Accueil du site

Sommaire politique

Le démocrate

Cont@ct

 

Triarticulation du solidarisme,

de l'égalitarisme et du libéralisme

 

 Comment articuler le libéralisme, qui accorde plus de moyens aux plus puissants, aux plus favorisés, l’égalitarisme qui accorde les mêmes moyens à tous les sociétaires, et le solidarisme qui accordera plus d’attention aux plus faibles ?

 

A une époque (moderne) où le libéralisme domine, il importe de savoir pourquoi, et à quoi, dans une triade, il s’oppose, s’articule, et auquel il doit moralement se subordonner, c’est-à-dire le solidarisme, et l’égalitarisme, ce second étant lui-même subordonné au premier.

Cette triade a ces racines et correspondances dans divers domaines :

-          Dans l’embryologie les trois feuillets : l'endoderme qui produit le tube digestif et ses glandes annexes (pancréas) ; le mésoderme qui produit les muscles, le squelette, les vaisseaux sanguins ; et l'ectoderme qui produit l'épiderme et le système nerveux.

-          Dans la psychologie les instances affective, conative et cognitive.

-          Dans la biotypologie et la morphopsychologie avec les somatotypes de William H. Sheldon, la distinction entre endomorphes viscérotones, mésomorphes somatotones, et ectomorphes cérébrotones, avec le tronc comme le visage divisés de bas en haut dans la partie nutritive (organes digestifs, sexuels et zone buccale ; organes respiratoire et zone nasale ; tête et zone frontale).

-          Dans la sociologie, la tripartition de Georges Dumézil avec les domaines 1- économique (production et reproduction), 2 - guerrier et 3 - religieux : 1 - tiers état, 2 -noblesse et 3 -clergé dans l’Ancien Régime ; dans l’hindouisme 1- les travailleurs Vaishyas (artisans, commerçants, agriculteurs) et Shudras (serviteurs), 2 - les Kshatriyas (roi, princes, guerriers), et 3 - les Brahmanes (prêtres, enseignants, lettrés) ; dans la Rome antique les divinités 1 - Quirinius, 2 - Mars et 3 - Jupiter.

-          Dans la sémantique, les verbes avoir, faire et être.

-          Et dans le domaine politique, dans la triarticulation sociale de Rudolf Steiner

 

 

1. Solidarisme

Le solidarisme prône l'entraide, le soutien, l'assistance ente les individus d'une collectivité, comme dans le cadre d'un individu (étymologiquement un indivisé) dont les organes participent à la vie de l'ensemble.

C’est le premier niveau, la base nécessaire, pour la vie, la survie, donc de la production de la nourriture, de la santé, l’habitat.

Là où doit être évité la compétitivité, l’accumulation, l’iniquité.

Donc l’économie doit être solidaire, plutôt que libérale.

 

Par exemple, l'assistance à personne en danger est une obligation solidaire, qui prime sur la liberté (de ne pas aider).

 

 

2. L'égalitarisme

L'égalitarisme concerne les relatons duelles, les situations conflictuelles, rivalitaires, l'égalité légale, d'accès au droit, et ainsi les domaines juridique et politique. Il peut par exemple s'agir de l'égalité du temps de parole de deux positions lors d'une campagne pour un référendum (l’iségorie).

Il est secondaire par rapport au solidarisme car prime la défense des plus faibles (enfants, malades, blessés, victimes).

Dans le domaine juridique, la solidarité apparait par exemple dans l'état de nécessité, qui abolit par solidarité certaines libertés comme la propriété privée.

 

Autre exemple, l'accès à la défense judiciaire, c'est-à-dire aux avocats, qui ne devrait pas être une profession libérale où les plus riches sont les mieux défendus et les plus pauvres ont des avocats commis d'office sous-payés.

Cet égalitarisme entre pauvres et riches quant au système judiciaire (contre la fable de la Jean de la Fontaine[i]) n’empêche pas une liberté (un certain libéralisme) quant au choix de son avocat et pour l’avocat du choix de ses judiciables (car il ne s’agitait plus de clients), les meilleurs avocats, plus sollicités, ayant plus de choix quant à défendre ce qui les tient le plus à cœur, les motive le plus, et les dossiers les plus rejetés, souvent car faibles, par les avocats les plus sollicités, se retrouveraient avec des avocats moins réputés, plus débutants, voire refusés par une commission d’acceptabilité. En tout cas, avocats comme judiciables, dans cet égalitarisme, cette neutralité quant à la richesse, seraient libérés du critère financier.

 

Dans le cadre politique, une campagne référendaire devrait offrir un temps et une audience égaux aux médias aux partisans des choix. Ainsi, même une idée encore minoritaire parce que récente, innovante, aurait assez de temps pour son argumentation auprès des citoyens, et même son échec en aurait d'autant plus de légitimité.

Pour pousser l'exemple, si cela avait été le cas pour le référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe, le 29 mai 2005, les votes validés  n'auraient pas été à 55 pourcents contre mais plutôt aux neuf dixièmes...

 

Mettre à égalité implique faire preuve de solidarisme, lorsque par exemple il s’agit de mettre à égalité dans un procès une personne qui a des moyens d’expression défaillants (grâce à un interprète par exemple).

 

Comme l’égalité prime, il s’agit de l’égalité des citoyens quant à la décision politique, et donc d’un régime démocratique, une absence de hiérarchie qui implique l’anarchisme, l’iségorie (égalité du temps de parole) et l’isonomie (égalité devant la loi), et surtout l’isocratie (égalité de souveraineté entre les citoyens).

 

3. Libéralisme

Le libéralisme est dernier. Il concerne tout ce qui n'est pas contraint par le solidarisme et l'égalitarisme.

Faire dominer le libéralisme, c'est faire dominer la loi du plus fort[ii]. Si le libéralisme domine, c’est forcément au détriment de l’égalitarisme. C’est ce qui est advenu dans la Russie des années 1990, après l’effondrement de l’URSS, avec une misère accrue des pauvres, jusqu’à des disettes qui n’avaient pas été vécues depuis des décennies, et un enrichissement de nouveaux ploutocrates s’appropriant les anciens outils de production étatiques. C’est ce qui advient plus généralement dans les pays capitalistes libéraux contemporains, avec un accroissement des inégalités.

 

Le libéralisme conduit au passe-droit, consiste pour les politiciens (accédant au pouvoir par une compétition inéquitable, selon les moyens financiers que leur accordent les ploutocrates réels) au clientélisme : c’est-à-dire que seront aidés, non pas ceux qui en ont le plus besoin selon des critères réglementés, mais les plus demandeurs, en échange de leurs votes et d’autres soutiens.

 

Il est normal que le libéralisme soit prôné, d'une part par égoïsme des classes dirigeantes (qui financent les médias et les politiciens), d'autre part car c'est le principe du domaine intellectuel, culturel, de ceux qui ont l’habilité à s’exprimer et à communiquer.

Jean-Claude Michéa rapproche la gauche et la droite politique dans une marche commune vers le libéralisme, la droite prônant un libéralisme économique et un conservatisme et la gauche prônant le libéralisme culturel et éthique, et quelque défense du solidarisme en économie. La tripartition permet de déduire que la gauche se rapproche plus de la bonne voie que la droite, même si elle reste, dans sa partie accessible au pouvoir, dans un bipartisme renforçant capitalisme et libéralisme, contrairement au socialisme de Pierre Leroux. Pour parodier Coluche, nous pourrions dire : « Je ne suis pas de gauche, mais je suis encore moins de droite. ».

 Les deux libéralismes, économique de droite, et culturel de gauche. Par la tripartition, on discerne que la culture est le domaine ou prime de la liberté, de la créativité, et qu'elle fait la dignité de l'humain, animal curieux et explorateur.

Jean-Claude Michéa rapproche les deux libéralismes, économique de droite, et culturel de gauche. Par la tripartition, on discerne que la culture est le domaine ou prime de la liberté, de la créativité, et qu'elle fait la dignité de l'humain, animal curieux et explorateur.

Michéa concède justement une part de libéralisme (culturel) dans le domaine culturel, à propos de la liberté éditoriale (L'Empire du moindre mal (Essai sur la civilisation libérale, 2007, p. 202).

 

Le libéralisme dominant, c'est celui qui estime que la liberté s'arrête où commence celle de l'autre, au lieu de penser que les libertés s'arrêtent ensemble (et donc également) (Jean-Paul Jouary, Rousseau citoyen du futur p. 58).

 

Le pays puissant, fort de sa puissance, prône plus de libéralisme, et démolit toutes les structures qui le consolide, jusqu’à ôter quelque pièce maîtresse qui le fait se démolir.

Le moment Minsky : « lorsque tout va bien, on dérégule parce qu’on se sent fort, on pense qu’on est dans une ère de stabilité qui est liée aux réformes qu’on a conduites, qu’on est plus intelligent que les autres, que la génération précédente et que la suivante, et donc il y a une grande confiance en soi qui s’installe, et on démonte donc les régulations conçues comme les facteurs qui nous empêchent d’aller encore mieux que mieux, et puis, à force d’enlever toutes les pièces qui tenaient l’édifice, il arrive un moment où on enlève la pièce maitresse, et tout s’écroule » (Xavier Timbeau http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyman_Minsky#Th.C3.A9ories

 

 

L’ultralibéralisme, c’est la loi de la jungle, la liberté du renard et des poules dans le poulailler.

La chasse aux subventions publiques/d’État fait partie de ce libéralisme : les grandes firmes agissent en lobbying afin d’établir ces subventions, et ont les services juridiques afin de les obtenir et en profiter, ce que ne peuvent faire les plus petites.

 

Le libéralisme dans la politique, c’est la compétition, l’élection (c’est-à-dire une aristocratie), et une oligarchie, une inégalité.

 

 

 

anomie

 

Dimanche 31 aout 2014, samedi 13, dimanche 14 février 2016, jeudi 2 mars 2017

 


 

[i]  « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. », en conclusion de Les Animaux malades de la peste.

 

[ii] Le fait que les 62 humains les plus riches de la planète possèdent autant que la moitié la plus pauvre de l'humanité (3,5 milliards) suffit à prouver que le libéralisme domine le solidarisme et l'égalitarisme.

« Le monde est devenu encore plus inégalitaire et la tendance s'accélère. », estime la directrice d'Oxfam International, Winnie Byanima, dans un communiqué accompagnant le document.

Ils étaient 388 en 2010, où la moitié la plus pauvre possédait mille milliards de dollars de plus qu’en 2015, alors que cette moitié a augmenté de 400 millions d’humains, et la fortune des 62 humains les plus riches a augmenté de 500 milliards de dollars, atteignant  1760 milliards de dollars (https://www.oxfamfrance.org/rapports/justice-fiscale/economie-au-service-des-1).

« Les entreprises multinationales et les riches élites ne suivent pas les mêmes règles que les autres, en refusant de payer des taxes dont la société a besoin pour fonctionner. Le fait que 188 des 201 premières entreprises mondiales soient présentes dans au moins un paradis fiscal montre qu'il est temps d'agir. », conclut Winnie Byanima. http://www.francetvinfo.fr/economie/les-62-personnes-les-plus-riches-du-monde-possedent-autant-que-la-moitie-de-la-planete_1274439.html

Environ 7.600 milliards de dollars détenus par des individus sont placés dans des paradis fiscaux. Si des impôts étaient prélevés sur les revenus que cette richesse procure, les États obtiendraient chaque année 190 milliards de dollars de plus, a calculé Gabriel Zucman, professeur adjoint à l’université de Californie.