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Le philosophe

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Histoire de l'humanité

 

La pierre et le feu

L'australanthrope, il y a deux ou trois millions d'années, a découvert qu'en frappant un galet ou silex perpendiculairement avec un autre, il pouvait en l'éclatant fabriquer un outil tranchant, le chopper qu'il utilisait comme hachoir.

Un million d'années plus tard l'archanthrope a fait le biface, façonné dans sa totalité par un travail d'éclatement beaucoup plus fin; grâce à une technique de frappe oblique, il avait un tranchant rectiligne. Les archanthropes utilisaient leurs outils de pierre pour dépecer la viande, et utilisaient aussi des bois de cerfs ou des cornes d'antilopes comme massues, pour chasser les grands mammifères et surtout les découper.

 

Il y a un million à 400.000 années, la découverte d'aliments cuits est celle d'aliments ramollis, ce qui augmente leur valeur nutritive, qui peut être utilisée par le cerveau pour son développement. Les aliments cuits ne nécessitent plus autant de fortes mâchoires ni de grandes dents, et peuvent être digérés dans des intestins plus courts (chez les humains que chez les grands singes). La moindre mastication libère du temps pour d'autres activités.

Alors que la nourriture crue pouvait être mangée là où elle était trouvée, la cuisson nécessite de la ramener au camp pour la cuisiner, là où elle pouvait désormais être donnée, échangée ou volée, ce qui nécessitait une organisation du travail et des alliances, en particulier sexuée: l'homme chassant et ramenant le gibier à la femme qu'il protège, et celle-ci lui cuisinant ses repas.

 

Quelques centaines de milliers d'années après, les Néandertaliens faisaient, surtout d'il y a 100.000 ans à il y a 40.000 ans, des outils en pierre très diversifiés (racloirs, pointes, couteaux...) issus d'éclats larges et minces sélectionnés (selon leur forme et leur poids) et non plus du nucleus initial. A la spécialisation des outils correspondait une spécialisation de la fabrication en ateliers.

Les cro-magniens, néandertaliens vivant d'il y a 30.000 ans à il y a 10.000 ans, faisaient des herminettes, des haches, des couteaux, des perçoirs, toute une gamme d'outils avec lesquels ils travaillaient les peaux pour se faire des vêtements, se sont bâtis des huttes et des tentes, ont fait de la vannerie. Il avait un langage et un art pariétal. Il y a 30.000-10.000 ans, le feu servait à cuire des ocres ferrugineuses pour obtenir les teintures nécessaires au premier art rupestre.

De nouvelles techniques sont apparues, liées à l'agriculture et au feu (poterie, puis verre et enfin métal). Avec la cuisson des aliments a été mise en place une division du temps pour permettre au groupe de prendre ses repas en commun, de même qu'une division des tâches a réparti l'espace de vie selon les activités: travail de la pierre, préparation alimentaire, etc.

Jusqu'à il y a environ 10.000-9.000 ans, les humains vivaient surtout de cueillette, de chasse et de pêche, en petits groupes souvent nomades. Grâce notamment à un climat plus doux, ils ont commencé à se sédentariser et à se fixer en certaines zones favorables.

 

L'apparition de l'agriculture

Des humains se sont sédentarisés en Europe centrale et orientale à partir d'il y a 34.000 ans jusqu'à ce que cela cessât il y a 24.000 ans.

Au nord des continents européen, asiatique et américain, le réchauffement qui a commencé il y a 20.000 ans fit fondre des glaces qui élevèrent de niveau marin et noyèrent des surfaces de terres habitées; et la multiplication des icebergs refroidit l'océan et ses contrées riveraines; les populations qui vivaient de la chasse du renne le suivirent dans sa migration vers le nord et l'Europe tempérée, désormais très boisée et coupée de lacs et de marécages, se dépeupla.

En Afrique du nord et au Moyen-Orient (du Zagros à la péninsule Arabique), le climat resta quasi désertique jusqu'à il y a 11.000 ans, car le golfe Arabo-Persique était sec  qu'il n'y avait pas encore la mousson d'été apportant des pluies de l'océan Indien.

Au Proche-Orient, où il n'avait pas fait aussi froid auparavant que plus au nord, le réchauffement fut plus progressif, la température ne variait pas fortement, la chaîne côtière du Levant protégeait l'arrière-pays de des effets de l'élévation du niveau marin.

Il y a 18.000 à 15.000 ans, des zones qui deviendront ensuite très arides, comme le Sinaï, le Néguev et le désert syrien, étaient alors plus humides.

Les installations des cueilleurs des abondantes céréales deviennent rares en grotte, très nombreuses en plein air, et les groupes plus importants que naguère et moins mobiles, avec des camps de base atteignant 2.000 m², ou des habitats circulaires à demi enterrées dans des fosses rondes (circulaires ou ovales) à paroi confortée par des pierres sèches, au toit soutenu par de robustes charpentes, groupées par 5 ou 6, en Jordanie (à Mallaha) et au Sinaï. Par la suite (il y a 12.000 à 11.500 ans), l'utilisation de la terre pour constituer le mur ou comme mortier pour faire tenir les pierres permettra de construire les maisons à la surface sans faire de fosse.

Une seconde sédentarisation est advenue en Syrie, Israël, Palestine, Irak. Il y a 13.000 ans, à Mallaha, au bord du Jourdain, a été construit un village avec des maisons à poteaux de bois, en partie ceinturées de murs de pierre.

Il y a 13.000 ans, la fin des glaciations a causé un changement climatique, ce qui a permis une diversité végétale avec de grands tapis de graminées sauvages après le recul des glaciers; il y eut d'autre part plus de forêts à la place des pâturages, d'où une certaine rareté des gros mammifères herbivores que chassaient les humains.

En Turquie, Irak, Syrie, Palestine, Mésopotamie (Jarmo, Shanidar, Çatal-Höyük), où il y avait des sols très différents sur de courtes distances, la diversité des environnements a causé l'apparition de végétaux variés, en particulier beaucoup de graminées sauvages, à la croissance échelonnée dans l'année. Ainsi, en occupant une région unique, les humains pouvaient se nourrir en toute saison. Ils n'avaient plus besoin de migrer en quête de nourriture.

Une raréfaction des céréales sauvages, à cause d'un refroidissement climatique, aurait amené ls populations de la plaine du Nahal Oren à Jéricho, il y a 10.500 à 9.500 ans, à cultiver les céréales afin de contrôler leur approvisionnement en cas de pénurie.

Les humains sélectionnaient les plantes ayant la croissance la plus rapide et les graines les plus grosses. Il y a 10.500 à 8.000 ans commença l'agriculture du blé et de l'orge, puis la domestication des chèvres, des bovidés, des porcs et des moutons. A l'avènement de l'agriculture et de l'élevage correspondit un rassemblement humain en gros villages de plusieurs milliers d'habitants.

Les nouvelles céréales cultivées étaient récoltées avec des faucilles en silex et des outils à travailler le bois sont perfectionnés pour fabriquer des habitations et des meubles. Des pilons et des bols de pierre permettaient le broyage et la consommation.

Il y a 6.500 ans, l'agriculture s'est répandue sur la totalité de l'Europe où elle était possible.

Il y a 5.500 ans, au Soudan, en Afrique occidentale, apparaissait l'agriculture du sorgho et du mil.

En Asie orientale tropicale humide, se répandait l'agriculture des ignames à partir de l'Indonésie.

Début des civilisations des grands fleuves: les vallées de l'Indus et du Gange, celles du fleuve Jaune et du fleuve Bleu autour de l'agriculture de millet et de riz.

Au Mexique, le mais a été cultivé il y a 5.500 ans, à partir de la domestication du téosinte. L'agriculture fut plus tardive qu'au Moyen-Orient car le téosinte n'était pas cultivable, et que de nombreuses modifications génétiques étaient nécessaires, alors que le blé et l'orge ont très peu changé. En Amérique du Sud, il y eut l'agriculture de plantes à tubercules: le manioc et la patate douce.

La houe à lame de pierre servait à préparer les sols (retourner et égaliser la terre, creuser des sillons) et l'herminette était son homologue pour le travail du bois; tous deux étaient de même configuration, la houe étant plus forte que l'herminette, et avaient le même mode d'action, la percussion perpendiculaire.

Pour l'ensemencement ou le travail du sol, il y avait le bâton à fouir, simple bâton pointu, à l'origine de la bâche, puis, par traction du soc, des araires et charrues.

Le passage à l'araire a été permis par la domestication du gros bétail, il y a 5.500 ans.

Avec la domestication des plantes et des animaux, se mettent en place plusieurs activités annexes relatives au portage (vannerie), à l'habillement (tissage), au mobilier (travail du bois), etc. Le passage à la sédentarité et la nouvelle société agricole permettaient, par une division des tâches et du temps en fonction du stockage de la nourriture et des rythmes saisonniers, de libérer des heures de travail et des spécialistes pour les nouvelles activités artisanales.

Dans leur traque du gibier, les femmes des sociétés nomades de chasseurs-cueilleurs ne pouvaient pas avoir plus d'un enfant incapable de les suivre; elles devaient attendre que leur enfant ait quatre ans (âge auquel il peut marcher sans ralentir les adultes) pour en faire un autre. L'agriculture, avec sa sédentarité, permet des naissances rapprochées, une augmentation rapide de la population et une spécialisation par métiers.

 

La domestication des animaux

Il y a 12000, des cabanes, plutôt que les grottes, sont devenues l'habitat principal des humains vivant entre le Neguev et aux rives de l'Euphrate. Sédentaires, ils avaient des structures d'habitations fixes, vivaient en présence d'animaux commensaux, chassaient du gros gibier, en particulier des gazelles, mais aussi des chèvres sauvages, cueillaient des céréales sauvages et d'autres plantes.

La domestication a permis de régulariser les approvisionnements en protéines et de se déplacer plus loin et plus vite en portant davantage de poids. Sélection des individus qui ont la croissance la plus rapide (par exemple, le cochon a une croissance deux fois rapide que celle du sanglier) et le taux de génération le plus élevé (par exemple, portée de 4,6 individus chez le sanglier et jusqu'à 12 pour le porc).

Le chien a été le premier animal domestiqué par les humains, à partir du loup, il y a 14.000 à 12.000 ans, en Iran, en Israël, afin de faciliter le pistage et le rabattage du gibier chassé par les humains, en corrélation avec le développement d'instruments de chasse à distance. Il est apparu il y a 10.400 ans en Amérique du Nord, il y a 10.000 ans en Europe et il y a 9.500 en Angleterre. L'évolution depuis le loup a amené une pédomorphie: une taille réduite, un museau raccourci et un profil facial avec l'angle du front plus grand par rapport au reste du crâne

Les premiers caprinés ont été domestiqués il y a un peu moins de 10.000 ans dans la partie syrienne de la moyenne vallée de l'Euphrate où ils ne sont pas abondants, la chèvre aegagre devenant la chèvre, et le mouflon oriental devenant le mouton. Quelques siècles plus tard, dans la même région, l'aurochs a été domestiqué, devenant le bœuf; et le sanglier sauvage a été domestiqué, devenant le cochon.

Le zébu a résulté de la domestication d'aurochs au Pakistan et en Inde il y a 8.000 ans.

Devenant le buffle domestique, l'arni a été domestiqué en Mésopotamie et en Chine il y a 7.500 ans.

Le cheval a été domestiqué il y a 5.800 ans dans les grandes plaines au nord de la mer Noire, en Ukraine.

L'âne a été domestiqué il y a 5.000 ans en Mésopotamie ou dans la vallée du Nil.

Le dromadaire domestique est apparu il y a 5.000 ans en Jordanie.

En Amérique du Sud, dans les hauts plateaux des Andes, des camélidés tels le guanaco et la vigogne ont été domestiqués il y a 6.000 ans, devenant le lama et l'alpaga.

 

Les techniques du feu

Les premières poteries ont été faites il y a 16.000 ans en Asie orientale: c'était des céramiques à fond pointu qui étaient utilisées pour stocker de la viande fumée, du poisson, des fruits. En Asie occidentale, la poterie est apparue il y a 9.000 ans.

Il y a 8.000 ans sont apparues des figurines d'argile cuite et la céramique primitive est apparue au cours du millénaire suivant, dans les sociétés agricoles, en même temps que le plâtre.

La possibilité de solidifier l'argile par cuisson a été découverte, mais son artisanat nécessitait un savoir-faire spécialisé qui ne pouvait apparaître que dans un contexte propice: d'une part un besoin de récipients pour conserver et transporter les produits de la terre, et d'autre part le passage à la sédentarité apportant la stabilité indispensable au séchage des poteries.

Cette nouvelle technique émane d'une culture où l'argile, sous forme de briques crues, commençait à être couramment utilisée pour édifier les habitations.

L'obtention du plâtre exigeait, comme la céramique, une température de 500 à 700 °C qui ne pouvait être obtenue que grâce à une parfaite maîtrise du foyer et de la composition des matières premières; elle nécessitait elle aussi des artisans spécialisés.

C'est la pratique des potiers et chaufourniers qui servit de base à l'apparition de la métallurgie primitive, il y a 9.000 ans en Turquie, Irak et Iran, où on façonnait des perles en plomb ou en cuivre aplati par martelage. Les humains ont inventé la technique du grillage  qui permet d'extraire le métal du minerai.

La réduction du cuivre, l'un des premiers métaux façonnés par les humains, nécessitait une température de plus de 800 °C , ce qui pouvait être fait dans les foyers des potiers, et nécessitait aussi l'emploi d'un élément réducteur, qui pouvait être la chaux des chaufourniers. Le plâtre recouvrant les parois et le sol du four de potier a pu créer au départ les conditions favorables à la réduction du minerai. On va ainsi fondre du cuivre le long du bas Danube et dans les Balkans, on a exploité il y a 7.000 ans des mines qui fournissaient des outils lourds, telles des lames d'herminette, qui auront ensuite été exportés vers d'autres régions ou stockés.

 

L'Amérique

D'il y a 6.000 ans à 3.800 ans, l'agriculture est apparue en Amérique, puis les premières poteries il y a 3.700 ans, notamment de petites figures féminines; d'il y a 1.700 ans à 1.200 ans, des sociétés humaines américaines se sont sédentarisées et urbanisées.

Il y a 1.200 ans à 600 ans, il y a eu des invasions; d'il y a 600 ans à 500 ans, se sont crées des empires (inca et aztèque). Il y a 500 ans, des empires de l'Europe occidentale (Portugal et Espagne, puis France et Angleterre) ont commencé à coloniser l'Amérique.

 

Amériques: domestication des plantes avant villages.

Les humains suivent les animaux.

Les chiens sont carnivores; les dindons ne mangent que du grain; les lamas, les alpagas et les cobayes, présents uniquement en Amérique du Sud, ont été domestiqués il y a 4.500 ans.

Les Amérindiens n'avaient pas d'animaux domestiques capables de tracter des charges lourdes; ils n'ont donc guère développé la technologie de la roue (roues qui était présente sur des jouets à roulettes), ce qui a causé aussi un faible développement des processus de levage, de traction, de mouture et de manufacture où les poulies, les transmissions, les roues dentées et les vis sont nécessaires.

L'empire olmèque a le premier bâti des grands sites au bord du golfe du Mexique, et a atteint son apogée il y a environ 2900 ans.

Les Mayas ont domestiqué des chiens (pour les manger), des daims, des dindons, ils possédaient des troupeaux de cerfs sacrés, et ils étaient apiculteurs.

L'empire maya est apparu il y a environ 1.800 ans avec des voûtes à encorbellement, la céramique polychrome). Il y a 1250 ans, les Mayas, qui étaient au moins trois millions, dominaient une région qui couvre le sud-est du Mexique et une partie de l'Amérique centrale. Il y a 1.200-1.000 ans, une sécheresse, peut-être, au nord du Guatemala au moins, la déforestation pour alimenter les feux pour transformer le calcaire en stuc afin d'ériger leurs sites architecturaux (un processus qui requiert une chaleur intense: il faut une vingtaine de grands arbres et toutes leurs branches pour obtenir un petit tas de stuc d'à peu près un mètre de haut. Ils durent donc mettre leurs forêts en pièces. La déforestation conduisit à une érosion du sol qui se transforma en marécage à la saison des pluies. Ils saccagèrent leurs propres terres et rendirent beaucoup de zones inhabitables.), une augmentation de la population ont causé une augmentation des guerres et mis fin à leur empire: les grandes cités sont tombées en ruines, l'écriture et les arts furent délaissés.

(Chaque ville-État a du étendre son territoire pour des raisons de survie alimentaire. Pour cultiver le maïs, les Mayas pratiquaient l'essartage et le brûlis: lorsque le sol était épuisé, ils gagnaient à nouveau sur la forêt pour cultiver des terres nouvelles. Ainsi, chacun a fini par empiéter sur les terres de la ville-État voisine.)

Amérique: culture sur brûlis, sur les coteaux, puis irrigation par des canaux, et enfin construction des chinampas.

 

L'Océanie

Il y a 60.000 ans, tandis que le niveau des mers était bas des humains, qui avaient des moyens matériels de le faire (bateaux ou radeaux), ont traversé les 90 km de mer séparant l'Indonésie, alors reliée au continent asiatique jusqu'à Timor, de la Papouasie-Nouvelle Guinée et l'Australie alors aussi réunies et ont commencé à occuper celles-ci.

Avec de grandes embarcations, le nord de la Mélanésie a été sillonné il y a 7.500 ans, diffusant de l'obsidienne. L'Ouest pacifique a été parcouru il y a 3.500 ans, les îles de Tonga et de Samoa ont été atteintes par l'est il y a 3.200 ans. La partie orientale de la Polynésie a été peuplée il y a environ 2.000 ans, l'île de Pâques il y a 1.500 ans, Hawaii il y a 1.400 ans et, plus au sud, la Nouvelle-Zélande il y a 1.200 ans. Il y a 1.500 ans, de grands catamarans polynésiens ont pu pour la première fois accoster en Amérique du Sud.

 

Il y a 9.000 à 7.000 ans, des navigateurs venus du continent asiatique ont atteint Taiwan, les Philippines, puis la péninsule de Malaisie et les îles Moluques. Les îles Fidji ont été atteintes il y a 3.300 ans. Avec les mêmes radeaux en rondins de balsa, surmontés de cabines et munis de plusieurs gouvernails permettant de serrer le vent au plus près, ils ont peut-être atteint le Pérou il y a 3.500-1.900 ans.

 

 

 

 

 

 

 

Débuts de l'agriculture il y a 10.000 à 8.000 ans

- Moyen-Orient (Palestine, Syrie)

- Chine sud-est (fleuve Jaune)

- Nord Thaïlande

- Mexique

- Pérou (Andes)

- Missouri

Néolithique villages sédentaires

- les blés, les orges, les seigles, les avoines

- les riz, les sorghos, ---

- les maïs (qui sont la domestication d'un téosinte du sud-ouest du Mexique, vers un accroissement de la robustesse des épis, du nombre et de la grosseur des grains, et dont le plus ancien spécimen est daté à 3555 avant J.-C. sur le site mexicain de Tehuacan; d'importantes transformations se sont produites entre 3.555 et 3.400 avant J.-C., puis l'aspect des épis s'est ensuite stabilisé: il n'a presque pas changé entre 2700 avant J.-C. et 150 après J.-C.; la répartition de ses premiers agriculteurs en petits groupes assez isolés, et donc le développement de lignées végétales indépendantes, aurait causé la rapidité des changements initiaux), les patates

 

L'Europe septentrionale était au bassin méditerranéen et à l'Orient ce que plus tard l'Amérique fut à l'Europe: un espace encore couvert de forêts vierges.

 

L'infanticide comme moyen d'empêcher l'augmentation de la population.

Réprobation de l'infanticide, de l'avortement et de la contraception par la civilisation moderne: rivalité des nations, des populations: être nombreux pour se défendre, pour conquérir.

 

La mort de l'enfant de la prostituée dans le jugement de Salomon: mort écrasé par sa mère pendant son sommeil.

 

L'écriture, écho sur un plan cognitif de l'invention sociotechnique du délai et du stock, est employée au recensement des troupeaux, aux inventaires des palais et des temples.

Il y a 5300 ans, en Mésopotamie, chez Sumériens, première "écriture", synthétique: développement de l'économie, du commerce, de la monnaie (contrats de vente).

Après, signes symboliques: "=": l'amitié (parallélisme), "x": l'inimitié.

Il y a 3700 ans, abstractisation, idéalisation.

Phonogrammes: utilisation d'une représentation pour sa valeur phonétique. Dessin de l'humain pour représenter la syllabe "lu" qui est dans d'autres monèmes (rébus). Déterminatifs: ce n'est pas un chat, c'est un vêtement.

L'alphabet est d'origine phonographique

Il ne peut pas y avoir de religion éthique universaliste sans écriture, car seule cette dernière permet d'isoler des dogmes et des principes moraux de tout contexte social.

La religion comme sacré dans la modernité: relire, interpréter.

 

abondantes mais pas illimitées pour villages installés; stables puis réaugmentent; durée de travail pour la cueillette devient prohibitive; difficile pour la discipline: conserver une partie des graminées afin de la semer.

progrès technologiques pour la chasse (lance, pointe, arc et flèche); agriculture, domestication des végétaux; progrès technologiques pour l'agriculture (irrigation); détérioration de la nutrition; augmentation des maladies.

 

Afrique et Eurasie: villages avant domestication des plantes.

Présence d'animaux domestiques.

Les animaux s'approchent des cultures.

Les moutons, les chèvres sont nourris avec le chaume mais pas le grain mûrissant; puis les cochons, les vaches et bœufs, les chameaux, les ânes, les chevaux avec le froment, l'orge, l'avoine et le seigle.

 

Guerre, agriculture et territorialité.

 

La forme d'organisation que nous appelons état est née justement parce qu'elle était capable de mener des guerres de conquête territoriale et de pillage économique.

 

Trop peu de ressources pour trop de population.

Guerres pour éloigner d'autres populations, diminuer la densité démographique.

Meurtre des bébés féminins pour diminuer la fécondité.

 

Apparition des états lors de l'intensification de l'agriculture.

Les festins ou banquets pour montrer l'abondance des ressources qu'on peut produire.

 

Les ressources animales, à la fin de la période glaciaire, en Amérique centrale, étaient plus pauvres que n'importe où ailleurs.

 

La présence d'animaux domestiqués eut un rôle important dans l'interdiction du cannibalisme et le développement des religions d'amour et de miséricorde dans les états et les empires de l'Eurasie; nous allons peut-être trouver que le christianisme fut davantage le fait de l'agneau dans la crèche que de l'enfant qui y est né.

 

"Hostie", étymologiquement, signifie victime offerte en expiation.

En spiritualisant la consommation de l'agneau pascal et en réduisant sa substance à une hostie sans valeur sur le plan nutritionnel, le christianisme s'est depuis longtemps déchargé de la responsabilité de veiller à ce que ceux qui venaient à la fête ne s'en aillent pas le ventre vide.

 

La fin du christianisme signifia fut la fin des fêtes redistributrices religieuses.

Le christianisme ne fut pas la seule religion à promettre des délices après la mort, lorsque ces délices sur terre cessaient d'être une fin en soi.

 

Les espèces domestiques de l'Afrique et Eurasie ont le grand avantage d'être herbivores et ruminantes et de prospérer au mieux quand elles se nourrissent d'herbe, de chaume, de feuilles et d'autres aliments végétaux que l'humain ne peut pas digérer.

 

Extinctions du pléistocène.

 

Un dieu est un nourrisseur, un sujet qui peut nourrir; voilà pourquoi des animaux ont pu être des divinités.

 

Aucune plante isolée ne contient les vingt acides aminés nécessaires à la constitution des protéines; les animaux si.

 

Le cochon est des animaux domestiques celui qui produit le plus de calories pour le moins de calories consommées; il vit dans les forêts , au bord des rivières et des marais; il mange des tubercules, des fruits et des glands; il ne transforme que peu les plantes très cellulosées, les cosses, les tiges, les feuilles fibreuses et l'herbe en viande et en graisse.

 

Les chats avaient pour fonction de détruire les rongeurs.

Les chiens étaient utilisés pour la chasse et la garde des troupeaux.

 

En Chine, en Asie du sud-est, en Indonésie et en Mélanésie, le cochon n'est pas tabou, interdit.

 

Prométhée puni par les dieux pour avoir donné le feu aux humains; la feu pour cuire les aliments.

 

(Utiliser) le zébu comme symbole de la résistance.

 

Pluies plus irrégulières en Inde: protéger les vaches et les bœufs pendant les famines.

L'Inde est peu propice à l'élevage des cochons, l'Inde si.

Contrairement à l'Inde, la Chine possède de vastes régions utilisables comme herbages et impropres à la culture; manque de pâturages en Inde.

 

Chine, Inde, Mésopotamie et Égypte: plaines arides ou semi-arides et vallées parcourues par un grand fleuve; irrigation; beaucoup d'ouvriers.

Le Pérou des Incas aussi.

 

L'idée force de ce livre a été de démontrer que l'intensification conduit inévitablement à une diminution de rentabilité et que cette diminution est directement proportionnelle à l'abaissement du niveau de vie moyen.

 

Il y a mille ans, la Chine et l'Islam étaient plus avancés, développés que l'Europe; l'Europe a su les dépasser car elle était morcelée, le seigneur ne pouvait pas autant pressurer ses vassaux car ils pouvaient partir ailleurs, et il s'est instauré une dynamique de rivalité et de compétition.

 

Féodalité en Europe et au Japon seulement.

 

Il y a 800 ans, c'est la première utilisation militaire de la poudre explosive: des navires "torpilleurs" à rames chinois lançaient des mines explosives contenant de la limaille.

 

Fin M-A: chariot et faux: fourrage, foin, animaux nourrir l'hiver, surtout en altitude dans l'Europe septentrionale.

La population a doublé, la capacité de production aussi.

Disette au milieu de 14e siècle: épidémies, peste noire.

11e, 12e siècle: énergies nouvelles: hydrauliques, moulins, renaissance des villes, églises romanes et gothiques.

Reconstruction après les pestes: 14e, 15e siècle.

Grandes découvertes visaient épices et métaux précieux.

L'Amérique va fournir à l'Europe du maïs, de la patate, du tabac. Autres transferts dans d'autres sens.

M-A: jachère, blé, orge, en Europe du Nord: système triennal. Jachère, blé plus au sud: système biennal.

Changement au 18e siècle: paysannerie écrasée par les charges. Nouveau droit foncier: avant, toutes les bêtes du village pouvaient pâturer sur la jachère: on ne pouvait pas la supprimer.

Remplacement de la culture de la jachère par des cultures de fourrage et des plantes sarclées, ce qui permet un doublement du nombre des bêtes, un doublement du fumier, et donc un doublement des cultures comme les céréales.

Alors que les famines avaient augmenté à la fin du 16e siècle (population à 20 millions d'habitants).

 

Diminution du taux de mortalité enfantine au début de la révolution industrielle en corrélation avec la demande accrue en main d'œuvre enfantine.

 

Capitalisme et démocratisation: suppression des prêtres et des chefs-guerriers-aristocrates.

 

Les unités productrices de base étaient constituées par les domaines seigneuriaux indépendants - dont le rendement agricole était tributaire des pluies - et qui se suffisaient à eux-mêmes.

 

Fer à cheval.

Forges.

Charrues au soc de fer, sur roues, pouvant creuser de profonds sillons dans les terres lourdes des régions boisées et humides; il n'était plus nécessaire de recourir au labour croisé; les champs plus longs que larges (allongés) qui, par unité d'aire, requéraient le moins de demi-tours devinrent les plus faciles à cultiver et donc les plus rentables.

L'accroissement de la fabrication et du commerce de produits manufacturés cause la diminution des obligations féodales et l'augmentation des relations fondées sur l'offre et la demande.

Les artisans et les commerçants habitent les villes.

Les seigneurs féodaux, afin d'avoir des revenus, élevèrent des moutons pour leur laine, ce qui diminua les aires cultivables, réduisit les propriétés paysannes, appauvrit la population rurale et causa une migration vers les villes et les centres de production lainière.

 

Peste: malnutrition et augmentation du nombre d'habitants dans les villes.

Peste causée par les puces des marmottes du Tibet auxquelles celles-ci sont adaptées; quand les marmottes descendent, la peste est répandue par les rats en Inde, puis par les rats sur les bateaux.

 

C'est un bourgeois qui tua Étienne Marcel en 1358, chef de la révolte des vilains (jacquerie).

Les Maillotins, Parisiens soulevés contre les taxes (1381).

 

Luther et le luthéranisme: volonté d'économiser:

- D'abord avec la protestation contre la vente des Indulgences, c'est-à-dire des remises de la peine temporelle attachée au péché, afin de collecter les sommes demandées par la papauté pour la construction de Saint-Pierre de Rome;

- Dogme de consubstantiation, selon lequel la présence de Jésus-Christ dans l'Eucharistie laisse subsister la réalité du pain et du vin;

- La véritable Église est une Église cachée, c'est-à-dire sans ornements, ceux-ci étant coûteux et inutiles.

Eucharistie (du grec "eukharistia", signifiant reconnaissance, action de grâces): sacrement défini par le dogme catholique comme "contenant véritablement, réellement et substantiellement sous les espèces du pain et du vin, le corps, le sang, l'âme et la divinité de Jésus-Christ , pour en faire la nourriture spirituelle des fidèles"; l'eucharistie entraîne pour les chrétiens une communion avec les autres chrétiens dans le Christ.

 

Crise du seizième siècle: régicides d'Henri III et d'Henri IV, pas de régicides en France avant.

Une vingtaine de tentatives d'assassinats de Henri IV.

Son assassinat fut qualifié de parricide, le roi était considéré comme un père.

La république avait besoin d'être baptisée du sang de Louis XVI.

Jacques Clément, l'assassin de Henri III, était un moine dominicain.

François Ravaillac, l'assassin de Henri IV, était un ancien moine feuillant.

 

 

*Bruges, début XIV: gouvernail d'étambot: les bateaux de l'Europe du Nord pouvaient remonter au vent et ouvrir les marchés de l'est aux marchandises de l'ouest.

Premières foires, premiers carnavals, premiers luxes bourgeois

Le port s'ensable.

*Venise (localisée au fond du golfe le plus profond de la Méditerranée, et donc port le plus continental de cette mer, à l'issue de deux fleuves, le Pô et la Dige**, qui vient du passage le plus bas des Alpes, le col du Brenner à 1472 mètres, entre l'Italie et l'Autriche): la caravelle, nouveau bateau de commerce de grande taille.

Début du pillage des richesses de l'Amérique.

Défaite face à l'empire turc.

*Imprimerie.

Anvers: ruinée par les guerres de religion, annexée par l'Espagne.

L'usage massif de l'imprimerie permet le développement de la science moderne aux 16e et 17e siècles: une masse d'informations précises et chiffrées sont devenues disponibles, les systèmes de mesure et de représentation ont été uniformisés, les gravures ont pu transmettre des images détaillées de la Terre, du ciel, des plantes, du corps humain, etc.

Invention du papier de chiffon (quand et ou?) car le papier à base animale (mouton) était quantitativement plus limité.

*Gênes: ville de banquiers mais non d'Eglise; comptabilité moderne au service de la banque et du commerce; calcul au plus juste des risques commerciaux et des profits; domination plus par la spéculation que par la direction des choses.

Quelques spéculations hasardeuses, quelques expéditions perdues.

*Amsterdam: manque de terre; bateau de commerce de grande taille: la flûte.

Charbon de bois pour quelques machines.

Habillement produit de série.

Bataille avec trois autres prétendants: Madrid, Londres et Paris.

*Londres: rivale protégée par son isolement des ravages de la guerre; l'aristocratie terrienne s'est elle-même convertie à l'échange marchand.

L'agriculture étend sa production du blé à l'élevage et au coton; l'artisanat sidérurgique se change en une industrie en usine.

Le travailleur indépendant se fait salarié du capitaliste.

Une nouvelle énergie, le charbon de terre, est valorisée par la machine à vapeur.

Les formes des machines succèdent aux formes des marchands.

La conservation des formes n'est plus menacée par le déséquilibre des forces, mais par la dégradation.

Le chemin de fer pousse au développement massif de la sidérurgie.

Les machines à tisser donnent une expansion considérable à l'industrie textile.

Chronomètre de marine utilisé pour mesurer le temps dans l'usine.

Vers 1850, l'Angleterre produit plus du tiers de la production industrielle planétaire.

A la Guerre de Sécession, l'Angleterre appuie le Sud contre le Nord.

La suprématie de l'Angleterre s'explique en fait que par son aspect insulaire, contrairement à la France par exemple, elle n'a pas de dépenses importantes à consacrer à la défense militaire aux frontières terrestres, et a pu investir beaucoup dans la marine.

*Machine à coudre, montre, puis surtout l'automobile.

Côte est de l'Amérique épargnée par la guerre.

Moteur à explosion, avec une nouvelle énergie, le pétrole; automobile (distinction des personnes par leur moyen de se déplacer.

Vers 1900, le nord-est de l'Amérique produit plus du tiers de la production industrielle planétaire.

L'état garantit les risques bancaires contre les crises majeures et en stabilisant la demande contre les faillites par la fixation de salaires minima.

*Nouvelle énergie: électricité; fordisme.

Moteur électrique: ascenseurs, grands immeubles: concentration urbaine.

Téléphone, radio, gramophone, réfrigérateur, lave-linge puis téléviseur: machines d'auto-entretien.

New York.

Dollar: étalon international.

Vers 1965, dépenses éducatives et thérapeutiques (plus on guérit, plus on a à soigner; plus on est informé, plus on doit apprendre).

*Bord du Pacifique, technologies de l'information.

Compléter l'employé par l'ordinateur, l'ouvrier par des robots.

Automatisation de la manipulation de l'information.

Être en forme et informé, conditions pour ne pas être exclu de la société.

Auto-vigilance: auto-diagnostic médical (se soigner), puis auto-vérification du savoir (apprendre).

De l'énergie à l'information.

Passage d'un ordre marchand à un ordre du code.

 

2.000 calories mangées en 1800, 3.000 en 1900.

Permet le développement des secteurs minier, industriel et urbain

Plus de fer dans les charrues (pas changement, mais amélioration).

Moteurs, tracteurs, grande mécanique; révolution de l'industrie chimique (initiée à la fin du 19e siècle, développée vers 1945-1950)

Chemins de fer, bateaux transcontinentaux (1850)

France: 6 millions d'agriculteurs au début du siècle, un million maintenant

Suppression de la culture manuelle et attelée dans les pays développés.

 

Combustibles, contraception et emploi.

Le travail n'est plus une activité familiale.

Assurances vieillesse et maladie, retraite à la place de la prise en charge des parents par leurs enfants.

 

Ceux qui travaillaient le plus et conservaient le moins sont devenus ceux qui travaillaient le moins et conservaient le plus, les grands pourvoyeurs sont devenus les grands croyants, la viande sacrificielle est devenue chair interdite et les sacrificateurs d'animaux sont devenus végétariens.

Mécanisation cause prolétariat.

Agriculture d'irrigation cause despotisme hydraulique.

 

 

 Au début du XIXe siècle (1808 en France), il y a eu la création des premiers abattoirs publics, avec interdiction des "tueries particulières"; l'implantation des abattoirs s'est faite de plus en plus excentrée des villes, dans des banlieues industrielles, sous l'autorité de la loi qui sépare désormais les établissements d'abattage des bêtes du commerce des viandes; les boucheries devenues seulement des magasins où on s'approvisionne en viande, mais où on ne peut plus voir tuer le bétail, depuis l'interdiction des "tueries particulières" des anciens bouchers; certes, l'abattage domestique, notamment des porcs, est toléré, mais sous condition que la bête provienne de l'élevage du consommateur, et soit strictement réservée à la consommation familiale; il est du reste de plus en plus fréquent que les éleveurs fassent tuer dans un abattoir la bête qu'ils destinent à leur saloir ou congélateur; en tout état de cause, aucune viande ne peut être vendue pour la consommation humaine sans être passée par un abattoir; et, symétriquement, aucune bête ne peut sortir vivante d'un abattoir; et il n'y a plus de mise à mort des bêtes en pleine ville, comme cela se voyait couramment jusqu'au XIXe siècle, voire jusqu'au début du XXe siècle, dans les plus petits bourgs; les raisons qui ont conduit à la création d'abattoirs ont été l'hygiène publique (débarrasser la ville des saletés), la prophylaxie (ne pas engendrer des maladies), le souci de ménager les sensibilités (éviter aux citoyens un spectacle hideux) et de moraliser le peuple (supprimer l'habitude du massacre afin de préserver le sentiment d'humanité); l'idéal explicitement visé est de faire des abattoirs des usines comme les autres; le blanc y devient la couleur dominante, et l'eau courante y est omniprésente, pour nettoyer le sol, éliminer le sang et les effluents liquides, laver les outils, doucher les carcasses.

Lorsque les bouchers procédaient en pleine ville à la mise à mort des bêtes, à leur transformation en carcasses et au commerce des viandes, tout l'imaginaire attaché à ces activités se condensait sur eux: à la fois craints et respectés, redoutables et familiers, sanglants et puissants, faisant métier de tuer des bêtes afin de vendre aux humains la nourriture par excellence; mais la dissociation entre abattage et boucherie a fait éclater cette ambivalence en un double jeu d'images: celle du boucher et celles du tueur - l'homme de la chair et l'homme du sang.

En rejetant sur d'autres, supposés déviants, la faute originelle du régime carné, le carnivore moral se lave les mains du sang des bêtes, et consomme sans états d'âme une chair pacifiée; s'il vient à consommer le sang, il prend soin de le cuire et d'y mêler des végétaux, comme pour racheter le sang par l'innocence végétale.