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Le vaccin de l'hépatite B

 

Sources:

[A] Qui décide de notre santé?, sous la direction de Bernard Cassou et Michel Schiff, 1998 (Syros).

[B] Christophe Labbé et al., "L'habile stratégie d'un labo", Sciences et avenir, nº 599, janvier 1997.

[C] CPHV, "Déclaration de consensus du 23.11.1993", La Lettre de l'adolescence, Laboratoire SmithKline Beecham, Paris, mars 1994, p. 6.

[D] M-G.L.P., "Une stratégie mondiale", Impact Médecin, nº 274, 1er avril 1995, p. 31.

[E] Caroline Tourbe: "Faut-il vacciner?", dans Sciences et avenir, nº 601, mars 1997, p. 44-51

[F] Éric Giacometti: "Polémique autour d'un chercheur mis sur écoute", dans Le Parisien, 11 janvier 2002, p.11.

[G] Éric Giacometti, 2001: La Santé publique en otage (Les scandales du vaccin contre l'hépatite B) (Albin Michel).

 

En 1964, on découvre un virus qui, lors d'une piqûre avec une seringue ou une aiguille mal stérilisée, est à l'origine d'une hépatite, la B (pour la distinguer de la A, disséminée par l'eau et les aliments contaminés). Il est établi qu'elle se transmet par voie sanguine et sexuelle. L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) évalue le nombre de personnes contaminées à 300 millions sur Terre et le nombre de décès annuels à 2 millions. Sont surtout concernées l'Asie du sud-est, l'Afrique sud-saharienne et l'Amérique du Sud. L'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Nord sont très peu atteintes, les personnes à risque étant connues et peu nombreuses: ce sont les polytransfusés, les hémophiles, les dialysés rénaux, les toxicomanes intraveineux, certains personnels hospitaliers, les prostituées, les homosexuels masculins à partenaires multiples et les nouveau-nés de mères contaminées par le virus de l'hépatite B. [A:77-78]

Dans 90% des cas, le malade guérit spontanément au bout de quelques semaines. Dans 10% des cas, la maladie est chronique. Dans un cas sur 1.000 ou 10.000, se développe une cirrhose ou un cancer du foie. [G:48-49]

En 1975, des chercheurs de la faculté de Tours, Philippe Maupas, Alain Goudeau, Jacques Drucker et Pierre Coursaget découvrent un vaccin fait à partir du sang de malades de l'hépatite B, et se l'injectent pour prouver son efficacité. [G:49-50]

En mars 1981, le vaccin, développé par l'Institut Pasteur pour plusieurs millions de francs, obtient l'autorisation de mise sur le marché. [G:50]

Le premier vaccin commercialisé en 1981 était destiné en priorité au personnel hospitalier, à celui des centres d'hémodialyse ou des laboratoires manipulant le sang et ses dérivés et aux voyageurs séjournant dans les zones de haute endémicité. [A:78]

En 1985, SmithKline-Beecham, en dépensant un milliard de francs, fabrique le premier vaccin transgénique, l'Engerix B, en insérant un gène du virus de l'hépatite B inséré dans le génome de la levure qui réplique la protéine du virus. L'hépatite B contaminant à 90 % des pays pauvres où les 560 F des quatre injections égalent six mois de salaire moyen, il est nécessaire de vendre ce vaccin dans les pays riches peu contaminés. [G:53-55]

En 1987, alors que les vaccins transgéniques sont autorisés sur les marchés, des études, souvent financées par les firmes fabriquant les vaccins, comme celles du Pr Harold Margolis, chef du service hépatite B au Center of Diseases Control (CDC) d'Atlanta, considèrent qu'il faut vacciner à large échelle la population afin d'éradiquer l'hépatite B [G:56-58]

En France, une loi du 19 janvier 1991 obligeait les professionnels de la santé (jusqu'aux personnels administratifs des établissements de garde d'enfants d'âge préscolaire) à se vacciner contre l'hépatite B. [A:78]

En 1993 chez Flammarion les Prs Geoffrey Dusheiko et Jay H. Hoofnagle éditent un livre de référence: "Hépatologie clinique", où ils écrivent: "La source de la plupart des infections par le VHB est probablement l'exposition au sang en provenance de porteurs chroniques [...]. L'hépatite B n'est pas disséminée sur les lieux de travail (sauf au cas où les produits sanguins ou les sécrétions y ont été manipulés) ou par contact accidentel, tels le toucher, l'étreinte, les baisers, les échanges de serviette, de couverts ou de nourriture." "Dans les régions sous-développées u monde, le rôle d'une hygiène rudimentaire, d'un partage d'outils, d'une fréquence élevée de maladies dermatologiques et de rites primitifs dans les soins peut être incriminé dans la diffusion du virus parmi les enfants." [G:31]

En 1994, le gouvernement français a besoin de l'appui du Syndicat National de l'Industrie Pharmaceutique (SNIP) pour faire voter les références médicales opposables; son président (en outre membre à ce titre du conseil d'administration de l'Agence du médicament, qui a pour mission d'autoriser les médicaments commercialisés), Bernard Mezuré, était également le P.-D.G. du laboratoire SmithKline Beecham, qui fabriquait le vaccin. Dans un courrier, il a prétendu avoir toujours veillé à dissocier ses différentes fonctions dans un souci déontologique [A:83; G:36]

Philippe Douste-Blazy, secrétaire d'État à la Santé, lui fit bénéficier d'un contrat sans appel d'offre d'un million cinq cent mille doses de vaccin pour un montant de 49 millions de francs

Le 21 avril 1994, il prétend à la télévision que plus de 100.000 nouvelles contaminations surviennent chaque année dans le pays [G:13]. Plus tard il dira 15.000, puis 40.000), alors que le réseau Sentinelle du Dr Flaheaux estimait 20.000 cas dont 80% guérissent sans problème.

Le réseau Sentinelles, qui regroupe 500 médecins généralistes qui centralisent leurs diagnostics afin qu'ils soient extrapolés pour la France, ne repère que 38 cas en 1992, et encore moins en 1994: 28, dont la moitié chez des toxicomanes, une autre partie chez des personnes vaccinées et d'autres qui pratiquaient la scarification [G:25-26]. En extrapolant, ces 28 cas indiquent 8000 cas en France [G:27]. Le réseau La Courly, un panel de laboratoires d'analyses lyonnais, enregistre aussi une décroissance [G:26]. Les centres de transfusion sanguine constatent une diminution de la contamination chez les donneurs de sang [G:26]. Moins de 0,2% de la population française est contaminée [G:26]. Outre les toxicomanes, les personnes les plus contaminées sont des immigrés d'Afrique et d'Asie, mais aucune publicité n'en est faite pour les vacciner en priorité [G:26-27].

Le Dr Christian Spitz, pédiatre alors très médiatique à Fun Radio, et dont une opération de promotion de la vaccination a été financée par SKB [G:22], écrit que "quatre milliards d'individus sont atteints par ce virus dans le monde", dont 100.000 en France [G:18].

Pasteur-Mérieux écrivaient qu'il faut dramatiser, faire peur.

On utilisait l'assimilation avec le sida. Le laboratoire SmithKline Beecham diffusait une information comparant les deux maladies sous le slogan: "L'hépatite B tue plus de personnes en un jour que le sida en un an." [A:81]

Des statistiques étaient manipulées en mélangeant les chiffres français et planétaires.

Afin de motiver la vaccination, les publicités de Pasteur-Mérieux et de SKB insistent sur un risque de transmission par la salive (où le virus est 1.000 fois moins concentré que dans le sang et les sécrétions sexuelles [G:31]); or les études sur ce fait ne concernent que des familles haïtiennes, zambiennes ou indiennes très pauvres vivant dans une mauvaise hygiène [G:29].

On préconisait la vaccination des personnes âgées qui ne font guère de nomadisme sexuel et qui ne risquaient presque rien.

Selon le Comité de prévention des hépatites virales (CPHV), créé par un fabricant de vaccins, SmithKline Beecham, la stratégie de vaccination précoce des nourrissons de moins d'un an et des préadolescents a pour but de protéger ultérieurement les individus d'une infection tardive, "qu'elle résulte d'un risque professionnel, de l'activité sexuelle ou d'un comportement, tel que l'utilisation de drogue par voie intraveineuse, qui entraîne un risque d'hépatite B" [C:6]. Contrairement aux autres vaccins préconisés pour les nourrissons et les enfants, ce vaccin ne vise donc pas à protéger contre un risque immédiat, qui est actuellement nul à cet âge. [A:81]

Au printemps 1994 est lancée la campagne médiatique en direction de la population, notamment des adolescents, puis à l'automne en direction des élèves de sixième [A:78]. La campagne de vaccination en direction des élèves de sixième s'est appuyée sur la confusion entre vaccinations obligatoires et vaccinations conseillées. La plupart des familles pensaient qu'il s'agissait d'un nouveau vaccin légal et obligatoire. De nombreux médecins disaient que le vaccin était ou allait être obligatoire. [A:83]

Le 15 décembre 1994, à cause de l'augmentation des maladies dégénératives des nerfs, la commission de pharmacovigilance se réunit au siège de l'Agence du médicament et décide de faire inscrire sur les notices du Vidal que "Chez les sujets atteints de sclérose en plaques, dont la sérologie montre l'absence d'immunisation contre l'hépatite B, le bénéfice du vaccin doit être évalué en fonction des risques d'exposition au virus et du risque d'effets secondaires neurologiques.", ce qui sera fait un an plus tard [G:78-81].

Le 23 mars 1995, la direction générale de la Santé envoie une circulaire au personnel de santé des hôpitaux afin de rappeler l'obligation de vacciner le personnel soignant en les alertant des précautions décidées en décembre [G:81-82]

Dans Impact Médecin du 1er avril 1995, un codécouvreur du vaccin affirme: "En lien avec l'OMS, nous ouvrons des marchés." [A:87, D:31]

Le 2 novembre 1995, l'Agence du médicament avertit par courrier les médecins généralistes des effets secondaires du vaccin [G:81].

Fin 1995, le vaccin est inscrit au calendrier des vaccinations et préconisé chez les nourrissons. [A:79]

En novembre 1995, alors que Pasteur-Mérieux, associé à Merck, vaccine dans les écoles avec les vaccins Genhevac B et HB Vax 10, on constate que celui-ci cause dix fois plus d'accidents sanitaires que le premier. [G:83-84]. Les lots restants d'HB Vax 10 sont rappelés [G:85].

25 millions de Français ont été vaccinés, dont 20 en trois ans [G:19].

En décembre 94, l'unité de pharmacovigilance repère des effets secondaires

En avril 95, elle avertit les laboratoires

En novembre 95, les médecins sont avertis

La campagne publicitaire en faveur du vaccin contre l'hépatite B insistait sur "l'innocuité et la parfaite tolérance de ces vaccins". Pourtant, avant même cette campagne, des maladies auto-immunes (sclérose en plaques, Guillain-Barré et autres myélite aiguës, diabète insulinodépendant, maladie lupique, lichen, érythème noueux, polyarthrite etc.) ont été diagnostiquées chez des personnes récemment vaccinées. Ces observations ont été publiées dans la presse scientifique et médicale.

En 1992, le laboratoire états-unien SmithKline Beecham de l'Engérix savait qu'il y avait un risque de sclérose en plaque.

Dans les 2 mois qui suivaient la vaccination, le risque d'avoir une sclérose en plaque était multiplié par 1,5 à 1,8 fois.

Les campagnes successives ont eu tendance à surestimer les risques d'hépatite B dans la population générale et à masquer les incertitudes.

Les estimations officielles des effets secondaires sont fondées sur les déclarations spontanées de médecins, sans que soit estimée la proportion de non déclaration, surtout pour les cas les plus graves.

Au début de 1996, un appel, signé par 500 médecins (dont 3 professeurs d'université et une quarantaine de pédiatres) est transmis aux pouvoirs publics pour "manifester interrogation et inquiétude devant les conditions de déroulement et de mise en place des campagnes de vaccination contre l'hépatite B qui se succèdent en France depuis 1994 et devant les conséquences de ces vaccins, en particulier du déclenchement d'affections neurologiques" et demande un "moratoire de ces campagnes, en particulier de celles concernant les nourrissons" ainsi que des "travaux, en particulier épidémiologiques [...] menés de manière contradictoire et par des chercheurs totalement indépendants des équipes ayant mis au point le vaccin contre l'hépatite B"

Fin 1996, la direction générale de la Santé diffuse un communiqué innocentant le vaccin. [G:96]

Dans un communiqué de juin 1997, l'OMS, qui ne cache pas ses projets de se servir des campagnes françaises et italiennes pour mener des actions dans 85 autres pays, s'inquiète et dénonce la "rumeur" française qui remet en cause sa stratégie.

En janvier 1997, Sciences et avenir publie ces propos d'Alain Aufrère, responsable de la communication des laboratoires SmithKline Beecham: "Dès 1988, nous avons commencé à sensibiliser les experts de l'OMS à la question de l'hépatite B. De 1988 à 1991, nous avons financé des études épidémiologiques sur le sujet pour créer un consensus scientifique sur le fait que cette hépatite était un problème majeur de santé publique. Avec succès puisque, en 1991, l'OMS a émis de nouvelles recommandations en matière de vaccination contre l'hépatite B. En France, nous avons eu la chance de tomber sur Philippe Douste-Blazy, un ministre de la Santé dynamique. Nous sommes allés le voir et il a compris du premier coup qu'il y avait un problème de santé publique. Cela n'a pas été le cas avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne. L'hépatite B, les britanniques n'en démordent pas: ils disent ne pas connaître... Ailleurs, comme au Benelux, il s'agit d'abord d'une question de manque d'argent. Une campagne de vaccination de cette taille coûte une fortune. Et puis il faut trouver le ministre qui amorcera le mouvement. En 1994, en France, nous avons décroché le marché de la vaccination en milieu scolaire. Quand un enfant se fait vacciner en sixième, sa mère pense à faire vacciner ses autres enfants par son médecin traitant, et puis elle se dit: pourquoi pas moi et mon mari?" [E:46, G:35]

En 1997 en France, 20 à 30 % des nourrissons sont vaccinés contre l'hépatite B; le Dr Jean-Louis Lanoë, spécialiste en économie de la santé à Paris affirme que "D'un point de vue médical et économique, il aurait été plus logique de vacciner uniquement les enfants âgés de 10 ou 12 ans." [E:46]

En 1998, les autorités publiques françaises publient pour la première fois une estimation des morts annuelles attribuées à l'hépatite B: entre 600 et 1000, mais sans préciser quelle proportion faisait partie des groupes à risques (polytransfusés, toxicomanes, prostitués, etc.). [A:85]

Au printemps 1998, en France, les Renseignements généraux (RG) ont mis sur surveillance l'association des victimes du vaccin de l'hépatite B, et les personnes, dont des médecins, qui avaient donné l'alerte; une note confidentielle, publiée à l'époque, n'a pas été démentie [F:11]. Les RG, sous prétexte de lutte anti-secte, vont interroger des malades et leur famille, afin de "Préciser l'état des menaces formulées à l'encontre des laboratoires pharmaceutiques." [G:104]

La Cour de justice de Naples, à l'occasion de l'opération "Mains propres", a condamné à huit ans de prison ferme le ministre de la santé en exercice à cette époque, pour avoir reçu des pots de vin du laboratoire SmithKline Beecham pour imposer la vaccination contre l'hépatite B en Italie.