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Jean Solomidès

 

 

Sources:

[A] André Conord, 1977, 1980: L'Affaire Solomidès (Pauvert, 1980) [index].

[B] Dr Philippe Lagarde: "Les médecines classiques et complémentaires sont indissociables", dans Alternative Santé - L'Impatient, Nº 239, novembre 1997, p. 40-41.

[C] Christian Bécant: L'affaire Solomidès (http://perso.wanadoo.fr/a.f.b/revue-affaire-solomides.htm).

[D] Apostrophes, émission télévisée sur Antenne 2, 14 octobre 1977 (http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/CPB77057447/de-l-angoisse.fr.html) et 4 novembre 1977 (http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/CPB77058107/alors-ces-francais-en-40.fr.html)  [03/06/2009].

Vendredi, magazine proposé par André Campana: Médecines parallèles ou charlatans?, enquête et réalisation de Jean-Marie Perthuis (FR3, vendredi 28 mars 1984: http://www.ina.fr/sciences-et-techniques/medecine-sante/video/DVC8408089001/medecines-paralleles-ou-charlatans.fr.html) [03/06/2009].

Laurent Dailliez, , 1974: Combat contre le cancer: les travaux et les guérisons du Dr Jean Solomidès (Le Hameau, Paris).

"La potion du Docteur Solomidès", Sept à Huit du dimanche 15 juin 2008, sur TF1, 18h50,

 

 

Yangos Solomides est né à Chypre le 28 février 1911, avec la nationalité britannique. [A:85]

Il choisit de faire ses études de médecine en France, afin de faire de la recherche ensuite. [A:86]

En 1929, il fait son PCN (diplôme universitaire du premier cycle en physique, chimie, sciences naturelles) à Montpellier, et en 1930 sa première année de médecine. [A:86]

Il prépare une licence de sciences à la Sorbonne, qui lui permettra d'accéder à l'enseignement ou à la recherche. [A:86]

En 1937 et 1938, il acquiert les certificats de chimie biologique, de minéralogie et de physiologie générale, ces trois certificats composant une licence [A:86-87].

Le 24 novembre 1938, il passe sa thèse de docteur en médecine à l'Université de Paris [A:87].

En 1939, il obtient le diplôme de bactériologie de la Faculté de médecine de Paris [A:87].

Il travaille à l'Institut Pasteur, en 1938 sur la tuberculose, et en 1939 et 1940 sur le bacille de Koch [A:87]. Il est attaché de recherches au CNRS, détaché durant huit ans à l'Institut Pasteur [A:80-81].

Durant la guerre, il est assigné à résidence à Toulouse, et il obtient en 1943 et 1944 les certificats de licence de chimie générale, de chimie physique et de botanique générale à l'Université de Toulouse, et est ainsi licencié ès-sciences naturelles. [A:87]

De 1940 à 1944, en collaboration avec son maître Frédéric Van Deinse, chef du service du BCG à l'Institut Pasteur, il poursuit des études sur les bacilles tuberculeux, leurs effets sur le lapin et le cobaye, l'action d'huiles et matières grasses sur les bacilles et sur l'organisme des animaux d'expérience, par exemple sur les propriétés sensibilisantes ou au contraire immunisantes de la glycérine. [A:87]

À la libération de la France, il devient stagiaire au CNRS puis attaché de recherches en 1945. [A:88]

Il vend aux laboratoires Walter une pommade, le Gadistol, à base de distillat d'huile de foie de morue, contre l'eczéma, des cancers de la peau et surtout des radiodermites (lésions de la peau précancéreuses, causées par des rayons X ou gamma). [A:88]

En 1947 ou 1948, il découvre que les peroxydases (catalyseurs d'oxydation) synthétiques détruisent des cultures de bacilles tuberculeux en les oxydant, mais aussi des tumeurs cancéreuses sur la membrane desquelles elles se fixent sélectivement. [A:57: 179-180] Ils permettent aussi à d'autres substances nocives d'agir plus sélectivement sur les cellules cancéreuses. Ainsi, l'hormone mâle utilisée contre les cancers du sein et de l'utérus cause moins d'hirsutisme facial et de raucité de la voix. [A:61-62]

Les physiatrons synthétiques permettent d'empêcher l'évolution des tumeurs, de les résorber, de les opérer, et d'empêcher des métastases. [A:49] Ils permettent aussi au malade de diminuer ses souffrances [A:54], mais aussi de reprendre ses mauvaises habitudes, compromettant ainsi ses chances de guérison [A:51].

Le 4 mars 1948, il fait une communication sur son procédé à la Société française de microbiologie, publiée dans les "Annales de l'Institut Pasteur". [A:59]

En mai 1949, pour des faits de résistance pendant la guerre, il acquiert la nationalité française. [A:100&188]

À la fin de 1949, il apprend que son père a une énorme tumeur au foie. Il envoie à Famagouste du distillat iodé d'huile de foie de morue en solution [A:90] en donnant des conseils pour le traitement et l'injection. Les médecins sont stupéfaits de constater la disparition de la tumeur en trois semaines [A:91].

La nouvelle suscite la jalousie à l'Institut Pasteur, où on lui reprochait son zèle dans le travail, et ses expériences, sur la glycérine, prouvant que l'immunité artificielle est passagère, et qui remettent en cause l'utilité de vaccinations qui constituent la majeure partie des ressources de l'Institut Pasteur. [A:91-92]

Louis Aublant, secrétaire général de l'Institut Pasteur lui demande de partir. [A:92]

Il est engagé à l'Institut Gustave-Roussy de Villejuif (spécialisé contre le cancer), par le Pr Charles Oberling, et licencié dès sa première expérimentation, au bout de trois semaines. [A:93-95]

Il est refusé au service du Pr Raoul Kourilsky, spécialisé dans la tuberculose à l'hôpital Saint-Antoine; au service du Dr Jean-Paul Sisley, du Laboratoire des Corps Gras de Bellevue; au service du Dr Chadourne, directeur du sanatorium de L'Haÿ-les-Roses; au service du Pr Aubel. On lui écrit, étrangement vu ses diplômes, que l'on dispose d'assez de laborantins. Son épouse Michelle, soupçonnant que c'est l'Institut Pasteur qui bloque sa carrière, téléphone au successeur du Dr Van Deinse à la direction du service de tuberculose, en se faisant passer pour la directrice d'un laboratoire qui désire savoir ce qu'il pense de Solomidès qui vient de se présenter à elle: "Oh, vous savez, il n'a jamais cassé trois pattes à un canard", lui répond-il. [A:95-96]

On lui signifie son licenciement du CNRS en juin 1950 avec un préavis de six mois, sans qu'il parvienne à être reçu. Le président du CNRS lui écrit finalement qu'il ne peut lui révéler dans quelles conditions la Commission de la médecine a décidé son renvoi. [A:97]

Il soigne un voisin atteint d'un cancer de l'estomac, qu'un chirurgien, après avoir ouvert, a refermé sans opérer à cause de la grosseur de la tumeur. [A:96-97]

Il installe son laboratoire dans la cave de son pavillon à Sceaux, 13 rue de la Marne, avec l'aide d'un médecin qui lui prête 30.000 F.

À cause de ses réussites, cinq à dix malades par jour se présentent. [A:98]

Ayant déconseillé à une malade une opération, le chirurgien le fait convoquer par le conseil départemental de l'Ordre des médecins. Solomidès ne se présentant pas à sa commission de discipline, le conseil porte plainte pour exercice illégal de la médecine. [A:102]

Il est convoqué par le juge d'instruction Ferdinand Gollety et la police perquisitionne chez lui. [A:103] En 1953, une amnistie termine l'affaire par un non-lieu. [A:104]

Le 13 mars 1951, il fait une communication devant la Société de pathologie comparée, sur quelques aldéhydes (alcools déshydrogénés) aliphatiques (hexanal, heptanal, octonal et citral) comme traitement de l'eczéma et antalgiques dans le cancer. Le président de la société, M. Gastinel, Pr de microbiologie, part en disant que c'est impossible de guérir l'eczéma et surtout le cancer. Le Dr Grillot, secrétaire de la société, lui dit: "Vous avez été élu à l'unanimité comme correspondant de la Société de Pathologie." Un mois après, une lettre l'informe qu'on ne peut pas publier sa communication, et il envoie sa démission. La communication est publiée par un médecin journaliste qui assistait à la séance, en 1951, dans le "Journal of the American Medical Association" sous le titre "The therapeutic applications of œnanthol". [A:107]

En 1951, "La France médicale", qui avait publié ses précédentes communications, refuse de le faire, ainsi que "Nature" en Angleterre, "Experientia" en Suisse, par manque de place. [A:108]

En 1951 et 1952, il obtient l'autorisation de mise sur le marché pour le Citral-Uréthane et le Géranyle, deux huiles d'origine végétale avec de l'éther-oxyde de l'olyéthylène-glycol. Les visas ont été obtenus en six mois, contre la bronchite, l'eczéma, les allergies, en tant qu'antalgiques dans le cancer. Le Géranyle a été expérimenté à Villejuif. Un petit laboratoire, Biostabilex, exploite les visas jusqu'en 1972. [A:105]

À partir de 1952, il décide d'éditer la "Revue annuelle de chimiothérapie et de prophylaxie du cancer" qui le fera connaître par beaucoup de médecins. [A:109:110]

En 1952 et 1953, il écrit à la Ligue nationale française contre le cancer afin de demander une subvention qu'elle lui refuse, car elle lui permettrait de fournir à des chefs de centres anticancéreux des ampoules gratuites de peroxydases synthétiques pour l'expérimentations dans leurs services. [A:108-109]

Le 19 décembre 1954, à une conférence de presse donnée à l'occasion du prix Essec, fondé par l'Institut catholique et la Ligue française contre le Cancer, afin d'encourager les jeunes chercheurs, Solomidès s'étonne du manque de curiosité de l'institut de Villejuif à l'égard de ses médicaments qui, dans certains cas de cancer, donnent de bons résultats et qui entraînent toujours une sédation de la douleur. Le Pr Pierre Denoix, directeur de l'Institut Gustave-Roussy de Villejuif, lui répond gêné mais poli, que l'on pourrait parler de cela ailleurs. L'abbé Donjon, directeur de l'Institut catholique, ne laisse pas parler Solomidès qui quitte la salle. Comme il y a des journalistes, et en particulier Jacques-Louis Tissier, président de l'Union des journalistes français et des correspondants de presse étrangère, qui demande des explications, une conférence est organisée le 24 février 1955 aux Sociétés savantes. Une demi-douzaine de malades sont venus témoigner. Le lendemain, Georges de Caunes l'invite dans les studios de la radio-télévision avec deux ou trois malades. [A:114]

Dès lors, une cohorte de malades lui téléphonent, lui écrivent, attendent devant chez lui sur des dizaines de mètres, afin d'essayer un traitement beaucoup moins mutilant. [A:117]

L'Ordre des médecins demande à la Radio-Télévision de ne plus communiquer l'adresse de Solomidès aux malades qui la réclament: il faut les diriger vers Curie, Villejuif, le Centre Hartmann. Le président de l'Ordre, M. Piédelièvre, qui avait fait passer à Solomidès les examens lui ayant octroyé le diplôme de docteur en médecine, rappelle à la télévision qu'il n'y a pas d'autres traitements du cancer que la chirurgie et la radiothérapie. [A:117-118]

En avril 1955, le Bulletin officiel de la Chambre syndicale des médecins de la Seine (nº 4) publie un article intitulé: "La Radio-Télévision Française au service des charlatans". [A:118] Solomidès assigne le bulletin en diffamation en réclamant dix millions de francs de dommages et intérêts. [A:120-121]

Poussé par la Chambre syndicale, le ministère de la Santé publique dépose une plainte en exercice illégal de la médecine et une autre pour exercice illégal de la pharmacie. [A:121]

Deux inspecteurs de police sont envoyés et Solomidès est reconvoqué par le juge d'instruction Gollety, avec qui il devient ami. [A:121]

En Belgique, le médicament est expérimenté et remboursé par la Sécurité sociale. [A:126]

Un grand laboratoire cubain verse un million de francs pour frais de recherches, demande un contrat afin d'avoir l'exclusivité pour l'Amérique du Sud, puis cesse de se manifester lorsque les responsables cubains ont demandé des renseignements à l'Institut Pasteur. [A:126-127]

Le 31 janvier 1956, Solomidès donne une conférence sur les peroxydases synthétiques, avec de nombreux malades guéris, à l'amphithéâtre de géologie de la Sorbonne. [A:129]

le 12 avril 1956, la conférence, qui devait être l'occasion de publier une brochure présentant cent nouveaux cas de guérisons, prévue le 14 avril 1956 au même lieu est, selon M. Pérez, doyen de la Faculté des sciences de Paris, interdite par les ministères de l'Éducation nationale et de la Santé publique, sur intervention de l'Ordre national des médecins. En fait, un fonctionnaire subalterne de la Santé publique a communiqué l'interdiction au doyen sans qu'il y ait eu interdiction des deux ministères. La conférence est faite devant les Sociétés savantes. [A:129-130]

En octobre 1956, Solomidès publie une revue de vulgarisation, "Victoires sur le cancer", et il crée la Ligue mondiale pour la chimiothérapie du cancer. [A:131]

Sur les malades renvoyés chez eux par des cancérologues ne pouvant rien pour eux, Jean Solomidès en sauvait 14%; sur ceux qui suivent son traitement avant tout autre, 70% sont guéris, soit le double du traitement classique. [A:19&48, 54] En effet, en réagissant les antigènes de surface sur les cellules cancéreuses, les physiatrons synthétiques ajoutés à une chimiothérapie augmentent de 30% l'efficacité [B:41].

- Le 24 janvier 1957, s'ouvre le procès devant la 16e Chambre correctionnelle de la Seine, sous la présidence de M. Mille. Solomidès, victime d'un malaise cardiaque, est défendu par Me Hayot. [A:134] Témoignent M. Brillault, président du tribunal civil de Bordeaux, et un jeune représentant de commerce, atteints de cancer du larynx, et ayant pu conserver leur voix, sans chirurgie ni radiothérapie. Cela a permis à M. Brillault de présider de nouvelles audiences. [A:80;136] Le Dr Boisseau, ex-directeur de l'Institut Pasteur de Brazzaville, puis de l'Institut Pasteur d'Athènes, médecin colonel en retraite, et alors chef de service de microbiologie chez Rhône-Poulenc, commandeur de la Légion d'Honneur, témoigne qu'une de ses parentes, qui devait être morte d'une tumeur du sein depuis deux ans d'après les diagnostics des spécialistes, est en bonne santé grâce au médicament de Solomidès [A:136-137]. Le Dr Mamonni, médecin traitant, témoigne avoir sauvé sa nièce de vingt ans, condamnée selon les chirurgiens de Curie, et affirme qu'outre l'augmentation des guérisons, on bénéficie avec les peroxydases d'un soulagement qui permet d'éviter l'utilisation de morphine. Il ajoute qu'un médecin qui aurait connaissance du traitement Solomidès et qui refuserait de l'essayer est un criminel. [A:137]. M. Mignon dépose un double de la lettre du Pr Denoix dans laquelle le directeur de l'Institut Gustave-Roussy pronostiquait la mort de son épouse à brève échéance; et un double de la lettre du Dr M., de la fondation Foch, où il affirme deux ans plus tard que la tumeur intestinale avait disparu [A:139]. Me Hayot plaide, selon l'article 63 du Code pénal, l'obligation de secourir les personnes en danger [A:141]. Le 31 janvier, le tribunal condamne Solomidès au minimum, 10.000 F d'amende avec sursis, car il constate la guérison de cancers qui permettent à Solomidès de bénéficier "des plus larges circonstances atténuantes"; et les accusateurs ne bénéficient que de 1 F symbolique, et non des 500.000 et 100.000 F qu'ils réclamaient. Les organismes médicaux font appel, et le procès du 9 juin 1960 confirme le premier jugement. [A:141-142].

Le 10 octobre 1957 est plaidé le procès en exercice illégal de la pharmacie, car seuls trois de ses physiatrons synthétiques ont obtenu le visa du ministère de la Santé publique [A:148, 151]. Solomidès explique qu'il a obtenu les visas tant qu'il s'agissait d'eczéma et de bronchite, mais pas pour le cancer, à cause de la partialité des instituts Gustave-Roussy et Curie, et l'absence de contre-expertise [A:152]. Il invoque le remboursement des P.S. en Belgique, leur autorisation en Suisse et depuis deux jours en Grèce [A:153]. Le bâtonnier Marcel Héraud cite la lettre du Pr Oberling, qui prétexte que "les idées de Solomidès ne correspondent pas à l'état actuel de la science" pour ne pas l'engager à Villejuif, et la lettre du Dr Lavedan, chef du service anti-cancéreux de Curie, qui affirme sans explication que tous les chefs des centres anti-cancéreux refusent la demande de subvention faite par le Dr Solomidès, à l'unanimité et au nom de la Ligue nationale française contre le cancer [A:154]. Une expertise est demandée [A:154]; certains experts se récusent; les résultats sont publiés au bout de deux ans et le procès en exercice illégal de la pharmacie se poursuit en février 1961 [A:157].

- Le laboratoire G..., producteur de l'hormone mâle contre le cancer du sein, refuse de produire ses médicaments pour obtenir un visa, car il craint que ses ventes baissent à cause de l'opinion des médecins des grands centres. Solomidès décide de créer son laboratoire pharmaceutique, Sceaux-Pharma, afin d'obtenir les visas [A:160]. Le 24 novembre 1957, Solomidès inaugure son institut près de chez lui, en présence de Van Deinse, son ancien maître, Boisseau, ancien directeur des Instituts Pasteur de Brazzaville et d'Athènes, de nombreux médecins; une délégation grecque menée par le Dr Katsafados, chirurgien en chef de l'hôpital Tzanion du Pirée, président des Centres anti-cancéreux de Grèce, député, ancien ministre de la Santé publique, et le Dr Katsaniotis, directeur de l'Assistance publique d'Athènes; une délégation belge conduite par le pharmacien Tack qui dirige l'Institut Solomidès de Belgique. [A:148]

Sa Ligue mondiale pour la chimiothérapie du cancer devient la Ligue des droits de l'homme malade, et la revue "Victoires sur le cancer devient "Remèdes-Actualités". [A:161]

En novembre 1958, le stress cause une rechute d'une tuberculose intestinale qu'il avait eue dans sa jeunesse. [A:162] Il se soigne avec le vaccin de Friedmann, le seul vaccin curatif et le plus efficace des vaccins préventifs contre la tuberculose, utilisé dans quarante-six pays et non autorisé en France [A:163].

Le 23 juillet 1960, des représentants de la justice perquisitionnent à Sceaux. [A:163]

Le 2 février 1961 le procès pour exercice illégal de la pharmacie reprend [A:167]. Solomidès conteste l'accusation an affirmant qu'il ne fabrique pas de "spécialités pharmaceutiques" standardisées, mais des "remèdes secrets" en cours d'expérimentation, sans contrôle d'un pharmacien, comme c'est le cas à l'Institut Pasteur. Les P.S. iodées, le P.S. 4A par exemple sont un progrès, et de toutes les formules testées, rien qu'une douzaine a été conservée, contre cinq maladies: les cancers, la sclérose en plaques, l'asthme et l'eczéma. [A:168, 305] Il récuse le rapport des cinq experts qui n'ont retenu que 26 cas de guérison sur 80 proposés. Ils nient tout bénéfice des P.S., concluent à des erreurs de diagnostic faits par des spécialistes comme le Pr Delarue et le Pr Brux chaque fois que la guérison est impossible avec le traitement classique, ou ils prétendent qu'une biopsie a pu guérir de la totalité du cancer; ils attribuent par exemple la guérison du cancer de l'utérus de Mme Nicol à un curetage qui n'était une biopsie [A:170-172]. Les experts sont absents et il n'y a aucun témoin à charge [A:173]. Plusieurs témoignages et diagnostics prouvent des guérisons qui se sont faites sans les amputations (de jambes, de sein) prescrites par la médecine classique [A:174; 183].

À la deuxième audience du 9 mars, les experts n'ont pas voulu être présents [A:186].

À la troisième audience du 27 avril, la suspicion exprimée scandalise bruyamment des malades qui sortent et Michelle Solomidès qui est expulsée. [A:187-193]

Le verdict du 25 mai ne reconnaît pas de circonstances atténuantes: la condamnation est de 10.000 nouveaux francs d'amende, 2.000 F aux parties civiles, plus les dépens [A:194].

Quatre procès suivront, qui ne laisseront Solomidès sans poursuite judiciaire que quelques mois de 1975 [A:200].

Ayant renoncé à recevoir lui-même des malades en 1963, Solomidès engage le Dr Persâtre qui est accusé par l'Ordre des médecins d'infraction à l'article 21 du Code de déontologie, car il donnerait des consultations dans des locaux commerciaux, et il écope d'un an de suspension du droit d'exercer la médecine [A:203]. Ayant ouvert un dispensaire hors de son institut, avec les Drs Persâtre et Nahon, une autre perquisition policière advient le 2 juin 1965, motivée par une nouvelle plainte de l'Ordre des médecins. Des dossiers de malades et de demandes de visa sont saisis. [A:204] Les deux médecins sont aussi poursuivis selon l'article L-372 du Code de la santé publique d'exercice illégal de la médecine pour avoir travaillé avec Solomidès, et d'exercice illégal de la pharmacie, pour avoir prescrit des P.S.; mais aucun des autres médecins prescripteurs dont on a saisi les lettres, parmi lesquels le Dr Albert Schweitzer (Prix Nobel de la Paix), n'a été poursuivi [A:205-207]. Persâtre est radié à vie et Nahon suspendu deux ans [A:208]. Nahon est aussi poursuivi pour "publicité non personnelle" pour avoir publié dans la revue "Remèdes" des observations sur des guérisons par P.S. chez des malades jugés incurables, comme s'il était interdit par le Code de déontologie aux médecins de publier ses observations dans des revues médicales [A:208]. Nahon est parti à l'étranger et Persâtre est devenu visiteur médical et est mort de désespoir avant le procès de 1972 [A:210] Les présidents de la Ligue des Droits de l'Homme Malade, MM. Ayoul et Massiou [A:210] sont poursuivis pour exercice illégal de la pharmacie, et l'association est dissoute. *Le Centre scéen de la recherche biologique (CSRB) est créé afin que Gustave-Roussy ou Curie n'en deviennent propriétaires. [A:216] Inauguré le 7 mai 1965 pour appuyer la demande de visas par des soins et des essais cliniques, le centre médical de la rue Jean-Jaurès ferme le 1er septembre 1966 [A:216]. Le 4 avril 1968, le tribunal reconnaît l'argument de l'avocat du CSRB dont on demande la dissolution, qui dit que l'on reproche au centre d'être dans l'illégalité, alors que son activité consiste justement à obtenir une autorisation légale de médicaments. [A:216]

- Le 15 décembre 1955, Solomidès signe un contrat avec un armateur belge, Oïdtmann, [A:220] qui avait compris, lors de la conférence de presse de 1955, l'intérêt des peroxydases synthétiques et prétendait obtenir rapidement les visas pharmaceutiques belges grâce à ses relations [A:218]. Le 21 décembre 1961 [A:222], Oïdtmann porte plainte pour escroquerie, avec comme avocat Me Piédelièvre, le fils du président de l'Ordre qui affirmait à la télévision en 1955 que seules la chirurgie et la radiothérapie étaient efficaces contre le cancer [A:219]. Solomidès est entendu par la police, puis par le juge Perez en 1962 [A:219]. Le 26 octobre 1966, cinq ans après la plainte, le juge Roussel l'inculpe dans cette affaire [A:220]. Le juge d'instruction et le substitut du procureur, M. Tachella, ajoutent illégalement au dossier les conclusions des expertises et des verdicts amnistiés en février 1962 [A:219], car ils ne trouvent aucun expert qui veuille signer un rapport faux; M. Tachella, écrit: "Devant les difficultés rencontrés par le magistrat instructeur pour trouver des experts, ceux pressentis se récusant tour à tour, la partie civile décide alors de verser au dossier deux rapports intervenus à l'occasion d'autres instances." [A:221]. En 1967, Oïdtmann meurt; on convainc sa famille de reprendre la plainte [A:226]. À la première audience devant la douzième Chambre correctionnelle, le 25 novembre 1969, l'avocat de Solomidès, Me Beyssade, plaide la prescription, ce que retient le tribunal lors de son verdict du 13 janvier 1970 [A:222-223]. Le substitut fait appel, qui advient le 14 novembre 1970 devant la neuvième Chambre de la Cour d'Appel [A:223]. L'avocat général, qui admet la prescription pour les trois premières années, demande s'il n'y a pas d'actes frauduleux après 1958. [A:223] Après accord de la Cour de cassation, les experts Roger Le Breton et Pinta peuvent témoigner. [A:223] Le 30 janvier 1971, l'affaire est enfin jugée sur le fond. Solomidès prouve avec des expériences la fausseté des expertises [A:223-224] Me Piédelièvre considère que l'envoi à Oïdtmann de la "Revue annuelle de physiatrie et de chimiothérapie du cancer" et de "Victoires sur le cancer" était une fraude pour tromper son client, alors que l'avocat général, Me Pasturel, considère qu'il y a des articles fort intéressants, en particulier un du Dr Katsafados, ancien ministre de la Santé en Grèce. [A:225] Me Pasturel insiste sur les conditions très avantageuses pour Oïdtmann afin de lancer les P.S., et il abandonne l'accusation, ce pourquoi il avait demandé que l'affaire soit jugée sur le fond. Piédelièvre proteste [A:225]. Le président Fonade dit à Solomidès: "je vous connaissais déjà par la grande presse, car il y a quelques années, cous étiez une personnalité renommée mais contestée; c'était au moment de votre procès et je m'excuse de faire allusion à des procès amnistiés. Je dois avouer par ailleurs que la plupart des articles vous étaient favorables." [A:226] Me Beyssade plaide que même si Solomidès s'était trompé sur l'efficacité des P.S., il n'y aurait pas d'escroquerie car il n'y a ni mise en scène ni intention de tromper. Le verdict du 20 février 1971 innocente Solomidès d'escroquerie et de charlatanisme, reconnaît la prescription et condamne les Oïdtmann aux dépens [A:226].

- Le 12 février 1964, scandalisés par un verdict judiciaire sévère puis par l'interdiction d'une conférence du Dr Müller sur la vie de Solomidès, quelques centaines de personnes essayent en vain de se faire entendre par des journalistes du Figaro, puis manifestent au ministère de la Santé, où une délégation se fait rabrouer. [A:272]

- Le 20 avril 1964, Solomidès organise un conférence de presse où de nombreux journalistes écoutent les témoignages des malades et d'une demi-douzaine de médecins, questionnent Solomidès. très peu de publications suivent, les rédacteurs en chef ne voulant pas prendre de risques. L'article du rédacteur de l'Agence centrale de presse ne paraît ainsi que dans la revue de Solomidès. [A:268]

- Après la facile autorisation d'ouverture de Sceaux-Pharma en 1962, la reconduction de l'autorisation prévue pour février 1964 n'arrive pas. Après trois ans de nombreuses demandes écrites et téléphoniques, le 7 juillet 1967, le ministère de la Santé publique motive par un arrêt un refus d'ouverture pour cause d'outillage incomplet et de manque de personnel capable. Le laboratoire est donc fermé jusqu'au 17 mars 1970, lorsque le ministère, reconnaissant son abus de pouvoir, donne son autorisation alors que la plainte portée par Solomidès contre le ministère de la Santé publique allait être présentée devant le tribunal administratif de Paris [A:212]. Le 8 juillet 1970, le tribunal administratif constate des anomalies dans le délai, et dans le fait que "l'arrêté attaqué n'est pas légalement justifié car il repose sur des faits matériellement inexacts" [A:213] Bien que l'État soit condamné aux dépens, six ans ont été perdus pour les demandes d'autorisations de mise sur le marché [A:214].

- En 1965, le P.S. 88 est validé par les expertises chimique et toxicologique. [A:228] En 1970, Sceaux-Pharma rouvre [A:228] mais ne produit rien, car il risque la fermeture s'il produit des médicaments sans visa [A:231]. Ses dirigeants cherchent un expert pour une expérimentation clinique qui validerait un visa. Le premier, qui tarde à donner son accord, refuse en affirmant que son service hospitalier n'a pas les conditions favorables pour que l'expérimentation soit valable. Un deuxième expert entreprend des tests satisfaisants, reconnaît qu'il obtient souvent des résultats spectaculaires, mais refuse de signer son rapport d'expertise, à cause des ennuis que cela pourrait lui causer du côté du ministère de la Santé publique. En mars 1972, un troisième expert, chef hospitalier dans le nord, est rencontré par Solomidès et Pierre Landrin. 25 malades sur 50 devraient recevoir le médicament, mais il ne fait pas l'expérimentation [A:230-231]. Depuis que l'expérimentation est obligatoire sur au moins 100 malades, moins de services hospitaliers peuvent pratiquer les tests; et les chefs hospitaliers craignent de perdre leur mandat renouvelable tous les trois ans en déplaisant au ministère [A:231].

- En juin 1969, Irwin S. Morse, chirurgien au South Miami Hospital, et Paul O. Nees, de la Section biologique du Wisconsin Alumni Research Foundation, publient au sixième Congrès européen de la FIC (Collège international des chirurgiens) leurs résultats du traitement par excision de la tumeur après traitement et réduction aux physiatrons. L'expérimentation sur des rats autopsiés ensuite n'avait révélé aucune toxicité importante. Sur des tumeurs mammaires spontanées de la chienne, avec quatre vétérinaires: les Drs Austin, Boyd, McMillan et Mueller, ils observent des réductions de la taille des tumeurs. [A:48-49]

- Dans les années 1970, un mois de traitements Solomidès coûte 70 à 200 F, le plus cher étant de le faire injecter par piqûre intraveineuse, alors qu'un mois de traitement par neuf ampoules de Bléomycine coûte 1200 F; un mois de traitement d'Endoxan utilisé seul coûte 800 F, et moitié moins associé à un autre; la triamcinolone (cortisone) coûte 200 à 600 F par mois, et le prednisone (cortancyl) environ 80 F, mais ils ne sont généralement pas utilisés seuls. Évitant souvent l'hospitalisation, le traitement Solomidès permet d'économiser 75 à 750 F par journée d'hospitalisation. En évitant des opérations, il permet d'économiser les 800 F d'une opération d'un cancer de l'utérus et les 2.000 F d'une opération du cancer de l'estomac, sans compter les médicaments adjoints et les radiothérapies qui peuvent atteindre 10.000 F. Une dose de radium de 60 mg pour une curiethérapie coûte 7.200 F. Et souvent ces traitements sont souvent utilisés palliativement, sans espoir de guérison. [A:255-257]

- Dans l'hebdomadaire Paris-Match, le Pr Oberling dévoile le tableau de ses outils contre le cancer, parmi lesquels est bien placé le Citral-Uréthane, dont l'inventeur est Solomidès. [A:106] Le P.S. 120 C est un peu toxique, à cause de TEM dilué à 1/36.000 dedans, mais est réservé au traitement de la leucémie et de la maladie de Hodgkin (3% des cancers). [A:70] Le Géranyle Biostabilex de Solomidès est dans le Vidal.

- En avril 1972, la commission régionale d'agrément écrit à propos du dispensaire, fermé judiciairement: "Le rapport d'enquête ayant établi que le centre était fermé, la Commission a estimé ne pouvoir procéder à l'examen de ce dossier du fait de la fermeture dudit établissement.": le dispensaire aurait donc dû être ouvert sans autorisation pour être autorisé à ouvrir, mais alors ne l'aurait-on pas encore fermé pour être ouvert sans autorisation? [A:217]

- Le 3 novembre 1972, devant la 17e chambre correctionnelle de Paris, Mme Mathieu Laurent témoigne qu'en 1965, on lui a diagnostiqué un cancer au sein et proposé l'ablation d'un sein. Elle a préféré se faire prescrire par le Dr Jacques Nahon des physiatrons synthétiques, ce qui lui a permis de conserver son sein. Mme Yvette Lefèvre fit un témoignage similaire, guérie elle aussi en ayant conservé son sein. [A:34-35]

- Le 24 mai 1973, devant la 11e chambre de la Cour d'appel de Paris, Mme Janine Picaud, d'Andrésy, témoigne que son fils Jean-Pierre, 18 ans, a été opéré le 24 novembre 1970 à l'hôpital Lariboisière, au cerveau pour une tumeur cancéreuse temporale droite. Le pronostic est "grave à brève échéance". Jean-Pierre subit quotidiennement deux piqûres de cortisone. Le 28 février 1971, il entre dans le coma. Le 10 mars, le Dr T. consulté à Lariboisière, dit à sa mère: "S'il y avait quelque chose, nous vous le dirions. Nous vous avertissons qu'il n'y a rien à faire". Le lendemain, la mère va voir le Dr Solomidès dont un ambulancier lui a donné l'adresse lors du premier transport de son fils à Lariboisière. Il reçoit durant deux mois des ampoules de P.S. 300 en injections. Jean-Pierre guérit. Le médecin traitant chargé d'exécuter le traitement de Lariboisière, n'a pas reçu l'autorisation du Conseil départemental de l'Ordre des médecins de témoigner de l'effet bénéfique des physiatrons synthétiques [A:37-39].

Le jugement du 14 juin 1973 de la 11e chambre de la Cour d'Appel observe que les résultats obtenus avec les physiatrons de Jean Solomidès étaient "indiscutables" [A:82].

Le 28 décembre 1976, trois jours avant la loi européenne du 1er janvier 1977 qui reconnaît l'équivalence de certains diplômes et aurait permis à Solomidès d'exercer légalement la médecine à condition qu'il déclare sur l'honneur de ne pas être inculpé, il est convoqué d'urgence au Palais de Justice, ce qui l'empêche de faire une telle déclaration. Absent de Paris, il obtient difficilement un report au 10 janvier 1977, où il subit un interrogatoire qu'il refuse de signer. Le juge d'instruction considère qu'il est inutile de se référer à la loi européenne "quand on a une bonne loi française". [A:234-235]

- A l'émission télévisée Apostrophes du 14 octobre 1977, devant le Dr Henri Pradal, le cancérologue Léon Schwarzenberg traite Solomidès de charlatan. A l'émission du 4 novembre 1977, le présentateur Bernard Pivot lit un droit de réponse de Solomidès [D].

Une émission radiophonique d'Anne Gaillard devant opposer le 14 janvier 1978 Jean Solomidès, Henri Pradal et André Conord aux Prs Georges Mathé, Léon Schwarzenberg et Étienne-Émile Baulieu, et ces trois derniers ayant déclaré forfait la veille, l'émission est annulée [A:290-291].

Lorsque Solomidès demande son inscription devant le conseil départemental de l'Ordre des médecins des Hauts de Seine, celui-ci la lui refuse en invoquant les poursuites passées, à tort car elles sont amnistiées. Le conseil régional et le conseil national refusent aussi. [A:295]

- Le Dr Bocquet, biologiste, publie dans le Bulletin de l'Académie vétérinaire de France une démonstration de l'action des physiatrons synthétiques sur l'immunité, en supprimant sélectivement les lymphocytes B, ceux qui produisent les anticorps protecteurs des tumeurs [A:305, 333].

- Le 20 novembre 1978, Solomidès comparait pour la onzième fois devant la Justice, pour exercice illégal de la médecine et de la pharmacie. [A:295]. Les Pr Verhaegue (de Lille) et Jean Bernard sont témoins pour l'Ordre des médecins, sans qu'en soit averti, Me Carnet, l'avocat de Solomidès qui croyait que l'affaire serait jugée sur le droit, pas sur le fond. Il n'a par conséquent fait citer comme témoin aucun malade ni médecin, mais que Sauveur Calabria, président de la Ligue pour l'application prioritaire de l'article 63 du code pénal aux malades en péril (LAPA 63). Le procureur Lazari promet plusieurs fois n'examiner que le droit, ce qu'il ne fait pas [A:296, 305-306]. De même, Jean Bernard critique sévèrement le traitement Solomidès en affirmant qu'il ne s'agissait pas de cancers, sinon ils n'auraient pas été guéris [A:298]. Pourtant, dans "Victoires sur le cancer" d'octobre 1957, p. 8, est relaté le cas d'un enfant leucémique atteint de lymphosarcomatose généralisée. Le Pr J.B. dit à ses parents qu'il n'en a plus que pour quelques semaines. Le Dr V. lui prescrit des peroxydases. L'enfant guérit et les parents vont renseigner le Pr J.B. qui, à leur étonnement, dit connaître le traitement Solomidès qui obtiendrait 80% de guérison. [A:297-298] Au tribunal, le Pr Jean Bernard dit qu'il est "pour qu'on essaie toutes les thérapeutiques nouvelles quelles qu'elles soient. Si elles sont valables, leur efficacité se révèle avant cinq, six ans au maximum. Ce n'est pas le cas de M. Solomidès." Pourtant, alors qu'il est depuis beaucoup d'années un membre influent de l'Académie de médecine, il n'a sollicité aucune expérimentation [A:302-303]. Le Pr Verhaegue admet que le traitement Solomidès réduit l'inflammation et le volume de la tumeur, mais regrette le mutisme des malades conscients des menaces. [A:303-304]

Le 18 décembre 1978, Solomidès est condamné pour exercice illégal de la médecine et de la pharmacie, au maximum de l'amende, et surtout à fermer son institut. Pendant que Jean Solomidès interjette appel, une vingtaine de malades défilent dans le Palais de Justice en criant "Ordre des médecins, assassin" [A:308].

Pour réagir contre la fermeture, le Comité de défense et d'information sur le cancer (CDIC) est créé et publie le 20 janvier 1978 dans "L'Impatient": "Solomidès, c'est la guerre". En deux mois, il y a 1.000 adhésions. [A:309] Le 28 mars 1979, sur la suggestion d'André Campana, écrivain et journaliste de télévision, il publie un "Appel pour l'expérimentation des médicaments mis au point pas Jean Solomidès": une pleine page de 350 signatures dans le quotidien "Le Matin de Paris" dont celle de 170 médecins, une trentaine d'élus, des journalistes, des syndicalistes, des artistes. Après que le service de publicité du Monde" ait accepté de le publier, sa chroniqueuse médicale le Dr Claudine Escoffier-Lambiotte a refusé sa publication. Dans une interview à "Paris-Match", le Pr Lucien Israël attaque le Dr Solomidès, et aucun droit de réponse n'est publié. [A:287, 309, 312]

Le 27 avril 1979 paraît une enquête dans Paris-Match nº 1561, où le Pr Lucien Israël demande: "Vous avez confiance, vous, en ce monsieur qui prétend avoir trouvé depuis trente ans dans son arrière-cuisine un remède miracle contre le cancer?", alors qu'il a fait sa découverte à l'Institut Pasteur. Il affirme aussi: "Il y a quelques mois, une quinzaine de jours avant qu'il passe en jugement, son fils qui travaille avec lui est venu me trouver. Il m'a demandé de tester le médicament chez l'homme. Avant le jugement. Comme si c'était une chose possible. Il faut douze, dix-huit mois pour avoir des résultats sérieux.". Or le jugement, le 18 décembre 1978, a précédé la visite de Jean-Michel Solomidès, advenue en janvier 1979. [A:318-320] Jean-Michel Solomidès écrit une courte lettre qui est tronquée dans Paris-Match. Le 12 mai, son père exige un rectificatif. [A:322]

Dans Le Monde du 31 mars 1979, le Dr Charles Proux, qui dirigeait l'unité de radiothérapie de l'hôpital Tenon, affirme que "les malades se sentaient mieux, ils retrouvaient quelque énergie, mais il n'y avait pas de guérison et pas d'effets directs sur les tumeurs." Mais même un effet antalgique aurait dû causer le plus grand intérêt, puisque le Pr Léon Schwarzenberg, aux Entretiens de Bichat 1979, ne préconisait pour diminuer les souffrances des cancéreux en phase terminale que d'injecter un mélange de drogues telles l'alcool (éthanol), l'héroïne et la morphine. [A:315-316, 333]

- Solomidès tombe malade d'une congestion pulmonaire, s'alite le 12 mai, et meurt le 28 mai 1979. [A:288, 322] Une quinzaine de milliers de malades ont alors été soignés [A:323].

- Le 28 juillet 1983, la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales d'Île-de-France, intente une action qui aboutit le 15 janvier 1985 à une perquisition dans les locaux de l'institut avec saisie du matériel de fabrication des produits Solomidès.

- Suite à un signalement transmis au parquet en novembre 2006, le 3 juin 2009, le laboratoire de Messimy, à une vingtaine de kilomètres de Lyon, mis en place par l'association Choisis la vie depuis 1985, est investi par  les gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP), dirigé par le Colonel Thierry Bourret, agissant sur commission rogatoire d’un juge de Marseille. Neuf personnes sont placées en garde à vue et mises en examen.

 

Jean Solomidès et Mirko Beljanski

Solomidès et Beljanski ayant été collègues à l'Institut Pasteur, durant un peu plus d'un an de 1948 à 1949, je me suis demandé ce que Beljanski pensait de Solomidès. A l'assemblée générale du CIRIS en 2002 ou 2003, une collaboratrice m'a affirmé que Beljanski pensait que Solomidès était un charlatan. Cela m'a été confirmé en 2009 par le Dr Jean Lacaze, qui m'a affirmé avoir reçu une lettre recommandée de Beljanski, où il lui reprochait de l'associer dans un écrit avec le "semi-charlatan" Solomidès...

Il est aussi notable, dans une des ces ironies de l'histoire, que dans La Santé confisquée (1989, p. 135-136), les époux Beljanski racontent qu'ils sont allés chercher en vain de l'appui auprès du conseiller scientifique du Ministre de la Recherche, Jacques Benvéniste, et que celui-ci s'est aussi retrouvé quelques mois plus tard au ban de la communauté scientifique, pour avoir fait la découverte hétérodoxe de la "mémoire" de l'eau....