Accueil du site

Sommaire

Le philosophe

Cont@ct

 

Préambule

 

J'écris là ce que j'aurais aimé pouvoir lire lorsque j'avais quatorze ans. Dans le dictionnaire, au mot «encyclopédie», je lis l'étymologie suivante: «instruction entourant tout le cycle du savoir». Une encyclopédie est un ensemble de textes dans lequel on peut apprendre l'ensemble des représentations sur quelque chose, qui en fait le tour. Dans cette encyclopédie, il s'agit du monde, c'est-à-dire de la totalité des choses. Au départ de cette entreprise il y a le désir de comprendre globalement le monde. Ne considérer que partiellement les choses conduit à être partial, à faire des jugements hâtifs, à exclure certaines choses au nom d'autres. Or chaque chose a ses causes, ses principes qui, s'ils ne la justifient pas, du moins l'expliquent. Afin de résoudre ce problème, il n'y a qu'une méthode: procéder par définitions, c'est-à-dire aller au centre de chaque chose abstraite plutôt que d'essayer de la cerner, d'en faire le tour à partir d'autres présupposées comprises. C'est du monde, en passant de centre en centre, que j'essaie de faire le tour.

La désignation des mots primitifs, c'est-à-dire ceux qui définissent sans être eux-mêmes définis (comme par exemple «réalité») se comprend rétroactivement, dans et par la cohérence du texte: ce sont les boucles qui font la méthode et la compréhension de ce système.

Contrairement à la plupart, sinon tous les dictionnaires (et les autres encyclopédies?), pas de réciprocité définitionnelle, c'est-à-dire qu'aucun mot n'est défini par un autre mot qu'il définirait (à son tour); j'ai essayé d'éviter la réciprocité (ou métaphoriquement, la "circularité") des définitions; j'y ai réussi sauf dans un cas: perception ® abstraction ® espace-temps ® événement ® cause ® perception.

Ce n'est qu'en définissant les mots et en donnant de nombreux exemples comme je le fais qu'on évite les malentendus, et qu'on évite d'être abscons. La tradition philosophique m'a longtemps rebuté, et je me suis moins inspiré d'elle que de travaux scientifiques contemporains qui peuvent avoir des conséquences philosophiques.

Les textes et les livres mentionnés dans la bibliographie n'ont qu'un critère: leur exploitabilité, qui elle-même dépend du nombre d'exemples que j'ai empruntés; je n'en fais aucune critique explicite, car ça ne me paraît pas intéressant ni économique: je construis un système positif. La plupart des auteurs dont j'utilise l'œuvre (et qui sont cités dans la bibliographie) sont mes contemporains; car, afin de réaliser ce projet encyclopédique, il a fallu faire des choix parmi les œuvres, et le principal, le premier critère a été d'être récent, car une œuvre nouvelle peut intégrer les anciennes, mais pas l'inverse. Je crois que, contrairement à ce que j'ai souvent entendu ou lu, il est plus facile (maintenant) qu'avant d'accomplir, d'élaborer un projet encyclopédique.

Cette encyclopédie, rédigée par un unique auteur, est faite d'un unique texte. Chaque mot y représente la même chose tout du long, alors que la plupart des encyclopédies sont des réunions de textes de divers auteurs. C'est en cela que cette encyclopédie est systémique, c'est-à-dire est un système, mais n'est pas systématique, c'est-à-dire qu'elle ne fait pas partie d'un système déjà établi ou servant de référence sous-jacente. Si j'ai choisi le titre métaphorique "Boucles", c'est pour indiquer que ce texte n'a pas l'aspect d'une ligne droite, mais l'aspect d'une multitude de touches courbes qui forment ensemble un cercle plus grand. Mais cette encyclopédie n'est ni achevée, ni fermée. Elle n'est pas exhaustive; je ne saurai jamais tout, et je la modifierai peut-être au fur et à mesure de nouvelles découvertes, de nouvelles suggestions. Ceci n'en est que la première version publiée.

Un philosophe (Confucius) a affirmé que « dans un débat, il faut continuellement redéfinir les concepts afin que l'adversaire n'ait pas de prise ». Je veux, à l'opposé, qu'il y ait le maximum de prise du mot vis-à-vis de ce qu'il représente et du lecteur vis-à-vis du mot. Dans le débat tel que le considérait ce philosophe, il y a un but de domination sur les autres personnes qui est contraire à la sagesse, et donc à la philosophie.

C'est ainsi qu'il n'y a pas de rhétorique: j'utilise le langage littéralement, sans tropes, sans métaphores. Par exemple, afin d'augmenter la précision, je romps avec cette tendance qui consiste à utiliser les mots les plus courts, ce qui augmente le nombre de leurs désignations, ce qui augmente leur utilisation (rétroaction négative). Je m'efforce, autant que le lexique d'un langage le permet,  d'utiliser les mots de façon univoque, monosémique: un mot a la même désignation dans toutes ses occurrences dans le texte (sauf parfois dans certains exemples sur le langage).

Il est difficile de présenter ce texte, en particulier parce que c'est en lui-même qu'on y trouve son thème et sa méthode, par exemple les définitions des lexèmes que j'utilise dans cette présentation, et la définition du lexème «lexème» lui-même. Ce qui constitue la philosophie, c'est son auto-représentabilité (sa possibilité de se représenter elle-même). Il est inutile et même néfaste que j'essaie encore d'expliquer le motif de ce texte: il s'explique de lui-même. Je ne prétends pas que tout ce que j'asserte dans ce texte soit vrai; souvent, j'asserte sans certitude et sans marquer mes doutes par des «peut-être», et je fais des propositions qui méritent une réaction critique. D'autre part, je ne distingue pas dans le texte les parts assertive et déclarative des définitions que je fais (ce qui, je crois, sera la cause la plus importante d'interprétations erronées), car ces parts dépendent du langage que j'utilise ou du langage de traduction.

Le classement de l'encyclopédie est logico-chronologique: la succession des définitions détermine un classement logique, déductif, corrélatif de la chronologie de l'existence des choses définies: par exemple la vie précède la conscience, qui précède le langage, qui précède la science. Ce classement logico-chronologique est tempéré, voire contrecarré par un classement thématique par chapitres qui améliore la lisibilité et simplifie la structure apparente du système.

Finalement, l'encyclopédie se clôt par une recherche (une détermination) des causes de sa création, sous forme d'éléments autobiographiques de son auteur.