hôtel en conversant et je travaille sur l'ordinateur, jusqu'au soir où nous retournons au même restaurant.

 

Jeudi 2 septembre 2010

Les Néo-Zélandais partent tôt et nous allons encore boire du thé au même endroit que la veille.

Je commence à renommer les photos du début du voyage, ce qui me rend nostalgique.

J'apprends que le bateau n'arrivera que l'après-midi, car il a eu un problème de moteur.

Je décide d'aller à une boutique internet, puis en voulant continuer à travailler sur l'ordinateur dans la chambre, je m'endors.

Nous allons sur une autre terrasse de restaurant tenue par le même Egyptien que les autres soirs.

Notre bateau est arrivé, après des problèmes de moteur.

 

Vendredi 3 septembre 2010

Nous allons enfin récupérer nos véhicules sur les barges.

Encore de l'attente à la douane.

Préparatifs à l'hôtel, paiement des taxes (91 dollars).

Puis nous partons ensemble. A Abri, les Allemands décident de partir. Georges, avec son talent, sympathise avec des villageois et nous marchons au bord du Nil. Nous allons ensuite sur l'île Sai avec un bateau à moteur pour visiter des ruines d'église médiévale, et d'un village.

Danken et moi nous baignons dans l'eau boueuse, moi surtout car j'ai dû changer mon pneu arrière-droit crevé.

Nous dormons au bord du Nil après avoir mangé du riz collant aux oignons.

 

Samedi 4 septembre 2010

J'ai laissé le van ouvert et ai été fort dérangé par les moustiques, et blotti sous le drap, j'avais trop chaud.

Claire a une conjonctivite et ne peut rien voir.

Nous arrivons à Dongola, je fais réparer mon pneu et nous allons sans elle au marché. J'ai enfin pu acheter des fruits: bananes, mais surtout oranges et pastèques pour la soif, ce dont je manquais tant hier.

En partant, nous manquons un temple et le vieux Dongola, en prenant la route du désert. Nous avons perdu notre navigatrice. Nous nous arrêtons au milieu du désert dans le premier lieu avec deux arbres, pour nous reposer et manger. J'étais somnolent sur cette route ennuyeuse.

Nous arrivons à Kerima. J'achète six œufs pour une omelette et nous allons sur le bord du Nil. Le villageois demande à nous faire enregistrer et c'est moi qui y vais en van avec un jeune homme. J'entends un bruit et m'aperçois et ma roue de rechange s'est dévissée. J'attends un peu dans un bureau en regardant un programme télévisé sur Shangai.

Ils veulent ensuite que les autres passeports soient enregistrés, alors que j'avais demandé en vain que les trois autres me les confient. Georges veut envoyer Danken avec les passeports et le jeune sur la moto, mais finalement les villageois estiment que ce n'est pas la peine.

Je fais un nettoyage avec l'eau puisée du Nil pour l'irrigation et nous mangeons l'omelette aux tomates et aux oignons.

 

Dimanche 5 septembre 2010

Le matin, le villageois nous guide en montant dans mon van, et nous allons sur le site des pyramides funéraires, puis il nous fait entrer dans un enclos barbelé où il nous dessine les chambres découvertes dessous et réenfouies par les archéologues, ce qu'il a pu voir avant qu'ils ne fassent sortir tout le monde.

Puis il nous mène vers la montagne où il me mène sur une piste où je suis enlisé. Nous voyons des ruines puis on s'occupe du désenlisement, en creusant avec ma pelle, en mettant des branchages et je dégonfle un peu les pneus. Je sors une première fois pour me réenliser, et Georges prend le volant pour finir.

Nous quittons le villageois près de chez lui en lui donnant 5 dinars chacun, plus un t-shirt par Georges. Georges s'arrête à plusieurs boutiques pour chercher de l'eau fraîche. Je ne trouve rien d'autre qui me plaise qu'un kilogramme d'oignons pour un dinar et demi, alors que je voulais en acheter cinq. Dankey va vers une station-service et je suis Georges et Claire qui trouvent le site de Nuri. Elle fait une photo de loin, le moteur allumé, et ils repartent. j'ai le temps de faire une photo. On fait le plein de carburant. Georges cherche un peu Danke dans d'autres stations et nous le trouvons aller vers nous alors que nous venions de prendre la route. Nous faisons une longue traversée du désert. Je mets les Bérus pour ne pas m'endormir. Nous arrivons enfin près du Nil. J'achète rapidement deux pastèques, plus difficiles à trouver que tous les sodas que boivent les trois autres pour se désaltérer. Enfin nous cherchons vainement un lieu où dormir près du Nil et sommes arrêtés près d'un canal où je me baigne habillé suivi par Dankey. Puis nous mangeons du riz avec de la tomate, des oignons et du thon.

 

Lundi 6 septembre 2010

Je me réveille à 3h et demi, continue à lire Contre la nouvelle Philosophie que j'avais un peu commencé la veille, puis allume l'ordi qui bogue; alors je me masturbe en lisant des récits érotiques et éjacule sur un pain que je mange.

Nettoyant mon capteur, je n'ai pas démarré que j'entends qu'il se passe quelque chose derrière la butte où les autres ont disparu. Je vais voir à pied: Georges est enlisé dans le chemin qu'il a choisi. Nous le faisons sortir et je le suis dans un chemin difficile. Un militaire monte à côté de moi nous indiquer le chemin et nous faisons une vingtaine de kilomètres pour revenir où nous étions la veille. J'achète des poivrons, les tomates et les carottes sont bien onéreuses. Nous traversons le pont puis le désert pour voir sur notre gauche les pyramides funéraires de Méroé, splendides dans un sable ocre avec avant d'y arriver des cailloux qui me font penser à Mars, surtout à travers les lunettes de soleil qui réchauffent les couleurs.

Georges palabre avec les autochtones qui se reposent à l'ombre devant le site, veulent nous vendre des babioles touristiques et un tour en dromadaire sur le site. Nous payons les 20 dinars d'entrée, après que Danke ait voulu voir les tickets et Georges ait dit que ce n'est pas la peine qu'on en ait, qu'il se garde la monnaie. Je reste le plus longtemps sur le site, magnifique. Le sable brûle les pieds alors j'essaie de l'évacuer vite. Claire a pris la précaution de mettre des chaussures fermées.

Je les retrouve à l'ombre avec les autochtones, en train de somnoler sauf Dankey avec qui je discute. Je plaisante en disant qu'il fait tellement chaud que lorsqu'on pisse, ça s'évapore avant d'atteindre le sol. En fait, alors qu'ils disent qu'il fait plus chaud, je soufre moins de la chaleur que la veille, sans doute car j'ai de la pastèque. Je me sens très en forme, l'effet des fruits et de leurs vitamines plutôt que de prendre des sodas. Lorsqu'il se lève, Georges dit que les enfants sont respectueux, ils ne font pas de bruit. Je pense que j'ai dû l'ennuyer... Les trois enfants veulent des stylos mais un commence à m'en prendre un, alors je n'en donne qu'aux deux autres. J'embarque un des autochtones. Il y a beaucoup de camions très longs à double remorque, et Dankey n'a pas vu aussi long ailleurs qu'en Australie.

Nous arrivons à Shengi où Georges prend du temps à changer de la monnaie, alors que je cueille du basilic dans un pot. J'achète dix oranges dont je mange vite presque la moitié.

Une comptable à l'hôpital, Racha, vient nous parler.

Nous suivons Georges vers le Nil, et en nous parquons nous nous enlisons tous les deux.

Une fois dégagés, je vais me rincer et Dankey se baigne. Je lis des Brèves de comptoir qui ne font pas rire Georges.

"Qui était Jésus? Ça, mon pote, demande plutôt à René." (Jean-Marie Gassio,  Brèves de comptoir, 1987, Michel Lafon, p. 52).

Nous mangeons une bonne salade de riz avec des tomates, de l'oignon, du basilic et ils finissent avec de la pastèque de Dankey qui voulait faire comme moi. Je préfère manger de la confiture de fraise sur du pain sec.

Je finis l'excellent roman sur un autiste, "Le bizarre Incident du chien pendant la nuit", que je viens de retrouver, puis un peu de Coluche:

"A un moment, je me suis dit: je préfère être clochard que travailler. C'est à ce moment que j'ai pu devenir artiste." (Coluche, Pensées et anecdotes, Le Cherche Midi, 1995).

 

Mardi 7 septembre 2010

Le vent fort m'a réveillé dans la nuit. J'entendais des cliquetis comme si on essayait d'ouvrir la porte et ne voyant rien, je compris qu'il s'agissait des branchages contre la carrosserie.

Georges voudrait arriver avant midi à Khartoum mais il prend son temps le matin en briquant son camion, puis en prenant de l'eau.

Pour la première fois, je vois des prairies vertes qui me font plaisir. Elles disparaissent avant d'arriver à Khartoum, embouteillé. Dankey me demande où on va et je dis que je devine que Georges veut toujours aller à l'ambassade éthiopienne malgré qu'il soit 13h. Nous la trouvons fermée. Il faut des dollars, une photocopie de passeport et deux photos. Le gardien nous informe que les Allemands sont passés le matin et ont questionné à notre propos. Ensuite je les suis aller vers le campement mais les perds à un carrefour embouteillé. Je tourne pour les retrouver en vain, puis me repère pour trouver le campement près du Nil. Je me gare à côté sous un arbre et les rejoins alors que Claire prépare la salade. Je retourne chercher mon huile d'olive, mes poivrons et des fruits à partager. Je fais la vaisselle puis pars au centre ville pendant qu'ils s'occupent de nettoyage dans le camp qui coûte cinq dollars par nuit. Je trouve d'abord le Centre Culturel Français, fermé pour cause de ramadan, puis l'allemand qui est ouvert. Un jeune comptable m'aborde, m'emmène pour faire la photocopie qu'il tient à payer puis dans une première boutique internet qui refuse que je branche mon ordinateur pour cause de virus, puis dans un second où il s'installe aussi. Ca coûte seulement une livre et demi par heure mais l'homme qui est là refuse que je paie à la fin: c'est peut-être un client ou le comptable a payé, et je ne vois personne d'autre à la boutique avant de partir.

Je vais vers le quartier pour changer cinquante euros en dollars. On me propose 55 dollars que je refuse, puis un autre homme me fait attendre dans une boutique de téléphones puis dans une autre. Je parle français à un homme dont la mère est congolaise et je parviens à obtenir 50 dollars et 30 livres soudanaises. Lorsque je pars, on me demande des livres et de suivre, ce que je refuse car je ne comprends pas et pars de mon côté. Vers la mosquée, je prends des photos jusqu'à ce qu'on me fasse signe d'arrêter et que d'autres personnes me disent de ne pas photographier. Je vois un attroupement près d'un camion de distribution de nourriture que je n'ose photographier, et au crépuscule, je reviens en contournant le grand bloc du palais présidentiel. Je retrouve les autres au campement. Dankey me confirme l'authenticité de mes cinquante dollars. Ils veulent aller à internet. Un membre du club nous dit que c'est la saison des pluies et la route vers Nairobi est infernale. Dankey part vite car il doit communiquer avec sa petite amie, suivi par Georges et Claire à qui je propose la carte de mon guide. Claire me répond qu'on se débrouillera sans et je comprends qu'ils veulent être seuls. Je m'arrête à mon van sans réaction de leur part.

Moi aussi je veux bien manger et je cherche une boîte de haricots achetée en Grèce, longuement car je m'en étais servi le matin pour caler le bidon d'eau qui fuit. Et même lorsque je l'ai trouvée, je l'égare encore dans l'obscurité. Je savoure les haricots sucrés, salés.

J'ai très chaud, j'ouvre un peu une fenêtre pour éviter le bruit du ventilateur et peut-être qu'un escadron de moustiques passait par là. A 0h24, je me réveille et ne me rendors que vers 3h. Avec les moustiques et la chaleur, la nuit est difficile.

 

Mercredi 8 septembre 2010

Je me prépare pour rejoindre les autres et vers 8h20 alors que j'allais les rejoindre, je vois le camion de Georges et Claire qui passe à côté de moi... Je vais vite au campement et rencontre Dankey (qui avait acheté son visa au Caire) qui me dit qu'ils sont partis à l'ambassade éthiopienne qui est à 2 km. Il me dit qu'il doit écrire son blog pour ses parents et sa petite amie qui s'inquiète, et ne peut pas y mettre que les gamins en Éthiopie jettent des pierres sur les véhicules ou que la route au nord du Kenya est terrible. Je décide d'y aller à pied et m'arrête d'abord à l'église catholique où c'est encore une demi-heure de palabres et d'attentes avant que je décide à 9h et demie d'aller à l'ambassade. J'achète et commence à manger une boite de gros haricots. Sur le chemin, je vois le camion des Français arrêté. Georges, étonné, me demande: - Tu es venu à pied? Je réponds: - Oui, je me balade, je prends des photos; et on va pas venir à quinze voitures. Claire m'indique où c'est et qu'ils auront les visas à 15h. J'arrive et à l'accueil on me dit que je viens trop tard, qu'il faut revenir lundi! Je commence à expliquer que je suis avec les Français, que je vais me retrouver seul, la sécurité, je supplie et il appelle à l'intérieur où on m'autorise à entrer. Je me ballade vers le centre en attendant 15h et soudain un policier m'interpelle, me fait monter dans un bus et me questionne. Il m'emmène dans un bureau de police à la gare fermée où son supérieur regarde aussi les photos. Je dis que je peux les effacer, il est d'accord et on ne le fait pas. Ils me parlent de permis de photo. Je dis que c'est dans la voiture et ils me relâchent.

Ils m'ont indiqué un mauvais chemin vers l'ambassade où j'ai décidé de retourner aussitôt par précaution, car on m'y a dit que c'était jusqu'à 15h30. Pensant acheter une boisson à la mangue, je suis finalement tenté par une boisson au raisin, plus rare, et prends dans un autre réfrigérateur un snicker. J'arrive à 14h30 à l'ambassade où je fais quelques ablutions avant d'obtenir tout de suite mon visa.  J'achète une moustiquaire dans une pharmacie. Je vais vers la jonction des deux Nils mais lors d'une pause car je suis exténué, une femme me montre à un jeune blanc qui cherche un hôtel car le sien est sale, les W-C faisant douche. Il est allemand et s'appelle Christoff et vient de prendre le bateau de Wadi Halfa et va vers l'Afrique du sud. Je lui propose mon van pour l'Éthiopie mais il préfère aller à Méroé d'abord, ce en quoi je lui donne raison en lui montrant des photos. Il me parle de faire son visa à la frontière. Je n'avais plus pensé à l'éventualité (hasardeuse) de faire ainsi. J'arrive au bord du Nil mais après un autre repos, je renonce à continuer. En revenant, je vois un énième ministère: le Ministère du Conseil des Ministres... Je dois faire tout le tour du palais présidentiel: ne sont autorisées que les voitures classiques le long du Nil, et mon van avait aussi été détourné deux fois la veille alors que je cherchais les autres. À l'église, je poireaute encore une heure et demie, mais je me repose, boit de l'eau et écris.

Puis je retrouve Georges et Claire qui n'ont visité. Ils me parlent d'un gars du Burundi qu'ils ont vu à l'ambassade, parle français et rentre au pays. Ils lui ont donné rendez-vous demain à 8h30 pour l'emmener bien que Georges dise qu'il n'aime pas trop avoir tout le temps quelqu'un d'autre. Ca s'éclaire pour moi. Je propose de prendre ce gars et ils partent pour internet avec le camion.

Je prends une douche et rentre manger de la sardine à la tomate avec du pain dur humm miam miam c'est bon puis commence à travailler sur l'ordi. Je vois passer Dankey que j'interpelle. Il vient par l'avant, justement là où j'ai fait la grosse vidange du W-C ce matin (il était bien étanche, ce qui m'a fait le laisser se remplir longtemps). On parle un peu mais je suis gêné. Il est resté cinq heures sur internet.

Après je ferme vite tout car je sens déjà des moustiques que je dois essayer de zigouiller.

Je ne parviens pas à me connecter avec les codes que m'a donné Père Martin, comme lui d'ailleurs. Je sue abondamment et éteins l'ordinateur pour mettre le ventilateur, me couche sous la moustiquaire.

 

Jeudi 9 septembre 2010

Je me réveille dans la nuit à cause des moustiques. Puis j'entends quelqu'un qui se déplace rapidement autour du van, ouvre la porte avant-droite que j'avais oublié de verrouiller. Je surgis dans la moustiquaire comme un fantôme. Il referme la porte que je parviens difficilement à verrouiller, empêtré dans le tissu, et il part en trottinant. Les moustiques me piquent à travers les parties de la moustiquaires collées à ma peau. Je reste le bras en l'air pour l'écarter de moi et me masturbe un peu pour m'occuper. Mais je pense que je ne vais pas rester des heures ainsi. Je ne trouve pas l'aérosol anti-moustiques. Le bracelet à la citronnelle semble inefficace alors j'allume. L'ordinateur pour lire un récit érotique et finir de me masturber.
Puis je m'endors enfoui dans la housse de couette et me lève à 7h. J'ouvre vite le store arrière pour faire rentrer le soleil et faire partir les moustiques qui semblent bien ici. À 8h10 je rejoins Georges et Claire. Dankey dort encore. J'espère que le Burundais va venir. En retard, il arrive enfin. Il est venu avec deux autres venus l'accompagner pour le départ. Il s'appelle Célestin. Dankey est prêt. Georges suggère que nous partions avant, comme nous sommes prêts, et que j'emmène Célestin. Nous allons d'abord vers une tombe et le souk d'Omdourman. C'est décevant, car on ne trouve rien de spécial et on doit repartir en arrière. Comme Dankey veut faire des courses, on a la chance de passer devant le grand centre commercial et je suis content de pouvoir manger chaud des patates frites et du poulet pané avant d'acheter quelques boissons, des haricots aux oignons et des sardines, alors que Dankey a acheté beaucoup d'eau. Mais je n'ai pas trouvé de chocolat.

Après nous quittons enfin Khartoum. Célestin me dit qu'il n'a pas de famille, que c'était la guerre civile au Burundi. Il était huit mois dans une école coranique pour pouvoir s'en sortir et gagnait trois dollars par jour à repasser des vêtements dans des conditions pénibles. Il a 270 dollars pour partir à l'aventure. Il me parle d'une Roumaine, Nina, qui travaille pour l'ONU au sud du Soudan et qu'il a connue au Burundi lorsqu'il travaillait chez un Etats-Unien.  Je parle à Célestin de la crise financière, des risques prochains, du 11 septembre 2001 à propos de quoi il pensait aussi que c'était fait par des États-Uniens. Puis des vaccins, des virus, du sida. Il ne comprenait pas pourquoi il y avait plus de sida en Afrique qu'en Europe alors qu'il y a beaucoup moins de liberté sexuelle. Ca confirmait ce que j'avais lu dans Les Dix plus Gros Mensonges sur le Sida, et je lui expliquai que ce n'était pas une maladie virale mais de quoi il en retournait. Le paysage arborait maintenant de très jolis, que dis-je de magnifiques verts, et il y avait de beaux villages de huttes rondes avec des toits coniques en paille. Après le dernier contrôle de police, j'appris par Célestin qui avait vu son passeport que l'Anglais s'appelait Duncan (Johnson)... J'ai choisi de m'arrêter près d'un point d'eau au pied d'une de collines qui apparaissent depuis peu dans la plaine constante. Je voulais faire du ménage et installai des crochets pour les anneaux aux coins de la moustiquaire. Je commençai à fatiguer et Célestin s'avéra plus actif que moi pour nettoyer avant que nous ne nous couchions à 20h.  J'avais l'impression d'être Robinson avec Vendredi.

 

Vendredi 10 septembre 2010

Je dormis bien, juste interrompu par un vent qui me fit fermer la fenêtre puis, juste avant 4h par la soif et le besoin d'urine et j'allai devant. Célestin aussi se réveilla. A 5h20, il plut doucement.

Comme j'avais une huitaine d'œufs que j'avais achetés pour manger avec Georges et Claire, qu'ils me les ont rendus la veille et que certains sont déjà cassés, je prépare une omelette aux oignons avec Célestin, alors que Duncan dort toujours. Après, durant plus d'une demi-heure, je gravis la colline avec mon sac photo, ce qui est difficile car elle est jonché de cailloux et il y a beaucoup d'éboulements. Le panorama est superbe, Au retour, je parviens à rejoindre et suivre une veine rocheuse, et nous partons.

80 km plus loin, nous rejoignons le camion de Georges et Claire que je croyais derrière nous. La veille, ils ont rencontré un Britannique, Robert, qui parle parfaitement français car il a vécu en Bretagne, et est parti en vélo de Cape Town il y a six mois pour rejoindre Londres.

Nous repartons sans eux jusqu'à Gedaref où nous trouvons dans les chemins boueux des sandwichs chauds pour une demi-livre, et je fais quelques photos. En cherchant de l'essence, Duncan tombe dans la boue.

Arrivés à la frontière, on veut nous vendre du carburant au triple du prix de Khartoum, et nous faisons toutes les démarches, rejoints par Georges et Claire. Encore 28 livres à payer au Soudan.. A la frontière éthiopienne, pour la première fois depuis la Syrie, nous n'avons rien à payer pour le véhicule. Nous apprenons que c'est le nouvel an 2003 ce soir et qu'il y a cinq jours de congés, car ils ont douze mois de trente jours auparavant. Je suis le dernier à repartir car je tente vainement de changer de la monnaie à un taux intéressant: comme le répétait Duncan, je ne veux pas me faire trouducuïsé (assholed) et dans un village, je les retrouve sirotant des bières comme ils en rêvaient depuis les pays musulmans. Je fais un tour pour des photos avec Célestin, puis comme je vois qu'ils s'attardent et que l'arrivée à Gonder ce soir est compromise, eux-mêmes renonçant à dormir à l'hôtel en ville pour dormir à la campagne pour pouvoir prendre une douche, nous décidons de partir. Il y a beaucoup de gens et d'animaux sur la route, ce qui fait me souvenir de la route le long du Danube en Roumanie il y a neuf ans, et des enfants qui utilisent des fouets, des bergers avec des fusils qui rappellent de mauvais souvenirs à Célestin. Le paysage de collines verdoyantes est magnifique. Célestin me dit que, lorsque je gravissais la colline, Duncan, informé par Georges et Claire, lui a dit que Fabienne était timide et ne parlait pas beaucoup. La route monte, il fait nuit. Je suis ensommeillé et je m'arrête lorsque la route devient brumeuse. Il fait froid dehors. Nous mangeons de la sardine avec des haricots et de l'oignon et nous couchons à 20h.

 

Samedi 11 septembre 2010

 Réveillé à 5h moins le quart, je compute, alors que beaucoup de gens passent dans ce coin isolé avec des lampes et font claquer le fouet. Il y a un petit attroupement autour de moi. Je n'ouvre pas la fenêtre: il ne fait que 19 degrés dans le van.

Nous nous habillons plus chaudement et partons. Puis je me souviens qu'on avait oublié des bouteilles d'eau de Duncan dehors en se couchant, et qu'elles ont donc été volées. Nous arrivons à Gonder, avec quelques rues pavées, quelques bâtiments triplement séculaires, et les collines verdoyantes alentour, ça me fait penser à Ouro Petro au Brésil. Nous achetons un kilogramme de bananes, un d'oranges et cinq œufs. Il y a du sang dans des flaques et un grand marché de moutons, avec aussi des hommes qui ramènent juste la peau de l'animal. Nous mangeons un samossa aux lentilles, légume qu'ignorait Célestin, et allons quelques minutes sur internet avant d'acheter six autres samossas. A 13h, nous partons après avoir vainement attendu un texto de Duncan pour que je lui rende ses affaires.

Nous allons vers Bahir Dar mais c'est plus long que prévu, et nous ne longeons jamais le lac Naka contrairement ce que fait penser la carte. La campagne est splendide. Célestin me dit qu'au Burundi, on dit que les fruits c'est pour les enfants... Il consulte un magazine de luxe kényan qui le fait rêver. Je lui fais lire des Brèves de comptoir et nous rions bien. A un des nombreux arrêts où nous sommes en particulier sollicités pour acheter des fleurs jaunes, un jeune homme me demande un livre en anglais et je lui donne le magazine que m'avait donné le père d'Ahmed en Syrie. A Bahir Dar, nous atteignons ce qui semble être l'unique accès public en ville, avec beaucoup de gens assis sur des gradins comme devant un spectacle, et une jetée payante. Il y a beaucoup d'aveugles, d'handicapés, mendiants, une église à côté. J'achète une tablette de chocolat, et aussi, sous l'influence de Célestin, un paquet de M&M'S, heureusement car le chocolat n'est pas à mon goût, pas assez fondant, et je préfère les bonbons, à l'inverse de mon compagnon.

Lorsque le Soleil réapparaît, nous repartons en prenant le chemin le plus court qui s'avère être le plus lent, car en terre, et à un embranchement où nous nous renseignons, un autostoppeur s'impose. Au crépuscule, je veux m'arrêter au bord d'une rivière mais l'autochtone reste là et nous comprenons qu'il ne va qu'à quinze kilomètres. J'en fais 22 avant de m'arrêter près d'un pont, et il reste debout près du van alors que nous allons nous coucher.

 

Dimanche 12 septembre 2010

Je me réveille à 1h45 alors qu'il pleut bien. Le froid (17°) et la paresse me paralysent une heure jusqu'à ce que je vois mon haut à capuche et m'installe à l'ordinateur. En lisant des histoires, je me masturbe jusqu'à éjaculer dans une mini-serviette que j'avais trouvée.

A l'aube, à 5h54, j'entends soudainement notre indigène qui est debout de l'autre côté de la route. Je me demandais où il était passé avec la pluie, sous le van ou ailleurs...

Lorsque Célestin se réveilla, on se prépara vite. L'autostoppeur avait dormi dans un bois à côté. Avec la pluie, je m'étais demandé s'il était parti ou dormait sous le van. Je lui offrai une banane et du pain qu'il dévora. Il descendit dans un village à sept kilomètres. Il comptait donc par doubles kilomètres. Je me demandai pourquoi il n'avait pas fait à pied ces derniers kilomètres en une heure et demie plutôt que de rester toute la nuit.

En regardant la carte, je m'aperçois que nous ne sommes même pas sur la route vers la cataracte du Nil, qui est une impasse de 30 km.
Lors d'un des arrêts photo, un homme me montre ses pieds nus, étant le seul non chaussé; je lui offre mes chaussures boliviennes.

Je suis ensommeillé et cherche une rivière avec peu de gens. Je trouve un ruisseau. Je nettoie le WC pendant.que Célestin prépare l'omelette aux oignons. Puis, mon stock de vêtements propres étant épuisé, je fais ma première lessive dans le lavabo: deux chemises, un pantalon et les chaussettes recouvertes de végétation d'Éphèse. Nous continuons sur cette route terreuse et cahoteuse que nous avons hâte de quitter, et qui me rappelle. Ma traversée de l'intérieur du Pérou. La météo alterne entre soleil et pluie. De nombreuses personnes font de l'autostop sur cette route où passent peu de véhicules, surtout des bus et des camions.

Traversant. Un village, je chante:

Les maisons sont tout marron

Du sol au plafond

Les gens sont aussi tout marron

De la tête aux arpions.

Au bout de plus de 200 km, nous arrivons enfin avec soulagement au croisement de la route asphaltée, où la foule me dissuade de m'arrêter pour photographier le carrefour aux panneaux Coca Cola et Pepsi Cola. Je ne parviens malheureusement pas non plus à m'arrêter à Dejen (dont les habitants s'appellent les déjénérais), même lorsque des devantures colorées et ensoleillées me tapent l'œil. Je m'arrête à une église à la sortie puis c'est une longue descente sur une route aux dénivelées soudaines, comme si la route était molle, jusqu'à un pont récent qui enjambe le Nil, puis une longue remontée vers un autre plateau, avec des arrêts à un pont étroit de l'ancienne route, à une cascade et à un camion citerne renversé à un éboulement de la route.

Après, des huttes me font penser au. Village d'Astérix le Gaulois. Le Soleil bas, les arbres et les maisons traditionnelles me font penser à des tableaux hollandais de plusieurs siècles. Je prends des photos.

J'ai faim et demande à Célestin de préparer des sardines avec des haricots et de l'oignon et des épices brésiliens. Je lui enseigne le maniement d'un ouvre-boîte et j'ai encore l'impression d'être Robinson. Je tousse à cause de la quantité d'épice. Nous passons un col où il y a un peu de neige et après un plein de carburant à Fiche, un premier arrêt qui s'avère devant un camp militaire, nous allons nous coucher après avoir chié, moi dérangé car il y a toujours des gens dans ce pays de 75 millions d'habitants.

 

Lundi 12 septembre 2010

Réveillé vers 4h40, je préfère écrire au lit en attendant le réveil de Célestin plutôt qu'aller devant sur l'ordinateur. Nous partons vite. Il fait 13 degrés dedans. Je m'arrête à Debre Libanos où nous devrions trouver un monastère et où nous nous nous baladons. Comme nous avons faim et qu'il n'y a plus grand chose, nous entamons les pruneaux qu'il découvre et n'aime pas. Je pète beaucoup et j'ai la diarrhée. Je trouve enfin un bois mais même là je ne suis pas seul et j'ai un collègue. Pendant ce temps, Célestin a pris l'initiative de préparer encore des sardines avec haricots et oignons. J'aurais préféré les pois chiches pour changer. Puis nous arrivons au nord d'Abbis Abeba, nous repérons bien pour nous garer au pied de l'église Saint-Georges. Comme pour les autres églises, les gens n'y rentrent pas. Nous nous allons vers le Centre Culturel, achetant des bananes au passage. Je lis un magazine informatique et un autre scientifique sur la séduction, en regardant un peu TV5. Je pourrais y passer des jours. Puis Célestin veut appeler un contact burundais, Alexis. Nous achetons des oranges, des paquets de nouilles chinoises, du chocolat noir et des biscuits digestifs puis allons sur internet avant de retourner au van. Nous allons vers la cathédrale mais Alexis dit qu'ils peuvent se retrouver au bistro Romina. En y allant, nous essuyons une pluie torrentielle, heureusement protégés par mon parapluie. Alexis nous rejoint avec son épouse éthiopienne avec qui il parle en anglais. Je vais aux toilettes pour mettre mes chaussettes trempées dans mes poches. Ils prennent du café et moi un copieux plat de riz avec du bœuf. Puis je prends un café. Ils parlent en kirundi. Puis vient Jeff, un autre Burundais qui me parle plus en français. Alexis nous conduit à pied à la lointaine ambassade kényane et nous revenons en bus au van pour aller avec chez la famille d'Alexis où il y a bientôt une coupure d'électricité tandis que je regarde ses photos de mariage. Puis on nous fait goûter une boisson traditionnelle qui ressemble à du cognac et boire du café éthiopien très sucré. Alexis nous guide jusqu'à chez Jeff qui parle longuement de problèmes administratifs pour sortir du pays et nous montre un concert devant le Taj Mahal, un autre d'Andrea Bocelli en Toscane et une émission de concours de danse avant qu'on se couche enfin à minuit et demi.

 

Mardi 14 septembre 2010

Le réveil sonne à 6h car je dois sortir mon van pour laisser passer une voiture. Jeff nous prépare une omelette et nous emmène dans le dédale de ruelles vers la route. Nous marchons d'abord longuement vers la Wym's Holland House laisser ses affaires à Duncan, puis montons longuement vers l'ambassade du Kenya où je paie mon visa plus avantageusement en byrs qu'en dollars, mais je dois attendre demain 15h pour l'obtenir. J'achète un jus d'ananas et un de pomme et nous restons assez longtemps dans un restaurant où il prend un hamburger et moi un plat éthiopien avec de la viande peut-être pas fraiche, que je dois manger sans couverts dans du pain comme de la crêpe au sarrasin, et des patates frites trop grasses. Célestin hésite à rester en Éthiopie et je le convaincs de continuer avec moi. Nous retournons à Romina où Célestin avait oublié le parapluie et parvenons à le récupérer à la caisse. Puis nous allons au Centre Culturel Français où je somnole un peu puis lis des magazines. La question de savoir qui sera ou pas président de la République française, récurrente, me semble dérisoire. Par contre, je suis marqué par le fait dans Science et Vie que si entre l'Inde et le Pakistan, il y avait une centaine de tirs nucléaires, soit 0,3% de l'arsenal planétaire, les incendies causeraient un effondrement des récoltes et, selon le titre, "Le principal effet d'un conflit nucléaire serait la famine", et dans un autre numéro par la forte augmentation du blé cet été. Je montre cela à Célestin puis nous partons vers chez Jeff. La marche dure deux heures vers son quartier où nous achetons du pain et du miel, puis nous nous perdons une heure et demie dans les ruelles obscures et boueuses. Alors que je pense le faire, Célestin me demande de cacher mon appareil photo. Il tente plusieurs fois d'appeler Jeff; en vain. Mes jambes sont douloureuses et à l'arrivée, je reste dans le fauteuil à somnoler. Je consulte mes mails, trop fatigué pour écrire, et déçu de ne pas trouver de réponse de Fabienne qui ne m'envoie qu'un texto sur ce qu'elle fait le soir. Je n'ai pas faim mais Jeff a préparé beaucoup de riz avec un peu de viande et des légumes. Je vois qu'il a mis un film sur une chorégraphe débutante new yorkaise noire Je ne finis pas mon assiette et Jeff me propose d'aller me coucher, ce que je fais malheureusement sans aller aux toilettes, et vite rejoint par les autres.

 

Mercredi 15 septembre 2010

Toujours sur un bord, je suis encore découvert et me lève à 6h pour aller aux toilettes puis j'écris sur le fauteuil avant qu'ils ne se lèvent. Je lis un peu d'histoires érotiques, renomme des photos. Ils se lèvent à 9h. Je mange un peu de riz de la veille puis de l'omelette en sandwich avec du thé. Je fais des sauvegardes, lis quelques histoires.

À midi et demi, je propose enfin qu'on aille au merkato, peut-être le plus grand marché d'Afrique. Jeff, qui se reposait en attendant un rendez-vous avec un diplomate, vient avec nous et nous guide. Il aurait pris des photos s'il avait su que nous partions aujourd'hui. Alors qu'il faisait soleil toute la matinée où nous étions enfermés dans la chambre obscure, il commence à pleuvoir lorsque nous arrivons. Je n'imaginais pas qu'il était traversé par les rues. En voulant sortir par l'avant, Célestin arrache le rétroviseur que nous ne parvenons pas à remettre. Comme il pleut de plus en plus fort, nous partons vers l'ambassade du Kenya où j'obtiens vite mon passeport. Mais je reçois un texto d'une commande de photos qui m'incite à rester mais Jeff a son rendez-vous et nous guide vers notre route, qui s'avère embouteillée et fort pluvieuse jusqu'à Debre Zeit, où je n'ai pas assez de volonté pour m'arrêter faire des photos. Plus loin, la beauté du lac Ziway me fait prendre des photos.

Célestin prépare de la sardine avec de l'houmous et des oignons. Alors que je cherche à dormir à la campagne, nous arrivons à Ziway où je trouve un endroit où dormir. Puis je me souviens des photos à envoyer, et je cherche une boutique internet, suivi par Célestin et poursuivi par deux gamins qui veulent me vendre du chewing-gum. Puis nous retournons nous coucher.
 

Jeudi 16 septembre 2010

Réveillé une première fois à une heure et demie à cause des moustiques que nous ne soupçonnions pas dans la fraîcheur, je me lève pour préparer longuement les photos. Puis nous faisons un tour de la ville, poursuivi par les mêmes enfants. Nous partons et je ne parviens guère à m'arrêter faire des photos.

Je passe la plus grande ville du sud, Asawa, sans m'en rendre compte, et m'arrête à Dilla pour tenter vainement durant trois heures d'envoyer mes photos. Là, je vois enfin un message de Fabienne, mal placé à cause d'un problème de datation.

Il y a de la forêt humide. Nous dormons dans un chemin forestier.

 

Vendredi 17 septembre 2010

Je me réveille plusieurs fois dans le froid mais déprimé et ne trouvant pas le tournevis pour accéder à l'ordinateur, je reste au lit jusqu'à l'aube, jouissant bien dans un bol métallique.

Nous ne levons qu'à 6h30. J'essaie de voir en vain ce qui craque sous moi lorsque la route est cahoteuse. La veille, Célestin a acheté de succulents fruits, des cœurs de bœuf, qu'on ne trouve qu'à l'état sauvage au Burundi, mais pas dans la capitale. Contrairement à hier, il fait soleil. Je m'arrête bien pour faire les photos. Après qu'on voit des dromadaires, il y a une troupe de singes gris à visage noir qui s'enfuient lorsque je m'approche, et de là je prends un vieil auto-stoppeur et lorsque je le dépose, une femme fait monter une plus vieille femme aux yeux étrangement clairs, qui me font penser à un serpent et à de la sorcellerie. Puis, surtout lorsqu'elle descend, je comprends qu'elle est quasi-aveugle. Les deux avaient bien de la difficulté à monter les vitres avec la manivelle, ou à ouvrir la porte. Après, nous voyons aussi des mini-antilopes, et un cadavre de gros "raton-laveur" tué par un véhicule.

Nous arrivons à la frontière à Moyale où la pause déjeuner des douaniers me permet de faire un tour photo. Les formalités des deux côtés sont excellentes. Au Kenya, ils doutent qu'un véhicule bas passe jusqu'à Marsabit et nous prenons la route qui n'est pas si terrible que ça. A un moment, il y a à la fois les antilopes, les oiseaux au bec crochu et des petits mammifères rassemblés que je photographie.

Nous nous arrêtons après le plus grand village, Sololo, et préparons une soupe aux nouilles chinoises (mais pour Célestin, c'est une soupe arabe) et aux oignons dans le fond d'huile de sardine. Célestin a peur de s'éloigner à cause des tigres, qui pourtant mettraient du temps à venir d'Inde. Je lui propose de dormir tête-bêche pour être plus à l'aise.

 

Samedi 18 septembre 2010

Après de beaux rêves (je me souviens de Luc-Laurent avec moi à la poste à La Réunion, d'examens d'études), je vais sur l'ordinateur. Nous partons à 6h30. Nous prenons d'abord en stop une mère et sa fille, j'imagine. Puis une famille nous arrête pour faire monter deux jeunes filles puis change d'avis. Puis la route devient caillouteuse. D'un camion arrêté on nous fait signe et on fait monter une jeune femme en tailleur en attendant qu'il soit réparé. Les gros véhicules laissent des sillons et j'essaie d'éviter de trop faire taper le véhicule sur les cailloux. Je crains pour le carter d'huile car c'est l'endroit le plus bas. Mon moteur calé, je ne parviens pas à démarrer et je trifouille la connexion de la batterie pour repartir. Le camion de la jeune femme nous rattrape et nous la reprend. Mes voyants s'allument par intermittence et je crois que c'est la connexion de la batterie mais il me semble entendre un drôle de bruit pour contrôler le carter d'huile. C'est ça. Ca fuit. Le réparateur d'Istanbul a dû confondre tous les voyants et c'est uniquement celui d'huile qui aurait dû s'allumer pour ne pas me tromper. Là c'est grave. Il est 14h et nous avons fait 127,8 km. Célestin essaie à plusieurs reprises de boucher le trou avec de la colle silicone. J'ajoute ce que j'ai comme huile. Je redémarre, entends un bruit anormal et arrête de suite. Je recontrôle le niveau d'huile et il me semble très bas. Après un premier camion qui ne s'arrête pas, on demande à acheter de l'huile mais ils comprennent du gazole. Ils ont de l'huile de récupération qu'ils préfèrent ne pas vendre et Célestin à qui j'ai donné tous les shillings monte sur le camion vers Marsabit à 80 km. Je répare la connexion du haut-parleur mange de la sardine à la tomate, essaie de connecter une antenne à la radio puis écris allongé derrière.

Alors que je renomme les photos, un camion s'arrête et le conducteur s'enquiert de mon sort et me propose une orange que je refuse. Il est 18h11 et je m'aperçois que c'est le crépuscule. Sept minutes après, un camion citerne s'arrête aussi.

Puis c'est un tout-terrain qui s'arrête. Je dis encore que c'est ok. Je parle au van, le touche, le caresse. La Lune éclaire avec son étrange lumière, faible aux ombres nettes. Un camion s'arrête brièvement puis un autre si longuement que je crois qu'il y a Célestin, mais il repart. Juste après un autre camion et là il y a Célestin. Le camion reste longtemps, bloquant deux autres camions qui restent encore après son départ. Célestin a ramené de l'huile, de la superglu, et des beignets et des samossas que je dévore. Puis il se couche dans le même sens que moi.

 

Dimanche 19 septembre 2010

Avec ce fort vent d'est permanent, je me réveille à 2h et demie, puis rêve agréablement (je me souviens que Corine s'y occupe de moi, qu'Isabelle S. que je reconnais à la sortie d'un spectacle ne me répond pas). Célestin a mis le grand coussin vert entre nous deux.

Pendant que Célestin ajoute de la superglu en se protégeant du vent en alignant le cageot et les deux parties du WC, je me tonds la barbe. Puis j'ajoute l'huile, la seule qu'il y avait, spéciale pour camions à kilométrage élevé, très noire et visqueuse.

Je démarre et j'entends un bruit strident qui me fait presque arrêter mais on n'a pas trop le choix. Le bruit cesse. L'huile semble ne pas couler et après 1,2 km, je m'arrête pour contrôler la fuite et compléter le niveau d'huile à l'horizontale. Je m'aperçois que c'est inondé derrière car Célestin a mis le W-C  à l'envers. Parfois il m'étonne. On éponge et on repart. A chaque démarrage, il y a un bruit de cognement suspect mais l'huile ne coule plus.

Je fais un arrêt pour photographier une autruche solitaire depuis le van, puis elle s'éloigne d'une course souple lorsque j'en sors; puis le cratère d'un volcan. Un homme muet avec une bonbonne d'eau mendie et on lui donne un beignet.

A Marsabit qui ressemble à une ville de western, je fais des photos, on achète à manger au marché, on cherche en vain internet à haut débit et on repart avec le plein de gazole. Je m'arrête à un village proche, Karare, pour photographier des indigènes en tenue traditionnelle, c'est une négociation pour faire des photos et ne pas payer, et je discute avec un anglophone ingénieur, Abdulay Latif.

Nous sommes sur un plateau verdoyant

On continue sur cette route où les difficultés alternent: sillons profonds, vaguelettes perpendiculaires sautillantes, cailloux, pierre, sable.

Je m'arrête pour photographier des animaux, des arbres, et au village de Laisamis, où les indigènes mendient toujours. Le Massaï m'assaille...

Au crépuscule, à la fin du village de Merille, je vois une maison abandonnée qui m'incite à m'arrêter pour la photographier le matin. Nous sommes assaillis par une bande de jeunes pendant que Célestin prépare une salade d'avocat, tomates et oignons. Deux gamins se disputent la dernière vuvuzela, et j'annonce à Célestin que je lui expliquerai tout ce que ça implique. Puis il se lave les cheveux et nous rentrons par le coffre que des enfants ferment, la porte coulissante étant bloquée.

 

Lundi 20 septembre 2010

Je me réveille à 1h trois quarts, confondant la clarté lunaire avec l'aube, et me mets devant pour écrire, puis lire des histoires jusqu'à éjaculer sur mon ventre.

Célestin prépare l'omelette avec les six œufs tous cassés par le transport, tandis que je fais des photos alentour, puis nous faisons un tour du village.

Nous rejoignons la route bitumée après 17 km, non pas sept ou huit comme on nous l'avait dit au village, mais celle-ci est parfois interrompue.

Je fais des photos à un village où un gars m'entreprend agressivement parce que je photographierais sa maison sans son autorisation. Il me dit s'appeler Nas, avoir peint des maisons ici, veut m'entraîner dans un bistro, peut-être le sien, que nous traversons car il me propose de faire des photos, et m'entraîne devant une hutte où une femme qu'il présente comme sa sœur jumelle et avec qui il parle en anglais, fait cuire du pain. Puis il me suit vers le van, voudrait un livre et nous partons alors que lui et d'autres se tiennent toujours à la porte ouverte. Célestin me dit que Nas sentait l'alcool.

Je photographie une antilope, puis deux autruches, et un animal s'enfuit sur la route devant nous avant de partir à gauche: c'est un phacochère que je n'ai pas le temps de photographier.

Nous arrivons à Isiolo où nous faisons un tour, achetons quatre bananes avec nos derniers 20 shillings et je parviens à retirer 20.000 autres dans un distributeur automatique récent. Je vais sur internet pendant que Célestin achète pour 500 shilllings de fruits.

En partant, un homme me signale que mon pneu est plat et je constate la crevaison à l'avant-gauche. Je commence à changer la roue sous le Soleil au zénith, importuné par un homme sans doute drogué vu ses yeux injectés qui veut m'"aider". Je préfère envoyer Célestin faire réparer le pneu que mettre la roue de secours qui est usée. Il met tant de temps à revenir que je vais le chercher en vain dans une boutique et une station-service. Il revient sans avoir réparé le pneu qui nécessiterait une plus sérieuse réparation. Je mets la roue de secours pendant qu'il prépare l'ananas à ma demande car j'ai très soif et faim. Je ne parviens pas à mettre la pression qu'il faut dans la roue de secours qui doit fuir et nous roulons vers le réparateur qui dit qu'il faut mettre une chambre à air. Célestin ne lui fait pas confiance, va chez le vendeur de pièces pour constater un prix nettement inférieur pour la chambre. Je vois furtivement passer une blanche qui me plait bien. Après, je fais faire le parallélisme mais je me demande s'il a été fait, ainsi que le niveau du différentiel arrière qui ne fuit pas et de la boîte de vitesses qui en a encore besoin; mais j'aurais du le faire moi-même en achetant un bidon car on me compte 840 shillings pour pas grand-chose. J'achète six bracelets en cuivre pour des raisons sanitaires obscures et en mets un à chaque poignet. Il pleut brièvement. Célestin discute longtemps les prix et en partant, je suis étonné qu'il ne soit parvenu à rien. La voiture tire toujours dangereusement à gauche.

Contournant le Mont Kenya au loin, nous montons dans un beau paysage de collines verdoyantes qui me rappelle la Mongolie et l'Auvergne. Il y a beaucoup d'agriculture et on pourrait se croire en Europe. Je m'arrête à Timau prendre une photo et le connecteur de la batterie qui ne serre plus rend le démarrage impossible. Comme nous sommes garés devant une station-service, Célestin fait appel à un gars qui va chercher longuement avec lui une pièce qui pourrait aller. Je discute avec un vieil homme dans une Land Rover qui amène Célestin en voiture à 20 mètres pour chercher une pièce plus proche mais sans réussite. Je discute monnaie avec un étudiant en finance. Je refais une photo du même endroit qu'à notre arrivée pendant que l'étudiant converse trop longuement avec Célestin.

La route a des trous dans le bitume. Nous doublons une longue et lente procession de véhicules de l'armée britannique dont je me demande ce qu'ils font là. J'ai faim d'autre chose que des fruits, de quelque chose de gras, comme des beignets ou des samossas. Célestin achète les derniers huit beignets d'un vendeur et me raconte qu'un gamin pleurait car il venait en acheter, et Célestin lui en donne un. Nous arrivons à Nanyuki qui semble très développé grâce au tourisme, avec des supermarchés. Nous faisons de grandes courses, avec chocolat, gâteaux au chocolat, huile d'olive, sardines, haricots, une pile pour son appareil photo, puis partons pour arriver au crépuscule à Naro Moru où je décide de dormir avec la perspective de certaines photos le lendemain matin. Je n'ai plus faim mais regrette de ne pas avoir su qu'il y avait des avocats que j'aurais pu manger à la place de ces cochonneries. Il fait froid, je suis fatigué et me couche alors que Célestin revient vainement d'une tentative d'aller chier.

 

Mardi 21 septembre 2010

A 2h et quart, je me réveille, en rêvant de Karine A. chez qui je suis et qui me laisse voir, toucher et sucer ses seins, me dit que je ne suis pas qu'un queutard, qui me dit qu'elle ne prendrait plus la pilule abortive, va dans son bain rougi par ses menstrues je crois, et  Je regrette de me réveiller en si bon rêve. Célestin prend deux tiers du lit puis je vais à l'avant sur l'ordinateur. A 3h, deux hommes m'interpellent mais je ne leur réponds pas.

On entend les klaxons intempestifs des minibus qui appellent la clientèle. Célestin a froid: il fait 14-15 degrés. Je lui propose de faire une omelette à l'intérieur pour se réchauffer, dans la buée. Je goutte le pain et le mien. Puis le Soleil surgit enfin de l'ombre. Je sors faire des photos des façades ensoleillées tandis que Célestin préfère rester au chaud. Puis nous allons jusqu'à un village que je confonds avec Neyri où je photographie encore des façades ensoleillées. Après de longs embouteillages, nous arrivons à Nairobi où je me gare derrière un autre Toyota Liteace mais ne parvenant pas à me connecter en wifi et un homme demandant le paiement pour la journée, je vais me garer de façon plus excentrée à l'ombre. Puis nous allons vers l'Alliance Française dont Célestin me révèle l'existence sur le plan. Je feuillette un peu puis squatte un ordinateur où on m'autorise à me connecter à internet, ce qui me permet enfin d'envoyer les photos commandées et de répondre à quelques mails, dont celui de mon père dont j'apprends la mort de ma grand-mère. Je contacte trois couchsurfeurs de Nairobi, dont une aussi par texto, et nous nous baladons dans la ville moderne aux hauts bâtiments. Il y a une communauté indienne. Gracie me répond et je dois la voir à 18h à l'Alliance Française. Nous l'attendons en vain jusqu'à plus de 18h30 et je vois que la galerie n'a pas pu recevoir les fichiers trop lourds et qu'une autre couchsurfeuse, française, me propose de la voir demain. Il faut que je trouve internet. Un gars nous amène dans un immeuble et parle beaucoup à Célestin pour le revoir. Mon ordinateur bogue beaucoup et je ne parviens qu'à charger les photos sur mon site en une heure et je dois me connecter à un autre ordinateur pour envoyer des messages urgents à la galerie et à la couchsurfeuse française. Le gars me donne un papier pour nous revoir et il y a dessus des promesses pour guérir le cancer et d'autres maladies.

Puis nous rentrons, moi avec l'inquiétude de cambriolage dans le van. Nous y mangeons une salade de sardines à la tomate avec de l'avocat et de l'oignon, en écoutant RFI sur mon smartphone. Nous dormons tête-bêche sous la moustiquaire.

 

Mercredi 22 septembre 2010

Je me réveille à 5h30 avec une belle érection et vais sur l'ordinateur en écroutant RFI avant que Célestin se lève à 6h et prépare une soupe.

Dans une fraicheur et un ciel gris automnaux, nous nous sommes baladés jusqu'à l'ouverture de l'Alliance Française, achetant du Toblerone aux raisins et quelques marchandises dans une boutique tout à 100 shillings: miroir, poignées. Comme on demandait à Célestin un droit d'entrée journalier, et que je ne devais pas avoir d'accès à internet, j'ai préféré aller à la boutique internet de la veille, m'y débattant avec réussite durant deux heures et demi avec mes problèmes informatiques. Heureusement, la galerie a pu charger mes photos. Célestin a comme hier passé des appels téléphoniques assez onéreux. Je veux retrouver les restaurants qui vendaient du foie, mais on se dirige d'abord vers le mémorial d'un héros, puis à travers le jardin Uhuru en mangeant les derniers chips, biscuits au chocolat et du chocolat avant de retourner au centre. Là, on mange chacun deux brochettes dans la rue, moi en les trempant dans de la sauce très épicée. Je continue à espérer trouver du foie en allant vers les Archives Nationales dont l'entrée est devenue payante et une femme qui prétend devoir aller à l'hôpital, avoir eu un accident de voiture, nous demande de la monnaie et nous suit. Elle dit s'appeler Wanyna, être danseuse professionnelle, être dans un hôtel qui garde ses affaires sous clé car elle leur doit plus de 2.000 shillings. Je rentre dans un restaurant qui ne me plait pas, avec que des tabourets et où il faut payer à la commande, puis un autre où je suis prêt à commander, mais Wanyna, qui nous suit toujours, nous indique un restaurant où il doit y avoir du foie, dans une ruelle peu rassurante, un bouiboui pire que les autres, où il n'y a plus de foie, on prend du poulet bouilli dans une soupe, et des légumes. Wanyna qui a commandé du poisson, mange avec appétit dans nos plats. Elle mange du piment et se brûle, pleure, nous fait rire. Nous allons aux toilettes affreusement dégueulasses et partons. Elle me dit que je suis beau et serait ok pour baiser avec moi. Je lui ai dit que je ne paie jamais, ne vais jamais avec des prostituées. Célestin essaie de trouver sur internet un mail où un ami lui indique des contacts féminins à Nairobi. Pendant ce temps, je demande les clés des toilettes. Nous y allons avec Wanyna mais un gardien est toujours présent. En ressortant, je lui touche les fesses puis nous partons. Célestin ne veut pas qu'elle voit où est le van et je le comprends. Elle demande de la monnaie et je lui dis que je ne lui en donnerai pas. Elle commence à crier, prendre de la terre dans ses mains, nous suit. Célestin s'arrête chez les pompiers en vain, puis parle de la police où elle nous entraîne. Là, Célestin entend qu'elle dit en swahili qu'elle leur apporte du boulot. On me demande mon passeport, une policière me dit que c'est grave et lorsque Célestin lui dit qu'il parle swahili, elle est très étonnée et se fait plus discrète. Je crains que ça ne dure très longtemps, qu'il y ait procès. Je ne veux pas céder 100 shillings. Célestin fait le traducteur en anglais, ce qui laisse du temps et permet d'éviter de dire des bêtises sur ce qui s'est passé aux toilettes. Elle dit que je lui ai touché les parties intimes, essaie de faire croire que j'ai arraché sa braguette qu'elle a ouverte. Elle est de moins en moins crédible. Le policier nous fait aller à l'étage où les policiers ne veulent pas s'en occuper et nous font redescendre. Il y a encore des discussions et nous partons, suivis par elle qui prend des pierres et nous menace. Je prends tous les sacs pour pouvoir partir devant et Célestin a une rixe avec elle. Sa perruque est arrachée. Les policiers autour ne réagissent guère et nous parvenons à rentrer au van où nous discutons du sida pendant que j'installe longuement les mises à jour, puis écoutons RFI avant de dormir à 23h.

 

Jeudi 23 septembre 2010

Je me réveille à 5h30 en ayant rêvé que je suis arrivé dans le parking du port à La Réunion, avec mon van. Puis je vois le van de Luc-Laurent, pas vitré sur les côtés, qui tourne et me montre des chiffres différents de chaque côté, avant que je comprenne qu'il part et que je me mette à courir derrière dans la rue pour le rattraper. Il est derrière avec des amis, mange quelque chose à l'oignon et je lui dit combien j'ai mangé de l'oignon tous les jours. Il rigole.

Dans la grisaille, nous partons vite, en mangeant des tartines de miel et des fruits. Je m'arrête plusieurs fois sur une crête qui surplombe la vallée du rift, point de vue photographique où se greffe une multitude de boutiques à touristes qui me harcèlent. Puis le ciel devient bleu. Lors d'une pause caca, je mange un beignet que je trempe dans la sauce pimentée de la veille puis une salade de légumes avec de la sardine à la tomate et un gros avocat. Je pense que nous ferons le chemin vers la frontière ougandaise en un jour plutôt que deux que je prévoyais. Nous arrivons à Nakuru, la quatrième ville du pays, où nous achetons du Toblerone aux raisins, des gâteaux au chocolat, 1 kg de biscuits à la noix de coco, et des boites de légumes. Près d'un marché à touristes, un essaim de vendeurs à la sauvette nous assaille. Je suis intéressé par un couteau automatique avec lampe et briquet qui me rappelle celui acheté à La Paz, et que Célestin fait descendre de 1.000 à 350 shillings. En revenant au van, je vois une contravention sur le pare-brise et puis surtout un sabot qui nous oblige à ce que Célestin aille en mototaxi payer 1.000 shillings. En revenant, il part acheter des fruits tandis que j'écrivais en attendant la délivrance.

Puis nous essayons en vain d'atteindre le lac sans retourner à l'est. Et nous prenons la route. Je vais assez vite pour arriver avant la nuit à Kisumu, la troisième ville du Kenya, malgré de nombreux arrêts photo., dont certains parmi de beaux champs de thé. À Kisumu, des garagistes nous suivent pour nous parler de ma roue avant-droite qui ne tournerait pas rond. Je suis suspicieux mais l'équilibrage n'a pas été fait et un bruit me faisait croire que le pneu était crevé. Puis nous repartons vers la frontière plutôt que dans l'autre sens vers la plage au bord du lac Victoria. Il fait nuit, il y a beaucoup de vélos, de voitures qui m'éblouissent et des trous dans la route qui me ralentissent et me fatiguent. Au bout de 50 km, j'ai l'impression d'en avoir fait le double alors qu'il faut en faire le double. Je regrette de ne pas être allé à la plage pour se détendre et faire toutes sortes de lavages. Je m'arrête sur un arrêt de bus dans un village pour dormir.

Mais je pense fort à Corine, sans doute car son anniversaire approche et que je pense lui écrire à l'occasion. Je sors l'ordinateur pour voir des documents sur elle et me masturber en lisant des histoires.

 

Vendredi 24 septembre 2010

Je ne me réveille qu'à peine avant 6h mais il fait encore sombre, sans doute car nous sommes 400 km à l'ouest de Nairobi. Je fais des contrôles sur le van et nous partons en mangeant des tartines de miel. À la frontière, des agents de clarté se proposent mais sans eux, la sortie du Kenya est très facile.

En Ouganda, ils ne font plus le visa de transit de 15 dollars pour 48 h, et je dois payer 50 dollars, puis 47.000 shillings (16 euros), pour l'entrée du véhicule, puis 20 euros pour l'assurance.

Nous allons jusqu'à Jinja où le Nil trouve sa source, sans la chercher, et tentons vainement d'atteindre le bord du lac Victoria, puis allons au centre où il y a des maisons à colonnades délabrées. Puis nous allons à la capitale Kampala où dans les embouteillages, nous nous faisons arrêter par une policière qui me demande mon permis de conduire et veut me verbaliser car j'aurais été sur la file de gauche qui tourne à gauche sans tourner à gauche..., et que j'aurais mon permis de conduire lorsque j'aurais payé. Je dis à Célestin que je suis prêt à l'abandonner, car il est gratuit... Je dis qu'il n'y a aucun signe, que je ne pouvais pas savoir. L'ignorance n'est pas un argument, et elle me dit que je pourrai argumenter au poste de police. Je dis que je suis d'accord, car c'est injuste, et elle nous laisse finalement partir en menaçant de verbaliser la prochaine fois. Nous trouvons une place sur les hauteurs et sous les arbres. Un gardien voudrait qu'on le paye et nous partons nous balader. Célestin s'arrête devant un stand de vente de propolis et la jeune vendeuse voudrait que Célestin lui offre mon chapeau vietnamien qu'il porte. Elle lui propose de revenir à 18h15. Je veux du chocolat et il nous conduit dans un hypermarché dans les quartiers chics de l'est où je prends un chocolat suisse au lait aux pépites de café Villars dont le prix n'est pas indiqué et qui coûte 8.200 shillings (presque 3 euros). Je suis inquiet car nous serons en retard au rendez-vous et même en arrivant une demi-heure en retard, la fille est toujours là à remballer. Puis vient sa voisine. Nous proposons d'aller manger vers l'université où Célestin voudrait retrouver un ami qu'il avait connu lorsqu'il avait vécu un mois ici. Elles ne veulent pas aller dans ce quartier mal famé. Nous allons presque dans un restaurant indien puis la voisine nous emmène dans leur église "universelle" où il y a une "messe" où la voisine m'ennuie par sa ferveur. Puis elle part, et peu après la première fille, Charlène, aussi. Nous cherchons son ami dans un quartier peu éclairé aux chemins terreux, puis mangeons dans sa cantine habituelle, et rentrons au van où le nouveau gardien voudrait que nous le payons.

Ca fait un mois que Fabienne est partie.

 

Samedi 25 septembre 2010

A 2h20, la police me réveille. Ce serait interdit de dormir le long de la route en Ouganda, que nous sommes dans une zone dangereuse, et qu'ils devraient verbaliser, que nous devrions être dans un lodge, ou dormir au poste de police. J'argumente, ils ne comprennent pas mon anglais (je mélangerais avec du français, comme d'habitude) et Célestin intervient. Nous montrons notre guide, ça les fait rire. Le véhicule pourrait être emporté par la police le matin, ils croyaient qu'il était abandonné. En résumé, le message des policiers de Kampala est "Campe pas là!". Ils nous laissent finalement. En fait, tous les véhicules autour de nous ont disparu. Après je vais sur l'ordinateur.

Un militaire à l'aube fait un demi-tour pour me questionner, puis lorsque nous allions partir en ville, le gardien avec son fusil nous invite à voir le patron et il y a une grande conversation sur le parking. Finalement, j'obtiens de ne déplacer le véhicule que de quelques mètres.

Célestin voudrait retrouver son ami et nous retournons dans l'hôtel où il avait vécu, remplis de réfugiés et de putes. Je pourrais y trouver mon bonheur mais ça ne me plait pas comme ça.

Une pute lui dit qu'à 13h elle peut l'emmener.

Un Congolais les yeux injectés de sang veut discuter avec moi et m'emmène chez lui. Célestin nous rejoint. Il me montre sa famille. puis des peintures signées Sudi dont il dit que c'était son pseudonyme Il maltraite ses enfants, les appelle juste pour qu'ils obéissent. Il me dit être marchand d'artisanat, peintre, être allé dans plein de pays. Il dit connaître tous les policiers. Il me fait photographier sa famille, voudrait qu'on l'aide à s'occuper de son fils malade, voudrait qu'on revienne le lendemain. On parvient à partir. Célestin me raconte qu'il disait en swahili à sa famille que c'était les Européens dont il leur parlait et qui allaient les faire aller en Europe, qu'il leur demandait d'aller chercher de la monnaie alors qu'il y en avait pas, ou le téléphone alors qu'il était en panne. Célestin me mène à pas rapide à travers le marché puis il est fatigué mais il est impossible de s'asseoir dans le parc en travaux alors nous nous asseyons sur le trottoir où je somnole. En retournant à l'hôtel, nous croisons "Sudi" qui a des cartes d'Afrique sous le bras et dit aller au bureau. Célestin me dit qu'en fait de bureau, il doit faire marchand ambulant... A l'hôtel, un Rwandais, John, lorsque je lui dis que je suis ensommeillé, me propose de dormir sur son lit. Il me dit qu'il est témoin de Jéhovah, met la radio, change de fréquence pour trouver RFI mas revient toujours sur la BBC, éteint et allume plusieurs fois la radio, me dit qu'il parle à ses amis à travers la radio. Je comprends qu'il est psychotique. Il a trente ans et avait dont quatorze ans lors du génocide. Puis alors que je somnolais il revient s'allonger près de moi, puis me donne un papier où il me demande 50.000 shillings. Je me lève et pars. Célestin me raconte que c'est un Hutu, du côté des massacreurs, et on me dira qu'il déteste les Noirs, qu'il faudrait les supprimer. Nous partons avec deux anciens camarades de Célestin qui nous emmènent dans un restaurant où Célestin et moi prenons du bœuf au riz et les deux autres du poulet au riz et des sodas. Je prends aussi du thé noir dans une bouteille thermos. Je paie les 13.000 shillings, puis Culio nous emmène dans la boutique internet d'un ami qui est parti rejoindre son épouse en Norvège et a laissé l'affaire à son frère. Puis chez son frère qui a une petite pièce ouverte sur un champ qui fait boutique informatique, réparation de téléphone. Nous sommes assis sur le canapé du fond, devant les ordinateurs, dont un diffuse de la musique, un autre un film porno, tandis qu'il s'affaire à démonter un téléphone. Puis nous partons vers une longue marche vers l'université, le golf et le centre commercial où nous tournons et où il y a plus de blancs, et la nuit nous ramène au centre. Culio aimerait devenir ingénieur d'ici 10 ou 15 ans et ik leur faudrait 5.000 dollars pour accélérer leur statut de réfugié pour que ça ne prenne pas dix ans...Célestin me dit qu'il va lui offrir une bière car ils l'ont demandé pour avoir beaucoup marché avec nous. Je dis que c'est hors de question déjà qu'ils se sont invités au restaurant et je les quitte au coin d'une rue. Célestin me dit que Culio, avec ses grosses lunettes noires et son grand sourire, fume beaucoup de cannabis et se demande comment Célestin peut aborder autant les gens sans en fumer. Je m'arrête à un supermarché acheter du chocolat et sort avec  un snicker qui me semble délicieux, comme avec du rhum.

Arrivé à la "maison", je mets de la musique, alors que Célestin prépare à manger puis s'endort..

 

Dimanche 26 septembre 2010

Nous cherchons d'abord vainement les tombes Kasubi, dont on nous a dit la veille qu'elles avaient été incendiées trois mois auparavant, et trouvons la direction vers Masaka..... Sur le chemin, Célestin remarque un monument de passage de l'équateur et je fais demi-tour pour le photographier, avec les touristes indiens qui se photographient dans un des anneaux qui est sur les côtés de la route.

Nous nous arrêtons dans les deux villes principales sur le chemin, qui n'ont guère d'intérêt, puis le paysage devient plus montagneux et nous arrivons à Kabale où après le tour où il y a des publicités pour se faire des "amis" gorilles (375 dollars une heure selon le guide: ce sont les putes de luxe les moins épilées de la planète, et c'est les proxénètes qui encaissent), nous mangeons une soupe en écoutant de la musique et dormons...

 

Lundi 27 septembre 2010

16°. Après une omelette, nous partons vers le Rwanda comme les gorilles, dans la brume. On me refuse l'entrée au Rwanda car on ne délivre pas de visa à la frontière, sauf si j'avais celui du Burundi. On me dit que je dois remplir un formulaire sur internet à Kabale et que j'aurais la réponse dans trois heures. Je me gare près de la Maison d'Edirisa qui propose une connexion wifi et après bien des difficultés, je parviens à remplir le formulaire où je lis que j'aurai une réponse dans trois jours... puis leur envoie un mail. Puis nous allons vers le lac Bunyonyi mais ne voyons pas la petite bifurcation juste à la sortie de Kabale, ce qui fait qu'avec les indications erronées de deux personnes que nous questionnons, nous faisons 60 km aller-retour pour rien. Nous trouvons finalement le chemin de terre, arrivons sur le panorama sur le lac puis descendons au bord où il y a un marché. Je me baigne habillé des pieds à la tête et Célestin lave de mes vêtements avec un gars qui s'impose. Puis je parle à Augustin, un orphelin de 22 ans comme Célestin, que nous ramenons à Kabale où je me gare pour avoir la connexion wifi. Après quelques commissions et une soupe en écoutant du Coluche, nous nous couchons.

 

Mardi 28 septembre 2010

A 3h, je suis réveillé par un bruit puis vois deux gars qui essaient d'ouvrir la porte coulissante et les fait partir en tapant sur la vitre. Juste après, un gars apparaît à la portière gauche et je le fais partir en apparaissant. Une demi-heure plus tard, deux gars reviennent, je ne sais pas si c'est les mêmes. Je ne sais pas s'il me fait signe pour une cigarette mais je sors mon couteau et comme il ne part pas, je demande à Célestin qui ne dort pas d'apparaître pour montrer que nous sommes deux, et ils partent. A 4h30, c'est un homme qui me demande comment je vais et à qui je fais signe de partir. Vers 5h et demi, je me recouche et ne me lève qu'à 8h moins le quart. Nous allons brièvement sur internet pour vérifier que je n'ai pas de message du Rwanda et partons vers la frontière tanzanienne, en quittant pour cela la route bitumée pour une piste. On voit juste deux barrières sommaires avec deux cahutes et je crois que c'est les deux postes frontières et que ce n'est pas une frontière où je vais pouvoir traverser. En fait ce n'est que la partie ougandaise. Il y a entre les deux barrières des bungalows et après une inspection minutieuse du van encore tout empoussiéré, nous allons vers les bungalows pour les formalités puis traversons le pont vers la Tanzanie, où ce sont des bureaux plus construits, avec des carrelages pour inspecter toutes les affaires. Je dois payer 75 dollars pour une entrée, ce que je devrais recommencer en revenant du Burundi et pense que nous aurions pu passer par le Zaïre. Aux douanes, l'officier découvre la procédure pour un véhicule et nous continuons dans un beau paysage de montagnes et de bananeraies. A une bifurcation, il y a des autostoppeurs, je crois que c'est une famille mais nous n'en prenons qu'un, en fait un pasteur qui était seul et nous indique le chemin. La route devient plus mauvaise et une bosse nous envoie sur le bas côté que nous tapons sur plusieurs mètres avant de le heurter de front. Le cabochon du clignotant gauche est cassé, le dessous gauche un peu enfoncé et ma porte ne s'ouvre plus entièrement. Nous ramassons les morceaux de cabochon et repartons jusqu'à un plus grand village où le pasteur nous laisse alors que nous allons, avec les 500 derniers shillings, acheter des petites bananes et un avocat pour le dîner. Je m'endors vite malgré la musique forte autour, réveillé à 22h30 par un homme avec lampe sur qui je braque aussi la lampe de mon couteau et je demande à Célestin de lui parler en swahili, et il dit qu'il commence son travail de gardien.

 

Mercredi 28 septembre 2010

Je mets enfin la valise à la place de celle de Fabienne puis je recolle les morceaux du puzzle du cabochon, tandis que Célestin range un peu en salopette bleue contre la poussière. Nous allons 7 km au nord pour trouver une banque. Je fais la queue derrière une quarantaine de personnes devant un distributeur lorsqu'il se met à pleuvoir fort, tandis que Célestin est parti en vain chercher un garage pour le parallélisme. Il me signale un autre distributeur sans personne mais il est en maintenance. J'attends dans la banque en écrivant. Je parviens à retirer le maximum, 40.000 shillings (200 euros). S'il y a des banques à Kawange, il n'y a de garagiste qu'à Mushaka et inversement. Alors on y retourne. Le garagiste redresse ce qui craquait à gauche. Un autre redresse les tôles pour que la portière gauche s'ouvre. Puis c'est le parallélisme, puis la portière et là ça dure longtemps, et enfin une vis pour remettre le rétroviseur. On repart mais la voiture tire à droite. On y retourne plusieurs fois, on va acheter des fruits au marché puis au crépuscule, on mange des brochettes et des patates frites dans l'oeuf et on part pour s'arrêter dans la campagne plus loin.

Maintenant, j'ai l'impression d'avoir tout mon temps.

À 22h, un camion s'arrête près de nous et un des hommes, de type arabe, vient me demander plusieurs fois si ça va.

Je tarde trop à me coucher en écoutant de la musique.

 

Jeudi 30 septembre 2010

Célestin se lève avant moi et, tendu, je me masturbe lorsqu'il est sorti. Nous parcourons 120 km sur une route pénible avant de retrouver le bitume et de nous arrêter à Ngara faire le plein de carburant et acheter du chocolat Cadbury pas bon, trop longtemps stocké, et au marché où il y a de grandes tentes de l'Union Européenne, des fruits et légumes.

Nous arrivons bientôt à la frontière burundaise. En sortant de Tanzanie, on me demande pour la première fois mon carnet de vaccination et au Burundi, dans la douane débonnaire où il faut attendre le retour des officiers, j'ai l'impression d'être dans la caserne des Gendarmes à Saint-Tropez. Je paie 20 dollars pour mon visa de trois jours et rien pour le van.

Pour la première fois, il y a de jolis toits en tuile. Célestin me dit que pour les gens, la tôle c'est plus chic, plus cher, car importé, que la tuile faite de l'argile locale...

Je m'arrête à Muyange faire des photos. Il y a beaucoup d'enseignes et de véhicules tout-terrain de ces satanés charity-business, sidas et autres simagrées. Nous mangeons un gâteau, un beignet et des brochettes, dont au foie.

Puis nous allons au village natal de Célestin. Je fais un arrêt pour regarder des chèvres se poursuivre sur une paroi en terre presque verticale et nous nous garons chez des amis à lui. Nous traversons le village pour la maison de la femme sourde qui s'occupait de lui, et qu'il appelle "la mère". Elle croyait qu'il ne reviendrait pas avant cinq ans. Il y a une femme saoule très émue, dont Célestin ennuyé me dit qu'ils ne se connaissaient presque pas. La femme sourde veut que nous dormions chez elle. Je me repose sur son lit pendant que Célestin retourne au van puis nous dormons sur un matelas sous ma housse à cœurs. J'ai froid et il y a du moustique. Je dois me plier pour couvrir mes pieds et ma tête.

 

 

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