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Dictionnaire français euphémistique / français littéral

[12/09/2011]

 

 

Sans domicile fixe (SDF) : miséreux sans logement, voire clochard ; ne se dit pas d'une personne riche qui n'a pour habitat que son yacht, car s'il est (littéralement) sans domicile fixe, il est à l'opposé d'un clochard.

 

Mise en examen : mise en accusation ; ne se dit pas d'un étudiant lors d'examens universitaires ni d'un malade examiné par un médecin.

 

Présomption d'innocence : ne se dit pas d'une personne sur qui il n'y a aucun soupçon ; (ne) se dit (que) des personnes envers qui il y a une présomption de culpabilité.

 

Gens du voyage : ni voyageurs, ni voyagistes, mais nomades, en particulier les Roms ou Tsiganes qui sont l'unique ethnie de nomades en France, car la mention de l'ethnie est taboue, voire illégale, et dans une civilisation sédentaire, le nomadisme est péjoratif.

 

Lobbying : un lobby est étymologiquement un vestibule ou un corridor, et le lobbying signifie donc que l'influence se fait non dans l'assemblée publique (ce qui fait la république), mais de façon privée et dissimulée, et donc antirépublicaine. Il y a donc un abus, un contresens en parlant de lobbying à propos de tentatives d'influencer lors d'interventions publiques.

 

Sans-papiers : non pas une personne qui se retrouve sans feuilles pour écrire ou se torcher ou qui a égaré son portefeuilles, ni une imprimante au bac à papier vide, mais immigré clandestin, immigré illégal.

 

Visiteur médical : il ne s'agit pas d'un thérapeute (médecin ou infirmier) qui fait des visites médicales, mais d'un VRP (vendeur représentant placier ou voyageur représentant placier) de produits pharmaceutiques.

 

Produit phytosanitaire : il ne s'agit pas d'un produit pour la santé des plantes, d'un médicament, mais de pesticide, herbicide ou fongicide, donc de produit pour tuer.

 

Mouvement social : il ne s'agit pas d'une foule ou d'une société en mouvement, d'un pèlerinage ou d'une émigration collectifs, mais d'une grève ou autre protestation ou révolte collective contre une autorité.

 

Philanthrope : se dit rarement d'un amoureux de l'humanité (opposé à l'haineux misanthrope), mais le plus souvent d'un riche capitaliste qui veut se donner bonne conscience et s'acheter une réputation en donnant une part superflue de sa fortune.

 

Dictionnaire de novlangue

 

La novlangue est une manipulation du langage, une inversion sémantique des concepts qui gênent une oligarchie, afin de penser une alternative au pouvoir dominant.

La novlangue est une antilangue, dans le sens où elle s'oppose à l'étymologie, qui étymologiquement signifie elle-même la vraie signification.

C'est aussi une antilangue dans le sens où elle s'oppose à la représentation, à la communication de certains concepts.

 

Antifascisme : prétention de groupuscules s'attaquer aux nouveaux fascistes, alors que le fascisme était une imposition violente d'une politique, souvent financée (et manipulée) par les capitalistes (en particulier contre des mouvements communistes, ouvriéristes), et alors qu'ils reproduisent la même attitude violente, rarement contre ce qui domine, mais plutôt contre des alternatives pacifistes, par exemple à des démocrates (attaque des Citoyens Constituants).

Antisémitisme : utilisé pour antijudaïsme, alors que les Arabes sont des sémites (et peuvent être antijuifs). De la part des antijuifs, cela peut venir d'une racialisation de leur haine, ne se concentrant pas sur la religion mais sur un peuple juif.

Les sémites sont les personnes de langage sémitique (Akkadiens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Arabes, les Assyriens), étymologiquement descendant de Sem dans la Bible.

Démagogie : la démagogie était l'éducation du peuple ou de la population.

Aristocratie : utilisé pour eugénocratie, alors qu'il s'agit de la souveraineté des meilleurs, ayant réussi une épreuve, que ce soit celle de l'élection (Hugues Capet élu roi de France par les Grands du royaume), d'un concours comme Ulysse gagnant l'épreuve du tir à l'arc pour redevenir roi d'Ithaque, ou Oedipe étant le premier à résoudre l'énigme du Sphynx pour devenir roi de Thèbes; les descendants de dynasties se sont attribués cette supériorité qui n'est pas nécessairement héréditaire, comme l'ont montré de nombreux héritiers incapables d'être au niveau de leurs ascendants. Il s'agit d'une eugénocratie, c'est-à-dire de la souveraineté des biens nés, de ceux qui ont la meilleure naissance, ce qui pourrait être considéré ainsi comme une aristocratie, mais fort peu légitime (d'où l'invocation de droits divins ou autres arguments surnaturels). L'intérêt est surtout de conserver une stabilité et une paix sociales, au lieu de combats et luttes rivales incessantes des "meilleurs" pour conquérir le pouvoir.

Démocratie : se dit, non d'un régime où la population a la souveraineté, mais d'un régime où la population délègue ses pouvoirs à une oligarchie élue (aristocratie élective) qui se donne le droit de faire le contraire du programme sur lequel elle se fait élire (l'article 27 de la constitution de la Cinquième République, disant que "Tout mandat impératif est nul", rend inconstitutionnelle toute loi qui punirait un élu qui ferait e contraire de son programme).

Après une stabilité de 2100 ans de la définition, c'est dans les nouveaux régimes (les nouveaux anciens régimes, comme écrivait le fondateur du socialisme Pierre Leroux), aristocratiques électifs, ont récupéré le mot de démocratie pour appeler des partis soit-disant démocrratiques afin d'attirer les voix des électeurs.

Démocratie représentative, démocratie directe : le concept de démocratie étant dévoyé, l'oligarchie fait croire qu'on serait dans une démocratie représentative, alors que la représentativité ne pourrait l'être que par le tirage au sort statistiquement représentatif, ou un panel représentatif, mais pas avec des élus (des scrutins non proportionnels et sans mandat impératif) ou des nommés (par ces élus), qui représentent ceux qui financent leurs campagnes. Dans ce cadre la démocratie réelle est appelée démocratie directe, comme s'il y avait une indirecte (à la rigueur, on pourrait appeler démocratie indirecte celle qui s fait par des assemblées tirées au sort, statistiquement représentatives).

Economie de marché : se dit d'une économie dominée non par une négociation possible entre de nombreux petits producteurs et de nombreux consommateurs sur un marché, mais d'une économie dominée par des oligopoles.

Philanthropie : se dit de l'action des plus riches pour se soulager de l'énorme inégalité avec les pauvres en donnant leur superflu à ceux qui n'ont pas le nécessaire, et appellent cela l'amour de l'humanité, alors qu'ils aiment juste un peu qu'il y ait d'autres humains, à condition qu'ils soient plus pauvres, car ils ont en besoin pour être plus riches.

Ils croient que ces très relatifs petits dons permettra à ces chameaux de passer par le chat d'une aiguille.

Comme disait Coluche, "Les pauvres sont nécessaires; Mêmes les Américains en ont."

Populisme : le populisme était la défense du peuple (contre l'oligarchie). Ce serait maintenant une pratique de politiciens (démagogues) qui agiteraient des boucs émissaires pour se promouvoir auprès du peuple (mais cela n'a pas été appliqué à la présidence de George Bush). Le populisme est confondu avec le fascisme.

« Annie Collovald23 [Annie Collovald, Le « Populisme du FN » : un dangereux contresens, Éditions du Croquant, 2004] a fait remarquer que le mot populisme connaît un nouveau succès depuis les années 1980, comme synonyme de démagogie ou d'opportunisme politique, surtout lorsqu'il s'agit de mouvements d'opposition. Selon cette universitaire en sciences politiques, la catégorie renseignerait moins sur ceux qu'elle désigne que sur ceux qui l'emploient. Annie Collovald met en parallèle le succès du vocable avec la disparition progressive des classes populaires dans les appareils et dans les discours des partis politiques et interprète l'usage croissant du mot populisme ou populiste comme l'expression d'une méfiance grandissante à l'égard des classes populaires et d'un penchant nouveau pour la démocratie capacitaire voire censitaire. » https://fr.wikipedia.org/wiki/Populisme_(politique)#France

Radicalisme : alors qu'il s'agit, étymologiquement, d'aller aux racines des choses, afin d'augmenter la cohérence de ses propos et actes, dans la novlangue, le radicalisme est le nom donné à l'extrémisme, c'est-à-dire à son opposé partial.

Révisionnisme : alors qu'il s'agit de réexaminer des conclusions scientifiques, historiques, il a été depuis les années 1970 et 1980 réduit à des contestations à propos du génocide des juifs par les nazis, dans une sorte de réductio ad hitlerum qui ramènerait tout révisionnisme à de l'antijudaisme. L'historien Gourot a en 1987 inventé le négationnisme afin d'éviter la péjorisation du révisionnisme.

Souverainisme: c'est l'élite la plus internationale, qui a donc plus de souveraineté doublement (en tant qu'élite, et en tant que pouvant l'exercer dans plusieurs nations) qui paradoxalement appelle souverainistes ceux qui n'ont pas une telle souveraineté, mais aimeraient obtenir une souveraineté plus nationale, donc plus proche d'eux, si ce n'est une souveraineté populaire. Mais il est logique que si chacun était souverainiste, c'est-à-dire réclamant plus de souveraineté pour soi, qu'on en vienne à l'isocratie (égalité de souveraineté), et donc à la démocratie (une voix, un vote).

Terrorisme : attribué à des groupuscules qui s'attaquent à des Etats dominants (en étant parfois manipulés par ceux-ci pour créer de faux ennemis, par exemple la création du péril vert contre le péril rouge), comme si le terrorisme le plus grand n'était pas celui des plus puissants, le terrorisme d'Etat.

 

 

 

[3 octobre 2014]