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Sommaire

Le philosophe

Cont@ct

 

Comportements

 

Une discrimination est la distinction de choses pour agir différemment sur elles.

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Une rivalité est une relation entre des sujets telle qu'ils veulent (être, avoir ou faire) la même chose, telle (qu'ils savent) que d'autres sujets la veulent et qu'ils ne peuvent pas tous l'avoir.

On peut être rival (ou rivaux) ou avoir un rival sans en être conscient, sans le savoir.

Une concurrence est un comportement identique entre des rivaux afin que la volonté identique soit réalisée pour soi et non pour l'autre.

Une compétition est une concurrence réglée.

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L'égoïsme est la volonté de se satisfaire sans volonté de satisfaire un autre sujet

L'altruisme est la volonté de satisfaire un autre sujet.

La gentillesse est la volonté de satisfaire un autre sujet.

La méchanceté est la volonté d'insatisfaire un autre sujet.

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Une vengeance est l'acte de faire souffrir, d'insatisfaire ou de tuer un autre sujet parce qu'il nous a fait souffrir.

La vengeance implique la méchanceté.

La rancune ou rancœur est le désir de vengeance.

Le pardon est le renoncement à la vengeance (ou à la punition).

Le pardon est le renoncement à (se) venger (ou punir).

Le remerciement est l'acte de satisfaire un autre sujet parce qu'il nous a satisfait.

Le remerciement implique la gentillesse et l'altruisme.

La gratitude ou reconnaissance est le désir de remerciement.

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La tendresse est la volonté de causer du plaisir chez un autre sujet.

La cruauté est la volonté de causer de la douleur chez un autre sujet.

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La politesse est l'intention ou la volonté d'éviter des conflits par certaines façons conventionnelles de communiquer.

Par exemple, contrairement à ce qui advient en France ou en Russie, il n'y a pas de remerciement explicite entre amis ou personnes d'une même famille en Inde, en Corée, au Japon ou au Zaïre: celui-ci pourrait être considéré comme une insulte; dans beaucoup de sociétés asiatiques, puisque le client a payé le vendeur, il n'a pas à le remercier.

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La sagesse est la volonté de savoir ce qui est moral et d'agir moralement, d'éviter les conflits.

Par sagesse, on peut causer un conflit afin d'éviter des conflits ultérieurs plus graves.

Par exemple, il aurait été sage d'intervenir militairement contre Adolf Hitler lorsqu'il a envahi la Rhénanie.

La folie est le fait d'avoir un comportement qui

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Attendre, c'est intentionnellement ne pas faire quelque chose avant un événement après lequel on a l'intention (représentative) de faire cette chose.

Par exemple, attendre qu'un fruit soit mûr pour le cueillir, c'est avoir l'intention de le cueillir lorsqu'on croira qu'il sera mûr, tandis qu'on croit qu'il n'est pas encore mûr.

Par exemple, si je promets à une personne de l'attendre chez moi jusqu'à midi, je lui promets de ne pas partir de chez moi avant midi.

Lorsqu'on fait (intentionnellement?) ce qu'on avait l'intention de faire après l'advenue de ce qu'on attendait pour le faire alors qu'on croit que cet événement n'est pas encore advenu, on cesse intentionnellement d'attendre.

Par exemple, si on attendait qu'un fruit soit mûr pour le cueillir, et si on cueille ce fruit alors qu'on croit qu'il n'est pas encore mûr, on cesse intentionnellement d'attendre que le fruit soit mûr pour le cueillir.

S'attendre, c'est croire à la réalisation d'un événement futur.

La patience est le fait d'être peu insatisfait par la nécessité d'attendre (quelque chose).

L'impatience est le fait d'être très insatisfait par la nécessité d'attendre (quelque chose).

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Un intérêt est une attention envers quelque chose dont on attend, on espère ou qui nous cause une satisfaction.

L'indifférence est l'absence d'intérêt envers quelque chose.

La fascination est le fait de causer une attention très grande.

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Agresser, c'est causer intentionnellement une souffrance ou la cessation d'une jouissance chez un (autre) sujet.

Un combat est adaptatif

Un combat n'est pas nécessairement agressif.Par exemple, en sport, un combat de boxe n'est pas une agression.

 

Un adversaire est

Dans un combat, il y a des adversaires, pas dans une agression

 

La violence est l'agression corporelle.

Une agression n'est pas nécessairement violente.

Par exemple, le cambriolage de la banque "Société générale" de Nice par Spagiari "sans armes, sans haine, sans violence"; pourtant, c'était une agression.

Par exemple, chez l'animal sauvage, les combats sont rarement mortels, comme l'indiquent les blessures qui, chez les tigres, sont toutes localisées dans la zone graisseuse des épaules, jamais au ventre où elles seraient graisseuses.

 

Un viol est une agression sexuelle.

Se suicider, c'est se tuer intentionnellement.

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Relation de corps à corps (immédiates) : violence (agression) ou érotisme).

 

Un conflit est un ensemble d'agressions?

 

Une invention est la création intentionnelle d'un type.

Un inventeur peut n'avoir créé aucune occurrence de ce qu'il a inventé.

Une invention peut avoir un nom commun, pas un nom propre: ce n'est pas une invention, car c'est une chose unique, pas un type.

Une œuvre d'art peut avoir un titre, donc un nom propre. Il n'y a pas d'invention des choses mathématiques.

 

Une découverte est une connaissance nouvelle.

Par exemple, la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb a été la connaissance nouvelle pour un Européen qu'il y avait un autre continent dont il ignorait l'existence réelle.

 

La tentation est

ce qui porte à enfreindre une loi religieuse, morale; impulsion qui pousse au mal, en éveillant le désir

ce qui incite à (une action) en éveillant le désir); tendance qui se manifeste alors

 

Séduire, c'est faire faire par une autre personne ce qu'on désire, ou se faire aimer d'elle, en lui feignant des sentiments qu'on n'a pas.

Quelle différence entre charme et charisme?

La séduction implique l'hypocrisie (ou insincérité).

Le charisme comme pouvoir de séduction des foules, à moins de remettre dans le charme et dans le charisme leur aspect originellement religieux (mais n'est-ce pas la même action fondamentale?).

Séduire, c'est faire (intentionnellement?) désirer ou aimer par un autre sujet autre chose, quelque chose de nouveau, d'inconnu.

Le charme est le pouvoir de séduction.

 

La coquetterie est l'intention de faire croire qu'on s'aime pour faire croire qu'on est aimable, afin de se faire aimer par d'autres personnes.

La coquetterie est une feinte; elle implique de feindre l'amour de soi et l'autosatisfaction.

Coquetterie et inversion des valeurs: ce n'est plus parce que quelque chose a de la valeur qu'il a du prix, mais c'est parce qu'il est coûteux qu'on croit qu'il a de la valeur et qu'on désire l'avoir.

Regard en coulisse, tête à demi détournée; déhanchement, démarche dandinante.

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Le baratin est le discours de séduction.

Dire "Allons dans les bois, ma mignonnette,/ Allons dans les bois du roi" plutôt que dire ce qu'on pourrait y faire.

 

L'orgueil est la croyance qu'on est supérieur à ce qu'on est ou à ce que sont d'autres personnes.

L'orgueil est la surestimation (sur-valorisation) de soi-même relativement aux autres personnes.

L'humilité est la croyance qu'on est inférieur à ce qu'on est ou à ce que sont d'autres personnes.

L'humilité est la sous-estimation (ou sous-valorisation) de soi-même relativement aux autres personnes.

Par exemple, une personne sachant que sa taille est de 1m58 pourra soit par orgueil affirmer que sa taille est de 1m60, soit par humilité affirmer que sa taille est de 1m57.

La modestie est la croyance qu'on est identique, égal à ce qu'on est ou à ce que sont d'autres personnes.

La modestie est l'estimation de soi-même tel qu'on est.

Une humiliation est une indication, dont on a la conscience malheureuse, de son infériorité relativement à d'autres personnes.

 

La mauvaise-foi est un effort pour oublier ce qu'on a eu comme affects, pensées ou croyances, et afin de se faire croire qu'on en a eu d'autres.

Par exemple, une femme, à la suite d'une déception conjugale, peut vouloir se prouver son absence de jouissance lors du coït; elle peut faire des efforts pour se distraire par avance du plaisir qu'elle redoute, en pensant à ses occupations quotidiennes, en faisant les comptes de son ménage, pour se prouver qu'elle est frigide: il y a mauvaise-foi de sa part car il y a effort pour ne pas penser ni croire au plaisir qu'elle peut éprouver.

Par exemple, les excisseuses, autrefois elles-mêmes fillettes excisées, sont de mauvaise-foi, car jeunes filles, elles n'avaient pas le droit de se défendre et devaient refouler leurs sentiments; mais aujourd'hui, par suite de ce refoulement, elles affirment que cet acte est juste, nécessaire et inoffensif.

La bonne-foi est l'absence d'effort pour oublier ce qu'on a eu comme affects, pensées ou croyances, ou afin de se faire croire qu'on en a eu d'autres.

Une cause importante de la mauvaise-foi est l'orgueil, par exemple dans le désir de ne pas croire avoir une calvitie croissante; à l'opposé, l'humilité est une cause moindre de mauvaise-foi.

La mythomanie est la création de mensonges pour améliorer auprès des autres personnes une image, une estime de soi déficiente, faible, insatisfaisante.

Le mythomane, par imitation de la croyance d'autrui à ses mensonges, croit plus ou moins aux mensonges qu'il a créés (mauvaise-foi).

Par exemple, Jean-Claude Roman, qui a fait croire une vingtaine d'années à sa famille qu'il était médecin alors qu'il n'avait aucun métier, a dit après: "Je me voyais tel qu'ils me voyaient.".

Le mythomane est un orgueilleux.

 

L'audace est

 

C'est la valeur sociale du prestige qui a pris la place de l'honneur; elle est liée à une autre plus ancienne, celle de la gloire; on ne possède pas le prestige d'emblée: alors qu'on a l'honneur d'emblée, on peut acquérir et accroître son prestige.

Déshonneur: si on triche aux cartes, si on trahit, si on n'ose pas relever le gant de celui qui se croît offensé. Offenser, c'est essayer de déshonorer.

Le déshonneur objectif et l'offense subjectif.

On s'humilie en acceptant de se battre avec quelqu'un d'indigne.

Le mensonge n'est pas en soi déshonorant; les adultes ne doivent pas la vérité aux enfants ni les supérieurs aux inférieurs.

L'honneur est

Honneur s'applique plus particulièrement à deux formes de vertus, à la vaillance pour les hommes et à la chasteté pour les femmes.

Le déshonneur est

Le prestige est une réputation

C'est parce qu'il a déjà conquis l'amour ou l'approbation des autres que le chef donne l'impression de pouvoir s'en passer, d'être autosuffisant: c'est ce qui constitue son prestige.

Par exemple, pour certaines personnes, le fait d'être professeur, docteur, baron, directeur d'une firme, magistrat ou militaire à l'uniforme couvert de décorations est traditionnellement prestigieux.

La gloire est

La dignité est

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La lâcheté est la velléité de faire quelque chose à cause des risques pour soi que l'on croit que cela nécessite.

Le courage est la volonté de faire quelque chose malgré les risques pour soi que l'on croit que cela nécessite. lâcheté est la velléité de faire quelque chose à cause des risques que l'on croit que cela nécessite pour soi-même.

La lâcheté est la velléité de faire quelque chose à cause des risques pour soi que l'on croit que cela nécessite.

Le courage est la volonté de faire quelque chose malgré les risques pour soi que l'on croit que cela nécessite.

La lâcheté est la velléité de faire quelque chose à cause des risques que l'on croit que cela nécessite pour soi-même.

Le courage est la volonté de faire quelque chose malgré les risques que l'on croit que cela nécessite pour soi-même.

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La bouderie est la suggestion (volontaire?) qu'on ne veut plus communiquer.

La bouderie est l'intention de communiquer qu'on ne veut plus communiquer.

Bouder, c'est exprimer à un autre sujet qu'on ne veut plus communiquer avec lui.

La bouderie est paradoxale.

"Je ne veux plus te parler", "je ne te répondrai pas".

Par exemple, un enfant à qui on a refusé quelque chose qu'il désirait vivement se réfugie à l'écart de ses parents et aucune promesse ne parvient à le faire sortir de sa retraite; l'enfant réussit à se persuader que son seul désir est qu'on le laisse tranquille; si on laisse l'enfant à sa solitude, celle-ci devient vite insupportable, mais l'orgueil l'empêche de rentrer tête basse dans le cercle de famille; pour rétablir le contact avec le monde extérieur, il faut commettre un acte qui attirera l'attention des adultes, mais ne passera pas pour une reddition humiliante: un acte répréhensible, évidemment; une provocation ouverte serait encore trop transparente; l'acte répréhensible doit être commis en cachette et de façon détournée; l'enfant doit affecter le détachement envers la sottise qu'il est sur le point de commettre; l'enfant prend une boîte d'allumettes, par exemple, et s'amuse avec distraitement; il ne pense pas à mal, bien sûr, mais soudain une allumette flambe, et les rideaux aussi s'ils se trouvent à proximité; l'enfant ne se sent pas responsable; pour lui, les objets ne sont que des fragments de matière perdus dans un univers chaotique; l'enfant veut être puni afin de pouvoir donner libre cours à son chagrin sans en avouer la véritable cause, pas même à lui-même.

Le boudeur est celui qui a l'intention de communiquer aux autres qu'il n'a plus l'intention de communiquer avec eux (pour qu'ils s'intéressent à lui).

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Un caprice est une intention de faire faire quelque chose par une autre personne pour tester le pouvoir qu'on a sur elle, l'importance qu'on a pour elle, ou les sentiments qu'elle a envers nous.

Un caprice est un désir de quelque chose parce qu'on croit que d'autres personnes désirent le contraire et qu'on leur communique afin de savoir, tester s'ils vont y céder, y résister, leurs sentiments envers nous.

Un caprice est une intention de faire faire quelque chose par une autre personne pour tester le pouvoir qu'on a sur elle, l'importance qu'on a pour elle, ou les sentiments qu'elle a envers nous.

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Vandaliser, c'est se venger en défaisant des choses qu'ont ou que font d'autres personnes qu'on envie.

Le vandalisme est la destruction intentionnelle de choses parce qu'on envie d'autres personnes de les avoir, et qui cause en nous de la rancune.

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Compter, c'est essayer de connaître le nombre de quelque chose par une relation  causale (souvent perceptuelle) avec cette chose.

Par exemple, si je demande à une autre personne combien il reste de bouteilles de lait sur la table, j'essaie de connaître leur nombre sans relation causale avec elles pour le savoir, et donc sans les compter.

Mesurer, c'est essayer de connaître la quantité de quelque chose par une relation causale (souvent perceptuelle) avec cette chose.

Calculer, c'est essayer de connaître le nombre ou la quantité de quelque chose par des relations entre d'autres nombres ou quantités. Par exemple, additionner, soustraire, multiplier ou diviser, c'est calculer.

Le nombre moyen et la quantité moyenne sont calculables (ni comptables ni mesurables).

Par exemple, le nombre moyen de pommes dans un cageot n'est pas comptable et la masse moyenne des pommes dans un cageot n'est pas mesurable, mais tous deux ne sont que calculables.

Une addition est un calcul d'un nombre à partir de deux nombres tel que ces deux nombres sont les deux parties contraires (autres) de la totalité de ce nombre.

Par exemple, dans 2 + 5 = 7, 2 et 5 sont les deux parties contraires d'une totalité qui est 7; 2 et 5 peuvent être deux parties contraires de 8, mais pas de sa totalité; 2 et 5 sont deux parties de 6, mais ne peuvent pas être deux parties contraires (autres) de 6.

Une multiplication est l'addition de quelque chose à elle-même un certain nombre de fois.

Par exemple, multiplier cinq par quatre, c'est additionner cinq à lui-même quatre fois: 5 × 4 = 5 + 5 + 5 + 5 = 20.

Une soustraction est pour un nombre le calcul à partir d'un nombre de sa partie contraire (son autre partie).

Une soustraction est pour un nombre le calcul du nombre avec lequel additionner un autre nombre pour avoir ce premier nombre.

Une soustraction est pour un nombre le calcul du nombre avec lequel il faut additionner un nombre pour avoir ce premier nombre.

10 - 2 = 8 <=> 2 + 8 = 10.

Une division est pour un nombre le calcul du nombre d'additions d'un autre nombre pour avoir ce premier nombre.

Une division est pour un nombre le calcul du nombre de fois qu'il faut additionner un nombre pour avoir ce premier nombre.

avec lequel son addition un certain nombre de fois permet de l'avoir.

10 ÷ 2 = 5 <=> 10-5-5 = 0 <=> 5×2 = 0.

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Un loisir est une activité intentionnelle librement choisie.

Par exemple, si je jardine parce que c'est mon métier, pour avoir un salaire, ou parce que c'est moins onéreux pour moi que d'acheter des légumes, le jardinage n'est pas un loisir, mais si je jardine uniquement parce que j'aime cela, c'est un loisir.

Par exemple, si on est assez riche pour ne pas avoir à gagner de la monnaie par un métier ou une activité professionnelle, et qu'on a quand même un métier où une activité professionnelle parce qu'on l'aime, il s'agit d'un loisir.

 

La fantaisie est le fait de répéter, d'accomplir une activité d'une façon originale, amusante, diversifiante.

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Le snobisme est l'imitation par une personne de ce qui indique selon elle une supériorité (sociale, intellectuelle), afin de faire croire à d'autres personnes qu'on a cette supériorité.

Le snobisme est une recherche de biens par l'imitation de personnes grandes en renom et l'identification à une mode à laquelle on se plie.

Le snob peut se détourner d'un bien parce qu'il ne serait pas assez distinctif.

"La perception de l'admiration d'autrui fait naître le désir d'admirer, l'admiration elle-même, enfin l'explication plus ou moins valable de cette admiration." (Vigouroux)

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Le pédantisme est le snobisme intellectuel.

Le pédantisme est le snobisme intellectualiste.

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Le dandysme est

c'est le triomphe de la vanité triste sur la vanité gaie qui lui permet de s'acclimater à Paris, venant d'Angleterre. Le dandy affecte froideur et indifférence, mais cette froideur n'est pas celle du stoïque, c'est une froideur calculée pour enflammer le désir. Le dandy promène son indifférence dans les lieux publics, comme on promène un aimant dans la limaille de fer. Il ne reste plus rien d'aristocratique dans le dandysme, c'est bel et bien une expression de la bourgeoisie nouvelle. Le désir devient un capitalisme du désir (MRetVRp167-8)

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L'autisme est l'incapacité du sujet à s'assimiler à d'autres sujets et à assimiler d'autres sujets à lui-même

Par exemple, si la plupart des bébés imitent la protrusion de la langue d'adultes qu'ils voient en face d'eux alors qu'ils ne voient pas leur propre langue mais la perçoivent proprioceptivement, les bébés autistes ne le font pas car ils n'assimilent pas la protrusion de la langue de l'adulte à la protrusion de leur langue.

Par exemple, un adulte montre à un enfant autiste de trois ans un jeu, puis lui tend le jouet; l'autiste, au lieu de prendre le jouet pour imiter le jeu, prend la main de l'adulte comme un outil pour faire le jeu avec, car il n'assimile pas sa main à celle de l'adulte.

Par exemple, Paul, un enfant autiste de cinq ans, n'assimilait pas le "tu" qui le représentait quand on lui parlait au "je" qui représente la personne qui parle; ainsi, il répétait ce qu'on lui disait; il exprimait son désir de manger des bonbons en disant: "Tu veux des bonbons." et il retira sa main d'un radiateur chaud en disant: "Tu vas avoir mal.".

L'autiste ne peut pas distinguer son semblable des autres entités ou autres choses, et donc tout pour lui peut être identiquement (ou indifféremment) modèle de ses comportements; il perçoit trop de choses, trop d'informations sans (aucun) modèle pour les trier ou discriminer, et il préfère percevoir les mouvements simples, répétitifs, facilement prévisibles, et éviter de percevoir les mouvements complexes, et donc ceux de ses semblables.

Pour un autiste, il est bien plus difficile de faire une imitation "parallèle" que de faire une imitation "convergente", car pour faire une imitation "parallèle" telle se gratter la tête, il faut assimiler sa tête à celle du modèle; mais dans les deux cas il faut au préalable être capable d'assimiler sa main avec celle du modèle.

L'autiste n'a pas les sentiments qui impliquent la relation avec un semblable, comme l'envie, la jalousie, mais peut avoir par exemple de l'amour et de la haine.

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Une névrose est

arrêt du procès d'évaluation critique des solutions: un blocage dogmatique sur (peut-être?) la première solution imitative "satisfaisante" (Simon) à une situation à une seule sortie; c'est cette solution qui est dogmatiquement par la suite répétée

Alors que la personne psychotique est dans l'indifférenciation, la personne névrosée cherche à différencier (par exemple, maniaquerie de la propreté, du rangement).

En conversation, les obsessionnels parlent très lentement, d'abondance, sans ménager aucune pause, mais leur parole est monotone et ils ne cessent pas de fixer le regard de l'interlocuteur; ils ne manifestent jamais ces évitements de regard qui apaisent les interlocuteurs; ils ne disent pas l'essentiel du problème.

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Une psychose pour une personne qui n'a plus les relations sociales imitatives qui lui font penser être une personne parmi et comme les autres, le fait de créer, d'imaginer une irréalité.

Par exemple, des personnes qui sortent de l'adolescence et qui se trouvent dans un environnement social très étranger, comme de jeunes Japonaises seules à Paris ou de jeunes occidentaux en Inde, peuvent vivre psychotiquement.

Par exemple, Jean-Jacques Rousseau, dans le Livre  XI de ses Confessions (La Pléiade, p. 566), à l'occasion de retards d'édition sur lesquels il n'a pas d'"éclaircissements", «les réponses ne venant point ou venant pas quand je les attendais», reste «dans l'incertitude du monde la plus cruelle»; cette absence de stimuli adéquats, ce «silence»  le fait «délirer», «tracer des fantômes»; sur une information, son «imagination part comme un éclair» et lui «dévoile tout le mystère d'iniquité», «aussi clairement, aussi sûrement que si elle m'eut été révélée»; le voilà rassuré, sûr et certain par cette attribution causale paranoïaque, et lui-même, qui décrit si bien le processus de sa psychose, parle de sa «folie», qui est à rapprocher de sa passion pour la «transparence»; il rappelle son enfantine «peur des ténèbres», une autre absence de stimuli; par contre, quelques mois plus tard, lors de la publication d'Émile ou de l'Éducation, Rousseau reste serein et  sûr de son accueil car, étant «si parfaitement irréprochable» (p. 576), il «ne prêche que la vérité et la vertu», alors qu'on l'avertit que l'audace de ses idées va lui attirer bien des soucis, car, son imagination ne travaillant pas dans le vide, il ne s'inquiète pas.

Un délire est un système de représentations  psychotique.

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La schizophrénie est une confusion entre soi et d'autres personnes, voire entre soi et son environnement, causée par les identités imitatives.

Par exemple, le schizophrène croit à certains moments que ses pensées et ses actions lui sont imposées par une force extérieure; il ressent parfois l'impression que ses pensées sont accessibles à autrui; il souffre du sentiment que tout le monde s'intéresse à lui et attend certaines actions de lui; enfin, il a un sentiment excessif de contrôle, croyant faussement pouvoir provoquer divers événements extérieurs. Les troubles des schizophrènes évoquent une difficulté à distinguer une action voulue et exécutée par soi d'une action voulue et effectuée par quelqu'un d'autre.

fonction défensive, réponse à la certitude d'être mis à mort dans les minutes qui suivent, et à l'incapacité de changer quoi que ce soit à la dislocation de soi-même, réponse compliquée à une situation vécue comme extrême.

Par exemple, des mères de schizophrènes ont des attitudes à la fois rejetantes et surprotectrices pour l'adolescent, offrant la liberté tout en la refusant: "`Tu dois être autonome, et obéis-moi.'": c'est là une injonction contradictoire.

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La paranoïa est la croyance que d'autres (ou les autres) personnes croyance que tout phénomène, événement est intentionnel.

Le doute chez Descartes: paranoïa; "doute", étymologiquement, désigne crainte.

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La dépression est la souffrance du manque d'objets ou de relations sociaux.

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L'anorexie est le fait de ne pas manger ou de manger peu (intentionnellement), par narcissisme, ou par volonté de créer des règles de comportement, un ordre dans un environnement sans autorité, laxiste, consumériste.

Anorexie et narcissisme: être autosuffisant, ne pas désirer autre chose que soi-même (pour les deux, surtout des femmes).

Par exemple, des femmes anorexiques ont dit: "Je ne veux pas avoir de désir."; "À quarante kilos, je n'ai plus la force de désirer quoi que ce soit."; "Je voudrais être mon propre dieu."; "C'est un défi, un moyen d'être reconnu; d'être reconnu par ses parents, que notre mère s'occupe de nous."; "On est presque indifférent au reste du monde; on a une toute-puissance... on a l'impression d'être en dehors du monde, que rien ne peut m'atteindre.".

croire qu'on a du pouvoir, impressionner les autres, se faire reconnaître par les autres

L'anorexique refuse de, renonce à imiter, désirer, consommer.

L'anorexique se satisfaisant d'une sous-consommation alimentaire, dont la centralité consciente occulte les autres problèmes et qui attire l'attention sociale sur elle, le renoncement à l'anorexie cause (plus de) dépression et suicide.

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La boulimie est une alimentation excessive, satisfaisant les frustrations.

La boulimie comme échec de l'anorexie.

Par exemple, une jeune femme anorexique affirmait que sa sœur aînée, morte d'un manque de potassium, se montrait fière de son anorexie, puis avait honte d'être devenue boulimique.

une femme: "se purifier, faire sortir ce qui n'est pas propre" (vomir)

comme un sacrifice fête (boulimie) et anti-fête ou ascèse (anorexie)

Comme l'anti-fête (ou ascèse) précède la fête, l'anorexie précède la boulimie.

crainte de la fille de perdre le sein de la mère pour rien (père absent).

Les anorexiques sont plus intelligent(e)s ou intellectuel(le)s que les boulimiques.

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Un fétiche est une chose matérielle symbolisant la relation d'un sujet à un modèle, chose qu'il aime pour/en cela.

Le fétichisme consiste à réduire la personne aimée à un objet partiel que l'on peut maîtriser, dominer.

La perversion est la satisfaction, la jouissance causée par la conscience de  quelque souffrance (de soi ou d'autrui), ou l'insatisfaction, la souffrance causée par la conscience de quelque jouissance (de soi ou d'autrui).

Une perversion est l'imitation de souffrances qu'on a subis enfant, en se faisant re-souffrir soi-même ou en reproduisant l'acte de faire souffrir.

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Le masochisme est la satisfaction, la jouissance causée par la conscience de            sa souffrance, ou l'insatisfaction, la souffrance causée par la conscience de sa jouissance.

Le masochisme est le désir ou la volonté de vivre des choses insatisfaisantes ou douloureuses, car elles sont assimilées à d'autres satisfactions ou plaisirs.

L'imitation du désir cause le désir d'avoir ce que l'autre a désiré; donc, il tend à ne valoriser que des objets inaccessibles; car, pour un sujet, l'impossibilité de s'approprier ce que détient le rival prouve le pouvoir du rival sur l'objet et rend celui-ci de plus en plus désirable; peu à peu le sujet se préoccupe moins de la possession de l'objet désiré, que du rival qui rend l'objet désirable; l'échec n'est pas visé pour lui-même mais en tant qu'il indique autre chose, la réussite d'un autre sujet qui est dès lors intéressant de prendre pour modèle.

Par exemple, une fille peut dire de sa mère, par masochisme: "Si elle ne m'a pas aimé, c'est que je ne méritais pas son amour. Je vais donc maintenant vivre sous le signe du sacrifice, donner tellement de moi qu'elle finira par m'aimer.".

Le fantasme ou l'acte d'être frappé est agréable pour certains masochistes car c'est seulement avec ce fantasme qu'ils parviennent à éprouver du plaisir ou de l'excitation sexuelle.

"`Ça te fait peur? viens que je te rassure'".

"`Tu pleures?  viens que je te console'".

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Le sadisme est la satisfaction, la jouissance causée par la conscience de       quelque souffrance d'autrui, ou l'insatisfaction, la souffrance causée par la conscience de quelque jouissance d'autrui.

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L'hystérie est l'insatisfaction, le malheur, les comportements, la folie causés par le peu de respect, de reconnaissance, de considération qu'un sujet croit avoir des autres sujets.

(Hystérie et frustration, absence de reconnaissance de soi de considération, interdiction à faire ce qui amènerait des attributions positives, humiliation.)

C'est pourquoi l'hystérie a atteint surtout des femmes et surtout à des époques où elles étaient particulièrement déconsidérées, et c'est pourquoi elles atteindraient surtout, des personnes ayant subi enfants des abus sexuels jamais reconnus, leur parole et le respect de leur personne valant fort peu par rapport à ceux des adultes.

Par exemple, Bertha Pappenheim, surnommée "Anna O." par Sigmund Freud, était une jeune femme exceptionnellement douée et cultivée, généreuse et charitable, qui vivait cependant au sein d'une famille juive très puritaine; elle tomba malade vers 1880, à 21 ans, lorsque son père, auquel elle était totalement dévouée, agonisa; elle eut alors brusquement des toux nerveuses, des pertes de sommeil et d'appétit, des migraines, des troubles de la vue, des paralysies partielles; ses troubles s'aggravèrent après la mort de son père: son humeur changeait brusquement, alternant des phases de somnolences avec des phases de surexcitations; elle hallucinait des serpents, des crânes et des ossements; elle ne parvenait plus à articuler dans son langage natal, l'allemand, alors qu'elle réussissait à parler en anglais ou en français; après des années de rechute, à sa guérison, elle consacra le reste de sa vie à fonder des associations d'assistance aux mères célibataires et aux orphelins. On la considère, à ce titre, comme la fondatrice du métier d'assistance sociale. Elle fut aussi une dirigeante des premiers mouvements féministes et d'organisation des femmes juives. L'humiliation qu'elle avait jugée tellement injuste quant à ses capacités et à ses ambitions que son environnement social empêchait de développer la menait à de tels troubles.

Par exemple, ce passage de Molière est corrélé à l'hystérie, comme réaction, en particulier des femmes, à une oppression sociale: «Vous saurez donc, Monsieur, que cette maladie que vous voulez guérir est une feinte maladie. Les médecins ont raisonné là-dessus comme il faut; et ils n'ont pas manqué de dire que cela procédait, qui du cerveau, qui des entrailles, qui de la rate, qui du foie; mais il est certain que l'amour en est la véritable cause, et que Lucinde n'a trouvé cette maladie que pour se délivrer d'un mariage dont elle était importunée.» (Le Médecin malgré lui, acte II, scène 5).

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La possession est la reconnaissance de l'importance des autres personnes.

représentation et incarnation de la croyance collective

manifeste l'identification, mécanisme pacificateur, d'évitement du conflit, un déplacement du désir de l'avoir à l'être et donc une prise du modèle comme modèle

renoncement à la propriété du désir

accompagnée de catharsis

modèle transcendant absent, irréel, représenté

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La catharsis est un phénomène collectif, social, sacrificiel.

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Le romantisme est un essai pour un orgueil humilié de satisfaire son orgueil, de se réévaluer symboliquement, parfois avec une certaine mauvaise-foi.

Dans le romantisme, il y a une inversion des valeurs, ceux qui sont socialement dévalués (pauvres, laids, etc.) étant en réalité meilleurs que ceux qui sont socialement valorisés (aristocrates, prêtres, etc.).

Par exemple, dans «Notre-Dame de Paris» de Victor Hugo, Quasimodo est laid mais bon, le prêtre Frelot est mauvais, Esméralda est une Gitane pauvre mais bonne et belle; il y a souvent chez les romantiques un amour des ruines.

Par exemple, le thème de Satan (bête cornue dans les images du Moyen-Åge) et sa défense dans l'œuvre de nombreux artistes romantiques: chez Milton («Le Paradis Perdu»: «Qui oserait envier celui que la plus haute place condamne à la plus forte part de souffrances sans terme?»), Alfred de Vigny (qui le décrit comme «jeune, triste et charmant»), Victor Hugo, Lermontov («beau d'une beauté qui ignore la terre»).

La beauté romantique est l'effet des qualités mêmes qui dénient toute beauté, des objets mêmes qui produisent l'horreur; plus tristes, plus pénibles ils étaient et mieux on les appréciait.

Les romantiques ont souvent défendu une politique de "gauche", les pauvres, les miséreux, les enfants, les femmes, la modernité (par exemple Victor Hugo, Lamartine); les anti-romantiques ont plus défendu une politique de "droite", les pères, la traditionnalité (par exemple René Girard).

Une stratégie est un ensemble de moyens futurs (leur création, leur choix) pour imposer sa volonté à un autre sujet.

Une stratégie est un ensemble de moyens (leur création, leur choix) pour imposer dans le futur sa volonté à un autre sujet.

Par exemple, il peut y avoir des stratégies militaire, commerciale, ou érotique, mais pas chez l'ingénieur pour construire un pont.

Une tactique est un ensemble de moyens présents pour imposer sa volonté à un autre sujet.

Une tactique est un ensemble de moyens présents pour imposer présentement sa volonté à un autre sujet.