Accueil du site

Sommaire

Le philosophe

Cont@ct

 

Rhétorique, prose et poésie

 

La littéralité est le fait de référer à quelque chose par un signe ou une partie de signe qui le désigne.

Une trope est le fait de référer à quelque chose de façon symbolique par un signe ou une partie de signe qui ne le désigne pas.

Par exemple, les métaphores et les métonymies sont des tropes, mais pas les chiasmes ni les conglobations.

Par exemple, «tomber à l'eau», c'est littéralement tomber dans l'eau, sinon c'est une métaphore qui symbolise l'irréalisation d'un projet.

Par exemple, interpréter littéralement l'énonciation «`Peux-tu me passer le sel?'» qui nous est faite lors d'un repas consiste à répondre «`Oui'» sans passer le sel.

Par exemple, si un professeur dit à un élève: «`Prenez la porte.'», l'usage fait que l'élève à qui est faite cette injonction comprend qu'il lui est demandé de sortir, et non pas qu'il démonte la porte pour s'en aller en l'emportant, ce qui est une plaisanterie de potaches qui a beaucoup servi et qui est un défi à l'autorité du maître et de la société.

Par exemple, si une Européenne dit: «On se gèle ici! C'est le pôle Nord!», elle dit «pôle Nord» car le nord symbolise le froid en Europe, alors que le sud symbolise la chaleur, même si (en réalité) le pôle Sud est plus froid que le Nord.

 

Une métaphore est une trope sur une relation d'identité entre le symbole et le référent.

Par exemple, si je traite un guerrier de lion, j'assimile le guerrier pour sa force au lion comme symbole même de la force, tellement le guerrier m'a paru fort ou m'a impressionné par sa force.

Par exemple, si je vois un documentaire sur les lions, où j'apprends qu'ils sont paresseux, dorment beaucoup, en disant d'un ami: «Richard est un lion.», je fais une métaphore indiquant qu'il est comme eux paresseux, qu'il dort toute la journée, etc.

«Le navire sillonnait la mer.»: il faisait un mouvement ou une suite de mouvements rectilignes en s'enfonçant dans la mer, ce qui laissait une trace visible derrière lui; il déplaçait une substance de chaque côté de sa forme pointue pendant qu'il se déplaçait vers l'avant.

«Paul est un cochon.»: il est gras, glouton, sale, dégoûtant

«L'auto de Paul est un cochon.»: elle consomme de l'essence comme les cochons de la nourriture, ou elle a la forme d'un cochon.

Une affirmation métaphorique peut rester vraie même si l'énoncé de ressemblance sur lequel repose l'inférence menant au sens métaphorique se révèle être faux.

Par exemple, «Paul est un ours mal léché», signifiant que Paul est un homme grossier, peu sociable, et inférant que Paul et les ours mal léchés se ressemblent sous plusieurs aspects (par exemple, ils sont peu sociables, grossiers, mal dégrossis, etc.) et mal éduqué est vraie, même si la recherche éthologique prouve que les ours ne sont pas insociables et que les mères ourses ne façonnent pas le corps de leur enfant en le léchant.

«Le coiffeur frise la soixantaine.»

«Son silence fait un bruit assourdissant

«La nature est un temple où de vivants piliers...»

Par exemple, «ton teint de rose», «le printemps de la vie», «la tête de ligne», «les racines du mal», «une source de chagrin», «la joyeuse ondulation des vagues», «le bateau ivre», «le bateau ivre a fini ses jours en Éthiopie», «déclarer sa flamme», «le brouillard amer», «les rauques étendues», «ce chahut d'étoffes violentes».

«Sophie est un glaçon.» (Sophie est une personne insensible que rien n'émeut); «Je suis monté en haut du mât de cocagne.» (après de grandes difficultés, devenir Premier Ministre); «Richard est un ours mal léché.» (Richard est un homme grossier, peu sociable et mal éduqué).

Une allégorie est une suite de métaphores reliant des éléments d'un ensemble à des éléments d'un autre ensemble.

Par exemple, «Le bateau ivre a rejoint le grand voilier solitaire.» est une allégorie, car les référents (André Malraux et Charles de Gaulle) sont représentées par des métaphores.

«La bête de l'apocalypse» est une allégorie de la Rome païenne.

Une métaphore isolée n'indique qu'une manière figurée de parler; mais si la métaphore est continue, suivie, elle révèle l'intention de parler aussi d'autre chose que de l'objet premier de l'énoncé.

Par exemple, on parle d'abord de l'État comme d'un bateau, puis du chef de l'État, en l'appelant capitaine, nous pouvons dire que le domaine maritime permet une allégorie de l'État.

 

Une métonymie est une trope sur la relation de proximité, contiguïté, causalité ou mêmeté entre le symbole et le référent.

«Une bière pour le jambon-beurre au fond de la salle!»

«la récolte»: le produit de la cueillette et non pas la cueillette elle-même (relation de cause à effet)

«boire un verre de vin» (relation de matière à entité ou de contenant à contenu)

«une voile à l'horizon» (relation d'une partie à la totalité)

«Je viens de lire un Balzac et de voir un Picasso.» (pour un roman de Balzac) (métonymie qui réfère par son producteur à ce qu'il a produit.)

«Il est premier violon à l'orchestre de Lille.» (métonymie de l'instrument pour l'instrumentiste)

«Le président a été informé directement par le Kremlin (métonymie du lieu pour ceux qui s'y trouvent ou le pouvoir qu'il représente)

«il a du cœur à l'ouvrage» (pour «il a du courage») (métonymie du physique sur le moral)

«coureur de jupons»

«un calibre à la main» (pour «un pistolet à la main»), le calibre étant le diamètre du canon du pistolet

«le maillot jaune a gagné l'étape.» pour référer au cycliste qui porte le maillot jaune du premier au classement du tour de France en vélo

«Il vit de son travail.» pour «il vit du produit, du résultat de son travail»

Par exemple, en disant «cent voiles» pour référer à cent bateaux, je n'ai pas l'intention de ne référer qu'aux voiles, mais aux bateaux dont elles font partie, mais dont au loin je ne vois que cette partie.

Par exemple, si je parle d'un musicien en disant «le premier violon», je réfère au musicien même si mes mots ne désignent qu'un instrument de musique.

Une synecdoque est une métonymie sur une relation d'une partie à  la totalité, d'un élément à un ensemble.

Par exemple, «la Couronne»: le monarque britannique; «la Maison Blanche»: le pouvoir exécutif des États-Unis d'Amérique du Nord.

une partie pour la totalité: «voile» pour navire

le particulier pour le général: «le cochon» pour l'espèce porcine

une totalité pour la partie: «la France» pour l'équipe de France

référer à la totalité par la désignation d'une partie: «une voile» (pour «un bateau»)

référer à une partie par la désignation de la totalité: «ameuter le quartier» (plutôt que «les habitants du quartier»)

référer à une chose par la désignation de ce dont elle est faite: «croiser le fer» (plutôt que «des épées en fer»)

«les voiles apparurent à l'horizon» pour les bateaux à voile (une totalité par une de ses parties)

«l'épée» pour «l'arme», «le chien» pour «l'animal» (une partie d'un ensemble par sa totalité, la particularité par la généralité), «les mortels» pour «les humains»

«le toit» pour la maison, «la France a décidé» pour le gouvernement, «un œil noir te regarde», «l'amour t'attend», «une oreille attentive», «un cœur fidèle», «la reconnaissance du ventre», «votre corps a soif», «la grande quinzaine du blanc», «les cuivres», «la chaire», «la couronne», «avoir le vin triste», «un bistouri maladroit», «un pinceau saisissant», «les infortunes de la vertu», «le règne de l'argent»

 

Une auxèse ou hyperbole est une trope dépassant la réalité pour mieux frapper l'esprit.

Par exemple, «C'est un pygmée.» (pour un homme petit), «Je suis mort de faim.» (plutôt que «J'ai très faim.», «Il est mort de peur.» (plutôt que «Il a très peur.»), «fort comme un bœuf», «vif comme l'éclair», «je vous envoie un million de baisers», «Il pèse deux tonnes.», «le marché du siècle», «le plus grand film de toute l'histoire du cinéma», «Il avait une telle soif qu'il aurait bu toute l'eau du lac.», «La démocratie en Occident n'existe pas depuis le Jurassique.» (littéralement vrai), «Les Chinois ont inventé le papier quand nos ancêtres se reniflaient encore le derrière.». 

Un vers est un ensemble de monèmes ayant des régularités ou des répétitions sonores (phonématiques, syllabiques), graphématiques ou visuelles avec d'autres.

La prose est l'utilisation conceptuelle, ou symbolique non créative du langage.

Par exemple, si j'utilise une métaphore éculée comme «tomber à l'eau» juste pour exprimer qu'un projet n'a pas abouti, je fais de la prose.

La poésie est l'utilisation symbolique créative du langage.

Par exemple, dans «Quand la Lune apparaît dans la brume des plaines», la répétition des sons ajoute des indications: la Lune devient brumeuse, la brume devient lunaire; «apparaît», relié sonorement à «plaine» renforce l'opposition du mouvement vertical sur fond horizontal.

Par exemple, dire «l'affreux Alfred» est poétique car il y a paranormaux et donc assimilation d'Alfred avec le fait qu'il serait affreux, ce qui serait moins le cas en disant qu'Alfred est terrible, horrible, insupportable ou dégoûtant.

Dans «I like Ike» («J'aime Ike.») (/aylaykayk/), /ay/ est inclus dans /ayk/, la paronomase suggérant que le sujet aimant est enveloppé par le sujet aimé, et /ayk/ est inclus dans /layk/: la paronomase suggère que le sentiment enveloppe totalement son objet.

Dans «OAS, assassins», l'identité sonore suggère la mêmeté du référent.

La poésie est de la littérature.

La poésie traduisible est la poésie monémique et la poésie phonémique est intraduisible.

Les métaphores des grands écrivains, efficaces dans la mesure précise où elles évoquent le religieux sans trop attirer l'attention sur eux.

Un poème est un texte avec une structure poétique des signes.

Un poème est un texte avec une structuration poétique des signes.

 

Un palindrome est une phrase ou un vers qui peut être lu dans les deux sens.

Par exemple, «un roc cornu», «élu par cette crapule».

 

Une évocation est une indication ni désignative ni insignative causée par un ou plusieurs éléments langagiers.

Par exemple, une allitération en /s/.

Une invocation est une indication désignative ou insignative causée par un ou plusieurs éléments langagiers.

L'invocation est ce qui est commun, identique dans ce à quoi fait penser, ce qui fait remémorer ou imaginer, ou ce que représente, une représentation langagière chez différentes, plusieurs suets.

L'évocation est ce qui est différent, individuel dans ce à quoi fait penser, ce qui fait remémorer ou imaginer, ou ce que représente, une représentation langagière chez différentes, plusieurs suets.

Par exemple, «vert» invoque la couleur et évoque chez moi un certain canapé vert de mon enfance.

L'invocation: aussi ce qu'on peut croire identique?

 

La rhétorique est l'ensemble des techniques, des moyens langagiers afin de convaincre, de persuader, de plaire ou d'émouvoir.

 

Une litote est la référence à quelque chose (de plutôt satisfaisant, bon) en en représentant, désignant qu'une partie qui suggère la totalité.

«`Va, je ne te hais point.'» (pour «Je t'aime.»), «Je ne suis pas mécontent.» (pour «Je suis très content.»), «On ne mourra pas de faim aujourd'hui.» (pour «On va beaucoup manger aujourd'hui.»), «Il n'est pas inintelligent.» (pour «Il est intelligent.»).

Un euphémisme est la référence à quelque chose d'insatisfaisant ou mauvais en utilisant des mots qui désignent quelque chose de moins insatisfaisant ou mauvais.

Par exemple, «Il nous a quitté.», «Il s'est en allé.», «Il a disparu.» (plutôt que «il est mort»), «Il n'est plus tout jeune.» (plutôt que «Il est vieux.».

Une tapinose est

Par exemple, «il ne casse pas trois pattes à un canard», «il ne fait pas partie de la ligue antialcoolique», «il n'est pas complètement insensible au charme de sa secrétaire».

 

Une antonomase est le remplacement d'un nom par l'énoncé d'une qualité propre à l'objet ou l'être qu'il désigne.

«le père de la tragédie» pour: Pierre Corneille

«c'est un Néron» pour: c'est un tyran cruel

«un Trafalgar sportif», «un Napoléon de la finance»

Une périphrase est la représentation avec plusieurs monèmes d'une chose qu'on peut représenter avec un seul.

Une périphrase est une désignation descriptive qui remplace un mot.

Par exemple, «l'astre du jour» pour «le soleil», «la Ville Lumière» pour «Paris», «le royaume de Neptune» pour «la mer», «les commodités de la conversation» pour «les fauteuils», «le conseiller des grâces» pour «le miroir», «la messagère du printemps» pour «l'hirondelle», «le métier de Bellone» (plutôt que «la guerre»), «l'homme aux semelles de vent» (plutôt que «Arthur Rimbaud»), «la capitale de la France» (plutôt que «Paris»).

Une circonlocution exprime un embarras réel ou simulé, allonge l'expression en l'obscurcissant.

Par exemple, «Nous avons l'honneur de vous informer que votre candidature, qui a retenu toute notre attention, ne figurera pas cette année parmi celles que nous considérons comme devant être réservées en priorité.».

Une pronomination est une désignation périphrastique plus ou moins légendaire.

Par exemple, «l'Aigle de Meaux», «la Dame de fer», «l'auteur de «Faust»», «le séjour des Muses».

Un énallage est un

Par exemple, «une idée cadeau», «Manger idiot», «Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras.», «Et tout le monde de s'esclaffer.», «Gouverner avec des mais.», «Je meurs plus tard.».

Une hypallage est un transfert syntaxique (surtout d'adjectifs), attribuant à un mot d'une énonciation ce qui convient à un autre mot de la même énonciation.

Par exemple, «l'odeur neuve de ma robe» plutôt que «l'odeur de ma robe neuve», «ils ont commandé des cocktails d'une écœurante et inutile complication» plutôt que «ils ont commandé d'écœurants cocktails d'une inutile complication», «par des marches pluvieuses sur le terrain pénible» plutôt que «par des marches pénibles sur le terrain pluvieux», «Le marchand accoudé sur son comptoir avide.».

Un hendiadyin ou hendiadys est le remplacement d'une subordination syntaxique d'un complément de nom par une coordination simple.

Par exemple, «par la force et par les armes» plutôt que «par les forces des armes», «penché sur l'onde et sur l'immensité» plutôt que «penché sur l'immensité de l'onde», «respirer l'air du lac et la fraîcheur» plutôt que «respirer l'air frais du lac».

Une métalepse est une litote de politesse.

Par exemple, «Je ne veux pas vous déranger plus longtemps.» plutôt que «Je m'en vais.».

Une métalepse est la représentation de ce qui est antérieur afin de suggérer ce qui est postérieur ou inversement (représentation de ce qui est postérieur afin de suggérer ce qui est antérieur).

«Il a vécu.» pour: il est mort

«Nous le pleurons.» pour: il est mort

Une catachrèse est l'extension de la désignation d'un monème pour référer à quelque chose qui n'avait pas de monème pour la représenter.

Par exemple, «une feuille de papier» est une catachrèse.

Un épizeuxe ou palillogie est la répétition d'un mot sans conjonction de coordination.

Par exemple, «Hélas! Hélas! Hélas!», «Des rues. Des rues. Des rues. Des rues. Des rues.», «Hélas fugaces Postumus / Postumus glissent les années».

Une épanaphore est la répétition d'un mot avec conjonction de coordination.

Par exemple, «Il faut martyriser et martyriser ce que l'on aime».

Une polysyndète est la répétition d'une conjonction.

Par exemple, «J'ai perdu ma force et ma vie, / Et mes amis et ma gaieté».

Une épanode est

Une antépiphore est

Une anaphore est l'emploi répété d'une même construction en tête d'un groupe de mots ou d'une phrase.

Par exemple, «Père d'or et de sel, ô Père intérieur, / Père d'eau, Père pur par l'arbre et par le feu, / ô source du Soleil, Père mystérieux, / Père continuel et pur par la douleur,»; «l'heure n'est plus à l'ironie et aux petites phrases. L'heure est à la discussion. L'heure est à la décision. L'heure est à l'accord.»; «Partout l'image idée, partout la pensée fleur, partout les fruits».

Une épiphore ou épistrophe est

Par exemple, «Et toujours ce parfum de foin coupé qui venait de Bérénice, / qui résumait Bérénice, qui le pénétrait de Bérénice.».

Une symploque est

Par exemple, «Personne ne vous a compris, mais je vous ai compris, vous, / Personne ne vous a rendu justice, à vous».

L'anadiplose est

Par exemple, «Qu'est-ce que je connaîtrai de l'existence, de cette existence qu'il me faudra conquérir, seul», «Le néant a produit le vide, le vide a produit le creux, le creux a produit le souffle, le souffle a produit soufflet et le soufflet a produit le soufflé.», «Un buffet Henri II deux buffets Henri III trois buffets Henri IV.».

Une réversion ou diaphore est la double occurrence, utilisation d'un lexème avec une désignation ou une référence partiellement ou un peu différente.

Par exemple, «La longueur de temps qu'il a fallu à l'homme [en tant qu'espèce] pour élaborer l'homme [civilisé].», «Oui, ma fille, il est vrai qu'un père [géniteur] est toujours père [qui a les qualités d'un père digne de ce nom: amour, vigilance]; Rien n'en peut effacer le sacré caractère.», «Et rose [universelle avec toutes ses qualités] elle a vécu ce que vivent les roses [sa qualité de précarité]».

Une antanaclase est la double occurrence, utilisation d'un lexème avec une désignation ou une référence totalement ou très différente.

Par exemple, «C'est au cœur [milieu] de la société que l'on manque le plus de cœur [charité]», «Que de revers [plis] à ses uniformes! Que de revers [échecs] dans sa politique!», «Après quelques propos sans propos et sans suite», «Le jour où le seigle devient tout doré et a son jour de triomphe, unique, sur le blé», «le cœur a ses raisons [motivations] que la raison [l'intellect] ne connaît pas» (Pascal).

L'épanalepse est la répétition d'un même ensemble de monèmes (avec la même désignation et référence).

Par exemple, «À Paris accourus, ils quitteraient Paris.», «Dieu l'avait appelé: trahirait-il son Dieu?», «Faible devant la gloire, Ève se montra faible.», Maître de tous les cœurs, il resterait le maître!». «À l'assault, gallans, à l'assault! Armez vous tost, sillez armez. Charmez vous, soyez tous charmez. Briffault, allez devant, Briffault.», «Je suis hanté... l'azur, l'azur, l'azur» (Mallarmé), «Je grimpe, je grimpe et me retrouve dans cette volonté mauvaise et glacée» (Mauriac).

Un polyptote est une répétition d'un même monème avec la même désignation dans une formulation ou pensée.

Par exemple, «Vanité des vanités, tout n'est que vanité!» (L'Ecclésiaste), «Je te l'ai dit, je te le dis encore, je te le dirai toujours.», «Tous ces changements qui vous amusent vous amuseront jusqu'au lit de la mort.» (Massillon, Carême, Sermon sur le petit nombre des élus.), «Rome vous craindra plus que vous ne la craignez» (Pierre Corneille, Nicomède, IV, 3), «Je le craindrais bientôt, s'il ne me craignait plus.» (Jean Racine, Britannicus, I, 1), «Il vous aurait déplu s'il pouvait vous déplaire.» (Jean Racine, Andromaque, II, 1), «Beauté, mon beau souci.», «Car ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien.», «Le village a disparu. Jamais je n'ai vu une telle disparition de village.».

Une épanadiplose est la répétition à la fin des mots qui débutent l'énonciation.

Par exemple, «Rome l'interdisant, qu'irait-il faire à Rome?», «La mesure de l'amour de Dieu est de l'aimer sans mesure.», «Les chefs combattent pour la victoire, les compagnons pour leur chef».

 

Une homéotéleute est une répétition de phonèmes.

Une rime est une homéotéleute

assonance est la répétition symbolique d'un phonème vocalique.

Exemples d'assonances: «, teignant tout à coup les bleuités, délires / Et rythmes lents sous les rutilements du jour.» (Arthur Rimbaud), «La mer, abondamment dans le monde étalée» «Les lucarnes rapiécées / Ballottent leurs loques falotes.» (Verhaeren, Le Vent).

Une allitération est la répétition symbolique d'un phonème consonantique.

Exemples d'allitérations: «Les couchants langoureux des pensives Zélandes», «Sur la mousse des nuages / Sur les sueurs de l'orage / Sur la pluie épaisse et fade / J'écris ton nom.», «Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes?», «Mais fidèle, mais fier, et même un peu farouche...» (Jean Racine), «Poète et marin / Versez-moi du vin / Versez! Versez! Je divulgue / Le secret des algues.», «Et que si l'or sec de l'écorce» (Paul Valéry), «Qui dort dîne.», «Infinis bercements du loisir embaumé!» (Charles Baudelaire), «et l'amour loin de mort sur toute mer navigue» (Saint-John Perse), «Quoi! dit-elle d'un ton qui fit trembler les vitres.» (Boileau), «Ni le soir calme, ni ces palmes immobiles, / Ni les astres montant comme de lentes bulles» (T. Derème), «Qu'ils sont beaux, de mes bras, les dons vastes et vains!» (Paul Valéry).

Une contre-assonance est une utilisation de l'homophonie consonantique et de l'hétérophonie vocale à la fin de mots; c'est une allitération.

Exemples: «Je sors. si un rayon me blesse, Je succomberai sur la mousse.» (Arthur Rimbaud), «Mon esprit épris du départ / Dans un rayon soudain se perd» (Louis Aragon), «Rêvant, la tête sous l'exil / Tout proche et lointain de ses ailes» (Jules Supervielle).

Une apophonie est le fait qu'un monème (lexème?) puisse avoir différents phonèmes selon les autres monèmes.

Exemples: «sain», «saine»,

Par exemple, «des réactions passionnées et passionnelles», «un jugement partial et partiel».

Une paronomase est le rapprochement de deux lexèmes qui se ressemblent sonorement.

Une paronomase est le rapprochement dans une phrase ou un vers de mots dont la prononciation est presque identique, mais dont la désignation est différente.

Une paronomase est le rapprochement de paronymes dans une phrase.

C'est un calembour imparfait, car il n'y a pas exacte similitude des sonorités.

«Qui vivra verra», «Qui terre a, guerre a», «Ma douce Hélène, non, mais bien ma douce haleine» (Pierre Ronsard, Sonnets Pour Hélène, III), «Sans rien en lui qui pèse ou qui pose» (Paul Verlaine, Art poétique), «S'il grince dans mes cieux d'étranges cris d'essieu» (Louis Aragon, Elsa je t'aime), «Que fera cet ivrogne ici? Qu'on me le mène en prison. Troubler ainsi le service divin! - Mais (dit le moine) le service du vin...» (François Rabelais, Gargantua, XXVII), «Qui terre a guerre a.», «Qui vole un œuf vole un bœuf.», «Vouloir c'est pouvoir.», «Qui s'excuse s'accuse.», «Il faut juger les êtres plus par leurs dépassements que par leurs défaillances.», «On n'a pas ménagé la peine ni la pâte.», pose.», «Hungry man angry man» (homme affamé, homme en colère).

Un calembour est une utilisation humoristique d'une homophonie ou paronymie.

Par exemple, «Les cales sont sèches.» et «Les caleçons sèchent.», «cétacé» et «c'est assez», «la mort sûre» et «la morsure», «une personnalité» et «une personne alitée», «j'ai renversé ma poudrière» et «j'ai renversé ma poudre hier», «C'est une bonne espagnole.» et «C'est une bonne Espagnole.», «Il sortit de la vie comme un vieillard en sort.», «Il sortit de la vie comme un vieil hareng saur.», «Mon seigneur n'est, ne mon evesque... / Je ne suis son cerf ne sa biche» [«cerf» pour «serf»] (François Villon, Grand testament), «Le grand Dieu fit les planètes et nous faisons les plats nets» (François Rabelais, Gargantua), «Molinet n'est sans bruit, ni sans nom, non. / Il a son son, et comme tu vois, voix; / Son doux plaid plaît mieux que ne fait ton ton.» (Jean Molinet), «Le temps était bon à mettre en cage» [serin] (marquis de Bièvre), «Ce pâtissier qui chante si bien, devrait faire un gâteau de sa voix» [Savoie] (marquis de Bièvre), «Veux-tu toute ta vie offenser la grammaire?» «Qui parle d'offenser grand-mère ni grand-père» (Molière, Les Femmes savantes, II, 6), «Ô fragiles Hébreux! Allez, Rebecca tombe. / Offre à Gilles zèbre, œufs; à l'Érèbe, hécatombe! - Dis-moi qui tu aimes, je te dirai qui tu hais» [es], «Vous mendierez des nouvelles» (San Antonio), «un vieillard mateur» (San Antonio), «un Bonaparte manchot» (San Antonio), «Y'a qu'à / Y'a qu'à / répétait le yak / debout dans son kayak / Y'a qu'à / Y'a qu'à / répétait l'écho / en se moquant un peu» (André Laude, Animaphabet)..

Une contrepèterie est une interversion des phonèmes (ou des graphèmes) d'un ensemble de mots pour en faire d'autres, le nouvel ensemble ayant une nouvelle désignation (souvent burlesque ou grivoise).

Par exemple, «femme folle à la messe» fait «femme molle à la fesse», «Ophélie / Est folie» (Michel Leiris).

 

Une redondance est le fait que dans une pensée ou formulation, énonciation il y ait plusieurs monèmes qui aient la même désignation.

Par exemple, dans «Je serai à Paris vendredi prochain.», «prochain» est une redondance, comme «monter en haut» ; «Lucullus ne faisait compte de toutes ces plaintes et doléances des soudards et ne s'en souciait point».

Un pléonasme est la répétition de mots ayant la même désignation.

Par exemple, «un petit détail», «pendant deux heures de temps», «et puis alors après», «Bon succès!», «une virilité masculine», «panacée universelle», «prévenir d'avance», «monter en haut», «reculer en arrière», «Eh! que m'a fait à moi cette Troie où je cours?» (Jean Racine, Iphigénie IV, 6), «Je l'ai vu de mes yeux», «De la prison on en sort vivant, pas de la guerre», «La vérité c'est pas mangeable.» (il y a aussi une métaphore), «Mon père il est parti», «Alors lui il a sorti son couteau et elle elle a crié et heureusement que nous on a entendu».

Une battologie est une redondance

Par exemple, «mort et enterré», «J'ai pris la rue de la mairie pour me rendre la mairie»; «L'Assemblée ne veut que la paix et la concorde suivies du calme et de la tranquillité».

Une périssologie est un pléonasme partiel, réciproque entre deux monèmes.

Par exemple, «son roman pèche par un grave défaut.»; Ce récit fourmille de trop d'erreurs pour qu'on puisse y ajouter foi.»

Une explétion est une utilisation redondante de morphèmes.

Par exemple, «Qu'est-ce que c'est que cette chose-là?» plutôt que «Qu'est cette chose?», «Un sou c'est un sou», «Je crains qu'il ne pleuve.», «Dégustez-moi ce vin.», «Regardez-moi cette tignasse! Il m'a l'air bizarre, cet escogriffe-là. Et le voilà qui vous empoigne sa fourche et vous remplit sa charrette en deux minutes.», «si l'on veut», «ce qu'ils jugeront de meilleur.»».

 

Un chiasme est le fait d'utiliser, dans deux ensembles de monèmes qui se suivent, un même sous-ensemble, au début d'un des ensembles et à la fin d'un autre.

Un chiasme est le fait d'inverser l'ordre (syntaxique) des mots entre deux ensembles deux mots qui se suivent.

«Gourmand de tout, de tout insatiable.», «L'amour était toujours mêlé aux affaires, et les affaires à l'amour», «Dans l'eau fuyante tremblaient des colonnes et des ombres glissaient sur la passerelle des Arts.», «Je suis le Roi secret des secrètes amours» (Alfred de Vigny).

«On passe souvent de l'amour à l'ambition, mais on ne revient guère de l'ambition à l'amour.» (La Rochefoucauld, Maximes), «Celui qui s'élève sera abaissé, celui qui s'abaisse sera élevé.» (Luc, Évangile, XVIII, 14), «Un roi mourait en bas, en haut mourait un Dieu» (Victor Hugo), «Sur l'axe harmonieux des divins balanciers» (Alfred de Vigny), «Je me sentais vivre en elle, et elle vivait pour moi seul» (Alfred de Musset), «C'est bonnet blanc et blanc bonnet».

Par exemple, «Une cruauté malicieuse, une inhumaine raillerie.», «Le malheur est une eau lustrale pour le chrétien, un tremplin pour les forts, pour les faibles un abîme.», «des chaînes que nouent et que dénouent les vents parfumés de Ceyla, douces comme eux, comme eux légères» (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, livre IV), «Il dressait vers les cieux ses mains de faux apôtre; / De l'une il bénissait, il maudissait de l'autre

Une antimétabole, antimétalepse, antimétathèse ou est l'apposition répétée des mêmes deux mots en ordre inversé.

Par exemple, «Le roi des vins, le vin des rois», «Misère de la philosophie, Philosophie de la misère», «Les plaisirs de l'amour font oublier l'amour du plaisir», « le plus riche des savants, le plus savant des riches», «Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger.» (Molière), «L'amour était toujours mêlé aux affaires et les affaires à l'amour.» (Mme de La Fayette), «Il ne fait pas le Dictionnaire du commerce, mais le commerce du dictionnaire.» (Mercier), «Je ne prétends pas justifier ma vie par mes livres, non plus que mes livres par ma vie» (Georges Bernanos), «Il faut rajouter de la vie aux années, pas des années à la vie .» (proverbe chinois).

Une antithèse est le rapprochement de mots qui représentent, désignent des réalités opposées.

Par exemple, «Lui regarde en avant, je regarde en arrière».

Une antiphrase est l'utilisation d'un mot contraire à sa signification.

Par exemple, les Furies étaient souvent nommées, par antiphrase, «les Euménides», c'est-à-dire les Bienveillantes.

«C'est du propre.» pour c'est le comble de la saleté

procédé ironique visant à dire le contraire de ce qu'on veut suggérer

Par exemple, «C'est du joli, ne vous gênez surtout pas!», «Dracula, ce jeune homme charmant.».

Une oxymore ou oxymoron est le fait de référer à quelque chose par des monèmes qui désignent des choses opposés; c'est un cas particulier d'antithèse où des réalités opposées sont rapprochées par la syntaxe.

Par exemple, «un silence éloquent», «cette obscure clarté qui tombe des étoiles», «un mort-vivant», «l'ingénue libertine», «leurs froides chaleurs», «l'humide étincelle», «la pluie stérile», «Ce pyrophore humain est un savant ignorant.», «un mystificateur mystifié», «un prêtre incrédule», «un malade en bonne santé», «un effrayant sourire angélique» (Albert Cohen, Belle du Seigneur, chapitre XIV), «une faible femme invincible» (Albert Cohen, Belle du Seigneur, chapitre XXI).

Une anéisagoge est une antithèse discursive qui consiste à décrire un objet en comparant ce qu'il n'est pas à ce qu'il est.

Par exemple: «Ce n'était pas une marche et ce n'était pas une danse. C'était une ronde faite de tressautements, de soubresauts, d'élans saccadés et aussitôt rompus.».

Une hyperbate est un transfert de mots

Par exemple: «au gaz jaune et mourant des brumeux boulevards», «avant la moitié de mes jours, en ce sombre monde et vaste», «et retourna triste à son grand office et pieux», «elle avait de belles mains, mais rouges», «J'ai vu au cours de ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, commettre des actes stupides et nombreux.».

Une anastrophe est une hyperbate symétrique

Par exemple: «Close la bouche et lavé le visage, / Purifié le corps, enseveli ce destin...».

Un hystéron protéron ou hystérologie est une inversion chronologique.

Par exemple: «Sinon libère furtivement les Grecs enfermés dans le ventre / du cheval / et ouvre la fermeture de bois.».

Une prolepse est

Par exemple: «le monstre surgit devant les voyageurs terrifiés».

 

Une hypotypose est

Une épitrochasme est une énumération copieuse d'éléments juxtaposés, au rythme insistant et saccadé.

Par exemple, «Don Fernand, dans sa province, est oisif, ignorant, médisant, querelleux, fourbe, intempérant, impertinent.».

Une conglobation est une accumulation persuasive.

Une expolition est

Une prosopopée est l'acte de représenter quelque chose de non-vivant en train de parler.

Par exemple, «Elle me dit: «Je suis l'impassible théâtre / Que ne peut remuer le pied de ses acteurs;» (Vigny).

Un hypocorisme est la manifestation de l'affection par des diminutifs ou des appellations apparemment dépréciatives.

Par exemple, «mignonnette», «petit brigand», «mon rat», «gros nigaud»

 

Une ellipse est la suppression de mots grammaticalement nécessaires. effet d'intensité créé par le sous-entendu (inachèvement de la phrase, utilisation d'un pronom...)

Par exemple, «Je ne leur fais pas confiance aveuglément. Trop impulsifs. Faut s'en méfier.», «Depuis une semaine que nous nous connaissions, je ne quittais guère le petit docteur au taxi mauve. Un coup de foudre réciproque. (cette ellipse rejoint l'hypotypose), «Il fait un froid...!», «On les met!».

Une apocope est la suppression, l'élimination d'un ou plusieurs phonèmes ou syllabes à la fin d'un mot.

Par exemple, «télé» (pour «télévision» ou «téléviseur»), «l'interro du prof de math» (pour «l'interrogation du professeur de mathématiques»), «la récré» (pour «la récréation»), «géo» (pour «géographie»), «labo» (pour «laboratoire»), «auto» (pour «automobile»).

Une aphérèse est la suppression, l'élimination d'un ou plusieurs phonèmes ou syllabes au début d'un mot.

Par exemple, «pitaine» (pour «capitaine»).

Une parataxe est une juxtaposition de mots ou de groupes de mots en supprimant le plus possible les particules de liaison.

Par exemple, «avide du bien d'autrui, prodigue du sien; ardent de désirs; beaucoup d'éloquence, de sagesse peu.», «Madame de Castries était un quart de femme, une espèce de biscuit manqué, extrêmement petite, mais bien prise, et aurait passé dans un médiocre anneau, ni gorge ni menton, fort laide, l'air toujours en peine et étonné».

Une asyndète est une parataxe où sont surtout omises les conjonctions de coordination, de concession, d'opposition (telles «et», «or», «mais», «tandis que»).

Par exemple, «La Silésie avait été conquise par les armes, la Pologne fut une conquête machiavélique.».

Une asyndète est une absence de liaison (par une conjonction) entre deux termes ou groupes de termes en rapport étroit.

Par exemple, «bon gré, mal gré».

Un enthymémisme est une asyndète dramatique.

Par exemple, «Mais cette manie de lecture lui était odieuse, il ne savait pas lire lui-même.».

Une brachylogie est un expression courte, ramassée, qui résulte d'une condensation.

Par exemple, «boire sa paye», «Quelle contrée sur la terre non emplie de notre peine?» (c'est-à-dire «quel pays n'est pas plein du récit de nos malheurs?»), «Un malaise me dressait tout debout au milieu de ma chambre.».

Une anacoluthe est la rupture de la construction syntaxique de la phrase.

Par exemple, «Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé», «Le plus grand philosophe du monde, sur une planche plus large qu'il ne faut, s'il y a au-dessous un précipice, quoique sa raison le convainque de sa sûreté, son imagination prévaudra.», «Arrivés là, la cave s'éclaira...»., «Assis sur la barrière, la vache me regardait.».

Un anantapodoton est une anacoluthe où seule la première partie est entièrement exprimée.

Par exemple, «Ou bien vous tenez compte de mes observations, ou bien tant pis pour vous.».

Une abruption ou aposiopèse est une anacoluthe où seul la première partie est exprimée.

Une abruption ou aposiopèse est une construction interrompue par un silence et continuée par une digression.

Par exemple, «Dieu merci, on tient le directeur de «La Lande conservatrice». Cette histoire de petites filles... Il prit le bras de Thérèse.», «Lisette: - Ah! tirez-moi d'inquiétude. En un mot qui êtes-vous? Arlequin: - Je suis... N'avez-vous jamais vu de fausse monnaie?».

Un zeugma ou zeugme lien, joug est la non-répétition d'un mot où d'un groupe de mots déjà exprimés. construction d'un mot polysémique avec deux compléments n'appartenant pas aux mêmes catégories d'emploi de ce mot

Par exemple, «Il posa son chapeau et une question.», «il est venu avec son porte-documents et sa femme.», «Alors il prit du ventre et beaucoup de pays.», «sale de baisers et de sable», «Ils le poursuivirent avec des fourchettes et de l'espoir.», «Ils le charmèrent avec des sourires et du savon.», «L'air était plein d'encens et les prés de verdure.», «Il prit la porte et un air vexé.», «Il battait la campagne et ses enfants.».

Une syllepse est un accord syntaxique selon le sens et non selon les règles grammaticales.

Par exemple, «Minuit sonnèrent.» (syllepse de nombre), «La sentinelle qui le premier s'inquiète» (syllepse de genre), «On est bien jolie aujourd'hui!».

 

Une prétérition ou prétermission est la feinte de taire ce que l'on exprime pourtant très clairement.

Par exemple, «une maison triste, pour ne pas dire sinistre», «Je ne vous ferai pas l'injure de vous rappeler que...».

 

Une ironie est une représentation comique où est imité ce qui aurait pu être ridiculement exprimé ou pensé.

Par exemple, si Pierre dit: «C'est une belle journée pour un pique-nique.», puis que sur place, il se met à pleuvoir, Marie disant: «Effectivement, c'est une belle journée pour un pique-nique.», elle feint de l'affirmer mais reproduit ce qu'a dit Pierre, le rendant ridicule en la circonstance.

Par exemple, «Ne te gêne donc pas et détruis ma moquette.» est une demande feinte ironique qui représente la pensée ridicule qu'on n'est pas gêné par la destruction de sa moquette, et que semble avoir le destructeur.

Par exemple, «Pierre est très érudit. Il a même entendu parler de Shakespeare.» est ironique, car il est ridicule de croire qu'une personne est très érudite si elle a entendu parler de Shakespeare; est donc moquée la pensée qu'aurait Pierre ou une autre personne, comme quoi il serait très érudit, et on implicite qu'il ne l'est pas du tout.

Par exemple, si Pierre est un conducteur exagérément prudent, qui ne traverse pas un carrefour lorsqu'il y a des voitures très éloignées qui arrivent, et qu'une fois il n'y a au loin à l'horizon qu'un cycliste, Marie, en disant «Il y a quelque chose qui arrive.» affirme une vérité, mais ironique.

«À la fin de la bataille, les rois rivaux célébrèrent leur victoire par des Te Deum chacun dans leur camp.» est une ironie qui fait suggérer au lecteur qu'il a en commun avec l'auteur son désabusement, ce que n'aurait pas fait: «À la fin de la bataille, les rois rivaux, chacun prétendant avoir remporté la victoire, faisaient chanter des Te Deum dans leur camp.».

«Admirez ce génie de la finance!» (à propos d'un escroc).

Un sarcasme est une ironie

«Cet homme tranquille et respecté que vous voyez là-bas avait promis de nous tirer d'affaire.».

Un diasyrme est un discours agressif, où l'ironie se fait âpre et directement dénonciatrice.

Par exemple, «Bon appétit, Messieurs, ô ministres intègres, / Serviteurs dévoués qui pillez la maison!».

L'astéisme est une ironie inversée, qui consiste à flatter une personne en feignant de blâmer.

Par exemple, «Maître, votre dernier roman est un attentat contre la paix des familles, contre mon sommeil et ma santé. Si l'Inquisition existait encore, je vous dénoncerais comme un magicien du verbe, possesseur de filtres interdits...».

Une contréfision est une requête ironique, feignant le conseil.

Par exemple, «Votez pour lui la prochaine fois! Achetez les yeux fermés! Soyez bons pour les paresseux!».

Un chleuasme ou autocatégorème ou prospoîèse est un plaidoyer ironique, feignant la confession.

Par exemple, «Oui je reconnais mes torts et la pendabilité de mon cas. J'ai été trop honnête et trop naïf, j'ai payé les dettes en argent comptant et non en traites de cavalerie. C'était plus qu'un crime, une faute.».

Une épitrope est une apostrophe par laquelle on demande ironiquement à l'énonciataire de persévérer dans sa turpitude, afin de lui faire honte, de dissuader en feignant de persuader.

Par exemple, « Surtout ne vous gênez pas, faites comme chez vous, et même mieux que chez vous! Les amis de ma fille sont mes amis. Je vous en prie, mes chers enfants, emportez ce qui vous plaît, pillez, cassez, brûlez, on ne vous dira rien, on vous remerciera...».

Une imprécation est l'expression de la haine et de la rancune.

Une déprécation est le détournement d'un malheur par la prière.

Une optation est l'expression d'un souhait, la réalisation du souhait étant suspendue à des décisions supra-humaines qu'on cherche à obtenir par des incantations.

Par exemple, «Daignent tes artères, parcourues de beau sang noir et vibrant, me guider longtemps vers tout ce que j'ai à connaître, à aimer, vers tout ce qui doit faire aigrette au bout de mes doigts! Puisse ma pensée parler par toi...».

Un paradoxe est la formulation d'une pensée qui semble illogique ou contraire aux données de l'expérience, ou immorale, et qui pourtant contient une vérité piquante et éclairante.

Par exemple, «Seuls les grands maîtres du style réussissent à être obscurs.», «L'ambition est le dernier refuge des ratés.», «Trop salaud pour être malhonnête » (Belle du seigneur, chapitre XXVII, p. 253-254 de la Pléiade).

Un pariponoïan est une énonciation méchamment illogique.

Par exemple, «Monsieur du Châtelet possédait toutes les incapacités exigées par sa place».

 

La péjoration est l'utilisation de vocabulaire qui donne une connotation dévalorisante à ce qu'il désigne et indique ainsi le jugement négatif de celui qui l'utilise. Un lexème mélioratif indique la volonté de déprécier l'objet désigné.

La mélioration est l'utilisation de vocabulaire qui donne une connotation valorisante à ce qu'il désigne et indique ainsi le jugement de valeur de celui qui l'utilise. Un lexème mélioratif indique la volonté d'apprécier l'objet désigné.

La mélioration peut être faite par des mots à dénotation positive (exemples : « beau », « grâce », « juste », « éminent ») ou à connotation positive (la couleur rouge peut connoter la passion dans un contexte amoureux).

 

 

.